Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
socque : Graveyard shift, ou Grave ça va chier
 Publié le 23/02/17  -  25 commentaires  -  651 caractères  -  525 lectures    Autres textes du même auteur

"Graveyard shift" = "Travail de nuit" ; littéralement : "Tranche horaire cimetière".

La lumière s'éteint partout en Europe, nous ne la reverrons pas de notre vivant.
Sir Edward Grey, ministre britannique des Affaires étrangères – 3 août 1914


Graveyard shift, ou Grave ça va chier



Petites heures du matin.
Le néon grésille, les crocs de la nuit dégouttent son sang pâle.

Hier soir – quand l’amour mourut – date de trois siècles.

Autour de l’îlot clair s’amassent les requins
de la démence
la conscience
du rien

Le distributeur bzzzzzzzzt rêve ses promesses
de bien-être caféiné bzzzzzzzzzt
loin très loin vers l’autre mur traverser
les eaux noires pleines de squales

et le néon léon qui faiblit




___________________________________________
Ce texte a été publié avec des mots protégés par PTS.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
3/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des mots téméraires, une poésie audacieuse.
J'aime ce que tordue elle raconte, son amplitude allant des 'requins de la démence' jusqu'à l’inattendue mais réconfortante machine à café.
J'aime les 'bzzzzzzzzzt' des néons associés à Léon qui grésillent. Un style évidemment qui ne cherche pas à enrégimenter.
Je suis moins fan de la deuxième partie du titre.
Merci.

   lucilius   
5/2/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Déjà j'exècre le titre à la populiste vulgarité. Ensuite, j'ai beau lire et relire en tout sens ce texte, je ne vois pas où l'auteur veut en venir avec ses clichés abracadabrants. Je comprends bien que la poésie libre peut s'affranchir de toutes les règles traditionnelles de la versification, mais au moins qu'elle soit compréhensible ou alors je date moi aussi de trois siècles.

   Pouet   
23/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bjr,

Ce ne sont pas "les griffes de la nuit" comme le lacérait en son temps, Freddy, mais les "crocs".

Bien aimé, sans trop savoir l'expliquer, la sonorité et le surréalisme délicat de ce vers:

"Hier soir – quand l’amour mourut – date de trois siècles."

On peut s'imaginer un type ou une fille dans un lieu quelconque, pourquoi pas une station-service, qui voit au loin une bande de pélerins à la mine pas tibulaire mais presque et qui commence à avoir les genoux qui font bravo à l'idée de sortir et de les affronter.

L'incipit nous dirige vers une interprétation plus métaphorique de la chose. Peut-être au niveau de "l'obscurantisme" de certaines idées populistes et nationalistes, je ne sais pas trop.

Mais c'est sympa dans l'ensemble.

Le titre me convainc moyennement et je regrette un peu "requins/squales", et puis ce "néon" qui grésille au début et qui faiblit à la fin, j'ai envie de dire s'il grésille, c'est qu'il faiblit non? Mais bon.

Sinon comme d'hab, je voulais lire du lisse, du convenu, du fleur bleue. J'ai lu du socque. Je suis déçu. ;)

Au plaisir.

   LenineBosquet   
23/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Mouaif, bon.
Disons que je comprends bien ce poème avec le premier incipit, je me vois bien à 4h du mat' à la machine à café au taf, me remonter un coup avant d'aller affronter les collègues, le patron, la vie salariale (les "requins").
Un peu plus de mal avec le deuxième incipit du coup, dont je ne vois pas le lien avec la machine à café, ni les néons.
D'ordinaire la poésie dite "libre" m'en touche une sans faire bouger l'autre, mais c'est toujours agréable de vous lire vous, on sent les différentes strates, les sens cachés de vos textes, même si je ne les descelle pas vraiment...
Allez SVP, refaites-moi du classique, ou de la rime tout du moins.
Merci.

   Anonyme   
23/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Je n'ai rien compris. Il n'y a rien dans ce poème. Après lecture je me suis dit : "Où est le poème ?" Où est le grave ça va chier ? Suis-je en train d'errer dans les limbes de la 4ème dimension ?

C'est dommage socque, car d'habitude j'aime bien ce que vous écrivez, mais là, non.

Cordialement,

Wall-E

P.S. : Après les explications claires de socque en MP, ce poème s'est tout à coup éclairé et j'ai donc décidé de revoir ma note à la hausse.
Je salue aussi socque pour son calme et sa gentillesse, merci.

   Anonyme   
23/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bien aimé ce petit texte sibyllin au style télégraphique.
Beaucoup moins fan de la deuxième partie du titre.
Le néon léon m'a interpellé et j'ai tapé ça dans le moteur de recherche. Je suis tombé sur un livre pour enfant anglais qui a l'air de raconter l'histoire d'un caméléon lumineux...
Ceci dit cela ne m'a pas vraiment avancé quant à ce qui se dit dans ce poème.
il y a à mon sens quelque chose de désespéré. Les ténèbres qui avancent, une petite flamme qui s'éteint.
Parle t-on quelque part d'un recul, d'un lointain siècle des lumières ?

   Ramana   
23/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quand je relie à l'incipit ce qui est écrit, j'imagine pour ma part un monde qui se délite, depuis au moins trois siècles. Une association poétique se fait dans mon cerveau incertain : la chanson de Brassens où les dieux sont chassés du firmament par la bande au professeur Nimbus, laquelle a frappé les cieux d'alignement.
Les marchands ont remplacé la noblesse de cœur, la fantaisie, le merveilleux, le "tout est possible", transformant en marchandise jusqu'à l'humain. La lumière s'éloigne, celle du néon, celle de l'esprit. Rien ne dit que cette civilisation parviendra un jour à traverser les eaux noires de cet âge de fer, au point où elle s'est alourdie.
Si j'ai bon, je gagne quelque chose ?

   Anonyme   
23/2/2017
Bonsoir Socque,

Mon commentaire s’est contenté d’un petit point (.) durant quelques heures. Mais je ne veux pas vous laisser croire à une possible autocensure de ma part, et je vous prie de m’excuser si vous avez pensé un seul instant que j’avais pu y mettre des choses désobligeantes.
En fait, devant l’hermétisme de votre texte, j’avais écrit mon commentaire en morse, oubliant que les lecteurs et vous-mêmes ne pouviez pas faire un copié/collé (sur lexilogos par exemple) pour le déchiffrer. Ça ressemblait un peu à ça :

·−−· ·− ·−· −·· −−− −· ··· −−− −·−· −−·− ··− · −−··−− ·−−− ·−−−−· ·− ·· ·−−· −−− ··− ·−· − ·− −· − ·−· · ·−·· ··− −− −−− −· −·· ·· −·−· −−− −·· · ··· −·−· −−− −·· · ··· ··· · −·−· ·−· · − ··· ·−·−·− ···− −−− ··− ··· ·− ·−·· ·−·· · −−·· −·· · ···− −−− ·· ·−· −− · −· · ·−· −·−· · − − · −− ·· ··· ··· ·· −−− −· − −−− ··− − · ··· · ··− ·−·· · ·−·−·−

Voici donc ce qu'il contenait:

Pardon Socque, j'ai pourtant relu mon dico des codes secrets. Vous allez devoir mener cette mission toute seule.

Il me semble voir une équipe de nuit finir son travail en se désolant du monde des requins qui occupent les bureaux, d’où peut-être le parallèle avec la déclaration de guerre qui universalise nos conflits personnels. La machine à café défaillante étant peut-être une tentative avortée de survivre.
Bien joué le coup des requins. Stop. La nuit tombe sur l'Europe. Stop.

J'ai demandé à l'équipe de nuit d'approvisionner la machine à café en dosettes. Pensez à éteindre en sortant. Stop

Ludi
agent largué en parachute


PS : chacun de vos textes est une découverte qui se refuse. Je ne désespère pas un jour d'y entrevoir un peu de lumière. Ce qui me désolerait, c'est que la révélation ne soit pas à la hauteur du mystère. Mais c'est un peu le lot des choix difficiles que vous faites.

Cordialement

   OiseauLyre   
23/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir socque,
J'ai bien aimé ce poème étrange. Le côté sybillin, obscure est bien compensé par les explications au début du texte. J'y vois une description originale de cet état de fatigue de milieu de nuit, cette espèce de période entre deux jours, hors du monde. Tout y est alors transitoire, difficile, irréel. Cette impression n'engage que moi, des explications sont le bienvenu.
Après les images sont originales, bien écrites et les vers bien agencés.
Merci.

   Leverbal   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Autant d'incipit et de mots dans le titre pour un texte aussi court ? Bon, on peut faire court mais puissant. Là ça me parle d'un type qui a du mal à se réveiller parce qu'il bosse de nuit... J'ai un peu l'impression de m'être fait avoir.
En fait, je suis juste déçu parce que le texte est trop court, j'en voulais plus parce qu'il y a du potentiel.

   Anonyme   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Comme Wall-e je n'ai rien compris. Dommage Socque pcq j'aime bien en général?

   arigo   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Voici comment je comprends votre poème :

"Petites heures du matin.
Le néon grésille, les crocs de la nuit dégouttent son sang pâle."

Le décor est planté, la nuit répugne toute son obscurité. Les seules pointes vives sont la pâleur du sang et la lumière grésillante du néon.

"Hier soir – quand l’amour mourut – date de trois siècles."

j'associe "l'amour" qui est mort à la lumière, la vraie, celle du jour, qui s'est éteinte au même moment que la nuit est venue.
Par contre, "date de trois siècles", je n'y suis pas.

"Autour de l’îlot clair s’amassent les requins
de la démence
la conscience
du rien"

Pour le coup, les "requins" me renvoient à l'image des premiers hommes et femmes, qui partent bosser quand apparait à peine le nouveau jour. A quoi pensent-ils ? A rien, à cette vie folle, ils en ont conscience.

"Le distributeur bzzzzzzzzt rêve ses promesses
de bien-être caféiné bzzzzzzzzzt
loin très loin vers l’autre mur traverser
les eaux noires pleines de squales"

Le café tout chimique et prêt à l'emploi appelle ces travailleurs très matinaux à chercher un pseudo réconfort qui leur fera croire que la journée sera meilleure.
J'imagine que les "eaux noires" renvoient au café ?
J'imagine aussi que le fameux "bzzzzzzzzzt" aux seules converations entendues le matin entre les travailleurs du matin, c'est-à-dire "du rien".

"et le néon léon qui faiblit"

Et pour planter la fin du décor, si le jour revient tout doucement, il est logique que le néon faiblisse. Par contre, léon ? Je n'y suis pas. J'imagine un SDF qui se meurt tout doucement, mais je pense aller trop loin.

Pour ma part, je me suis pris au jeu de l'interprétation. J'ai beaucoup aimé votre poème.

Merci pour ce partage,

Arigo

   Cox   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Socque,

Je suis étonné; à la lecture des commentaires j'en vois plusieurs qui vous accusent d'hermétisme complet.
Je suis étonné parce que d'habitude je suis le premier à bougonner devant la poésie contemporaine que je ne comprends pas et je me sens plutôt seul au milieu du long défilé de ceux qui se répandent en prédications littéraires à base de marc de café, et ceux qui soutiennent mordicus que "il n'est pas besoin de comprendre un texte pour l'apprécier, voyons".

Et là pourtant, il me semble avoir globalement compris votre texte, qui me parait assez clair... Je n'ai pas eu à me prêter à un jeu d'énigmes tirées par les cheveux, puisque le sens que j'en retire m'a paru couler de source. J'ai du rater quelque chose. Oh bien sûr, il y un ou deux passages qui m'échappent, mais comme ils ne me paraissent pas rédhibitoires à la compréhension du tout, j'ai quand même globalement apprécié.

Pour moi c'est donc une évocation de ces travailleurs de la nuit, au terme de leur service nocturne, sans humanité, sans amour, qui a duré une éternité (ou trois siècles). Ces brave gens sont à bout de nerfs, presque hallucinés, et se sentent perdus sur leur île déserte entourée de requins. Ils peuvent à tout moment basculer dans la flotte pleine de bestioles, elles-mêmes pleines de dents qui me semble représenter le burnout, le pétage de plomb, la "démence", et la dépression qu'amène la conscience de leur rien.

Le distributeur ne fait que rajouter au tableur avec son grésillement qui tape sur les nerfs, et l'espoir qu'il représente pour ces junkies forcés qui se shootent pour échapper au sommeil.

Là où je ne comprends plus, c'est ce que représente l'autre mur et les eaux noires au milieu....


Voilà, les premiers vers me paraissaient très clair, mais les derniers me mettent dans le doute. Peut-être me suis-je trompé mais en tout cas, j'ai apprécié l'évocation que j'y ai trouvée.

   Cristale   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Socque,

J'avoue que je "planche" depuis ce matin mais que les images qui me viennent en tête sont celles d'une catastrophe imminente dans une centrale nucléaire dont quelques "sacrifiés" tentent d'éteindre le feu des réacteurs, dans l'obscurité baignée de radio-activité, conscients qu'ils ne rejoindront pas les rives de l'îlot (Fukushima ?) ni la surface où les "savants" donnent les ordres... près des machines à café...Les néons clignotent, les néons faiblissent, c'est bientôt la fin...d'où : "Grave ça va chier !"...Rien d'étonnant !

Mon imagination abuse peut-être et le tableau est tout autre.
Mais de vous rien n'est impossible et je sais que votre écrit n'est pas anodin.
Le mystère est poétique chez vous et j'aime çà.

Je voudrais bien un petit bout de la clé...

   widjet   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
"Petites heures du matin.
Le néon grésille, les crocs de la nuit dégouttent son sang pâle.

Hier soir – quand l’amour mourut – date de trois siècles.

Autour de l’îlot clair s’amassent les requins
de la démence
la conscience
du rien"

Toute cette première partie, je l'ai perçu comme le jour qui suit celui...de l'Apocalypse.

Tout repère envolé, plus de notion, de rien, ni de temps (hier ou 300 ans, c'est kif kif pareil), ni d'environnement ou décorum (plus rien autour : la ville, le monde est une île) plus d'humanité non plus (l'homme revenu à l'état de prédateur - requins), plus de conscience de notion de Bien et Mal (démence, conscience du rien).

Bref, c'est un peu le bordel après la fin du monde. Normal, quoi.

Après j'ai peut-être tout faux, mais on s'en fout, (c'est bien connu, plus c'est abscons, moins tu piges, et donc plus y'a chance de que ce soit génial, le concept n'est pas neuf, mais c'est toujours efficace)

Le reste du texte ?

Sans intérêt en ce qui me concerne, j'ai pas cherché, c'était pas très stimulant ni intéressant (pas même en terme de sonorités : léon néon parce que leon à l'envers ça fait Noël que c'est la fête du sapin et des néons ?)

Le titre - en anglais, parce que bien sûr, ça fait toujours "hype" et voilà le tour est joué.

Voilà, c'était ma soirée masturbation.
J'avais du temps.

W

PS : très intéressante et éclairante interprétation de jfmoods. Grand merci. Du coup je rehausse un peu ma note.

   Anonyme   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Votre poème me fait penser à Pessoa, qui, dans certains de ses poèmes, fait des tonnes d'onomatopées. Mais bon, c'est Pessoa. C'est d'ailleurs pas ceux que je préfère de lui.
Vos bzzz m'ont pourtant parlés. J'ai connu ces atmosphères lourdes, provoqués par la nuit et ses bruits bien à elle, baignées dans une lumière glacée, dont seul le néon est capable de produire, attendant devant la machine à café, et son bruit, aussi, bien particulier, le fameux bzzz, justement, et moi, hagard, partagé entre le sommeil et l'ennui, qu'éructe le bouillon de café.
Ca ne réveille pas, c'est dégueu, mais ça atténue la langueur que peut bien provoqué le temps, dans ces moments là.
Oui, ces bzzz m'ont fait penser à tout ça. Une usine, la nuit, la machine à café, le néon éclairant la misère, l'horreur dans toute sa splendeur.

   jaimme   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Amusant, de prime abord, ce titre. Mais seulement à la première lecture. Seulement.
Ma lecture, pour l'ensemble du poème, est double:
- le petit matin difficile, froid et difficile, de ces travailleurs de nuit, qui nagent de nuit en nuit, de vide en vide, loin de tout et des leurs. Et qui n'en peuvent plus.
- mais aussi, et surtout, et l'incipit m'a tenu la main, la longue nuit dans laquelle nous risquons de rentrer. Lecture politique: les requins de la démence, les populistes, qui offrent leurs promesses creuses, mais aussi les gouvernements actuels, tous ceux qui nous écartent de la conscience alors que Blum (léon, mais peut-être je surinterprète, m'en fous j'ai envie de lire ça) se fait de moins en moins entendre. Et des murs, tant de murs...
Ainsi, pour moi, j'ai aimé et eu envie de commenter.
Court, froid, sans couleur, empli de ce néon qui malfonctionne.
Et des bruits de bottes...
Merci.

   Alcirion   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour être ésotérique, ça l'est, mais ça me plait !

Le néon grésille, les crocs de la nuit dégouttent son sang pâle.
Très belle image.

Un bzzzzzzzzt provocateur pour interpeller et faire crier (mais qu'est-ce que ça veut dire, enfin, me le direz-vous jamais, hein, hein ?)

Bref, c'est moderne, bien composé, bien rythmé, il y a des idées, quelques belles images sombres, j'y ai vu un sentiment d'après rupture, mais le sens était peut-être ailleurs.

   Cat   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai envie de dire : le contexte réel, je m’en fous !

Vous savez créer une ambiance. C’est indéniable.

Habituellement je zappe volontiers l’incipit. Ici il participe pleinement au tableau.

Le bzzzzzt dans son rôle d’onomatopée rajoute du frisson au sang de cette nuit mouillée, où se projette aussi bien l’ombre d’un passé sombre que celle d’un avenir glauque. "..., ou grave ça va chier" transposable à l'infini...

Vous êtes vraiment une poète originale et décalée, Socque. Vous variez les styles à loisir, des styles loin des sentiers balisés et cela vous donne une vraie et forte personnalité devant laquelle on ne peut rester indifférent.

Merci.


Cat

   jfmoods   
25/2/2017
Dans l'entête, par le recours à une citation qui a marqué l'Histoire, la poétesse établit, de manière implicite, un parallèle entre une première guerre mondiale qui, il y a un siècle, détruisit un mode de civilisation et le capitalisme contemporain qui, demain, de manière beaucoup plus sournoise, aboutira, à l'échelle planétaire, au même résultat dévastateur. Le thème de la clarté, symbole d'humanisme éclairé face aux ténèbres mortifères, sert de fil conducteur au poème ("La lumière s'éteint", "Le néon grésille", "le néon... faiblit"). Confirmant cette hypothèse, un jeu métaphorique d'opposition entre obscurité et plein jour structure le texte ("Petites heures du matin", "les eaux noires pleines de squales" / "l'îlot clair"). Deux animalisations ("les crocs de la nuit", "les requins de la démence") matérialisent l'avidité sans limites d'un système économique de plus en plus décérébré (métaphore : "la conscience du rien"). Seuls comptent les actionnaires et les dividendes. Les requins de la démence rappellent, en un sinistre écho, ceux de la finance : ils en sont même la version post-moderne. Le néon, personnifié, porteur de valeurs humaines mais taillé en pièces, perd toute sa vigueur, cédant aussi par lâcheté face aux puissances de l'argent (métonymie : "son sang pâle"). Une personnification ("Le distributeur bzzzzzzzzt de bien-être caféiné rêve ses promesses bzzzzzzzzzt") nous projette alors dans un avenir plus ou moins lointain, avalisant la contre-utopie réalisée d'un meilleur des mondes capitaliste. À l'aide d'une construction d'un abord déroutant (paradoxe : "Hier soir... date de trois siècles"), la poétesse rappelle à elle le contexte historique qui constitua le point de départ de tout cela : le début de la grande révolution industrielle qui consacra l'asservissement de l'ouvrier à sa machine. Le choix déroutant du passé simple ("quand l'amour mourut") plutôt que du passé composé logiquement attendu ("quand l'amour est mort") traduit la violence de cette rupture. À partir de ce moment, le travailleur est déconsidéré : il devient l'esclave du chiffre. Une allusion au Front populaire de Blum ("léon") suggère que les avancées sociales obtenues à l'époque sont à présent réduites à néant. La terre entière est-elle donc gangrénée ? Non. Un "îlot clair"subsiste, figurant le dernier espace de liberté. Petite torche dressée, ultime poche de résistance au fond d'une nuit abyssale. Un complément de lieu ("vers l'autre mur") figure une place forte assiégée. La gradation ("Loin, très loin") et le verbe à l'infinitif, sans point de chute identifiable ("traverser"), laissent présager l'inévitable reddition du dernier bastion d'insurgés.

Merci pour ce partage !

   hersen   
25/2/2017
Si mes premières lectures m'ont laissée perplexe, j'en restais moi aussi au travail de nuit sans pouvoir m'en convaincre tout à fait. Le dernier commentaire, celui de jfmoods, a fait entrer la lumière dans mon cerveau qui, maintenant encore, a du mal à s'en remettre.

Car, et je ne sais trop comment dire, c'est à la fois si poignant et si lucide.

Un grand merci, Socque, que je matérialise en ne mettant pas de note.
D'abord parce que j'aurais honte de mettre une note à un texte que je n'ai pas été capable de comprendre seule et surtout parce qu'on est bien au-dessus de tout ceci dans le cas présent.

hersen

   andrejalex   
27/2/2017
Modéré : commentaire trop peu argumenté

   Proseuse   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Socque,

J' ai lu plusieurs fois votre poème, et en EL aussi, bien m' en a pris de ne pas le commenter à ce moment, puisqu' aussi bien, malgré le - néon- qui grésille, votre texte me semblait bien obscur et que dans le noir, je n' aurais peut-être pas bien su écrire un commentaire !
cela dit , je suis un peu dans le même cheminement qu' Hersen, qui à la lueur de certains commentaires a su y voir un peu plus clair !
Pourtant, je pressentais que le texte n' était pas hermétique ... mais, je ne parvenais qu' à m' en sentir à sa périphérie !
Le texte est profond et habile et sait bien mettre le doigt... là où ça fait mal!
Merci pour le partage

   Raoul   
26/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime assez le sibyllin, cette sorte de message d'"Ici Londres, Les sanglots longs des violons…" sauf qu'ici il n'y a aucun sanglot, juste la noirceur, du café d'un distributeur de pitance concédée, de la nuit ou/et de quelque obscurantisme (après le communisme, le nazisme, le taylorisme, on n'est plus à un isme près…)
À situer entre ici, Métropolis et dada; c'est bon pour le fonctionnement des neurones.
J'aime bien l'expérience.

   David   
4/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour socque,

Déjà, j'ai beaucoup aimé découvrir l'expression qui fait titre, et sa traduction plus littérale que littéraire, carrément poétique même :) je l'ai pris comme axe de lecture, aucun doute que "grave, ça va chier" a à voir avec les requins et les squales, c'est enduit d'évidence.

J'ai pensé à une usine mais aussi à une pause sur une aire d'autoroute, où les machines à café font aussi partie du décor, où la perception du temps également est aussi bousculée. J'ai lu dans un roman qu'en l'absence d'un repère solaire, un humain pouvait avoir sa perception du temps raccourcie, quatre ans en paraitront trois, une durée de veille moyenne passerait à une vingtaine d'heures, sans trop savoir si c'est scientifiquement confirmé. Il y avait encore une autre lecture, une métaphore plus globale du monde sous forme d'une angoisse assez sourde.

"quand l'amour mourut" ça m'a fait penser à la formule sur les paquets de tabac et de cigarettes : "les fumeurs meurent" pour la répétition de la syllabe, comme un effet de faux pléonasme je dirais, mais il y a peut-être un nom en rhétorique. En tout cas, un professeur de français l'aurait sans doute souligné d'un "mal dit" dans une rédaction, c'est donc forcement poétique :)

L'image du néon est très parlante aussi dans le contexte que lui donne le poème pour cette même angoisse sourde, presque un truc de roman noir.


Oniris Copyright © 2007-2020