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Poésie contemporaine
Recanatese : Le ciel dans un bistrot
 Publié le 02/04/17  -  18 commentaires  -  1388 caractères  -  346 lectures    Autres textes du même auteur

Souvenir d'une soirée à "l'Assommoir".


Le ciel dans un bistrot



Vers un bar clandestin
Embelli par l’orage,
Je poursuis mon destin :
Un nid dans une cage.

Dans les vapeurs d’absinthe
Tout est flou. Je devine
Les prochaines étreintes
De bestioles divines.

Bringuebalant mes os
Jusqu’au double vé cé,
J’entrevois dans ce zoo
Des étoiles danser.

Alors la porte close
Sur ces astres mouvants,
Je déballe ma chose
Et je pisse en rêvant.

Je rêve du présent
Immobile et passif
Et pourtant si plaisant
À mon être captif.

Je me retrouve seul
Face au jaune citrin
Qui se fout de ma gueule,
Se rit de mon entrain.

Tête contre le mur
Pour ne pas m’aplatir,
Je suis un fruit trop mûr
Qui rechigne à pourrir.

Et machinalement,
Je sors mon téléphone
Qui se jette gaiement
Dans la cuvette aphone.

Plus de réveil demain
Pour cuver au boulot,
Je m’en lave les mains,
Je retourne au goulot.

Contemplé par des yeux
Éclatants de tendresse,
Je m’en remets aux cieux
Profanes de l’ivresse.

Rien ne m’est dévoilé,
Ni l’endroit ni l’envers,
Mais le ciel étoilé
Est un souffleur de vers.

À cette voie lactée
Tout entier je me livre,
Je n’ai jamais été
Aussi heureux de vivre.


 
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   Maëlle   
3/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est enlevé, alerte... j'ai beaucoup aimé le rythme de ce texte, qui contraste fortement avec l'ambiance et annonce la chute du poème. Du bon travail!

   Michel64   
8/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème écrit dans les vapeurs d'alcool?
Je trouve que l'ensemble décrit très bien cet état second, euphorique et flottant dans lequel on se trouve après avoir abusé de la bouteille.
Je pense que trois quatrains de plus et on avait la description de l'état suivant, nauséeux et bien moins agréable.
L'image de la "cuvette aphone" m'a échappé (une facilité pour la rime?)
Ce poème sent le vécu et m'a beaucoup plu avec son rythme haché par des sizains donnant l'idée d'alexandrins coupés en deux par un souffle haché du à l'alcool et ses rimes impeccables.

   Brume   
11/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Votre poème est superbe. C'est fort en émotion, écorché, et surtout vous avez enjolivé un cadre glauque sans pour autant me faire oublier le vrai visage du tableau.
La souffrance transpire à chaque vers et le tout dernier vers envoie un bon coup de poing dans le cœur. À la fois mélancolique acéré et cynique j'ai aimé me plonger dans cet univers mi-réaliste mi-délirant.
Le fond et la forme fusionnent parfaitement, des images bruts pour une ambiance désabusée.

   PIZZICATO   
2/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une sacré biture !
Des images retraçant bien les situations et comportements dans cet état là.

" À cette voie lactée
Tout entier je me livre,
Je n’ai jamais été
Aussi heureux de vivre. " Ce paradoxe qui laisse, à mon sens, transparaître un certain mal être du narrateur lorsqu'il n'est pas pété.

   Anonyme   
2/4/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est rigolo, je trouve le bonhomme attachant, même si le lieu ne s'y prête guère, en tous cas bravo.
C'est d'une simplicité, que l'on se dit, que l'on pourrait en faire autant. Que nenni !
''Et je pisse en rêvant'', elle est là la vie, et elle est belle. Pourquoi ? Parce que je peux pisser en rêvant.
Oh, je relis en même temps que je fais mon commentaire, quel autre vers pourrais-je mettre en exergue, afin de m'esclaffer, encore, et encore, mais non, finalement.
Il n'y a absolument rien à jeter.
Merci maestro, c'est de la balle.

   Hananke   
2/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Un poème bistrotier, nous serions tenté de dire s'il ne contenait pas
de perles dans ses quatrains.
Bien entendu et comme souvent ces quatrains sont d'inégales valeurs
mais les 3ème, 4ème,7ème et 11 ème entre autres sont
de véritables petits bijoux.
Bien sûr, c'est plus facile sans les contraintes de l'alternance à la rime
mais j'aime bien cet ensemble : il fait un joli collier.

   Raoul   
2/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ça se boit tout seul et comme du petit lait.
Beaucoup pémé.
Des trouvailles en veux-tu en voilà, justes et contemporaines, jamais ostentatoires, non, le poème est comme on soliloque, fait.
Cet aparté m'a fait pensé à Roubauld, dans les digressions, les libertés prises avec la langue même, même enchâssée dans les contraintes d'une forme fixe.
C'est d'un vrai style. Réjouissant.
Garçon, une fillett' de blanc !

   Anonyme   
2/4/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Pour la forme, c’est enlevé, brillant même, y’a pas à dire !

Mais je vais jouer les trouble-fête, car sur le fond concernant le sujet, je trouve que ça manque de mordant, j’allais écrire de sérieux…mais j’ai pas osé, pour ne pas me discréditer complètement.

L’alcool a peut-être trop fait de dégâts autour de moi, du plus près au plus éloigné, pour que je puisse jamais apprécier ce qui en parle à la manière d’une fabulette, et pour moi votre poème à ce petit air là.

Même si l’ironie très présente dans votre poème donne à voir le personnage sous un angle presque touchant, ou pathético-comique…et par-là assez réaliste finalement, je n’arrive pas à lui donner mon « assentiment », car je ne reconnais pas la déchirure des gens qui boivent, ou ont bu, ni la violence, ni la débilité…certains ont de l’esprit paraît-il, certes.

Me trotterait presque ‘il a bu son verre comme les autres…’ dans la tête, et ça c’est comme Claude François, je peux pas.

Mon évaluation tient compte de ce rejet qui m’est très personnel, mais bon c’est moi, l’obtus, qui évalue, alors…

Cordialement désolé…

   Anonyme   
3/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je dois dire que j'ai beaucoup ri de ce personnage tragico-comique !

Le tête contre le mur est parfaitement réaliste et je connais certain qui dans l'ivresse a tenu un mur de son front embrumé par les vapeurs d'alcools à la provenance bien incertaine.

La chute du téléphone est un régal et sonne vrai (enfin la chute, parce que le téléphone lui ne sonnera plus jamais ! )

Le dernier quatrain est un régal de drôlerie !

   Curwwod   
3/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup d'humour et de notations réalistes (vous avez expérimenté ?) dans cette scène que d'aucuns trouveront vulgaire mais qui n'est au fond qu'une réalité humaine : la recherche de l'oubli et d'une autres vérité dans les paradis artificiels (l'alcool en est un mais bascule vite à l'enfer, surtout le lensdemain matin).
L'écriture est vive, malicieuse, les images évocatrices dont quelques unes ne manquent pas de charme.
"Mais le ciel étoilé
Est un souffleur de vers."

   LenineBosquet   
3/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Non seulement j'aime la poésie de bistrot mais j'aime encore plus quand le thème de la cuite est traité sus un angle joyeux, bon enfant et non dramatique.
Au sujet de la forme, correcte, j'aurais d'autant plus apprécié avec un effort sur l'alternance rimes féminines / masculines. Néanmoins c'est plutôt du bon taf, résolument moderne et contemporain.
Merci.

   Pouet   
3/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

Sur la forme, c'est bien rythmé, bien écrit.

Particulièrement apprécié parmi d'autres la "cuvette aphone" ou "je retourne au goulot". Y a de jolies trouvailles dans ce texte.

Petit bémol sur le fond pour ma part, le bourrage de gueule semble de prime abord traité sous un angle décalé et "sympathique", trop "bienveillant" quand on connait ses ravages, et je les connais. Pourquoi pas après tout mais j'avoue ne pas adhérer à la vision première et préférer personnellement y voir de l'ironie, du second degré ce qui est peut-être le cas car on peut sentir parfois la souffrance poindre comme avec "Bringuebalant mes os" ou "qui rechigne à pourrir" par exemple, une certaine décrépitude, de la lassitude.

Et dès le deuxième vers on subodore vers où on va aller avec "embelli par l'orage". C'est donc dans l'ambivalence que "baignent" vos verres/vers. La pudeur n'est peut-être pas si loin et la légèreté, de plomb. Le dernier quatrain fleure bon le sarcastique.

Enfin, l'alcool est certes un "souffleur de vers", mais après faut relire à jeun et c'est souvent moins engageant...

Au final une poésie de belle facture me concernant.

Je lirai vos prochaines productions avec plaisir.

Pouet, alcoolo repenti.

   papipoete   
3/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Recanatese,
Comment, d'un moment ordinaire, soulagé d'une vessie bien pleine, le jaune du flot libéré peut de la plume écouler quelques vers croustillants !
Un quatrain en particulier est très touchant " contemplé par des yeux éclatants de tendresse ... "
" le ciel étoilé est un souffleur de vers " joli dans la bouche de celui qui est tout simplement heureux de vivre !
L'ensemble est plaisant et le sourire pointe aux coins de mes lèvres, en lisant ce texte fort bien ponctué .

   Anonyme   
3/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Recanatese,

Bienvenue au club. Un texte qui laisse supposer de fortes accointances avec le classique contemporain. Il y manquerait bien sûr une meilleure gestion de l’alternance des rimes, mais disons que la modernité du style et sa vivacité ne semblent pas vouloir s’imposer une quelconque contrainte, et c’est très bien comme ça.

Vous convoquez le plus souvent des rimes riches voire enrichies, comme présent/plaisant ou goulot/boulot, qui donnent au poème un ton farfelu particulièrement efficace dans cette scène. Perso il m’est arrivé de pisser dans ma bagnole, croyant que la portière était fermée. Ça remonte à loin, et le lendemain j’ai eu du mal à expliquer à ma nana que j’étais tout seul, vu la quantité de citrin sur les sièges. En fait c’était SA bagnole. J’ai bien essayé de l’amadouer, mais bon… :

J’suis venu en train
Vu tout le citrin
Sur l’simili
Mon Emilie
J’suis qu’un vaurien
D’épicurien

Bref, des histoires de rupture à pisser debout comme ça, beaucoup en ont sûrement à raconter.

J’aime bien quand le poète est encore bourré en tenant la plume :
« Dans la cuvette aphone » : je comprends que l’aphonie est passée du téléphone noyé à la cuvette. Cette figure doit s’appeler une hypallage, si j’ai bonne mémoire. Evidemment l’effet est excellent et traduit bien le chaos généralisé, lequel n’empêche pas une certaine poésie un peu désespérée. Une joie de vivre, qui souvent dans l’alcool pourrait bien s’accompagner d’un petit mal de vivre.

Ludi
ancien alcolocataire

   archibald   
3/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je comprends les interventions de Corbivan et de Pouet ; elles soulèvent une question essentielle. Je pense en effet que l’on doit prendre en considération le “degré zéro de l’écriture” poétique, comme dit Barthes. Au-delà du fond et de la forme, que voulons-nous dire dans nos écrits ? De quelle façon nous impliquons-nous dans nos petites poésies ? Quelle est notre “morale” de la littérature ? C’est que l’on n’en sort pas : refuser de s’en préoccuper, c’est encore une posture morale.
En théorie, je suis d’accord avec Corbivan : je ne pense pas qu’en art, tout soit permis. Mais en l’espèce, je suis en désaccord avec lui. Esthétiser littérairement l’alcoolisme, ce n’est pas en faire l’apologie.
Je n’ai pas trouvé de complaisance dans ce texte, pas plus qu’il n’y en a chez Baudelaire ou Brassens quand ils traitent de ce thème. Bon, je vais sans doute un peu loin avec ces deux exemples, mais j’ai apprécié ce poème. C'est très expressif, avec quelques tournures bien trouvées (notamment le “souffleur de vers”). J’aime aussi les hexasyllabes qui changent un peu des pesants alexandrins.
Je regrette “en rêvant / Je rêve” (vers 16 et 17), ainsi que le genre des rimes, qui a été négligé. Un texte prometteur en tout cas. On attend la suite pour mieux cerner le poète.

   Ioledane   
4/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème de soiffard qui passe par les descriptions les plus prosaïques, dans un style truculent et caustique, pour s'achever sur deux quatrains très poétiques (notamment "le ciel étoilé est un souffleur de vers", très joli !).
Bien aimé ma lecture.

   luciole   
6/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Même si les quatrains ne sont pas tous d'égale valeur comme le souligne un précédent commentateur, j'ai trouvé largement dans ces vers de quoi assouvir ma soif de poésie. Notamment avec ce superbe " ciel souffleur de vers". Merci.
Je signale à votre attention un poème de luciole :o) ( voyages en ballons)paru ici même, qui traite du même sujet. J'avoue que connaître votre avis sur le dit poème m'intéresserait.
A vous lire

   Cat   
24/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Recanatese,

Il y a du rythme dans ces descentes, de la dive bouteille au « double vé cé », de l’humour aussi, beaucoup, et quelque chose d’autre (certainement la maîtrise de la rime) qui rend le tout bien vivant.

Se pourrait-il qu’en voulant se perdre dans l’alcool, l’esprit atteigne un degré de lucidité incomparable pour décrire à ce point réaliste.

Rajouter de la poésie à ces instants désespérés et écorchés, de la vivacité aussi, en pagaille, et voilà la recette d’un poème qui emporte les suffrages. Le mien vous est assuré.

Pour le plaisir de relever une strophe, voici celle qui mène des verres au bistrot aux vers du ciel étoilé :

"Rien ne m’est dévoilé,
Ni l’endroit ni l’envers,
Mais le ciel étoilé
Est un souffleur de vers."

Ravie d’avoir fait votre connaissance sur les forums. Ce qui m’a donné la curiosité de vous lire ici, aujourd’hui.

A vous relire.

Cat


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