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Poésie contemporaine
SaintEmoi : Le vide atmosphérique
 Publié le 29/09/19  -  9 commentaires  -  1251 caractères  -  111 lectures    Autres textes du même auteur

Encore un poème sur la résilience.


Le vide atmosphérique



Quand le ciel est griseux, que des nuages laids
Tendent jusqu’à la chair leur plus triste sourire,
Quand la mer, entêtée, emprunte ses reflets
Aux sangs coagulés qui scellent les empires ;

Quand le temps corrompu, fuyant à nos regards,
Glisse sur les planètes comme sur nos horloges,
Quand le soleil enfin, quels que soient ses écarts,
Vient sans cesse brûler ma trop longue épitoge ;

Je pose mon séant sur un mur symbolique,
Approche mes genoux, redresse ma colonne,
Inspire fortement le vide atmosphérique
Et plonge goulûment mon âme en ma personne.

Je ne saurais vous dire ce qui me vient alors,
Il n’y a pas de mots, ou ils me sont cachés,
Il n’y a que ces larmes qui parlent de mon corps,
Salées et mystérieuses, aux désirs étranglés.

Elles sont ma gorge sèche, de mon souffle maudit,
Elles sont mes jambes lourdes, mes poignets incapables,
Ce crâne douloureux où se cognent jaunis
Les pâles souvenirs d’une vie misérable.

Une fois expulsé ce purin que fait l’âme,
Quand le destin l’englue d’un voile moribond,
Je me sens libéré, comme le sont les sages,
Habité par l’espoir d’un énième rebond.


 
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   Anje   
8/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Contemporain.
Dommage ce "d'un énième" qui ferme ce poème sur une prononciation délicate. Pas d'hiatus dans cette catégorie mais la musique est un peu écorchée.
Le dix-huitième vers est un peu trop long même si, malgré un "e" à la césure médiane, certains mesurent treize syllabes au lieu des douze décidées par l'auteur.
Griseux et séant dénotent un peu au milieu d'un vocabulaire plus riche dans l'ensemble que j'ai trouvé agréable.
Anje en EL.

   cherbiacuespe   
15/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est beau, mais c'est triste. Invariablement, quand j'entends le mot triste, je réponds "ça dépend comment on regarde la chose". En l’occurrence, si je me fie à mon instinct optimiste, la conclusion est une promesse de lendemain heureux. Ouf! La bouteille n'est pas vide.

Une bien belle écriture cependant. Je me demande parfois comment on peut en arriver à tel degrés d'harmonie. Parce que les mots s'enchaînent comme autant de perles rares pour en arriver à un ensemble devant lequel on reste pantelant d'admiration. Et d'envie.

Magnifique, malgré quelques rimes qui me laissent perplexe (maudit/jaunis, âme/sages).

   troupi   
29/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai trouvé quelques vers un peu grandiloquents ( 11 et 12 ) mais dans l'ensemble le poème est plaisant avec un vocabulaire recherché.
"Une fois expulsé ce purin que fait l’âme,"je comprends bien l'idée mais je m'imagine mal l’âme de quelqu'un fabricant un purin ou peut-être celle d'une personne particulièrement mauvaise.
" Quand le temps corrompu, fuyant à nos regards,
Glisse sur les planètes comme sur nos horloges," bien exprimé.
"Quand la mer, entêtée, emprunte ses reflets
Aux sangs coagulés qui scellent les empires ;" puissant.
"Ce crâne douloureux où se cognent jaunis
Les pâles souvenirs d’une vie misérable." bien exprimé mais je regrette un peu que la vie fût misérable.
L'auteur veut peut-être nous dire que la résilience n'a pas de sens si la vie auparavant n'a pas été misérable. Si c'est le cas je pense que c'est faux.
Mis à part quelques petits passages manquant de fluidité le poème est intéressant dans sa façon d'exprimer un mal être et l'espoir d'en revenir.

   Provencao   
29/9/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
" Je ne saurais vous dire ce qui me vient alors,
Il n’y a pas de mots, ou ils me sont cachés,
Il n’y a que ces larmes qui parlent de mon corps,
Salées et mystérieuses, aux désirs étranglés."


En ce quatrain, on se sent dans une impasse.

La lecture de ces vers rend la difficulté apparemment insoluble.

Je n'ai pas retrouvé la force en vos mots, votre pensée, pour rebondir.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Corto   
29/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ce poème montre une ambition, celle de plonger en soi-même pour retrouver un horizon, et qui sait un espoir.

A la lecture j'ai trouvé des expressions significatives mais parfois désagréables à l'oreille comme à l’œil: "le ciel est griseux", "ce purin que fait l’âme".

Grande interrogation devant l'image de: "la mer...emprunte ses reflets
Aux sangs coagulés".

Par contre l'ambiance générale est bien rendue, la déprime, la remise en question de tout, le vécu dans l'impasse: "Quand le temps corrompu, fuyant à nos regards, Glisse sur les planètes comme sur nos horloges".

A partir de la troisième strophe en pénètre vraiment bien dans le vécu intime du narrateur qui "Inspire fortement le vide atmosphérique".

Jusqu'au final où l'on ressent une nouvelle émergence née de cette introspection courageuse et sans doute douloureuse: "Je me sens libéré, comme le sont les sages, Habité par l’espoir d’un énième rebond."

Au total un poème courageux, qui ne se laisse pas approcher facilement, mais bien représentatif d'un vécu où la vie n'est pas toujours celle des Bisounours.

Merci à l'auteur.

   papipoete   
29/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour SaintEmoi
Quand plus rien ne va, le moral dans les chaussettes, je me pose et fouille au fond de moi à la recherche d'une joie... mais je n'y trouve que peine, étang de mes larmes !
NB difficile d'admettre qu'en soi, il ne puisse y avoir que du néant, qu'un ultime rebond pour sourire à défaut de rire ?
Votre poème est si délicatement écrit, que ce " purin " de l'âme me semble bien malvenu ?
je vérifie un peu la prosodie... le 6e vers mesure 13 pieds...

   Vincente   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je me suis fait emporter par la vague chagrine de ce vide au "ciel griseux". Ce qui m'a touché c'est que la sensation débordante du narrateur cherche à se tenir endiguée dans les vers bien rangés de son écriture. Il y a là une sorte de sagesse à contenir l'incontinence, du raisonnable face à la déraison. Ce pourrait être une simple plainte formelle, pour faire poème, mais pour moi, c'est tout l'inverse, c'est d'abord une sincérité à dire la récurrence d'un malaise et ensuite des mots tenus pour retrouver l'esprit clair.

J'y ai cru, les images ont aimablement coloré l'expression, le final est positif, la lecture ne manque pas d'attrait pour dire cette introspection douloureuse.

J'ai beaucoup aimé ces deux vers :
" Quand la mer, entêtée, emprunte ses reflets
Aux sangs coagulés qui scellent les empires ;
"

Petits bémols formels : je trouve que le "atmosphérique" est hors du champ lexical (dans le titre, mais ça on ne le découvre qu'à la lecture, mais surtout quand il précède un vers qui convoque l'âme !). Le "goulûment" pour la plongée dans son âme ne me semble pas approprié.

   Donaldo75   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour SaintEmoi,

Ce poème a du souffle, de l'allant. Il ne se contente pas d'exprimer une tonalité, il la rythme, la scande, l'ancre dans les neurones du lecteur qui se voit emmené dans toute la poésie, et ce dès les premier quatrain.

"Quand le ciel est griseux, que des nuages laids
Tendent jusqu’à la chair leur plus triste sourire,"

Le décor est posé, et de quelle manière, avec la virulence d'un peintre qui explose sa toile à coup de couleurs sombres, tristes, où le clair-obscur n'a pas droit de citer.

Et tout au long de cette poésie, il y a cette force, cette puissance, une incarnation qui le rend encore plus vivant.

"Je pose mon séant sur un mur symbolique,
Approche mes genoux, redresse ma colonne,
Inspire fortement le vide atmosphérique
Et plonge goulûment mon âme en ma personne."

Je ne vais pas aller plus loin dans le commentaire composé parce que ça me gonfle à la base et que je préfère esquisser ce que j'ai ressenti pendant mes différentes lectures de ce poème.

"Une fois expulsé ce purin que fait l’âme,
Quand le destin l’englue d’un voile moribond,
Je me sens libéré, comme le sont les sages,
Habité par l’espoir d’un énième rebond."

Tout est dit dans ce dernier quatrain.

Bravo !

Donaldo

   Devos   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’ai beaucoup aimé ce poème. Je suis toujours sensible aux émotions puissantes et ici elles sont exprimées d’une manière très élégante.

J’ai particulièrement aimé la construction, elle y est pour beaucoup dans la force de ces mots : on pose le décor, les couleurs, le paysage, puis on revient au concret en parlant de posture physique, de sensations, avant d’émettre un constat aussi rude et cinglant que celui d’une « vie misérable ». J’ai accroché à l’histoire qui est racontée.

Et quelle puissance dans « Quand la mer, entêtée, emprunte ses reflets
Aux sangs coagulés qui scellent les empires » !
J’ai également beaucoup apprécié la profondeur réaliste de « Il n’y a que ces larmes qui parlent de mon corps ».

Cependant j’ai un peu de mal avec la conclusion. Si il s’agit de l’espoir d’un « énième » rebond, pourquoi parler de vie misérable? Cela signifie qu’il y a pourtant eu un certain nombre de hauts, et pas seulement des bas non?
Peut-être l’auteur voulait-il seulement exprimer le fait qu’il ait eu beaucoup d’espoir, mais jamais de vrai rebond pour l’instant? Auquel cas je pense qu’il aurait mieux valu trouver une autre tournure.

Bonne continuation, au plaisir de vous relire !


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