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Poésie contemporaine
socque : Faisandée
 Publié le 12/10/20  -  13 commentaires  -  750 caractères  -  195 lectures    Autres textes du même auteur

La Terre fut, l'Homme put.


Faisandée



Ce fut un monde écrasant, somptueux.
On s'enivrait en reniflant la Terre,
l'odeur de sexe et de sève solaire
valait chanmé tous les spiritueux.

L'Homme marchait, le gland présomptueux,
en conquérant. Meurtrier de son frère,
il entama sans remords sa carrière
de destructeur, un métier fructueux.

La cuisse verte ouverte, la planète
s'offrait robuste à l'espèce qui pète
tant sa puissance... Et toi qui les bramais,

sa beauté belle, oh ! ses mers, ses montagnes,
hume, gémis. Des cimes aux campagnes
comme elle pue aujourd'hui, pour jamais !


________________________________________
Ce texte a été publié avec un mot protégé par PTS.


 
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   Miguel   
24/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Je trouve qu'il y a un hiatus de sens entre cette première partie épique et "priapique" et la dernière, contemporaine et réaliste. J'aurais aimé que l'une et l'autre soient dans deux poèmes différents et associées à des contextes en rapport. Je partage l'indignation exclamative du dernier vers, mais le "pour jamais" me semble un peu pessimiste ; espérons que la sagesse humaine ...

   Robot   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle force expressive dans ce qui tient à la fois de la dénonciation et du pamphlet.

J'apprécie quand ce genre de propos utilise une poésie qui exprime clairement son propos sans recourir à un langage emberlificoté. Ici ce qui est dit n'a pas eu besoin d'artifices pour faire comprendre la pensée qui a guidé ce poème.

C'est net, volontaire et affirmé.

Un texte sur lequel je suis revenu plusieurs fois par plaisir de la lecture.

   Donaldo75   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La première fois que j'ai lu ce poème, je me suis dit qu'il tapait vraiment très fort, dénonçant de manière forte une situation qui semble nous échapper à tous. Et ma seconde lecture amplifie cette impression, confirme la force de cette poésie ô combien contemporaine et moderne.

Que dire de plus ?

Chapeau bas et bravo !

   papipoete   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour socque
Devenu le Roi du Monde, le frère de feu Abel conquit la planète ; s'en saoula au point de la réduire à... bientôt néant !
NB je ne me souviens pas qu'au catéchisme, Soeur Marguerite nous enseigna que le " chanmé " Caïn marchait " le gland présomptueux ", mais il est vrai que cet ancêtre de l'humanité, prodigua un exemple... à suivre, anéantir la planète !
Aujourd'hui, le permafrost fond et libérera bientôt des " méga-covid ", plutôt que de mignons roitelets...
l'auteure ne fait pas dans la dentelle ( on reconnait aisément son style ! ) pour dire là où nous voici aujourd'hui ; juste au bord de l'abîme...

   Hananke   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour

Même si le sexe est l'une des 2 choses qui mènent le monde, l'autre
étant l'argent, je ne suis pas fan de ses expressions triviales
qui habitent (si je puis dire) ce texte.
Je pense que la Poésie, même moderne, mérite une tout autre hauteur.
Que le sexe soit suggérer, d'accord mais énoncer brutalement comme ici, non, je n'adhère pas.

Même si je sais qu'à notre époque, il faille à tous prix choquer
pour se sortir des ornières traditionnelles, ce texte, intéressant au demeurant par son thème, eût été tout autre sans ses formulations de bas étage.

   Vincente   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai bien aimé l'écriture, vindicative, ajustée, originale.

Le message, en ce qu'il a de profond, trouve un déclinaison assez légère dans ses termes et expressions ("chanmé" ; "gland présomptueux" ; "la cuisse verte ouverte"). La harangue se vautre malgré tout dans le luxe d'une luxure métaphorique où l'homme ferait orgie de lui-même et de son environnement. La flamme qui s'emporte par ce feu regardant, rétrospectif et prospectif, se veut dénonciatrice ; il est intéressant que le narrateur parle depuis un avenir qui a dérivé de nos choix de vie actuelle, parole au passé pour annoncer un avenir "puant" , "comme elle pue aujourd'hui, pour jamais ! ".

Je m'interroge, attiré, par la signifiance de cette "sève solaire", une bien jolie et prometteuse convocation.
La phrase "la planète / s'offrait robuste à l'espèce qui pète / tant sa puissance…" m'a fait sourire et mais aussi l'apprécier pour sa pertinence.

   dream   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Socque

C’est une poésie moderne, qui ne s’effraie pas de s’aventurer dans les glissages les plus osées, naviguant entre paradis et enfer, actionnée au départ, par l’Homme qui se rêve en démiurge et qui, pour voir s’épanouir son plaisir de destruction, tire les ficelles du désir de l’amour et de l’argent.

Cette poésie d’une simplicité biblique, si je puis dire, mais sans pour autant tomber dans la simplification, laisse quand même, au final, des images et des sensations bien proches de la réalité et des artifices de ce monde. Car il n’y a pas de remède au cancer qui gangrène l'humanité, il n’y a qu’une certitude : l’absence de morale et ses effets pervers n’ont de réponse qu’individuellement.

Bravo à l’auteur pour sa singulière prestation.
dream

   sympa   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Socque,

Une poésie qui tape fort.
Un réel coup de gueule qui s'entend : la terre souffre, "pue", comme vous l'écrivez , et l'homme inconsciemment ou non y contribue..

Je comprends votre démarche, avec ce "gland présomptieux", la planète cuisse ouverte ,entre autre, pour taper fort, justement et éveiller peut-être les esprits.
C'est du moins mon ressenti.
Mais, poétiquement parlant, c'est autre chose.

Une lecture que j'ai toutefois apprécié.

   Lirian   
13/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour socque,

Une façon de dire originale, à défaut d'un thème qui l'est, puisque à moins d'être Trump, nous le savons. j'aime ici votre façon de dézinguer l'enclos où l'on parque d'ordinaire les mots comme des moutons. je les ai vu sauter les barrières, ivres d'espace, quel plaisir!
Bravo!

   Malitorne   
14/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
La poésie est forte et percutante, quelques saillies savoureuses (« L'Homme marchait, le gland présomptueux ») et une construction finement ciselée. Mais voilà, une sensation de déjà-vu bien présente. Je ne fréquente pas l’Espace Lecture, si je le faisais je suppose que je vous reconnaîtrais aisément tant votre inspiration est caractéristique, mélange d’écologie et de truculence. Il n’est pas évident de se renouveler, peut-être ne le souhaitez vous pas, mais à force d’exploiter les mêmes thèmes avec le même style on ne surprend plus son lectorat. En voyant votre pseudo, on est à peu près sûr de ce qu’on va trouver.

   Louis   
15/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le poème dit avec « pétulance », dans la forme comme dans le fond, les transformations subies par la terre, lieu de notre séjour, et celle de l’Homme qui l’habite.
Le constat de ces bouleversements s’opère par la perception ; non pas, comme il est communément d’usage, par la vue, l’ouïe ou le goût, mais exclusivement par l’odorat. Un seul sens dans ce poème, le plus primitif, le plus affaibli pourtant chez l’homme, permet d’expérimenter combien le monde a changé.
Splendeur d’un monde naturel qui « fut », et qui n’est plus : « ce fut un monde (…) somptueux ». Splendide, il ne l’était pas, il le fut. Le passé simple indique un passé unique, qui ne reviendra pas, un temps qui ne se reproduira plus. Splendeur passagère du monde, irrémédiablement perdue.

Cette somptuosité du monde ne se manifesta pas en priorité dans un éblouissement visuel, mais dans une ivresse olfactive : « On s’enivrait en reniflant la terre ». Ça sentait bon le monde, ça embaumait, ça fleurait le sexe à plein nez, dans la griserie des promesses d’accouplement et de reproduction pour le vivace et la luxuriance d’une nature.
La splendeur du monde ne s’en trouvait pas moins liée à la toute-puissance : « Ce fut un monde écrasant ». Le monde naturel imposa ses lois, et partout la domination de ses exigences, jusqu’à ce que l’homme, « l’Homme » qui « marchait », progressât dans sa puissance à la fois prométhéenne et phallique, puissance sur le monde proportionnelle à sa puissance sexuelle. Non, l’Homme ne sera pas un impuissant, la couille molle de l’univers.

Dans ce milieu naturel grisant, si plein de phéromones et de "philtres d’amour," L’Homme ne pouvait que s’y "sentir" bien. Et pourtant, il a perdu ce paradis originel aux parfums aphrodisiaques, aux suaves senteurs, où chacun pouvait et piffer l’autre et le blairer dans une harmonie universelle de bonne odeur.

Comment comprendre cette version laïque de la chute hors du paradis originel, « somptueux » et si odoriférant ?

Le poème dit un renversement de pouvoir. L’homme, grâce au développement des techniques, voulut se faire « maître et possesseur de la nature », pour reprendre l’expression de Descartes.
« Présomptueux », « conquérant », « destructeur » : ainsi fut l’Homme.
« Meurtrier » et violeur : ainsi fut-il.
Meurtrier, il le fut, de celui qu’il en vint à ne plus pouvoir sentir, son ‘’propre’’ « frère » : ses congénères, ses parents hominidés, sa parentèle animale, avec toute cette puissance destructrice que lui donnèrent les techniques d’armement, de l’arc et massue primitives au nucléaire.
Violeur, il le fut, de la planète, par ses technologies industrielles qu’il développa contre elle, elle qui s’offrait pourtant à lui, « la cuisse verte ouverte », en toute innocence, en toute confiance.

Abusif, et fier de ses capacités, l’Homme est l’être qui « se la pète »; l’Homme, cette : « espèce qui pète tant / sa puissance ».
Pétaradant, avec ses moteurs en tout genre, et aussi sa morgue et sa suffisance, l’Homme devint un foyer pestilentiel, qui empuanta le monde, et laissa nauséabond ce qui fut « enivrant ».
Ainsi l’homme qui put fut aussi l’homme qui pue.
Le seul éclat laissé derrière lui, c’est celui, pétant, de son arrogance.
Son pouvoir, « il put », s’est évanoui déjà en vapeurs pestilentielles, en relents faisandés.

Son pouvoir « fut », comme la nature « fut ». L’Homme et sa prétendue puissance ne pouvant survivre au monde naturel, tant l’un et l’autre sont intimement liés.

Au fond, tout est une histoire de « cul ».
L’Homme a oublié, dans son culot, la leçon de Montaigne : « Et au plus esleve throne du monde, si ne sommes assis, que sur notre cul»
Et avec le cul, tout n’est qu’affaire de corps, de sexe et d’emmerdement.
La culture et la civilisation ne seraient donc que l’expression et dans le même temps le masque d’un corps grossier où se jouent des rapports de forces entre suaves émanations et fétides exhalaisons, désirs amoureux, sentiments confraternels altruistes et puis rejets, exclusions, dégagements dans le remugle irrespirable.

Le poème ne manque pas de flair, et ne souffre pas d’anosmie.
Il ne raisonne pas, n’argumente pas, il subodore.
Il revient à l’olfaction, ce sens réputé vulgaire et primaire, dénué de toute spiritualité. Privilégiant les métaphores olfactives, il dit ce que fut le devenir ‘’impétueux » de l’Homme, et fait sentir comment fut transformé un paradis embaumant en un enfer irrespirable, invivable, un enfer puant.

Merci socque

   Hiraeth   
19/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème satirique, techniquement maîtrisé, au rythme top, où les vers sont faits pour être respirés avec des émotions étonnamment diverses, correspondant tour à tour aux tons de l'épopée, de la satire et du lyrisme. L'alternance des registres haut et bas fonctionne très bien. On s'en met plein le nez, dans tous les sens du terme : on y hume la planète au temps de l'âge d'or, on y souffle très fort à l'évocation du ridicule homo sapiens "au gland présomptueux", et on se le bouche à la fin.

J'ai beaucoup aimé.

   hersen   
21/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une terre où l'on n'avait besoin de nul artifice pour des émotions fortes, mais on a trouvé le moyen de la forcer, la violer, la torturer.
Et on est présomptueux !
On est mignons, quand même, on n'a même pas honte !

Un texte fort qui sent bien son faisandé.

un chemin bien décrit, l'Homme bien content de lui en mangeant dans sa barquette en plastique, assis en terrasse avec vue sur la montagne, ou sur la mer ou la campagne.

On sent que c'est vrai !

Merci socque pour ce texte.


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