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Poésie classique
socque : Lune impuissante
 Publié le 30/05/21  -  11 commentaires  -  650 caractères  -  237 lectures    Autres textes du même auteur

Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital,
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.
Charles Baudelaire, L'idéal


Lune impuissante



L'astre des nuits veut percer de son dard,
Son blanc rayon, l'étang noir méphitique,
Mais l'eau d'onyx – comique de l'optique –
Le lui retourne en un reflet blafard.

La boue au fond préfère être à l'écart.
Indifférente à la beauté tragique
Des pleurs de Lune, elle crache en réplique
La blême image où s'esclaffe son art.

Alors crois-tu, souffreteuse sylphide,
Par ta clarté toucher ce cœur d'Atride
Qui m'interdit d'être un jour ton amant ?

Tu dis m'aimer… Épargne cette épreuve
À ta chère âme, elle doit rester neuve.
La mienne est noire, opaque son tourment.


 
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   Ligs   
16/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Le texte est joli, le vocabulaire riche, un peu précieux, qui donne un côté suranné, comme la souffreteuse sylphide, ou l'inversion "opaque son tourment".
J'aime beaucoup le chiasme du vers 2, même si je regrette le côté manichéen des couleurs. De plus, l'adjectif noir est répété au dernier vers, c'est un peu dommage sur un sonnet.

Sur le fond, je suis moins convaincu par cette figure du poète maudit, cet homme qui rejette l'amour de la lune, parce qu'il est indifférent à sa beauté. Cela me semble plutôt être une réaction d'orgueil. Il se compare aux Atrides, tout de même, il ne doit donc pas se prendre pour n'importe qui. N'est-il pas fier de la "noirceur" de son âme ? Et de rejeter cet amour ? Ne finira-t-il pas par l'accepter, pour ensuite lui dire "je t'avais prévenue" ? Ce n'est qu'une interprétation, mais je ressens le texte ainsi. Du coup, il ne me touche pas du tout.
D'autres y verront la beauté d'un geste romantique, sans doute.

Je suis plutôt mitigé, en fin de compte.

Ligs, en E.L.

   Damy   
18/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Digne de Baudelaire, en effet.
J’ai tout aimé dans ce sonnet et notamment le vocabulaire imagé recherché qui nous entraîne, en une tragédie musicale, dans les sombres profondeurs d’une âme en souffrance que rien ne saurait soulager. L’évocation de la lune, astre de la nuit mais aussi du renouvellement des saisons, de la renaissance, en tant que prétendante est particulièrement bien choisie.

La science de la prosodie de ces décasyllabes relève d’un Maître de l’art.
Juste un petit bémol pour l’adjectif « neuve » qui me semble commun dans ce morceau choisi.

Je suis vraiment sous le charme de tant de Beauté.

Merci

   Eclaircie   
20/5/2021
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Le titre est bien beau, la citation exergue, aussi.
Cependant le poème lui-même me laisse plutôt partagée.
La construction, (classique) semble assez conforme au genre, d'autres plus savants vous diront mieux.
C'est l'expression que je trouve vraiment surfaite. Ces couleurs en premier paragraphe ne me paraissent pas naturelles (si le blanc et le noir peuvent être couleurs).
Désolée, mais je n'ai pas apprécié cette composition.
"La boue au fond préfère être à l'écart", j'avoue ne pas entendre poétiquement ce vers.
"elle crache en réplique" , là aussi, la construction est presque convenue, inévitable, dommage.
Je suis, aussi, un peu allergique à l'âme, c'est perso.

Éclaircie

   Cristale   
20/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Joli sonnet, très joli.

La lune au-dessus d'un étang, son rayon qui cherche à percer la surface, la boue du fond qui lui crache sa blême image, cet immonde Atride qui la prévient et lui conseille de rester à l'écart...

Des métaphores opposant la beauté, la pureté, la virginité, à la laideur, la cruauté, la perversion.
Belle Innocente, tu ne dois pas m'aimer, je suis un monstre qui te détruirait.
Le poète John Petit-Senn a écrit "La vertu marche sur deux jambes, l'abstinence du mal et la pratique du bien ; aussi boite-t-elle souvent."

Des décasyllabes aux césures si fluides qu'on ne les remarque pas, excellent jeu de rimes, dans la même veine sans "tape à l'oeil" ni bruit de casserolle :)

Comme toujours le vertige de l'espace-lecture freine mon verbiage mais j'apprécie ce poème de belle composition.

Cristale
en E.L.

   papipoete   
30/5/2021
bonjour socque
même pour l'ignorant littéraire que je suis, je crois comprendre que la Lune s'est éprise de son reflet sur l'eau de l'étang ; mais telle onde mouvante, le tain de ce miroir se troublant ne lui accordera aucun espoir.
NB c'est mon scénario... mais je suis surtout épaté par le talent de l'auteure, qui passe de la nouvelle à la poésie comme on change de chemise ; du fantastique au libre très " osé " , du turbulent au si romantique...
Comme je pense être éloigné de ce que l'héroïne raconte, je ne puis noter objectivement !

   Miguel   
30/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Un tableau nocturne qui rappelle Aloysius Bertrand, et un symbolisme tout baudelairien. Je crois comprendre que les deux quatrains sont une métaphore annonçant la réalité des tercets. La pureté est renvoyée à elle-même, refusée par la noirceur. Le locuteur au "coeur d'Atride" éconduit avec un peu de dureté et de mépris la "souffreteuse sylphide" (il y a en effet plus galant pour désigner une jeune femme aimante).
Je suis un peu gêné dans ce contexte par les terme "comique" et "s'esclaffe" : peut être ironie du locuteur ?

   Yannblev   
31/5/2021
Bonjour Socque,

De l’impuissance sélénienne ou comment l’astre de nuit se prend un râteau magistral et ne peut même pas planter son coup d’épée dans l’eau.

L’inspiration est partout et l’art poétique quand il est bien mené peut évoquer tout ce que l’auteur ressent d’émotion à un moment précis et devant une scène, une simple image, lui évoquant des situations parallèles moins banales, parfois ressenties intimement . On écrit jamais des « choses » par hasard.
Ici le récit très construit et un vocabulaire recherché plantent le décor et disent la scène mais le texte pourrait, en digressant, nous rappeler une maxime bien connue : quand le poète montre talentueusement la lune on n’est jamais bien sûr de ce qu’il veut qu’on voit, mais on voit ce qu’on veut.

Merci de l'instant.

   Davide   
31/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour socque,

Joli poème classique en décasyllabes, dont le soin apporté à l’écriture est à saluer (d'autant plus avec ce rythme opiniâtre en 4/6, difficile à manier), et qui m’évoque, du fait de sa narration, de son atmosphère fantastique très ancrée et de quelques clins d’œil dans le choix du vocabulaire ("méphitique", rapport à Méphistophélès, la mention de "l’art", celui de l’alchimiste peut-être, et quelques références mythologiques), la terrible damnation de Faust.

Mais ici, le poème choisit de tordre le cou à l’histoire originelle : si cette Lune blanche et pure souhaite vendre son âme au Diable, c’est bien le Diable qui refusera tout pacte avec elle (ou tout mariage avec elle : "Qui m’interdit d’être un jour ton amant"). Ce "cœur d’Atride" est un cœur de condamné, mais, plutôt que d’absorber les rayons de la Lune, il choisit de les lui renvoyer : le Diable serait-il devenu bon ? Ou bien, la noirceur s’est-elle définitivement recroquevillée sur elle-même, isolée dans sa souffrance ?

D’un amour à simple tranchant, ou non réciproque, s’effilochent les rêves d’un amour "rouge idéal", celui-là même espéré par l’exergue, d’un amour puissant et vrai, dans sa beauté comme dans sa douleur, d’un amour qui tend à la complétude, un mariage du "blanc rayon" de lune et de l’ "âme noire" et "opaque" de l’étang. A partir de cette douloureuse impuissance signifiée dans le titre, l’on comprendra que tout a besoin de son contraire, que chaque paire d’antonymes forme une réalité qui la transcende, et que, sans l’enfer auquel elle aspire, la Lune, paradis des sylphides, est un enfer… de solitude.

Pour conclure, même si j’ai été très ennuyé par l’absence de contextualisation (au final, l’on ne sait pas vraiment que retenir de ce poème et de sa riche inspiration : je me suis senti égaré et me suis éparpillé...), je dirai avoir tout de même bien apprécié cette lecture.

   Myo   
1/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une idée et une approche originale qui développe une métaphore sur ces extrêmes qui s'attirent.
Quand la jeune fille de "bonne famille" tombe amoureuse du loubard du coin mais que celui-ci, ne se sentant pas digne de cet amour, préfère s'éloigner.

L'image est intéressante, le vocabulaire riche, les rimes recherchées.

Merci du partage.

   Cyrill   
3/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Soque.

Un sonnet bien construit, mais je reste à l'extérieur, sans émotion.
Plusieurs formulation ont heurté mon oreille :
"La blême image" J'aurais préféré "L'image blême"
"La boue au fond" Pareil, mais le sens eut été différent.
L’opposition noir-onyx versus blanc-pur-neuf est trop insistante peut-être. On la retrouve tout le long du poème, c'est trop pour moi.
J'étais pourtant bien disposé à la lecture du premier quatrain.
J'ai aimé aussi les "pleurs de Lune" et le final "opaque son tourment."

Assez mitigé, donc.

   Virou64   
13/9/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'abondance de termes incompréhensibles pour moi sans l'aide d'un dictionnaire (méphitique, onyx, sylphide, Atride) auraient pu me détourner très vite de ce sonnet...
Pourtant, la belle musicalité, l'harmonie des vers m'ont séduit et m'ont donné envie d'essayer, dans un second temps, d'en comprendre le sens.
Je préfère quand même lire des poèmes au vocabulaire moins savant, moins hermétiques, dont je peux saisir le sens dès la première lecture, comme c'est le cas lorsque je lis les grands: Beaudelaire, Verlaine...
Ce bémol mis à part, j'ai pris plaisir à lire ce beau texte d'un classique irréprochable.
Merci pour le partage


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