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Poésie classique
socque : Le progrès, ça va, ça vient
 Publié le 27/01/17  -  15 commentaires  -  703 caractères  -  354 lectures    Autres textes du même auteur

J'aime bien m'inquiéter de choses peu probables qui pourraient éventuellement se produire dans un avenir des plus indéterminés. C'est trop cool.


Le progrès, ça va, ça vient



Du temps de ma grand-mère, à ce qu’elle raconte,
Une femme pouvait sortir sans chaperon,
Altière dévaler à grands pas son perron,
Cheveux épars, œil clair – se riant de la honte.

Cette fois elle échappe aux chaînes, à la tonte,
Père s’est absenté. Que dirait le baron
S’il savait seulement la sorte de larron
Qu’elle a pu fréquenter ? Il faudra qu’on la dompte !

Sa « liberté chérie » est prétexte fumeux
D’orgie et d’anarchie. Excipant de « fameux
Auteurs » qu’onc je n’ouïs, elle pleure misère…

Le concert glorieux de l’ordre mondial
Exigeait à bon droit le renouveau moral.
La France a retrouvé son honneur séculaire.


 
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   papipoete   
15/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
classique
" Avant ", la femme était libre, si libre qu'elle en abusait . Aujourd'hui, elle a dépassé les bornes, et mériterait la " tonte " !
Elle se défend en citant l'exemple de fameux auteurs, qui prêchent la totale liberté féminine !
Heureusement, le " bon ordre moral " a remis les choses en place, et ces dames n'ont qu'à bien se tenir !
NB je ne sais la date du contexte d'écriture, mais il n'est pas de nos jours ( à part le sinistre quotidien des femmes battues ) !
Le premier tercet me plairait davantage avec ce ton suranné, si son 2e vers n'était pas enjambé .
les rimes " mondial/moral " sont-elles justes ?
papipoète

   Donaldo75   
15/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

C'est un sonnet marrant, même si je n'ai pas tout compris.

Je trouve que le rythme est souvent brisé: au sixième, huitième, dixième et onzième vers. C'est dommage, parce que ça rend la forme du sonnet artificielle, comme si elle avait pris le dessus sur le fond qui en devient du coup abscons.

Merci de la lecture,

Donaldo

   Michel64   
27/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un poème qui me laisse un peu dubitatif.

Un premier quatrain impeccable qui pose bien le sujet en respectant tout à fait les règles de la catégorie classique.

Dans le deuxième ce "Cette fois" désigne t'il un futur comme semble l'indiquer l'incipit? Un présent, donc la réalité actuelle, en quelque lieu?
Il me semble que la tonte fait appel plutôt à la collaboration même si l'on est dans la symbolique.
Le baron peut désigner le mari, mais alors que vient faire le père dans l'histoire. Ou alors c'est un baron (de la noblesse) et je ne sais plus à quelle époque l'on se trouve.

Le premier tercet est vraiment tarabiscoté avec ce verbe "excipant" qui ne me parait pas approprié.
La phrase entière :
"......Excipant de « fameux
Auteurs » qu’onc je n’ouïs, elle pleure misère…"
reste pour moi, très compliquée avec ce renvoi à la ligne mal placé. Ce "qu'onc, je n'ouïs" difficile à dire. En fait tous le sens du tercet m'échappe. peut être m'éclairerez vous?

Au dernier tercet, il me semble que "mondial" doit se dire en deux syllabes et donnerait donc un vers de 11 pieds, mais je ne suis pas sûr à cent pour cent. De plus en classique je ne crois pas que l'on puisse faire rimer "mondial" avec "moral".

Désolé, mais je n'ai pas pu être emporté par ce poème. Il me semble, qu'il pourrait être simplifié, amélioré.
La prochaine fois, j'en suis sûr.

Edit : Je relève un peu ma note suite à vos explications reçues par MP

   Arielle   
30/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Marianne, ton avenir paraît bien sombre ! Je me réjouirais presque de tenir le rôle de cette grand-mère, cheveux lâchés et rire aux dents ...

Pourquoi le baron, Le daron n'aurait-il pas été plus approprié ?

La culture n'est plus affaire de femme dans ce monde qui semblait en mal de renouveau moral. Tremblez les Simone de tout poil, la tonte, pour le moins, saura vous rabattre le caquet et vous rappeler la décence !

Un sonnet grinçant dont les ruptures de rythme dans le premier tercet illustrent bien l'anarchie qui menaçait l'ordre établi, heureusement revenu en France et dans le monde sous la férule de quelques bons apôtres, toutes croyances confondues.

   LenineBosquet   
27/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Une première lecture un peu difficile pour ma part, surtout pour le deuxième quatrain (j'étais sûr d'avoir lu "daron" mais non, en même temps y'avais déjà "Père"...) puis après 2,3 lectures, le sens m'ai apparu.
Je ne vais pas trop développer mon commentaire, je suis sur une tablette et c'est galère, juste j'ai bien aimé la liberté chérie ( soutiens mon bras vengeur) et je finirai par cette citation : " Retour en force de l'ordre moral, j'veux surtout pas t' casser ton moral, mais c'est l' bordel surtout quand on tombe pas dans leur panel etc..." (NTM. Nique le CSA 1998)
Merci!

   PIZZICATO   
27/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je reste assez indécis sur ce texte.
Concernant l'époque à laquelle il est fait allusion au premier quatrain, j'aurais tendance à penser le contraire de ce qui est dit. Peut-être n'ai-je pas bien perçu l'idée de l'auteur.

" Cette fois...": c'est à dire ? L'époque actuelle ? Pourquoi parler de "chaînes et de tontes " ?
L'avis du "baron " a-t-il encore quelque importance?

Je dois dire que l'ensemble ne m'a pas séduit.

   TheDreamer   
27/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Voici un sonnet marotique. Rien à redire sur la forme, mais, le fond me gêne quelque peu.

Une seule idée parcourt les deux quatrains : autrefois l’aïeule (réelle ou supposée) de l’auteur du poème, ne pouvait s’extirper du foyer que lorsque le Pater Familias était absent, incartade qui lui permettait de « fauter » sans risquer ses foudres ; foudres qui se seraient invariablement abattues sur sa personne si celui-ci avait eu vent de ses fréquentations.

L’écriture de ces deux strophes ne bouscule rien, mais, sous une certaines froideur du propos perce une étincelle d’ironie. L’auteur y oppose des modes de vie et de pensée irréconciliables.

En effet, au 4e vers du 1er quatrain, il évoque sous le terme « … se riant de la honte », la liberté de certaines femmes à cette époque (que l’on peut supposer autour des années 40/50), période où il est vrai l’émancipation féminine, si elle n’était pas encore entrée dans les mœurs, commençait à faire son chemin dans les esprits et pouvait réellement hystériser les relations familiales, en particulier dans certains milieux.

Le sens des tercets est plus abscons. Pour ce que j’en ai compris, l’auteur dans le premier produit un acte d’accusation où il dénonce que sous le couvert de « liberté », règnent le relâchement moral et la décadence. Le verbe « exciper » utiliser au 2nd vers semble indiquer que pour se défendre, la « coupable » évoque des auteurs célèbres que l’auteur du poème ne reconnaît pas comme tels. Vraiment, sans avoir de clefs de lecture, ici, le sens doit être extirpé des mots aux forceps.

Quant au dernier tercet, il énonce – assez abruptement, je dois le dire – sans en expliquer réellement la raison, le retour à la morale. J’y vois une critique à peine déguisée du religieux.

   Vincendix   
27/1/2017
Science-fiction ! Si j’ai bien compris, ce texte nous projette dans l’avenir, alors que le pays est dirigé par un gouvernement ultra-conservateur appliquant une sorte de « charia » particulièrement machiste.
Il est vrai que ce qui se passe aux USA actuellement peut faire peur mais je suis optimiste en ce qui concerne l’Europe où les habitants sont plus civilisés.
Comme d’autres, je suppose que le « baron » est plutôt le « daron ».
Une bonne écriture mais je me demande si la rime « dial » et « ral » est acceptée en classique ?

   Anonyme   
27/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour socque... Encore une fois ça sort des sentiers battus mais hormis le premier quatrain, pour moi la suite n'est pas très claire.
Ok pour la grand-mère ! Vient ensuite, je pense, la mère...
Là j'aurais préféré daron à baron même si c'est moins classe.
Bizarre la rime tonte/dompte que je ne vous reproche pas mais que j'aurais pris soin d'éviter.

Premier tercet, ça y est, je suis dans les ténèbres... Va pour l'excipant mais après le saut entre fameux et auteurs, saut qui m'a un peu désarçonné, voilà qu'arrive " qu'onc je n'ouïs" ! Ca fait plutôt XVIIème siècle que contemporain et je ne comprends point ce retour en arrière à mon avis aucunement justifié.
Reste la chute avec ce mondial/moral, que je n'ai pas contrôlé, mais que je trouve tout de même assez peu orthodoxe !

Quant à l'honneur séculaire de la France je vous en laisse la paternité...
Bref, une lecture malgré tout intéressante dont je ne comprends pas, pour l'instant, vraiment le bien fondé mais que, je n'en doute pas, vous éclaircirez comme à votre habitude !
J'aurais tant aimé ajouter un Passionnément à ce commentaire... Hélas, mon éthique ne m'autorise qu'un Bien + mais je sais que vous ne m'en voudrez pas...
Merci pour cette lecture !

   Pouet   
28/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bjr,

Je ne suis pas forcément persuadé que la forme colle au fond.

D'ailleurs le fond, je ne suis pas certain de l'avoir vraiment compris...

Est-il question de mettre en parallèle la condition féminine d'antan et contemporaine avec ce que propose les intégristes religieux qui fleurissent un peu partout aujourd'hui? La "grand-mère" est de quelle époque? Le sentiment de "liberté" qui l'entoure n'est-il pas un peu exagéré? Ou bien est-ce de l'ironie? La condition de la femme au début, au milieu du vingtième siècle, et même maintenant est-elle enviable? En France? Ailleurs?

Je crois comprendre une crainte de "retour en arrière" mais je ne suis pas persuadé par le "progrès" actuel, du coup le titre ne me convainc pas trop. Il y a certes des "avancées" toutefois. Mais les "pays occidentaux" ne sont pas les seuls à faire entendre leur voix dans le "concert glorieux de l'ordre mondial" et ils ne sont pas non plus exemplaires concernant la parité et la condition féminine. Rien à voir bien sûr avec les "idées" rétrogrades des extrémistes religieux évidemment.

Bref, je ne sais pas trop où je dois placer le curseur de l'ironie supposée ou réelle du texte. Je suis sans doute et comme souvent un peu niais...

Au final j'aurais préféré plus de clarté, de développement, quant au fond et moins de "classicisme" dans l'expression qui à mon sens et encore une fois ne sert pas vraiment le message.

Le rythme et la musique des mots m'ont toutefois bien parlé.

Au plaisir.

Edit: après coup je me dis qu'on est dans "l'anticipation" et que la "grand-mère" est de notre temps... Faut dire que suis un peu long à la comprenette. Mais bon je maintiens ce que j'écris plus haut. L'auteur m'éclairera sans doute.

   klint   
28/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
C'est un poème de science fiction si je ne m'abuse, pour un futur peut-être pas si imaginaire que l'on croit ?

Je ne commenterais pas la forme parce qu'en poésie, je suis très nulle.

Le poème se lit bien donc ça suffit à mon bonheur, et le fond lui ma plait beaucoup, un rien d'ironie, beaucoup d'intelligence.

   Pepito   
28/1/2017
Haha, un poème avec un contenu... J'avoue que ne fréquentant que peu le genre, je n'en avait pas jusqu'ici connu. Voilà qui redresse bien la barre

De plus, un contenu politique avec un P majuscule. Là encore, précieux et rare.

Pepito

   Robot   
29/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne sais pas si mon interprétation est la bonne, mais il me semble que d'aujourd'hui le texte nous projette dans l'avenir. (Une grand mère et sa petite fille ça ne fait jamais que 20 à 30 ans d'écart à peu prés.) Ont peut donc supposer que le 1er quatrain se situe en 1968 année de la "libération des mœurs". Donc le premier quatrain exposerait la situation d'il y a une cinquantaine d'années et celle qui peut advenir dans un futur plus ou moins proche concernant un renouveau de l'ordre moral en direction des femmes.
Concernant la rime mondial/moral, je pense qu'il s'agit moins d'une rime que d'une assonance et, présentée dans les concours, elle n'obtiendrait pas l'aval des puristes. Mais nous sommes sur Oniris et pas en concours et en fait ce détail à peu d'importance sur le fond et sur la lecture.

   plumette   
29/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'aime bien l'humour et l'énergie de ce texte.

ce vocabulaire et ces tournures un peu désuètes utilisé par la narratrice qui est donc la petite fille, laquelle en appelle au renouveau de l'ordre moral face à une grand-mère qui tente de la convaincre (Excipant de « fameux Auteurs » qu’onc je n’ouïs, elle pleure misère… )en la renvoyant à des lectures édifiantes ,le deuxième sexe par exemple!, que c'était mieux avant.

j'aime beaucoup le propos, peut-être prémonitoire...

Merci pour avoir égayé mon dimanche matin!

Plumette

   jfmoods   
30/1/2017
Si les textes poétiques de Socque réjouissent l'oeil, c'est parce qu'ils sont grinçants, percutants. Ils ne cherchent nullement à bercer nos certitudes béates : ils visent à les déboulonner.

L'entête de ce poème affiche une telle désinvolture ("choses peu probables qui pourraient éventuellement se produire dans un avenir des plus indéterminés") qu'il est bien difficile d'y déceler autre chose qu'une ironie mordante, qu'une antiphrase de bonne tradition voltairienne. Considérée sous cet angle, la perspective apparaît, évidemment, nettement moins "cool".

Ce que l'on a coutume d'appeler le progrès (les plus pointilleux s'offusqueront de l'absence intolérable de majuscule) n'est pas cette marche continue, régulière, vers un avenir radieux. Des esprits prétendument brillants ont tenté (en vain) de breveter le concept sous l'appellation pompeuse de "fin de l'Histoire". Hélas, le progrès n'est pas une autoroute plate et tranquille ! Il s'apparenterait plutôt à un sentier de montagne tortueux et semé d'ornières. L'Histoire a une fâcheuse tendance à avancer d'un pas, puis à reculer de deux (ce qui justifie, en soi, le titre d'un sonnet qui sonne comme une mise en garde). L'idéologie lourdement patriarcale esquissée ici ("Père", "le baron", éléments de langage typiques : "renouveau moral", "honneur séculaire"), assimilant la femme à une tentatrice ("Cheveux épars, œil clair"), à une créature du péché ("se riant de la honte") libre et rebelle ("Altière"), potentiellement dangereuse pour l'ordre établi (groupes nominaux entre guillemets des vers 9, 10-11), qu'il convient par conséquent de maintenir sous une rigoureuse et permanente tutelle ("chaperon", modalisation : "il faudra qu'on la dompte !") et de punir durement le cas échéant ("chaînes", "tonte"), constitue sans doute l'exemple le plus frappant d'une société au plus haut point rétrograde remise au goût du jour.

Dans ce sonnet en alexandrins, à rimes embrassées et suivies, riches ou suffisantes, majoritairement masculines, la poétesse bouscule nos habitudes de lecture en sectionnant à trois reprises le vers en son centre et en incorporant des mots d'une autre époque ("onc", "ouïs"). Le vers 12, agrémenté d'une double diérèse, appuie avec une certaine vigueur sur la réalisation planétaire de cette contre-utopie postulée.

Merci pour ce partage !


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