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Poésie libre
Rathur : Sophie ou une comète dans la nuit
 Publié le 02/08/09  -  10 commentaires  -  637 caractères  -  179 lectures    Autres textes du même auteur

L'histoire tragique de Sophie Scholl (1921-1943) et de ses compagnons. Il y a des êtres qui franchissent l'existence comme des comètes, mais leur mémoire brille à jamais.


Sophie ou une comète dans la nuit



Trancher est l’apanage du bourreau :
Ôter la fleur intolérable de la boue.

Tu étais la lumière sur le monde criminel,
Ta parole libre appelait à la raison.

D’étranges dignitaires avaient alors glissé
Jusqu'aux fonds de l’horreur
Et crachaient la géhenne,

Depuis longtemps déjà.

Ta jeunesse lucide, instruite, éduquée,
Ton courage,
Armaient plus que toute une division.

L’innommable justice existe...
Puis le hachoir sur vos gorges.

Il y a trois roses blanches
Dans l’eau sombre du Rhin,
Le courant les a emportées.


 
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   prisca   
2/8/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Le texte est beau et intéressant, mais où est sophie ? et où est la comète ? S'il y a d'autres sens, je ne les ai pas compris.

   ANIMAL   
2/8/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Joli texte qui a pris tout son sens lorsque je suis allée chercher sur le net qui était ladite Sophie.

Eh oui, du côté des Allemands aussi il y avait des opposants au régime nazi et ils l'ont payé de leur vie. Merci de l'avoir rappelé dans ce bel hommage.

   colibam   
2/8/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Pour ma part, j'ai préféré me renseigner avant de lire ce poème, sur ce témoin de l'histoire que je ne connaissais pas.

Enrôlée dans les jeunesses hitlériennes, cette femme animée d'un courage exemplaire, parvient, grâce à l'expérience de ses proches, à ouvrir les yeux sur les ravages du nazisme et entrer en résistance au péril de sa vie.

Le poème, écrit de manière correcte, aurait selon moi gagné en densité si vous aviez davantage insisté sur les différents aspects de la trajectoire atypique de cette héroine.

J'ai bien aimé les derniers vers qui ponctuent cet hommage poétique dans la douceur.

   Melenea   
3/8/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Le texte est bien écrit, mais si je n'avais pas recherché sur le net qui était Sophie, il n'aurait certainement pas réussi à m'interpeller, par contre je trouve la conclusion sobre et belle...

Mél

   Leo   
3/8/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Je vais m'inscrire à contre-courant des premiers commentaires, comme d'habitude. L'histoire sur laquelle s'appuie ce texte est extrêmement connue, il n'y a pas un citoyen qui ne puisse vous dire instantanément qui est Sophie Scholl. Pas un citoyen... allemand, et c'est là qu'est le problème pour notre culture. Le terme de "libération" pour marquer la fin du nazisme s'applique des deux côtés du Rhin, mais alors que du nôtre nous avons choisi de "célébrer" certains symboles féminins d'une manière dont je pense qu'elle n'est pas franchement à notre honneur, les Allemands ont fait des membres du groupe en général et de Sophie Scholl en particulier un symbole national de résistance. L'Allemagne – la RFA du moins – avait besoin d'oublier l'horreur et de marquer sa différence avec le régime nazi. Cette jeune chrétienne, croyante, morte d'après les témoins de son exécution avec un courage indicible, est une martyre au sens premier, historique, du terme, et donc a paru être un symbole tout désigné. Des statues d'elle existent un peu partout en Allemagne, des timbres ont été imprimés à son effigie, un prix littéraire, de très nombreuses écoles, musées, etc., portent son nom et celui de son frère Hans.

Ce texte aurait pu très facilement tomber dans le mélodrame, le pathos dégoulinant de bons sentiments. L'auteur a su rester très sobre, très simple, ne pas en rajouter et ne jouer que sur les symboles, les allusions et les références. L'expression courte, par phrases très simplement construites, interpelle le lecteur et donne infiniment de profondeur à son propos.

Mais il est vrai en revanche que, ce faisant, il s'expose à n'être compris que par ceux qui, plus familiers de la culture allemande en général, ont quelques-unes des clés de lecture et peuvent mesurer l'adéquation entre l'histoire, l'Histoire et l'expression poétique choisie.

Je souhaiterai que l'auteur veuille bien ouvrir un sujet en forum, s'il le désire bien entendu. Son texte mérite qu'on l'explore un tout petit peu plus que superficiellement, et qu'on essaie d'en comprendre la symbolique, les images et les non-dits avant de porter un jugement dessus.

   Anonyme   
3/8/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Et peu importe qui était Sophie, quand les mots sont justes et si précis, quand l'hommage effleure tout... en douceur.
Subtil, léger malgré le contexte, un seul mot, bravo !

   Anonyme   
5/8/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen +
J'ai un souci du tutoiement au vouvoiement, pareil j'ai du aller me renseigner pour saisir toute la profondeur de ce que l'auteur veut faire passer...

Je trouve personnellement que le texte aurait gagné à être simplifié ou densifié, là j'ai l'impression d'avoir le cul entre deux chaises...

Désolée... pas plus émue que ça pourtant le nazisme et ses débordements quels qu'ils soient me touche à bien des niveaux...

La faute à la forme, surement...
Merci et au plaisir de te relire. Bonne continuation

Ps : je suis pas d'accord sur le fait de ne pas savoir qui est Sophie... enfin si, on peut chercher mais un texte adressé doit s'assumer comme tel et je trouve que pour un texte adressé, à part le dernier tercet... c'est un peu trop universel pour moi sous le couvert d'un vocabulaire sympa et de quelques vers pas piqués du nez...

   David   
6/8/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
Bonjour Rathur,

Le poème renvoit à une histoire méconnue, il se cantonne à un rôle de passeur, assez sobre : presque tout est à apprendre de ce nom, Sophie Scholl. Je ne comprend pas la nuance entre "instruite" et "éduquée" dans ce vers :

"Ta jeunesse lucide, instruite, éduquée"

Il me semble qu'il n'y en a pas, mais je ne saurais dire mieux ce que cette jeune femme avait de plus, ou d'autres, que ses compatriotes contemporains. Le poème insiste beaucoup plus sur le mode d'exécution, qui se devine assez clairement, que sur les motifs, la nature de ce qui l'a provoquée, qui reste évoquée de façon évasive : la fleur contre la boue, la raison contre l'horreur, les roses blanches contre l'innommable. Même si le choix de ne pas écrire certains mots facilement identifiables se défend, et même s'apprécie, je regrette ce déséquilibre entre le moyen et la cause du drame.

   Raoul   
13/8/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Est il indispensable de connaître cette Sophie (dont, pour ma part je ne n'avais jamais entendu parler) pour apprécier? Non je ne crois pas.
Ce sont des strophes assez précises dans l'évocation, qui, sans tomber dans le poème narratif ou la légende dorée, touchent à l'humain en temps d'atrocités. C'est pour moi une page d'Histoire violente (une parmi d'autres) enchâssée entre deux fleurs symboles de pureté.
Un contenu qui devient plutôt universel donc…
La violence des contrastes et le style haché parlent sans larmoyer et je suis sensible à ce désir de transmettre en considérant le lecteur d'égal à égal, une sorte de pédagogie à la façon des péripatéticiens en somme.
Passeur poétique.

   embellie   
25/8/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
J'aime ce poème parcequ'il est un hommage sobre, pudique. Beau.
On comprens le sens du titre quand on connaît l'histoire de Sophie.
Je ne la connaissais pas et je te dis "merci Rathur". Voilà un forum où il fait bon s'instruire.

 

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