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Poésie classique
socque : 90 en France en 2020
 Publié le 01/04/21  -  14 commentaires  -  569 caractères  -  297 lectures    Autres textes du même auteur

Pauvre de moi, dans le marigot putride de mon âme…
Hé, vous ! Plaignez-moi.


90 en France en 2020



D'épouvantables fleurs s'épanouissent là,
Dans ce marigot putride
Dont jamais la moindre ride
Ne rompit la surface en un bref falbala.

Elles empestent l'air de leurs corolles. La
Violation morbide
De leur fumet noir lapide
Ce qui fut fort en moi, digne du Walhalla.

… Exact, je l'ai tuée. Elle
A bafoué, péronnelle,
Le serment conjugal que nul ne doit ternir !

Je suis dans mon droit mais – pauvre de moi – ce drame
M'a laissé démuni, marri telle une femme
Qui renonce à l'avenir.


 
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   Ioledane   
16/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
D'évidence, l'auteur maîtrise à la perfection la prosodie classique. Ce qui ne l'empêche pas de manier avec audace les rejets et contre-rejets, pour faire de ce texte une œuvre pour le moins originale.
Un sonnet en vers de 12 et 7 pieds, voilà qui crée un rythme également peu courant. Assorti de diérèses souvent pesantes, il vient renforcer l'impression d'un déséquilibre, d'une atmosphère malsaine - celle-ci se dégage sans équivoque de ce sombre récit.
Au cas où le lecteur aurait eu un doute, le titre vient confirmer le triste sujet de ce poème. Néanmoins, j'aurais préféré trouver ces chiffres en incipit plutôt que dans le titre ; ce dernier se veut sans doute froid et descriptif, à dessein, mais j'aurais apprécié pour ma part d'y trouver la même tonalité que dans le texte.
Les points de suspension au début du premier tercet ne s'imposaient pas, à mes yeux.
"Péronnelle", "dans mon droit" : on a envie de le trucider sur place, ce sinistre narrateur qui voudrait encore qu'on le plaigne, pauvre chou ! La fin "telle une femme / Qui renonce à l'avenir" est particulièrement cynique.
Bravo pour cette belle réalisation, grinçante et glaçante à souhait.

   Lebarde   
17/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Curieux et ambitieux sonnet classique qui fait étalage de tout ce que la catégorie permet d'extravagance et de "jusqu'au boutisme" dans l'écriture:

- versification et métrique exceptionnellement originales (vers de douze et sept syllabes)

- enjambements (ou/et rejets) audacieux:
"... corolles. La/
Violation morbide"
ou
"..je l'ai tuée. Elle/
A bafoué, péronnelle"
ou encore
"...ce drame/
M'a laissé démuni,"

Cela relève d'un extraordinaire exercice de style et d'une prouesse d'écriture poétique, qui classent incontestablement son auteur(e) mais a tendance à effrayer le modeste lecteur/gribouilleur que je suis qui a besoin d'un peu plus de simplicité.
Tant de virtuosités techniques, résultat d'une grande maitrise littéraire et sans aucun doute d'un immense travail de réalisation, impressionnent, mais n'étouffent-elles pas un peu l'émotion?
C'est un peu la perception que j'ai à la lecture.

Le titre "90 en France en 2020", je cherche, je cherche encore.... mais vous me donnerez les clés le moment venu.

Votre sonnet est super, ( peut être trop!), quoi dire de plus.

En EL

Lebarde

   Cristale   
20/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
90 femmes mortes sous les coups de leur conjoint en 2020.

Un poème de construction originale et résolument moderne pour dénoncer les actes odieux de ces brutes immondes en endossant les aveux de l'un d'eux.

D'ordinaire, je ne commente pas les poèmes considérés comme "engagés" ils n'engagent que leurs auteurs. Mais ici je viens soutenir l'intention du narrateur et souligner son écriture.

Un sonnet layé en alexandrins et heptasyllabes assez rare d'usage.

Cristale
en E.L.

   hersen   
1/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On peut faire confiance à socque pour traiter de sujets difficiles en empruntant des chemins de traverse où il n'y a pas de cadeaux.

L'angle est très bien vu, et il fallait l'oser, ou même y penser.
Un narrateur qui est dans le déni (il est dans son droit) et s'apitoie sur son sort (de tueur de femme, mais là n'est pas pour lui la question)

C'est un texte frappe fort (j'ose).

les deux quatrains posent incroyablement le sujet, ça fait froid dans le dos.

   papipoete   
1/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour socque
Déjà, je redis toute mon admiration, pour la " touche-à-tout " épistolaire que vous êtes !
90 en France en 2020, pourrait être un nombre à ne pas dépasser, en vitesse automobile... ben non, il s'agit de combien de femmes sont mortes sous des coups !
Et l'auteur de ce dernier féminicide, de chouiner " je l'ai tuée, normal elle a rompu le serment conjugal ! elle l'a bien cherché ? "
NB à quand remonte la première exaction sur une femme ? sans doute à la nuit des temps ! Et l'avancée des connaissances, la puissance du Q.I. ne peuvent rien contre ces pulsions, que le bafouement pourrait justifier aux yeux de ces assassins.
De ce côté-là des choses, l'égalité homme/femme n'est pas d'aplomb ( combien d'hommes meurent sous les coups de leur dulcinée ? ) je plaisante morbidement...
Les deux quatrains me semblent très Baudelairiens, avec cette " charogne " omniprésente.
Le premier tercet, le plus terrible, est mon passage préféré !
Sur une gamme en douze et sept, les vers semblent chanter une complainte, que goualerait une chanteuse des rues.
Mon seul bémol ( que pour moi ) va aux enjambements ( je n'aime pas cela )
" vi/o/la/ti/on " m'épate avec tous ces pieds !
que ne savez-vous pas écrire ???

   Ligs   
1/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bravo... que dire ? Votre poème est d'une maîtrise parfaite et d'une grande originalité, dans le traitement, le choix des vers, dans les rejets après l'article et le pronom sujet (acceptés en classique ?), et surtout le choix du sujet et du point de vue...

Probablement beaucoup d'hommes qui commettent un féminicide pensent cela à un moment, voire tout le reste de leur vie. Le choix du lexique montre l'importance des préjugés et de la vision du monde et de la prétendue virilité...

Ce poème met le feu au sentiment d'injustice, sentiment tellement nécessaire pour que le monde progresse.
Mais il fait aussi (re)naître en moi de la colère, voire du mépris face à cette violence dont l'homme est capable. Et ce sont des émotions que je ne souhaite plus encourager. Je touche donc ici mes limites face à ce texte, et le quitte en vous félicitant pour ce travail d'orfèvre.

   Damy   
1/4/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Tout d’abord merci à Cristale qui a dévoilé la signification du titre. Sans cela j’aurais commis un terrible contresens.
Poème osé ! Par le thème qu’il aborde et par sa construction. Sur le thème, je n’y reviens pas, il est horrible et vous être mise dans la peau du tueur faisant acte de contrition n’a pas dû être facile. Il est plus habituel de traiter un tel sujet dans les conditions des victimes, sans concessions.
La hardiesse de la construction me laisse un peu perplexe, notamment les rejets « la/Violation » où l’article ainsi séparée du nom me fait tout drôle, ainsi que la séparation du sujet et du verbe « elle/A bafoué ». La forme hétéro-métrique en 12/7 est inhabituelle et, selon moi, nuit un peu à la musicalité classique. En conclusion, bien que j’en ressente l’audace – la poésie classique et le sonnet en particulier permettent bien des choses – ce poème ne m’a pas touché plein cœur, étant trop habitué à des constructions moins savantes.
Le dernier vers est particulièrement bien amené par sa force expressive concluant un sonnet.
« Walhalla », il fallait trouver !

   GiL   
1/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que dire de ce sonnet ?
Horrifiant et percutant par le thème et le point de vue adopté ! Non dénué d’une certaine forme d’humour noir (le dernier vers).
Gonflé sur la forme ! La combinaison 12-7 est osée, mais payante. (Baudelaire s’était « contenté » du 12-8 dans « Une charogne »…)
J’ai été agressé par les contre-rejets limite : mais c’est le but, non ?
Bref, j’aime. Bravo !

   Capry   
1/4/2021
 a aimé ce texte 
Pas
Bonsoir Socque,

Il y a un exercice de style c'est certain mais je n'ai ressenti aucune émotion, les images n'évoquent rien de spécifique et je vous avoue ne pas avoir envie de chercher à savoir ce que certains termes signifient.
La poésie dans son exercice classique, je suis d'accord, mais il ne me restera rien en mémoire de fort par ce poème, même pas le thème...

Mon avis bien sûr n'ira pas dans le sens des précédents commentaires, leur lecture furtive m'a aidée à comprendre ce que voulait dire votre titre, j'ai cru à une machine à remonter le temps "les années 90's en 2020" l'idée me plaisait...

En Espagne, c'est malheureusement un sport national, une femme se défenestrait ou était défenestrée, tous les trois jours en 2004, il y a d'ailleurs un film magnifique "Te doy mis ojos" pour exprimer l'emprise d'une femme violentée et l'impossible chemin pour s'en sortir. L'Espagne a depuis évolué, elle a été initiatrice dans ce thème, la France est encore très à la traine.

Ce poème me laisse sur le perron, une autre fois, peut-être...

   Edgard   
2/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Nul ne peut être indifférent au thème traité ici. Il s’agit de rendre l’horreur quotidienne en poésie. Défit. Le choix du narrateur. La froideur du personnage tellement immonde, le poids terrifiant de l’archaïsme. Toute cette colère qui n’est jamais évoquée mais présente dans chaque mot. Et cette finale avec cette comparaison tellement méprisante… limite bistrot.
Mais c’est la forme qui interpelle, tant elle est originale. Le 12/7 qui déglingue la lecture, les rejets qui rajoutent un petit coup de rasoir. Pas besoin d’y chercher alors l’harmonie, une musique… Ou alors, cette musique expérimentale qui ne cherche pas la beauté. C’est du verre brisé. On se coupe les mains si on ramasse. Alors on laisse ça comme ça.
Ça laisse une trace. On s’en va avec la trace que ça laisse. La poésie ça peut être engagé. Heureusement. Et c’est bien.

   Robot   
2/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'originalité de la forme qui demeure classique mais a su utiliser les possibilités offertes par la rythmique. Ceci au service d'un thème d'actualité que l'auteur amène avec une habileté certaine pour notre réflexion.

   Myo   
2/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème fort qui fouille cette âme putride qui ne semble nullement prendre conscience de ses actes. Elle semble subir cette violence autant qu'elle ne l'a fait subir à l'autre.

Cela rend la situation encore plus abjecte et difficilement soutenable.

Une forme surprenante qui sert prodigieusement la rudesse et la douleur du propos.
Bravo

Myo

   jfmoods   
5/4/2021
"... j'ai senti votre odeur méphitique dès que je suis montée à bord."

Le titre du sonnet dresse l'état des lieux glaçant des féminicides. Le rythme, boiteux (12-7), les rejets, contre-rejets et enjambements mettent efficacement en perspective l'âpreté du propos.

Au fil des quatrains, le locuteur, meurtrier de son épouse, évoque, avec une certaine autocomplaisance, sa personnalité toxique (champ lexical de la puanteur : "ce marigot putride", "empestent l'air", "leur fumet noir") que rien ne saurait altérer (négation catégorique soulignant une fermeture inéluctable : "jamais la moindre ride / Ne rompit la surface en un bref falbala"). Il s'éprouve incapable d'offrir une résistance quelconque au terreau délétère qui l'a fait grandir (images contre nature : "empestent [...] de leurs corolles", "D'épouvantables fleurs s'épanouissent"). Sa charge d'humanité (périphrase valorisante : "Ce qui fut fort en moi", groupe adjectival : "digne du Walhalla") est définitivement consommée.

Si, dans les tercets, l'homme reconnaît le crime (passé composé : "… Exact, je l'ai tuée"), c'est pour faire reposer tous les torts sur sa victime (exclamative assortie d'une modalisation : "Elle / A bafoué [... ] / Le serment conjugal que nul ne doit ternir !", constat qui ne souffre aucune contestation : "Je suis dans mon droit"), une victime qu'il s'emploie à rabaisser (vocable dépréciatif : "péronnelle") avant de s'apitoyer lâchement sur son propre sort ("pauvre de moi", "ce drame / M'a laissé démuni", comparaison assortie d'un jeu de mots : "marri telle une femme / Qui renonce à l'avenir").

Merci pour ce partage !

   Eclaircie   
6/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un "socque " est toujours un évènement pour moi.
Ce qui me plait dans ce poème
Le fond/ par rapport à la forme : le décalage entre la catégorie clasiqque et un partie de son registre et la gravité du sujet

Ensuite, très sensible au sujet, j'ai la mauvaise tendance à espérer que les composition autour du thème soient efficaces. Je sais très bien qu'elles ne peuvent pas l'être donc bravo et merci à l'auteure-trice (je choisis auteure, mais prenez ce que vous aimez ou surtout ce qui est juste)

Je vous préfère dans d'autres styles mais vous applaudis de dépoussiérer le classique.
(com perso, désolée, je ne sais pas où le mettre d'autre)

Éclaircie


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