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Poésie contemporaine
socque : Rêve d'humanité
 Publié le 16/05/22  -  13 commentaires  -  1143 caractères  -  254 lectures    Autres textes du même auteur

Cauchemar, donc.


Rêve d'humanité



L'aura qui la nimbait avait l'allure étrange
d'un samoussa souffreteux.
Rauque éructait son motet
où se faisait entendre une lueur d'orage.

L'air bourdonnait, poilu de fins chantournements
pointus m'écorchant la gorge.
Escarbilles au garage,
soufre brûlant qui pue, essence de démons.

Était-ce alors l'enfer, cette plaine trop calme,
ces occultes avatars
morts de rire quand des mors
leur déchiraient la lèvre incongrûment ? La flamme

que je sentais au loin, Satan l'attisait-il ?
Je savais. Ce paysage
elle l'a forgé, Gorgone
qui tartine sa crasse à la face du ciel !

Elle jouit
, songeais-je. Elle vautre son mufle,
se goberge. Moi, j'en suis !
Si de moi le mal issu
rayonne, je me meurs de sa hideur mafflue…


Béate, elle gloupait des trucs à la cuiller.
Chaque inflexible bouchée
mâchait la Terre avachie,
et de cosmiques faux n'eurent qu'à la cueillir.


_________________________________________
Ce texte a été publié avec un mot protégé par PTS.


 
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   daphlanote   
25/4/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Arf. C'est surprenant. En vrai j'aime bien !

En lisant le résumé j'ai quand même failli ne pas ouvrir le texte. Je n'aime pas trop qu'on me prenne par la main, je préfère la découverte, pas besoin d'une traduction aussi plate.

Le rythme accroche un peu et ça pourrait être plus agréable à scander.

Par contre, (presque) tout y est. De chouettes images, vocabulaire riche, thème&sens.
Je regrette l'usage de "tartine", franchement incongru, même si le texte oscille sans cesse dans les niveaux de langage (un peu trop construit peut-être ? Comme une espèce d'entre-deux pas tout à fait aboutit. nimbait/truc, c'est quand même assez violent comme contraste.)

Bref. J'aurais aimé une version plus assumée je pense, mais clairement il y a quelque chose qui me nourrit ici.
Concernant la notation, je suis notée désagréable ++, j'essaie de garder une espèce de hiérarchisation dans mes évaluations, ce pourquoi cette notation semble si sévère au regard du contenu de mon commentaire.

   Miguel   
28/4/2022
 a aimé ce texte 
Pas
Ah bon ? Ce texte me semble justifier plutôt l'exergue que le titre. On aimerait bien savoir qui est la charmante personne représentée par les pronoms "elle" et "la". Non qu'on ait envie de la connaître, mais juste comme ça, pour dire qu'on a compris quelque chose. Car enfin l'hermétisme du texte fait penser à ces "ouvertures faciles" d'emballages dont on ne vient pas à bout.

Miguel, en EL

   Donaldo75   
29/4/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Dès ma première lecture, les qualificatifs qui l’ont égrenée sont les suivants : théâtral et surchargé.
C'est un style. J'aime cependant bien le "too much" parfois, à l'instar de ce que produisent les gothiques en termes de musique. Ici, ma lecture a apprécié ce côté théâtral, cette surenchère dans le champ lexical et je reconnais volontiers que je l’ai relu à plusieurs reprises pour entendre de nouveau cette musique.

   AnnaPanizzi   
16/5/2022
Bonjour socque,

Encore un texte compliqué à commenter. J'ai tâché de rester en surface. Il y a des formules incongrues "samoussa souffreteux" une recherche de vocabulaire intéressante par endroits et des choses amusantes "elle gloupait des trucs à la cuiller"^^ C'est innotable mais je crois j'ai passé un bon moment !

Anna

   Cristale   
16/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Whaou !
Un énorme travail sur les consonnes et les voyelles allant du sombre à l'éclatant, travail d'orfèvre aussi sur les finales dont certaines se suffisent à la rime en reprenant la consonne de celle à qui elle fait écho, de reprendre aussi consonnes et voyelles (o-r-a-g) sans que cela ne soit jamais une rime sosie :
orage/étrange, gorge/garage

c'est comme ça tout au long du poème mais alors cette strophe là me subjugue :

"Elle jouit, songeais-je. Elle vautre son mufle,
se goberge. Moi, j'en suis !
Si de moi le mal issu
rayonne, je me meurs de sa hideur mafflue…"

suis/issu !!! Là c'est moi qui jouis (pardon) ^^
j-ge-j
si-is(su)
r-r m-m
et mufle/mafflue j'adore !

Le temps me manque pour tout décortiquer mais là nous avons un tableau de maître, une oeuvre d'art moderne et contemporaine à la fois.
Bravo !

Cristale

   papipoete   
16/5/2022
bonjour socque
Personnage malfaisant, Gorgone se régale du beau, et tartine le ciel de sa crasse... Le mal personnifié maintenant et toujours depuis que le monde vit et respire ; Dieu n'existe peut-être pas dans les nues, mais à travers des femmes des hommes, que Satan combat dans le corps de femmes d'hommes...
NB c'est ce qui ressort de ma pensée, à vous lire : on pourra faire un " rêve d'humanité " quand le bien semblera prendre le dessus, mais il sera bien vite balayé par des Hitler, des Vladimir...
L'image de cette créature, qui se repaît des souffrances humaines, de sang, de bubons infectés, de larmes sans fin et la Terre cueillie par de cosmiques faux, fait de ce poème une oeuvre à la Dali, un " Guernica " dont l'héroïne est la MORT
Je ne note point, car ceci n'est que mon interprétation de ce que l'auteur nous livre : pas l'histoire de petits zoizeaux qui chantent

   Cat   
16/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Chouette, le retour du pas anonyme !

Même si en anonyme j'avais reconnu la ''touch'' de l'auteur metteur en scène (non, pas l'auteure ! De grâce, il faut abolir cet inclusif détestable !)

Cette plume qui cherche à cajoler les mots, à les faire rugir comme on cisèle les diamants. Même si pour en jouir il faut tant et plus se masturber les méninges.

Gain des courses, je me suis délectée de ces jeux de et avec les mots. Mots qui se gaussent, tintinnabulent presque avec brutalité pour éclater en pleine face.

Encore une fois, peu m'importe l'histoire de cette humanité que l'on a voulu nous narrer, du moment que la musique m'enchante et habille mes images avec force et majesté « Que je sentais au loin, Satan l'attisait-il ? » et tant d'autres du même acabit.. à faire tourner en bouche comme des boules de geisha...

Encore une fois, un poème qui invite à sortir de son petit confort pépère pour se gargariser avec de gouleyantes trouvailles.

Un poème truffé d'excellence qui pousse à déposer ses propres armes pour prendre à l'aise ses autres elles...

Merci.

   BlaseSaintLuc   
16/5/2022
J'ai lu et relu, je n'ai rien entrevu Lulu.

Je ne comprends pas ce qu'à voulut faire ou dire l'auteur.

Peut-être les enchaînements, c'est théâtral, quasiment lyrique, mais le bagage intello pèse lourd sur le porte-bagage,

Et le petit vélo dans ma pauvre tête pédale à reculons.

Icare tu vole trop haut pour moi !

   chVlu   
16/5/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
ARRRGGGG !!
je n'arrive pas à me laisser aller sur le chemin que ce texte trace. Pourtant il s'agit là de poésie pas gnangnan, ni nature morte, ni loukoum d'amour, ça devrait me plaire!
Je perçois bien qu'il y a une intention qui guide, une exigence d'écriture qui s'exerce mais rien n'y fait je n'accroche pas.
Je décroche même assez souvent. J'ai du mal à trouver du sens au halo triangulaire et desséché, cherche quel est ce garage qui est peuplé d'éclat de feux, me questionne sur cette plaine trop calme.
Des passages m'ont aussi ravi je citerai en particulier
"Elle jouit, songeais-je. Elle vautre son mufle,
se goberge. Moi, j'en suis !
Si de moi le mal issu
rayonne, je me meurs de sa hideur mafflue…"
qui me parait être un concentré de l'intégralité du poème.

Sur le fond
En dénonçant la folie délétère de l'humanité dans sa globalité, ce texte ne parait bien injuste avec les communautés dites sous développées.
Je regrette l'évocation religieuse via le motet qui m'a envoyé sur le thème de contrition et ce n'est pas ma tasse d'athée.
Je partage l'idée que la doctrine capitalistique du toujours plus est mortifère, mais la voit inhumaine.

   inconnu1   
16/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

Compliqué de commenter ce poème. Merci Cristale de nous donner un peu de lumière. il est vrai qu'on retrouve des assonances et des anagrammes ou quasi anagrammes (suis-issu ; cuiller cueillir). Bon mais du coup, je me demande si c'est là l'objectif principal du texte, un exercice de style, et quelle est l'histoire que vous souhaitez nous narrer. Il y a beaucoup de termes rares, mais n'y en a t-il pas trop? Comme c'est aussi obscur qu'une panthère noire aperçue dans un tunnel en sommeil paradoxal, je ne peux pas trop me prononcer. J'espère que vous nous donnerez les clefs prochainement

bien à vous

   Cyrill   
16/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L’humanité se trouve aussi dans les comportements les plus étranges et les plus crasseux, puisque c’est ce qui ressort de l’humain.
Je lis ici les pensées d’un narrateur peu attiré de prime abord par l’allure et le comportement d’une humaine repoussante à bien des égards. Mais j’ai l’impression qu’il y a une sorte de fascination/répulsion dans ces pensées.
Je me suis régalé d’un vocabulaire gouleyant et de son agencement. On entend partout des sons qui se répondent d’un bout de vers à l’autre bout.
Je ne dis pas que j’ai vraiment compris le tableau, car je vois ce poème comme un tableau, mais qui demeure tout de même assez hermétique. Mais je lui ai trouvé des nuances obscurantistes sur un fond de paganisme, et ne me demandez pas ce que j’entends par là, c’est juste mon inconscient qui ne sait pas mieux expliquer.

   Queribus   
17/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Votre texte me semble l’archétype du texte qu'on aime ou qu'on déteste.Votre texte comporte en effet de très belles images poétiques:"L'aura qui la nimbait avait l'allure étrange d'un samoussa souffreteux", "Rauque éructait son motet", "l'air bourdonnait, poilu de fins chantournements", etc dans une langue qui sonne bien à l'oreille, accompagnée d'une ponctuation à sa juste place. Évidemment, les cartésiens seront complètement désarçonnés et pourront même crier "à l'imposteur". Par ailleurs, je suis en train de lire une Anthologie de la poésie gothique et je trouve que votre écrit y aurait tout à fait sa place. En conclusion bilan positif en ce qui me concerne.

Bien à vous.

   jfmoods   
3/6/2022
Socque est une inconditionnelle du contraste. C'est de cette manne-là qu'elle tire bien souvent le rêche, le grinçant de ses productions. Ici, l'équilibre de l'alexandrin est sans cesse rompu par le déséquilibre de l'heptasyllabe. De même, on attend en vain des rimes pour combler l'oreille : rien n'y fait. La poétesse s'amuse à déjouer les attentes par d'impromptus glissements assonantiques et allitératifs, d'habiles inversions de syllabes ou de lettres, un contre-rejet auquel répond, plus loin, en écho sarcastique, un rejet. Ainsi le lecteur se trouve-t-il pris de cours, ballotté, contrarié par la construction savante et pour ainsi dire intempestive du poème. Je pose l'hypothèse suivante : "lisse" est l'adjectif qualificatif le plus détesté de Socque.

Quant au fond, il faudrait avoir une âme de sourcier pour vouloir l'ajuster en mots. Essayons malgré tout de voir un peu plus clair dans tout cela.

Deux champs lexicaux se taillent la part du lion : le premier est celui de l'alimentation ("samoussa", "tartine", "gloupait", "à la cuiller", "bouchée", "mâchait"), le second celui d'une croyance religieuse hantée par le mal ("nimbait", "motet", "démons", "l'enfer", "Satan", "ciel"). Est-il judicieux de parler ici du thème de la nourriture spirituelle ? Je le crois, mais cette nourriture est on ne peut plus frelatée, les propos tenus hautement incendiaires. Ils ne portent pas en eux la concorde attendue, mais visent la destruction, viciant l'air ambiant ("L'air bourdonnait, poilu de fins chantournements/pointus m'écorchant la gorge"), consumant l'auditoire ("soufre brûlant qui pue, essence", "La flamme", "attisait").

Le portrait qui est dressé dévalorise, déprécie fortement la prêcheuse, en rabat d'un coup le charme potentiel ("L'aura qui la nimbait avait l'allure étrange/d'un samoussa souffreteux."). On attend la beauté d'un chant et c'est la laideur d'une interprétation qui s'invite ("éructait son motet"). La douce récitante escomptée est une affreuse sorcière qui laisse planer une sourde menace ("se faisait entendre une lueur d'orage"). C'est la mère de toutes les calamités ("Gorgone") qui lève son odieuse face de monstre ("son mufle"), invoquant l'éternel champ de bataille où le sang appelle le sang, où la tragédie, toujours, est à recommencer ("cette plaine trop calme"). Les italiques rendent compte d'une mise en scène tragique : celle d'une sauvagerie en voie de déferler.

Le monde est un théâtre où les hommes jouent une sinistre farce, interprètent une grotesque et ultime pantomime de la guerre ("ces occultes avatars/morts de rire quand des mors/leur déchiraient la lèvre incongrûment").

Ainsi le titre du poème ("Rêve d'humanité") résonne-t-il comme une lugubre antiphrase : c'est au spectacle de la barbarie que nous convie la poétesse. Un mal suprême entraîne l'être humain vers le plus sûr abîme d'une extinction déjà avalisée ("de cosmiques faux n'eurent qu'à la cueillir.").

Vision allégorique de l'apocalypse, le poème nous parle de notre époque hantée par le spectre obsédant de son anéantissement.

Merci pour ce partage !


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