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Poésie classique
socque : De Charybde en Scylla
 Publié le 27/06/22  -  16 commentaires  -  644 caractères  -  276 lectures    Autres textes du même auteur

Jamais contente !


De Charybde en Scylla



Une aube bleue attendrit l'horizon,
Mais loin, si loin ! L'espoir n'est que chimère
Tant que le noir luit sur ce coin de Terre.
Alors je pleure au fond de ma maison.

Le cœur me point, saisi par le poison
De la déprime au nonchaloir polaire.
En plein été je sens un froid sévère
Qui m'asservit sans rime ni raison.

Le moment vient ! Roi jaune, tu t'éveilles…
Le soleil pleut sur d'accortes merveilles,
L'Azur mignard vêt son slip d'apparat.

Le ciel bientôt blanchit de canicule,
On s'éblouit, la peau brûle et purule.
Sous l'herbe sèche un serpent mange un rat.


 
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   GiL   
11/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Commençons par la technique : un sonnet en décasyllabes, ça ne court pas les rues et la maîtrise n’en est pas donnée au premier venu. Les rimes sont suffisantes, voire riches (v9-10 et 11-14) ; pas d’assonances ou d’allitérations mal venues (sauf « brûle et purule », mais on y reviendra plus tard) ; les règles concernant les diphtongues sont maîtrisées : « luit » en synérèse (v3) et « éblouit » en diérèse (v13) ; les contraintes propres au sonnet sont strictement respectées : on a manifestement affaire à un poète, ou plutôt une poétesse si j’en crois l’exergue, plus que confirmée !

Passons maintenant au fond : au premier vers j’ai pensé : Ah, du bucolique ! À la fin des deux quatrains je me suis dit : Résignons-nous, c’est du lyrique ! Le premier tercet démarre par une invocation au soleil (Pitié ! me suis-je dit), se poursuit par « d’accortes (?!) merveilles » puis un « Azur mignard (?!) » (Mais que viennent f… ces deux adjectifs ici ?) et se termine (Saint Rabelais et Saint-Amand soient loués !) par un « slip d’apparat »… Et rebelote dans le deuxième tercet : un premier vers lyrique, un deuxième qui bascule dans le ridicule, probablement shooté par la canicule (Bravo pour le verbe puruler !), et le dernier qui représente le plus beau ratage – au sens propre – de chute qu’il m’ait été donné de rencontrer dans un sonnet : du grand art !

Et le titre ? Quel rapport rapport avec le sujet poème ? Aucun. Pour moi Charybde représente les deux quatrains et Scylla les deux tercets…

Merci, chère poétesse jamais contente, pour cette tranche de bonheur burlesque servie avec talent.
GiL en EL

   Ioledane   
19/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Cela commence comme un classique, avec des termes rebattus en poésie comme l'aube, l'horizon, l'espoir, la chimère, etc. On nage en pleine mélancolie, dans un lexique un peu précieux.
Puis, tiens ! Le premier tercet nous réveille avec son exclamation, et surtout l'apparition au dernier vers d'une amusante causticité avec les mots "mignard" et "slip", pour le moins inattendus.
On s'attendait à la joie béate du poète un peu cucul qui s'émerveille de l'arrivée du soleil, mais non ! Le dernier tercet nous entraîne vers les méfaits du "Roi jaune" : la canicule blanche (pourquoi pas), la peau qui brûle et purule (brrr), le serpent qui mange le rat (bon là j'avoue m'être demandé si le rat n'était là que pour la rime, il fallait bien répondre au slip d'apparat ...).
La chute ne m'a pas convaincue, mais j'ai bien aimé l'exercice, fichtrement bien réalisé, et en solides décasyllabes classiques pour ne rien gâcher.

   Hananke   
27/6/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour

De Charybde en Scylla pour, je pense, signifier les 2 extrêmes
par lesquels le climat nous fait vivre : d'une froide grisaille à la canicule.
J'aime bien les 2 quatrains de ce poème, il représente bien cette froide
grisaille mais le texte sombre, à mon goût, complètement par ses
tercets où l'auteur ne peut empêcher de faire ressortir le coté fantasque de son caractère et c'est dommageable pour l'unité de l'ensemble.
Si les 2 premiers vers du premier tercet sont encore très bons,
à mon goût, encore, le 3ème vers fait chuter inexorablement
le tercet vers le mauvais goût avec ce slip d'apparat dont on de demande
ce qu'il vient faire ici.
Tout comme le serpent qui mange un rat du dernier tercet, au moins
lui a son utilité pour la rime mais c'est bien tout.

Donc, au final, par ses habituelles digressions, l'auteur me fait passer à coté de son but.

Dommage.

   senglar   
27/6/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour socque,


Je n'aime pas trop. Jamais content (lol).

J'ai trouvé ce sonnet un peu chaotique à lire : v.3 "ce coin de Terre", v.5 point poison pw pw, v.8 froid sévère frw r, v.9, v. 10 bientôt blanchit bj bl + 2 nasales. Les effets de consonnes m'ont paru malheureux, disgracieux, même si on peut comprendre le pourquoi de leur utilisation. On heurte en effet de "Charybde en Scylla"...
Qu'est ce "nonchaloir polaire" alors que le froid fige ? Qu'est cet "azur mignard" (Mallarmé doit se retourner dans sa tombe) ?... auto émoustillé probablement par "son slip d'apparat"....
Bizarrement j'ai aimé le peu esthétique "la peau brûle et purule" (dommage que pustule eût donné un pied de trop) et le dernier vers catégorique et castrateur de tout abandon extatique :
"Sous l'herbe sèche un serpent mange un rat."

Dure réalité !


senglar
"vieux con des neiges d'antan"

   Angieblue   
27/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Coucou,
Alors, au départ, je me suis dit que ce poème était tout à fait à mon goût avec le jeu sur les couleurs et le côté sombre et mélancolique.
J'ai beaucoup aimé l'image du "roi jaune".
Et puis l'on sombre dans le burlesque avec "le slip d'apparat", puis dans l'horreur avec "purule" et le serpent qui mange le rat.
Je me dis que vous ne pouvez pas vous empêcher de faire original et dérangeant.
Sinon, je ne comprends pas trop le sens de "le coeur me point". ça doit vouloir dire "mon coeur me fait souffrir"? Je ne suis pas très fan des complexités de vocabulaire.
Cependant, j'apprécie que vous n'entriez pas dans le moule. Il faut juste bien doser...

   pieralun   
28/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel étrange tableau !!

Je ne sais pas trop pourquoi, j’ai vu une peinture noire de Goya.

La poésie naît souvent de la confrontation d’états d’âmes où de la beauté opposée à la laideur, la tristesse…...e.t.c

Ici le titre est parfaitement en adéquation avec le poème: d’un état de tristesse, puis de langueur extrême dans les quatrains, l’auteur qui attend le lever du soleil salvateur tombe finalement dans un état où la moquerie puis l’horreur prennent le pas dans les tercets.

Je ne sais trop que penser……dix lectures peut-être…..finalement c’est percutant et presque beau, Baudelairien « La métamorphose du vampire »

   Bodelere   
28/6/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour socque,
Un peu surprenant, voire même mystérieux ce poème.
Il part plutôt bien mais je me suis perdu ensuite.
Surtout sur le dernier vers.
Peut etre me manque t il des références poétiques ?
Techniquement c'est bien réalisé; ce n'est pas moi qui va dire le contraire, mais à mon avis, à force de vouloir bien faire sur la métrique et la rime , on peut perdre le contrôle du poème mais comme je l'ai dit il existe peut-être un sens profond que je connais pas.
C'est un beau travail d'écriture sur la recherche des mots et leurs sonorités.
Mais que vient faire "Slip" dans le texte ?
Il va me falloir plusieurs lectures et lire les commentaires pour essayer de trouver le fil d'Ariane de ce poème.

Bien à vous

   Mintaka   
28/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Socque,
Un excellent sonnet de parfaite facture où, comme il se doit, le dernier vers surprend le lecteur.
Il faut pouvoir saisir le Charybde et le Scylla ? Je me lancerai peut-être dans quelque chose comme un trouble bipolaire qui n'offre souvent que le pire même dans ce qui semble le meilleur.
Mais qu'importe, les rimes sont riches et belles et le tout nous ramène avec plaisir dans les fondements de la bonne versification.
Au plaisir

   Miguel   
28/6/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je me réjouissais de lire un sonnet en décasyllabes ; mais j'ai eu du mal à entrer dans ce texte. D'abord pourquoi l'espoir est-il chimère ? On sait bien que le jour va se lever ! Et il se lève, en effet; mais pas d'une manière qui s'accorde à mon sens esthétique: ce slip d'apparat me semble la chose la plus incongrue du monde. Ce parti-pris de ne pas se réjouir avec les autres me semble d'un caractère un peu rechigné (pardon socque, je parle de la locutrice du poème, que je ne confonds pas avec son auteur -jamais je n'emploierai "autrice"; d'ailleurs mon ordinateur me le souligne d'un rouge indigné-). Et la scène sordide de la chute, bien que voulue, je le comprends, n'est pas ce que j'ai envie de voir dans ce tableau. Au reste, je sais bien que chez Saint Ex un boa mange un éléphant, mais les serpents de nos contrées ne sont pas de taille à manger même un rat. Ce détail peu réaliste ne semble être là que pour nous dégoûter.

   papipoete   
1/7/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
bonjour socque
je vois un récit se dérouler sur une partie du globe, où la nuit règne tout le jour, avec une once de lumière pour tout soleil. De quoi déprimer, en voyant très loin, loin, une Terre " normale " avec son jour et sa nuit. Un filet de l'Astre Roi, filtre à peine, comme pleuvant sur la nature.
NB des mots savants ( d'entrée dans le titre )... que je comprends et d'autres, non !
Les deux quatrains coulent de source, le premier tercet aussi, à part ce " slip d'apparat "... serait-ce le minimum de rigueur ?
" du " socque, mêlé de Ronsard, pourrais-je dire !
un sonnet en décasyllabes " classiques "... trop fastoche !
le second quatrain ( avec son premier vers ) est mon passage préféré !

   Louis   
2/7/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comment s’en sortir ?
Ce poème ne trouve pas d’issue à une situation sans issue, aporétique.
Il se clôture dans une impasse angoissante.
Charybde n’est évité, dans les quatrains, que pour se retrouver face à l’obstacle Scylla, dans les tercets.

Le premier vers repère le signe d’une possible orientation : le bleuissement du ciel, indicateur d’une voie de salut, ouverture d’un chemin à la fois spatial et temporel :

« Une aube bleue attendrit l’horizon »

Cette lueur bleutée qui teint le ciel s’annonce comme la promesse d’un jour nouveau, plus doux, plus « tendre », qui mettra fin à la nuit, si dure à vivre, douloureuse et froide ; qui permettra de sortir de l’obscurité oppressante.
Une nuit métaphorique se trouve, en effet, ici présupposée : nuit d’un mal-être, nuit d’une « déprime ».
De cette noirceur dans laquelle se traîne la vie, il faudrait sortir.
La clarté bleuâtre annonciatrice d’un temps nouveau pourrait fonder une espérance, celle d’un chemin qui permette de quitter les ténèbres, celle d’un passage de l’ombre à la lumière, d’un franchissement, qui serait aussi un affranchissement.

Mais que cette lueur semble lointaine : « Mais loin, si loin »
La distance semble si grande, qui sépare de ce lendemain si «tendre», qu’elle en paraît infranchissable, et le matin d’un jour nouveau inaccessible.
Fonder alors une espérance sur cet Azur qui s’annonce, ne serait que « chimère ».
Une pure illusion :

« Tant que le noir luit sur ce coin de Terre »

Ce noir luisant reprend encore l’image du « soleil noir de la mélancolie ».
Les doux rayons du soleil céleste à venir ne sont donc qu’illusion, tant que brille ce soleil de la mélancolie. Le soleil nocturne qui s’impose rend imaginaire et fort improbable la lumière diurne dissipatrice du soleil noir et de ses effets.
La nuit ne s’avère pas seulement cette obscurité de ce « coin de Terre » qui ne reçoit pas de rayons solaires, mais les ténèbres d’un état d’âme, une ombre qui recouvre la vie, au fond de soi, « au fond de sa maison ».
Ainsi l’espoir à peine né, jugé chimérique, aussitôt s’évanouit.
Subsiste le désespoir : « Alors je pleure ».
Le désespoir l’emporte, fait de tristesse et de malheur.
Pas de place pour les lendemains qui chantent. Pour le grand Jour. Pour la grande lumière salutaire.

Le deuxième quatrain précise l’état affectif de la locutrice, qui ne trouve pas de passage jusqu’à l’aube.
« Le cœur me point, saisi par le poison », confie-t-elle.
« Point » au double sens de « poindre » :
au sens de l’astre qui commence à paraître, en cet instant au "point du jour’’, tel que ce titre donné par André Breton à l’un de ses recueils de poésies ;
au sens de "blesser’’ aussi, de provoquer une souffrance. « poindre » s’est muté en « pointe » en « aiguille » qui pique et inocule, instille une dose de poison, de bête noire, qui envenime l’âme.
Ainsi ce n’est pas l’astre du jour qui se lève, qui « point », mais le soleil noir de la mélancolie, une souffrance déjà présente, latente, qui s’installe et perdure.
La vie ainsi se trouve empoisonnée, « cœur saisi par le poison / De la déprime »
Cette intoxication vitale, existentielle, a pour symptôme le froid, décliné en «nonchaloir polaire».
Nonchaloir : le terme est riche de sens, signifiant sans "chaloir’’, c’est-à-dire sans énergie, sans « chaleur » ; "chaloir’’ se conjugue par "chaut’’ : "peu me chaut’’, dit-on par exemple ; et ‘’chaut’’ s’entend : ‘’chaud’’, conformément à l’étymologie du mot, puisque chaloir est emprunté au latin "calere’’ :« être chaud », et le terme est de la même famille que "chaleur’’
Négativement, « nonchaloir » consiste à ne « brûler » pour rien, à ne s’échauffer pour aucun objet de désir.
Par lui tout paraît indifférent et sans intérêt.
Tout laisse froid. Par cette froideur d’un soleil mélancolique.
« nonchaloir », qualifié encore de « polaire », suggère une vie gelée, inerte, apathique et nonchalante. La puissance de vie s’en trouve diminuée, affaiblie :

« En plein été je sens un froid sévère »

Ce froid, indépendant des conditions météorologiques, semble sans cause, et dénué de sens. Inexplicable, incompréhensible : «m’asservit sans rime ni raison »

Se manifeste, dans ces deux quatrains, le désir de retrouver la douceur et la chaleur, le jour et la lumière, l’ardeur et l’énergie qui font défaut dans un état de « déprime ».
Mais on ne croit pas au matin d’un jour nouveau, on désespère de l’aube. Et l’on demeure, « au fond de sa maison », languide, en pleurs.
Comment s’en sortir ?
On bute sur un premier écueil : Charybde du désespoir.

Quand « le moment vient », quand enfin vient le jour et la lumière, quand on croit avoir trouvé l’échappatoire hors du froid et de l’obscurité, il faut déchanter, on se heurte à un nouvel obstacle, on bute sur un nouvel écueil, Scylla ; la chaleur s’avère une nouvelle souffrance, elle provoque une brûlure. La chaleur ne réchauffe pas, n’adoucit pas, mais brûle.
Une périphrase désigne le soleil levant par « le Roi jaune »
Elle n’annonce rien de bon, par une allusion probablement aux nouvelles de R.W. Chambers ( « The King in Yellow »), or elles relèvent du fantastique et de l’horreur, dans lesquelles le « Roi en jaune » évoque un être surnaturel, mystérieux et maléfique.
Le « Roi jaune » s’éveille, et le remède va s’avérer pire que le mal, pire que le poison de la nuit.
La nuit était une piqûre, le jour une brûlure.
De plus, ce soleil, « pleut », il n’a pas la pureté d’un rayonnement ; en lui lumière et pluie se mêlent ; comme la pluie, sa lumière tombe dessus la terre ; tombe du ciel, s’abat sur le sol :

« Le soleil pleut sur d’accortes merveilles »

« accorte » : l’adjectif qualifie en principe une personne de sexe féminin
Des «accortes merveilles » donc personnifiées, féminisées. Ainsi toutes ces réalités qui se révèlent sous la lumière du soleil, sur lesquelles le soleil s’abat, sont personnifiées, féminisées.
La suite confirme une sexualisation de la réalité, dans le cadre d’un soleil qui tombe comme pluie sur le monde féminin.
En effet, le vers suivant ajoute :

« L’Azur mignard vêt son slip d’apparat »

Cela présuppose que L’Azur est nu, et qu’il est masculin. En revêtant son slip, il voile ses parties génitales. Sa belle apparence, son decorum, son « apparat » voile son "appareil’’.
L’Azur est sexué, lui aussi. Et s’abat sur les « merveilles » féminines.
Ainsi le monde du jour est le monde des rapports sexuels, pris dans des rapports de domination. Le masculin se présente royal, solaire, céleste ; le féminin terrestre, et soumis.

Ce monde du jour ne correspond pas à la « tendresse » attendue.
Ce monde des durs rapports humains est associé, dans le dernier tercet, à la douleur d’une brûlure.
Il n’est pas le monde de la passion amoureuse, mais celui de la sexualité dominée par le masculin :

« Le ciel bientôt blanchit de canicule »

Le ciel blanchit comme inondé de la semence masculine, il blanchit de « canicule », terme dont la vulgarité sexuelle s’entend, à la fois par son étymologie, celle du chien ou de la chienne, et par son final signifiant : « cul ».
On ne trouve surtout, dans ce monde d’ardeurs sexuelles, où règnent brutalité et domination, que souffrances et brûlures, et :

« La peau brûle et purule »

On y laisse sa peau.
Le dernier vers semble élargir ce qui prédomine sous le soleil, comme une loi universelle de la nature, les rapports cruels et violents entre les êtres vivants :

« Sous l’herbe sèche un serpent mange un rat ».

Les chatoiements d’azur et de lumière masquent un monde brutal, dur et cruel. L’apollinien voile le dionysiaque. « apparat » rime avec « rat », la somptueuse apparence masque et révèle à la fois le répugnant et l’abject.
Le soleil alors n’a pas vraiment dissipé la nuit. Le soleil s’est-il jamais levé ?

Ainsi jour et nuit, ténèbres et lumière : tout est blessure.
On n’échappe aux piqures que pour des brûlures, et inversement. Froid et chaleur reviennent au même.
Déprime de la nuit, et « Folie du jour » comme écrivait Maurice Blanchot, « brusque, affreuse cruauté du jour ».

Comment s’en sortir ?
Le poème n’a pas trouvé d’issue. Il se tient dans une impasse.
La situation de servitude (ce froid qui « asservit ») perdure, la voie de la libération reste à trouver.

   Queribus   
3/7/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un solide sonnet en décasyllabes, ça n'est pas si courant et le votre est plutôt réussi malgré quelques(petites) maladresses de vocabulaire: "le cœur me point", ""nonchaloir polaire", "l'azur mignard", "slip d'apparat", "la peau brule et purule", qui auraient pu être simplifiés avec des mots plus courants. En outre, le dernier surprend un peu et fait"passe-partout". Le tout témoigne quand même d'un long apprentissage de la prosodie classique et incite au respect.

Bien à vous.

   Jahel   
3/7/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Socque,

Du désespoir à l'espoir. De la froidure à la chaleur. D'un éventuel état dépressif à une joie toute relative. Toutes ces oscultations des sentiments humains nous conduisent du noir au blanc, mais sous réserve de toujours prendre garde car:" sous l'herbe sèche un serpent mange un rat." Digression trompeuse qui nous éloigne du sujet pour mieux nous y ramener.

Jahel

   Edouard   
10/7/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quand je vois dans le texte, je dis oui, bien que la raison du titre m'échappe.

   AnnaPanizzi   
11/7/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Socque,
A la lecture du titre, je me suis dit : Boarf, on va encore nous bourrer le mou avec de la mythologie grecque. Que nenni ! Aux deux premières strophe, on se dit, elle a pété une durite sous la canicule, la voilà qui s’abreuve au classique grand teint et brode de joliS vers en pleurnichant dans les recoins frais de sa masure (c’est beau le nonchaloir polaire). Et puis voilà, ce slip qui tombe à point pour détricoter, et puis cette dernière strophe assez intelligente pour titiller et à la fois rester dans l’ornière. Ouaip, j’aime très beaucoup m’dame !

Anna

   EtienneNorvins   
11/7/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'art d'enfler les boursouflures, de traiter le poison par un poison plus fort, le rat par le serpent (que j'ai adoré ce vers comme un faux point final!) ... et Charybde par Scylla... Avec l'inquiétude sous jacante : jusqu'où ? pour découvrir quoi ?
Merci du partage !


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