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Poésie contemporaine
socque : Débordement
 Publié le 20/01/16  -  25 commentaires  -  1710 caractères  -  421 lectures    Autres textes du même auteur

Extrapolation.


Débordement



Sur la nappe rugueuse une effarante table
dira le monde en sa splendeur
et son inexprimable odeur,
envoûtantes beautés dont il tisse sa fable.

La lumière sera mystères bleus de sangs
par éclats de douceurs terribles,
d’abominations paisibles !
Des Titans y viendront savourer les croissants.

Brillera le chemin en bronze, cuivre, soie,
bijou barbare du guerrier
à la cruauté d’épervier
qu’une femme aux grands cils amadoue et chatoie.

Les mets ! à calciner les palais timorés.
Nourrissons rôtis à la broche
– sur leur cul rond la sauce hoche
d’indicibles terreurs aux reflets mordorés.

Poumons de grand fumeur, animelles de reine,
tout ! on pourra manger de tout
dans ce gala du mauvais goût
où le mufle galeux signalera le renne.

Des flaques de vomi parfumeront les sols.
Moult esclaves, toge échancrée
– seins, couilles que le regard crée
dans une ombre furtive –, en garniront des bols.

Ce sera somptueux ! Arrogant et baroque.
Répugnant, acerbe, vivant,
mortel. Les convives devant
le buffet pleureront d’une joie équivoque.

D’affectueux chatons frotteront leur minois
plein de poils contre des carafes,
jouant déferont les agrafes
de visages liftés au craquant d’âcres noix.

Un saxophone en rut combattra la trompette
dans un discordant brouhaha
aux senteurs de fruit des aha.
L’orgie, oui, carrément. Suave, atroce fête.

Tout sera décadent, roué, d’une candeur
sale, frelatée, émouvante !
Dans l’aube qui suivra, riante,
un rayon pollué lavera la laideur.


 
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   Anonyme   
30/12/2015
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
Même si vous avez précisé qu'il s'agit là d'une "extrapolation, pour un "Débordement" c'est un odieux débordement, de très mauvais goût, plus j'ai avancé dans la lecture, je trouve dans son entier ce texte abominablement indigeste :

"Les mets ! à calciner les palais timorés.
Nourrissons rôtis à la broche
– sur leur cul rond la sauce hoche
d’indicibles terreurs aux reflets mordorés.

Comment peut-on écrire de telles horreurs !

   Anonyme   
30/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Un univers dont je ne fais habituellement pas ma tasse de thé.
Trop souvent, les auteurs créent des textes graveleux, débordants la limite .
Ici, vous êtes sur le fil, avec beaucoup de classe.
J'ai eu peur avec le vomi...
Donc, je vous le dis...j'ai adoré votre texte, dérangeant à souhait.
Des épices bien dosées dans mon thé.
:-)

   Anonyme   
20/1/2016
Voilà une écriture qui excelle. C’est beau, terriblement beau.
Le texte nous emporte sur des vers lumineux mais vers où…le jour ou la nuit ?
Là je ne sais pas, mais alors vraiment pas de quoi c’est l’extrapolation.
Je ne suis pas choqué, pas vraiment séduit non plus, bien qu’assez ébloui, surtout perplexe, et du coup je ne vais pas évaluer ce poème car je ne sais pas trop où je mettrais les pieds…va-t’en savoir s’il ne s’y cache quelques sortilèges, vu que ça sent un peu le soufre il me semble.
A vous relire
Corbivan (prudent)

   luciole   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Bien
L'atmosphère de l'ensemble me plaît assez. J'aime ce qui est excessif.
Ici on est peut-être chez Trimalcion bien que les nourrissons rôtis évoquent davantage Swift...
Sinon, il me semble que vous appréciez l'oxymoron...

   Robot   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sommes nous au banquet des dieux décadents ou aux cuisines de l'enfer ? Orgie de mets, orgie de mots. Les ogres se repaissent de tout, nourritures et sentiments. Ou est-ce l'humanité qui dévore ses biens sans retenue ?
Un texte puissant qui ne craint pas le vocabulaire et qui l'exploite de belle manière.

   Pouet   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah oui, quel banquet! Y aura-t-il aussi des gencives de cancrelats farcis? Et de la blanquette d'escarres de mamies phtisiques? Hmmm
Et de la couille pour mon ami Jean Genet!? Quel festin!

Très bien écrit ai-je trouvé.

Baroque décadent quoi.

On sort de l'ordinaire onirien et c'est un réel plaisir.

   Anonyme   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J' imagine un banquet orgiaque d'ogres ou de dieux cruels et tyranniques. Cela va au delà de la - Grande bouffe - d'où le Débordement.
J'ai aussi l'image de - Saturne dévorant un de ses fils - en lisant ce poème.
Le grotesque est ici bien pensé, bien tourné. J'aime beaucoup.

   Vincendix   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Débordement en effet, trop c'est trop !
A couper l'appétit et le reste.

   Francis   
20/1/2016
Salsa du démon dans la Rome décadente, orgie sous le règne de Caligula, cette fête barbare donne froid dans le dos ou... la nausée ! Ce festin "baroque" nous conduit aux limites de l'immoralité. Ce débordement voulait interpeler le lecteur et c'est réussi ! Finalement, les repas bien arrosés de chasseurs ne sont pas si éloignés de ce banquet !

   Dupark   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà !
Aucun lieu commun, c'est la règle.
Là, ça va.

J'aime !

   Anonyme   
20/1/2016
Socque le retour, et quel retour ! Bonsoir socque, vous m'avez beaucoup manquée... Et oui, que voulez-vous, il se crée sur ce site des liens que l'on ne peut expliquer.
Par contre je ne suis toujours pas fan de cette poésie dite moderne ni de ce Débordement même extrapolé...
Mais alors me direz-vous, pourquoi ce commentaire ?
Tout simplement pour la qualité des rimes et pour la construction du poème en général... Ici point d'hiatus, un certain nombre de "e" élidés avec bonheur et quelques très jolis vers comme par exemple celui-ci ::"qu’une femme aux grands cils amadoue et chatoie."

Je ne me prononcerai pas le fond mais la forme me rassure. Vous n'avez rien perdu de votre talent...

Bonne soirée chère amie, (si vous le permettez) en espérant que ce n'est pas qu'une éphémère réapparition...

   hersen   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a d'un côté le texte, admirablement écrit, somptueusement écrit.

Et il y a ce qu'il dit, glaçant, réel.

Trop dégoûtant, l'horreur, l'impensable sauf de ce que l'on se rappelle de l'histoire, Rome immanquablement ?

Est-on sûr que ce banquet n'existe pas ?

Comme je voudrais en avoir la certitude.

merci

   Anonyme   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,

C'est affreux, sombre, fataliste, un peu provocateur, et c'est rudement bien fait.

L'ensemble des quatrains, le poème considéré dans sa totalité, brouille le sens global, mais chaque vers, pris individuellement, chaque quatrain, isolé, propose une vision claire et dramatique.

"Des Titans y viendront savourer les croissants." : quelle image !

J'ai rapproché cette lecture du décadent "Crimen amoris" verlainien :

"Dans un palais, soie et or, dans Ecbatane,
De beaux démons, des satans adolescents,
Au son d'une musique mahométane,
Font litière aux Sept Péchés de leurs cinq sens.

etc."

Ce texte a un charme indéfinissable.

A.

   Anonyme   
21/1/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Baroque et truculent, ce sont les deux mots qui me viennent en tête à la fin de ma lecture. Autant dans la description de cette scène quasi bestiale que dans l'utilisation d'un vocabulaire particulièrement riche. J'apprécie en premier lieu l'énergie qui émane de ce monstrueux défouloir, mise en exergue par quelques exclamations bien placées : "Les mets !" "tout !" "Ce sera somptueux !"
On dirait un banquet de dieux barbares, ivres de jouissance. Je renonce à trouver un sens à ce qui pourrait ressembler à une métaphore de l'existence. Je vois dans ce dernier vers ("un rayon pollué lavera la laideur") l'épilogue d'une humanité asphyxiée par ses excès mais rien n'est moins sûr. Je préfère prendre ce délire comme il vient, m'amuser du ton manifestement provocateur où s'agitent "couilles" et "animelles" autour d'un "cul rond".
Ça par contre c'est inutilement explicatif : "Tout sera décadent". On l'a bien compris !

   Perle-Hingaud   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelle truculence !
J'adore ce débordement, cette débauche d'effets, dans les enjambements, dans les sons et les sens évoqués.
Les géants sont gargantuesques et me rappellent de lointains souvenirs d'étude de textes au collège.
Un style à part, toujours aussi débridé: merci pour cette lecture !

   Anonyme   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir,

Un phrasé unique, une invention du langage pantagruélique qui laisse sans voix, si j'ose dire...

"Somptueux, arrogant et baroque"... du grand art !!!

En somme, une véritable pépite !

Wall-E

   Coline-Dé   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour socque. Heureuse de retrouver votre plume !
Bien sûr une forme impeccable et une grande richesse lexicale. Bien sûr aussi une manière dérangeante de traiter le sujet en outrepassant les images attendues, et c'est bien là votre talent.
J'aime cette correspondance métonymique entre le monde et la table, l'ostentatoire festin qu'il offre pour " tisser sa fable".

Des Titans y viendront savourer les croissants. (beau contraste entre ces Titans et ces croissants !)

J'ai une interrogation dans la troisième strophe : du mal à raccorder "chatoie" ( intransitif) à son sujet.

La quatrième me régale, ainsi que " Tout ! on pourra manger de tout !"

"Ce sera somptueux ! Arrogant et baroque.
Répugnant, acerbe, vivant,
mortel."

Oui, c'est exactement ça ! Vous avez une manière presque masculine d'aborder la poésie : en bousculant la garce ! Mais qu'elle aime ça ne fait aucun doute.
je salue bien bas !

   Arielle   
21/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Bon sang, mais c'est bien sûr !" vient de me souffler Bourrel ...
J'avais lu ce poème en pré-lecture sans en reconnaître l'auteur et j'avoue que si les culs de nourrissons me semblaient plutôt alléchants, j'avais calé sur les bols de vomi en dessert. Chacun ses limites !

Socque nous revient ... Alléluia !

Le banquet que tu nous offres pour fêter ce retour est à la mesure de ton talent : un feu d'artifice fellinien déroulé sur la corde raide entre l'horreur et la beauté : "un rayon pollué [que lave] la laideur"

Le futur utilisé tout au long de cette fable ajoute à son côté glaçant : Il ne s'agit pas d'Antiquité grecque ou romaine mais d'un avenir proche où le saxo en rut couvrira les notes claires des trompettes de l'Apocalypse ... Nous n'avons pas encore tout vu en fait de trêve des confiseurs !

   myndie   
21/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Socque,

Ainsi c'est donc vous Lilith ?

Je suis épatée par l'habileté -la rouerie serais-je tentée de dire, connaissant l'étendue de votre talent – avec laquelle vous écrivez sur le fil du rasoir, oscillant entre la luminosité et la finesse des images et le nauséeux, le gothique, le mauvais goût complaisant. Je peux même deviner la jubilation que vous avez dû ressentir à noircir l'écran immaculé d'Oniris de vos débordements.
S'il faut y voir une parabole, vous vous en tirez très bien, même si, vous le voyez, on n'évite jamais totalement d'être jeté en pâture à l'indignation lectorielle. Ben oui, trouver un sens, ou pire, prendre au pied de la lettre, c'est forcément faire une croix sur tout autre explication.
Fugu a évoqué fort justement « la grande bouffe ». moi aussi j'ai pensé spontanément à ce film et aux réactions vindicatives qu'il a suscitées «  vulgaire, insoutenable, scatologique... ». Oui mais autre temps, autres mœurs, non ? Aurions nous fait un pas en arrière ? Ciel !
Je préfère dire, comme Corbivan ; que votre texte sent le soufre à plein nez. Et ma foi, de temps en temps, ça fait du bien de se laisser déboucher son appendice !
Surtout quand la lumière est « mystères bleus de sang » (et que la terre est bleue comme une orange?), quand les terreurs sont indicibles et mordorées, quand la candeur est sale mais émouvante. Enfin toutes ces formulations élégantes et inspirées qui font que ce « gala de mauvais goût » passe si bien.
Vous m'avez fait passer de l'attendu à l'inattendu, de la perspective balisée au dépaysement, de la bienséance à l'inconvenant.
J'aime. Bravo Socque

   Curwwod   
21/1/2016
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
J'ai beaucoup hésité à donner un avis sur ce texte, mais puisque le ressenti prime, je me dirai surpris que l'on veuille faire fleurir de la poésie sur du fumier. Pourquoi ? ce n'est ni neuf ni beau ni même original (on a fait allusion aux orgies romaines, on pourrait citer quelques auteurs complaisants de second ordre, quelques films bien racoleurs, Calmos, La grande bouffe et ses débordements merdeux et ,dans une moindre mesure, censure oblige, mais avec beaucoup plus de talent, Baudelaire...) Je ne parviens pas à saisir la dimension esthétique, émotionnelle de cette complaisance au moche, au pourri, au malodorant, à finalement tout ce qui ravale l'humanité à la plus basse animalité. Bien sur le sexe va avec la bouffe et le tout donne un cocktail qui provque l'écoeurement mais aussi la curiosité morbide. J'espère de tout coeur qiue le fondement de votre pensée est la dénonciation du vice, du vicié, de l'abject, d'une capacité de l'homme à l'abominable et l'organisation une société qui se goinfre sur le dos des morts de faim, mais, même dans ce cas , je déteste car cela reste totalement gratuit.

Absolument désolé.

   placebo   
21/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ca faisait longtemps que je n'etais pas venu lire ici, heureux de voir que certaines choses ne changent pas trop ; plus de retenue dans ce texte que pour d'autres de l'auteur dont je me souviens, aussi bien dans les mots que les images, l'orgie n'en est que mieux suggeree, pour le coup.

Tres bonne continuation,
placebo

   Pimpette   
22/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
une plume magistrale que je salue toujours même si elle trop haute pour moi!

Quoique' les abominations paisibles" soient tout à fait de ma famille...et bien d'autres...
la poésie se glisse dans les trouvailles
culottées de vocabulaire et ça...c'est parfait!

"On pourra manger de tout" est également magnifique de simplicité poétique!...je pourrais l'avoir écrit!!!

"les palais timorés également...

ce sera somptueux, arrogant et baroque...merci Socque pour cette orgie parfaite, ignoble et magnifique

J'ai adoré!...sans oublier l'humour!!!!!!

   Beaufond   
23/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
« Des flaques de vomi parfumeront les sols. »

« Ce sera somptueux ! Arrogant et baroque. »

Voilà deux grands vers qui me chagrinent de leur beauté. Le rythme est osé, fort, singulier, la couleur est noire, les rimes profondes — cela faisait un temps que je n'avais pas lu de poésie sur Oniris (J'y viens presque tous les jours, mais n'y trouve rien.) ; là, pas de nouveauté, pas d'escrime inédite, mais une ampleur intemporelle.

Je pleurerai la catégorie de ce poème qui, de sa régularité, n'a rien à faire ici, n'osant aucune impudeur contre le ciel — mais c'est sans doute ainsi qu'il fallait remettre : pour l'azur, dans un diamant. À quand le temps des coloris ?

   widjet   
23/1/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Socque revient et c'est déjà une bonne nouvelle en soi comme un bon coup de pied au cul pendant la sieste. Le vocabulaire est riche (suis allé faire quelques arrêts-retours vers le dico), mais la lecture à voix haute n'est pas très "coulante" et rend le poème (volontairement ?) disgracieux et malgré moults détails (et adjectifs) cet abominable banquet m'a paru moins visuel que sonore (on entendrait presque les rots satisfaits des convives).

J'ai pensé au film de Marco Ferrerri "La Grande Bouffe".

Un beau bordel.

W

   Raoul   
24/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup ce texte que le seul futur rend incantatoire, à la fois visionnaire et sans âge. C'est le prêche d'un illuminé, d'un Nostradamus en train de mâcher des braises.
Un univers en soi, provoquant et arrogant à déclamer et lire à voix haute même - surtout - si ça grince par moment.
Merci pour cet uppercut-lecture.


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