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Poésie contemporaine
socque : Intrusion
 Publié le 12/03/21  -  15 commentaires  -  606 caractères  -  258 lectures    Autres textes du même auteur

Même les fossiles on vient les faire chier.


Intrusion



Dans ces limons tassés en strates grasses
un bestiaire a trouvé son repos.
À jamais pierre, arêtes, chairs et peaux
surmortes font d'immortelles carcasses.

Fallait-il donc que tu te distinguasses
en paginant les calmes oripeaux
de cet ouvrage où crabes et crapauds
superposés confondent leurs grimaces ?

Sous le boutoir de ton burin brutal,
le livre ouvert révèle le total
d'êtres passés que Darwin mit aux gogues.

Pelotonnés à l'écart du danger,
ils rêvent d'œufs. Pourquoi tout déranger
dans leur logis, ô paléontologue ?


 
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   embellie   
3/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dès l'incipit, « même les fossiles on vient les faire chier » on est au parfum. Nous n'allons pas bénéficier d'un langage châtié.
Il fallait oser l'original contraste du sujet savant avec son traitement par un langage argotique.
L'auteur se met dans la peau d'un ignorant contestataire incapable de saisir l'importance de l'action
du scientifique.
Mécontent, il critique son boulot qui consiste à mettre à jour des fossiles pour la culture et l'enseignement des populations et le harangue sans ménagements : « Sous le boutoir de ton burin brutal » - « Fallait-il donc que tu te distinguasses ».
Le tutoiement montre le mépris de l'ignorant à l'égard du savant.
Je félicite la rigueur de l'auteur qui a tenu à nous exposer son sujet original sous forme de sonnet.
Un bon point pour l'oxymore « surmortes » et « immortelles ».

   Donaldo75   
6/3/2021
 a aimé ce texte 
Pas
Je n’ai pas du tout accroché à ce mélange de styles, entre
« Fallait-il donc que tu te distinguasses
en paginant les calmes oripeaux »
et
« le livre ouvert révèle le total
d'êtres passés que Darwin mit au gogue. »

Le dernier tercet confirme mon impression de lecture, celle du gars qui n’a rien compris à ce texte, n’en a pas décelé la poésie supposée et ne retient que l’hermétisme de l’ensemble. Je dois être dans un mauvais jour où rien n’a de sens à mes yeux.

   hersen   
6/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime bien le sujet évoqué et je suis aux antipodes de l'idée présentée par l'auteur.
Ceci dit, on a rarement parlé aussi juste des limons tassés en strates grasses, dont la plupart ne dit rien au commun du badaud.

paginer les calmes oripeaux de cet ouvrage, avec l'idée du se distinguasse qui sonne comme le gros dégueulasse qui vient tout déranger par avidité de connaissance.

J'aime un peu moins les deux tercets dans leur formulation, même si l'idée est clairement établie en interpellant le paléo qui ne laisse pas dormir tranquille le monde sur lequel il est assis. Et ce monde demanderait à être tranquille.
Ce monde s'en tape qu'on le feuillette ainsi. Mais c'est ainsi qu'il nous parle, en se laissant chatouiller délicatement par les petites brosse des archéologues

Et j'adore l'archéologie !

   Robot   
12/3/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Rien qu'avec le verbe chier dans l'incipit, j'ai deviné qui était l'autrice ! :)
J'ai trouvé la rédaction lourde avec de trop nombreux adjectifs et substantifs râpeux bourrés de "r" qui rendent la lecture peu fluide:
Stratesgrasses - pierrearêtes - surmortesd'immortellescarcasses - burinbrutal -
Je pense que c'est volontairement recherché, mais trop c'est trop et l'effet se détruit par surabondance.
Par contre, le fond m'a paru intéressant pour la réflexion qu'il ouvre.

   papipoete   
12/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonsoir socque
aucun doute n'est permis, c'est du " socque "; encore que pour évoquer ce dérangement, l'auteur en un sonnet le fait, ponctué de mots du cru ( c'est du " socque ", que pour ma part ai bien compris ce poème-ci !
NB je suis un peu d'accord avec l'avis ici formulé, que déranger des carcasses qui pourrissaient, tranquilles puisse donner raison à notre poétesse ! Tout comme la visite de la Vallée des Rois, et l'exhumation des momies ressemble quand-même à profanation ? ( je reconnais cependant que ces recherches me passionnent ; ce qui ne va pas avec ce que j'écris plus haut... )
la seconde strophe est pour moi, savoureuse que n'aurait pas dédaigné l'auteur de " une charogne " à travers son spleen !
Le tercet final est si attendrissant avec espoir de nichée...
je ne pensais pas vérifier cela, mais il me semble voir ici de vrais décasyllabes ( le deuxième vers me laisse un doute sur " bes/ti/aire " )
Entre le " laboniris " et ce poème, quel boulot ! et quelle réussite !

   Capry   
12/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Première lecture compliquée !
Deuxième lecture plus drôle, ceci dit les commentaires m'ont aidés :-))
Le sujet est tellement original, puis je me suis mise à la place de ses bestioles et j'ai bien rigolé.

J'aime votre texte pour le sourire qu'il déclenche, sa légèreté et son excentricité! Il est bon de savoir changer de point de vue, vous avez réussi.

Merci !

   Provencao   
13/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé cette singularité qui entre dans le domaine de la poésie, par votre entremise. Vous avez fort bien su en dévergonder les techniques, en affoler les enchaînements, et empreinter dans cette excentricité une nouveauté.

J'en ai aimé votre éveil, votre développement en liant ces "limons tassés " d'une telle poésie originale, nous offrant d'en dévoiler la profonde raison.


Au plaisir de vous lire
Cordialement

   pieralun   
13/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ah! J’adore!!

Aucun désir d’être joli !
Ni les mots, ni le rythme, ni les enjambements, ni les images.
Que des cadavres entassés en strates, que quelque « distinguasses » flirtant avec « carcasses » et « grimaces », que des animaux vivants n’évoquant ni beauté ni plaisir: crabes et crapauds.
Puis le « boutoir de ton burin brutal » , toujours pas dans la douceur...

L’explication enfin, ...ben oui, un paléontologue.

Un grand amateur de poésie, de littérature, un immense connaisseur en la personne de Georges Pompidou, dit de Mallarmé qu’il avait trouvé la grâce, la poésie, dans la difficulté de l’écriture.
Rajoutez-y un brin de Baudelaire, un brin d’humour et vous découvrez une poésie qui vient de nulle part, d’on ne sait où.

   Hananke   
13/3/2021
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour

Même si le message de ce texte ne m'est pas étranger, je n'y trouve
guère de poésie pour rassasier mon esprit à la recherche du beau.
Même si toutes les formes peuvent se prêter à l'écriture poétique,
il me faut un minimum d'esthétisme pour adhérer à ce genre
de poème.
Je sais bien que notre époque est à la recherche du n'importe quoi,
pourvu que ça mousse, je dis non !

La poésie mérite plus (+) de hauteur.

   Edgard   
13/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Mais si, mais si ! Il est bien vu ce petit coup de colère. Très bien vu même.
Et la manière de la marquer, cette colère, elle est multiple : le vocabulaire qui ne manque pas de peps, « sous le butoir de ton burin brutal » (allitérons allitérons !), avec ce subjonctif qui marque à lui seul le portrait du gars au burin, à travers son langage supposé. J’aime bien. Alors comment ça s’appelle, ça, comme figure de style ?...choisir des mots qui peignent un portrait, au lieu de décrire ? "en paginant ces calmes oripeaux"
C’est très subtil... et amusant.
Et en plus : des passages poétiques pleins de tendresse pour ces êtres qui dorment depuis des millénaires et qu’on vient emmerder, comme si on bousculait des reliques.. . « A jamais pierre, arêtes, chairs et peaux… » « Où crabes et crapauds, superposés confondent leurs grimaces.. » « pelotonnés à l’écart du danger, ils rêvent d’œufs. Pourquoi tout déranger… »
C’est un très beau poème, avec de l’humour et plein de trouvailles. C’est plutôt rare. La forme de sonnet est aussi intéressante, si maîtrisée, par le décalage avec le ton et le thème.
Une petite concession à la rime ? « gogue »
Je vais me faire incinérer !

   archibald   
13/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
A la lecture de ce poème, on ne peut que penser aux célèbres vers de Baudelaire :

Maint tyrannosaure dort enseveli
Dans les ténèbres et l'oubli
Bien loin des pioches et des sondes.

Maint ptérodactyle épanche à regret
Son parfum doux comme un secret
Dans les solitudes profondes.

Socque, ça écrit dans tous les sens. De la prose, du vers libre, du classique, du pseudo-classique, du pas trop classique, du franchement pas classique... Avec le souci de ne jamais sacrifier au bon goût. Et en même temps une sacrée plume. Amusant panachage de niveaux de langage : imparfait du subjonctif et Ô emphatique côtoient "chier" et "gogues". J'ai tout lu Socque. J'ai pas toujours tout compris mais c'était avec le sourire aux lèvres. Forcément, les classiqueux assermentés, ça leur fait faire des grimaces de crapaud. D'autant plus réjouissant.

   Miguel   
13/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On perçoit de l'ironie dans cette grammaire rigoureuse qui voisine avec un style relâché. Le "distinguasses" semble souligner la prétention de ce profanateur que dénonce le poème. Je m'étais souvent fait la même remarque à propos des momies : qu'on leur foute la paix. Je n'avais pas songé, mais j'y songerai désormais, aux petites bête endormies dans les sédiments.

   Cristale   
13/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Rien qu'à lire le titre, je savais qui en était l'auteur, c'est du Socque me dis-je dans mon salon de lecture privé et je n'en fus pas étonnée à la publication. J'ai posé ma robe d'organdi et mes escarpins à talons pour enfiler ma salopette trouée en jean et mes croquenots
Ça déménage sous les cailloux, les vers grouillent "Sous le boutoir de ton burin brutal,"
C'est férocement affectueux, on ne peut que compatir au triste sort de ces pauvres crustacés et batraciens de tous poils, toutes peaux et carapaces hantant les habitas préhistoriques des hexapodes et autres "podes" inconnus.
Moi je dis comme un autre intervenant, je ne suis pas d'accord quant à l'exhumation des momies, pour une observation scientifique de brève durée oui, mais au moins qu'on les redépose dans leur lieu de sépulture par respect envers les êtres humains qu'elles furent.

Ce sonnet est surprenant de régularité avec ses décasyllabes taillés au cordeau (à part la césure "es" du vers 4) et ses rimes enfilées à coup de...grammaire. Du vrai contemporain ^-^
Un texte jouissif et pourtant d'un grand sérieux, parfaitement bien écrit.
Du pur Socque en fin de compte.

   Raoul   
28/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
J'aime beaucoup l'originalité du thème, l'esprit de dérision, le style mi sérieux mi fantaisiste et la question posée : ce grand écart entre science et interprétation.
Un plaisir de lecture que ce sonnet presque classique pour un sujet si décalé !
En cryptozoologue amateur j'apprécie.
J'adore le mélange des grimaces et la "surmort", le côté vasouille, l'idée de la pagination - très expressive -, quand à la conjugaison très Allais...
Merci encore pour ce poème préhistorique.

   RomainT   
29/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J´ai apprécié le sujet qui se prête bien à la forme poétique et au sonnet (cela fait un beau contraste avec le vocabulaire et le sujet scientifique)

Je trouve la 1ère strophe intelligemment menée: elle nous donne d´emblée à comprendre le thème dans de beaux vers.

L´idée que ces "êtres" sont maintenant des grimaces (comme figées) qui se mélangent est une chouette et géniale trouvaille..

Bravo,


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