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Poésie classique
socque : Jour d'été
 Publié le 05/06/17  -  14 commentaires  -  860 caractères  -  288 lectures    Autres textes du même auteur

http://www.repro-tableaux.com/a/arnold-boecklin/jour-dete-1.html


Jour d'été



Les feuillages troussés par le vent qui jubile
Comme ondoyant au fond des mers
Flashent leurs reflets au revers
Dans la belle clarté. Que l’artiste est habile !

Sur la toile, avec ses pigments,
Il dépeint le moment à sa saison précise.
La lumière poudrée accompagne la brise
Et souligne les téguments.

Pourtant cette atmosphère est de toutes les heures
Aussi, qui se répètent l’an
Après l’autre – pour quel bilan ?
L’éternité se loge en furtives demeures.

Est-ce une bacchanale en bas,
Ces danseurs pâlichons célèbrent-ils l’orgie
De l’instant élastique où s’ébat l’énergie
Qui va frivole les sabbats ?

Figé dans le tableau, noyé dans ses chimères,
L’œil dérape, se dérobe, il
Constate le cruel babil
Des éléments profus en voluptés sévères.


 
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   myndie   
24/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Etant moi-même une inconditionnelle de ces exercices d'écriture, j'ai lu votre poème avec beaucoup d'attention et un certain plaisir.
Il y a de la magie dans vos images, même les plus absconses.
Ce qui me gêne, cependant, c'est que j'ai du mal à associer le texte et l'image. Je sais bien que c'est votre regard qui s'y porte en priorité et que c'est votre ressenti qui s'en exprime mais pour ma part, je ne vois pas de « feuillage ondoyant » au « vent qui jubile ». Je sens au contraire l'immobilité absolue, la chaleur pesante dont l'ondulation du ruisseau prend le contre pied..
Pas plus que je ne décèle de « lumière poudrée » : je la vois vive et crue.
Je ne comprends pas non plus le sens de vos  « téguments ».

Je trouve dommage également que de jolis vers (même les plus obscurs) :
«  pourtant cette atmosphère est de toutes les heures »
« l'éternité se loge en de furtives demeures »
« des éléments profus en voluptés sévères »

alternent avec des formulations hasardeuses :
« « qui se répètent l'an après l'autre »
« qui va frivole les sabbats »

Pour résumer, je ne suis pas insensible à votre poésie mais ici, j'ai cette sensation étrange d'avoir sous les yeux un tout autre tableau que celui qui vous inspire vos vers.
J'ai l'impression qu'en voulant invoquer les valeurs du surréalisme, vous avez livré vos rêves à vos mots d'un coup de plume plus déconcertant qu'onirique.

   Arielle   
27/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Une vision très personnelle d'un tableau qui parait hésiter entre l'intemporel et l'instantané (au sens photographique) entre la raideur des peupliers et les circonvolutions de la rivière. Ces "jeux d'été" semblent le prétexte à une réflexion sur le temps qui passe plutôt que la représentation d'une aimable scène estivale.
Le rythme 12/8 accentue encore cette impression de déséquilibre entre ce que voit l'oeil et ce qui s'impose à l'esprit du narrateur. L'oxymore final des "voluptés sévères" clôt magistralement ce poème dont je retiens plus la sévérité, la technique impeccable que la sensation voluptueuse

   papipoete   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour socque,
Une fois n'est pas coutume, je vous ai suivie, placé juste au coin de vos paupières ; clignant les yeux comme le ferait le peintre avec son pinceau en ligne de mire, j'ai regardé ces arbres, ces personnages dans et à côté de la rivière et j'ai interprété ce que je ressentais .
Ainsi, j'ai partagé votre vision jusqu'à l'avant-dernier quatrain, avec des nuances dans vos couleurs et les miennes . L'ultime strophe m'égare, mais j'ai fait le plus gros du chemin à vos côtés !
NB le 1er vers met tout de suite de la gaité dans ce tableau champêtre !
Une forme classique avec ses 2 marches d'escalier 8/12 que l'on a plaisir à monter, descendre, monter, descendre ... si ce n'est au 18e vers, le " il " enjambant le 19e vers ; mais cela est bien véniel !

   Donaldo75   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour socque,

J'aime bien le tableau illustré ici dans ce poème. Ce qui m'a le plus impressionné, ce sont les arbres.

Pour ce qui est de la poésie, j'avoue qu'elle m'a laissé de marbre. Le début, soit le premier quatrain, m'a fait penser que j'allais lire une longue explication de texte versifiée de ce tableau. J'étais même préparé à souffrir. Surprise, on change de registre, passant presque dans la philosophie, avec le quatrain central. Ce qui, finalement, hésite entre décrire et philosopher.

Et l'émotion dans tout ça ?

Une autre fois, peut-être.

Merci pour la lecture et m'avoir permis de découvrir ce tableau.

Donaldo

   PIZZICATO   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ainsi que nous y invite l'exergue, jai visionné le tableau avant de lire.
J'ai admiré la beauté (superbement peinte) du paysage. Mais la représentation de ces personnages " pâlichons " et anonymes ne m'a pas séduit.
C'est sur eux que votre attention s'est portée principalement et ce qu'ils pouvaient donner à penser.
" Est-ce une bacchanale en bas,
Ces danseurs pâlichons célèbrent-ils l’orgie
De l’instant élastique où s’ébat l’énergie
Qui va frivole les sabbats ? "
Si j'apprécie l'écriture, le texte lui-même , cette fois, ne m'a pas interpellé.

   Brume   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Socque

J'avais lu votre poème en EL mais j'étais incapable de vous commenter car très perturbée (et oui il m'en faut peu) par le tableau qui est à mes yeux totalement contradictoire à la description que vous en faites. Après chacun y voit ce qu'il veut. Mais là la narratrice et la lectrice que je suis sont totalement à l'opposé de l'interprétation de ce tableau du début à la fin.

J'ai essayé tant bien que mal de lire votre poème en imaginant que vous me parlez d'un autre tableau. Mais je suis trop perturbée surtout à cause de la dernière strophe. C'est quoi? L'oeil de celle qui contemple aurait préféré voir un tableau qu'elle s'est imaginée de la façon dont le lecteur l'a lu pendant les 3 premières strophes ? Des chimères ?

Bon au moins une chose est sûre votre poème est très visuel, les descriptions sont belles et faciles d'accès avec ses couleurs poudrées, ses danseurs pâlichons....et surtout l'émotion est présente. Votre description n'est pas figée, vous nous contez une histoire et avez mis de la vie accentuée par les nuances de tonalité, ainsi un grain de mystère que recèle cette dernière strophe.

"Les feuillages troussés par le vent qui jubile " - décidément je ne vois rien de tout ça dans le tableau.

   Robot   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une vision de l'été traité de manière originale au travers d'un tableau. On suit les étapes qui ont FIXÉ cette image de la saison, en semblant respecter cette chose si mouvante qu'est le temps.

"Il dépeint le moment à sa saison précise. Cette atmosphère est de toutes les heures qui se répètent l’an. L’éternité se loge en furtives demeures. De l’instant élastique."

Ces vers et bout de vers sont pour moi une parabole de la volonté de figer ce qui est par essence volatil.

Des sensations tellement bien exprimées seulement par l'émotion des mots sans tomber dans un flot descriptif et explicatif.

   Ludi   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Socque,

Pour moi vous vous jouez du lecteur en prenant ironiquement le contre-pied d’un tableau un peu naïf, pour ne pas dire niais.
Dans le symbolisme la vérité se cache derrière les apparences, comme le vice peut se cacher derrière la vertu. Vous vous en donnez à cœur joie pour débrider votre imaginaire. Vous nous mettez en garde devant ce que nous croyons voir (un babil inoffensif de voluptés sévères) pour enfourcher le trident du diable (bacchanale-sabbats). Quand vous dites : « Que l’artiste est habile ! » vous ne pensez pas une seconde à son habileté picturale ou formelle, vous pensez à son habileté à nous tromper.

Vous jouez vous-même de la dualité alexandrins/octosyllabes pour montrer les ruptures de cadences comme des ruptures de sens. Pardonnez mes possibles divagations, mais j’essaie de me montrer à la hauteur, ce qui n’est pas facile devant un texte d’une telle envergure.
Dans ce prolongement symboliste la syntaxe est torturée à souhait (L’énergie/Qui va frivole les sabbats)…
Et puis enfin, je ne pouvais pas rester indifférent à cette rime digne d’Aragon : se dérobe il/cruel babil.

Un poème difficile à appréhender si on s’arrête à l’imagerie du tableau, mais irréfutable si on se laisse porter par la singularité et la hardiesse de votre vision. Soulever le tapis des convenances, c’est tout ce que j’attends de la poésie, et vous y réussissez à merveille, même s’il s’avérait que je me sois totalement trompé dans vos intentions.

Ludi
symboliste du dimanche

   Alexandre   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour socque. Ecriture classique assez peu courante mais sans faille bien que le "il" de l'antépénultième vers arrive un peu comme un cheveu sur le potage (à mon avis).
Pas bien compris non plus "les téguments" ni ce vers...

Qui va frivole les sabbats (?)...

Décrire un tableau en vers est un exercice sans doute assez ardu car le lecteur a toujours tendance à rechercher le premier dans les seconds.
C'est bien mais pour ma part je n'y trouve pas mon compte et vous m'en voyez désolé.

   LenineBosquet   
7/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Socque,
Ce que j'aime dans vos poésies en général, c'est que vous avez toujours l'air de vouloir nous dire quelque chose, même si ce quelque chose m'échappe parfois (souvent) formellement. J'en retire tout de même des sensations, une compréhension peut-être plus intime que j'aurais du mal à mettre en mots...
Pour cela je trouve l'analyse de Ludi fort pertinente et me convenant bien.
La forme classique est superbe, mention spéciale à la rime "il" et "babil". Mieux encore, la dernière strophe répond en miroir à la première par leurs rimes, c'est du bel art.
Merci.

   Queribus   
10/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour socque,

Tout d'abord, je vous indique que mes préférences vont à la rigueur de l'écriture classique avec alternance des octosyllabes et des alexandrins, le tout avec une grande maîtrise de la prosodie. Par contre, plusieurs images m'ont semblé précieuses, légèrement ampoulés (les feuillages troussés par le vent qui jubile....Flashent leurs reflets au revers dans la belle clarté, La lumière poudrée accompagne la brise, l'éternité se loge en furtives demeures,...); j'aurais aimé un langage plus net, immédiatement accessible. Peut-être la forme libre ou libérée avec son côté surréaliste eut-elle mieux convenu au sujet. Celui-ci, de toute façon, me semble très difficile à aborder et ne peut s'adresser qu'à un public averti de spécialiste ou de connaisseur.

Bien à vous.

   archibald   
10/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le symbolisme est un courant de peinture qui ne se définit pas par un procédé pictural précis. Il revêt des formes diverses -ici, en effet, un style assez naïf- mais tire son unité de son intention : il s’adresse moins au regard qu’à l’esprit. C’est donc une judicieuse idée que d’écrire un poème sur ce type de tableau.
Certains commentateurs ont été perturbés par ce poème, l’interprétation de l’auteur étant en décalage avec l’impression de quiétude suggérée par ce “vert paradis enfantin”. Comment en effet évoquer bacchanales, orgies et sabbats avec des personnages si purs dans une eau si claire sous un ciel si bleu ? Mais c’est justement l’oxymore -Arielle a justement noté celui du dernier vers- qui fait la valeur du poème. Une description rimée du tableau (on a déjà lu ce genre d’exercice sur Oniris) n’aurait eu à mon sens que peu d’intérêt.
Je confesse que j’ai parfois vacillé devant certaines images, certaines tournures syntaxiques, mais je ne déteste pas non plus être destabilisé, si cela est fait avec talent.
Ainsi que “le vice qui se cache derrière la vertu” (Ludi), je vois dans ce poème l’expression de la tragédie qui se trouve toujours au revers du bonheur.
Quelque chose comme “un parfum amer qui prend à la gorge jusque dans les fleurs” (Lucrèce).

   jfmoods   
22/6/2017
Ce poème, composé de cinq quatrains à rimes embrassées, suffisantes et riches, égalitairement réparties entre féminines et masculines, alterne, au fil des strophes, l'ordre des alexandrins et des octosyllabes (1/4, 2/3).

En lisant et relisant ce poème, je repensais au livre de Daniel Arasse intitulé "On n'y voit rien". Dans cet essai, le critique d'art donne à regarder (ou à revisiter du regard) quelques toiles qui l'ont particulièrement marqué. La poétesse se livre ici, à sa manière, à ce type d'exercice. Le but poursuivi ne consiste cependant pas, pour elle, à valoriser une toile peu connue en en approfondissant la perception. Elle cherche, bien au contraire, à s'en démarquer, à prendre ses distances, intention que souligne, au fil du texte, un jeu d'allitérations tour à tour rugueuses et fuyantes (b/p, f/v).

La spectatrice peine à s'enthousiasmer. Aussi, par esprit de dérision, mime-t-elle l'exaltation, une exaltation qui ne va pas de soi pour le lecteur qui examine le tableau (sensation d'éblouissement face à la toile : "Flashent", "reflets", "belle clarté", "lumière poudrée", jeu vigoureux de personnifications : "Les feuillages troussés par le vent qui jubile", exclamation en antiphrase, avalisant une admiration factice : "Que l'artiste est habile !", instant idéalisé : "le moment à sa saison précise", verbes accréditant une mise en forme particulièrement harmonieuse : "accompagne", "souligne").

Le troisième quatrain signale, par le recours à des connecteurs logiques ("Pourtant", "Aussi"), un réatterrissage sur le plancher des vaches. Un constat sans appel s'impose sur la platitude de cette partie de la toile ("cette atmosphère est de toutes les heures"). L'art ne repose pas sur le tout-venant de la perception (subordonnée relative au présent de l'habitude : "qui se répètent l’an / Après l’autre", question ouverte instituant une mise à distance critique : "Pour quel bilan ?"). Pour tendre à la postérité, l'artiste doit, bien au contraire, porter un regard original, transfigurer par le pinceau le monde qui l'entoure ("L’éternité se loge en furtives demeures").

Par acquis de conscience, la poétesse se penche alors, au fil de la quatrième strophe, sur la partie basse de l'oeuvre picturale (complément de lieu : "en bas"). Mais c'est pour souligner, par une question fermée, l'incongruité de la présence de six personnages nus sur la toile (groupe nominal à visée dépréciative : "ces danseurs pâlichons", thématique ironique de la licence extrême : "bacchanale", "orgie", "s'ébat", "sabbats").

La cinquième strophe tire la prévisible conclusion : la toile, qui semble promettre beaucoup ("éléments profus") ne satisfait aucunement l'appétit du regard (métonymie : "L'oeil dérape, se dérobe", participes passés : "Figé", "noyé", nom commun à connotation péjorative : "ses chimères", oxymore : "voluptés sévères"). Nul doute que la poétesse aurait préféré arrêter son regard sur "L'adoration des mages" de Pieter Brueghel...

-> https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7c/Anbetung_der_K%C3%B6nige_%28Bruegel%2C_1564%29.jpg

Merci pour ce partage !

   Miguel   
26/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce choix prosodique, rappelant les contre-rimes de Paul-Jean Toulet, mais ici avec des vers longs, donne au poème une extrême souplesse, une impressionne grande variété. Le sens ne m'a pas bien sûr laissé indifférent, mais je suis très sensible à la forme et je dis bravo.


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