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Poésie contemporaine
socque : Tout est alimentaire
 Publié le 21/04/16  -  10 commentaires  -  947 caractères  -  328 lectures    Autres textes du même auteur

Y compris la lumière.


Tout est alimentaire



La mer d’humeur joueuse éparpille ses vagues
au sable pétillant. Champagne ensoleillé,
elle tient éveillé
par ses senteurs bavardes.

Des oiseaux forcenés
la pourfendent au large,
ils dansent dans le bleu dense de leur carnage,
leurs sillages bulleux chapelets égrenés.

Et les bancs pourchassés cherchent de sûrs arcanes,
éclairs de vif-argent dans un monde affolé !
Le fou reste accolé,
les poissons se font carnes.

Bientôt décomposés
par hargne stomacale,
ils quittent à jamais leur somptueuse flaque,
d’acides délirants méchamment arrosés.

Elle bouge l’écume en un salut, peinarde,
pour ses enfants perdus dans d’allègres gosiers.
Se gorgent les fraisiers
du guano de la rade.

Un nuage égaré
planant sur le rivage
adoucit les reflets sur un joli brin d’algue
qui mange le soleil de son corps bigarré.


 
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   Anonyme   
1/4/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il y a dans ce texte des trouvailles magnifiques:

"ils dansent dans le bleu dense de leur carnage,"
"ils quittent à jamais leur somptueuse flaque,"

par exemple. Ce qui me l'a rendu agréable à la lecture.
Mais (gasp!) je trouve dommage l'accumulation d'adjectifs au long du texte. En effet, pour certains d'entre eux ils alourdissent la lecture et c'est un peu désagréable à la fin de la lecture.


La mer d’humeur joueuse éparpille ses vagues
au sable pétillant. Champagne ensoleillé,
elle tient éveillé
par ses senteurs bavardes."

rien que dans cette strophe par exemple...

Mais je ne vais quand même pas bouder mon plaisir: c'était un bon moment de lecture. Merci.

   Robot   
9/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Chacun dévore l'autre pour se perpétuer, animaux, plantes et même les éléments.
Description d'un moment non pas photographique, mais un regard transcendé par l'imagination et une vision particulière.
Un texte jamais en arrêt tout comme l'océan.
L'ensemble est subtile, lumineux, coloré. L'image ultime du nuage qui modifie l'aspect de ce qu'il recouvre est visuellement extra - ordinaire.

   Pimpette   
21/4/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Tres beau!
J'admire que chaque mot choisi comme le meilleur à la place où vous le destinez, dégage de ce fait, son lot de poésie...
Rien n'est banal, rien n'est vulgaire!
je me suis souvent noyée dans vos textes malgré une admiration immédiate à la première lecture.

Je soulève souvent une vague d'ironie par ma propension à voter tres haut ce que j'aime...aussi haut que le remuement délicieux que j'éprouve à la lecture...c'est oublier que je ne note que ce que j'aime et poubellise le reste...je ne suis guère indulgente au contraire...

""Un nuage égaré
planant sur le rivage
adoucit les reflets sur un joli brin d’algue
qui mange le soleil de son corps bigarré."

   lala   
21/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La nature, la chaîne alimentaire à l'horizon des bleus de mer et de ciel.
La lumière, les couleurs, du bleu au bigarré.
Les sons, du sable pétillant aux cris du fou de Bassan.
Les sensations du vent, de l'écume, le goût du champagne.
C'est beau comme un oiseau et bon comme un poisson.
Et le cycle de la vie se déroule... pourchassé, happé, dévoré, décomposé, restitué.
La mer donne et reprend, la vie peut continuer son chemin, comme le soleil qui ouvre et clôt votre poésie.

   Cristale   
21/4/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour socque,

Les quatrains semblent des lèvres, les prendre par deux esquisse une bouche.
L'on peut y voir aussi le mouvement des vagues.

"Tout est alimentaire" dit le titre.

Les couples d'alexandrins embrassent leurs moitiés et chacun joue l'alternance des genres sur des rimes, parfois malicieuses dans l’ordonnance des lettres, où priment les deux seules assonances (é-a) sur le visuel : vagues/bavardes, arcanes/carnes, etc... exercice remarquable dont je ne détaille pas tout.

Une autre façon d'écrire et une approche différente de la prosodie qui me plaît beaucoup.

La mer : une grosse mangeoire dotée d'une usine à recyclage :)

Du rythme sur des images vivantes : couleurs, senteurs, réalité des scènes, belles malgré la cruauté de la nature. C'est épouvantable mais tellement bien écrit !

Et puis cette note de douceur :

"Un nuage égaré
planant sur le rivage
adoucit les reflets sur un joli brin d’algue
qui mange le soleil de son corps bigarré."

Un joli regard posé sur un simple brin d'algue.

Ce qui me convient un peu moins, juste un peu moins, car posé là je ne sais pourquoi :
"Se gorgent les fraisiers
du guano de la rade."

Mais bon, les cormorans se posent bien n'importe où pour faire sécher leurs plumes au soleil...je plaisante, mais votre poème m'a sincèrement réjouie.

Bravo et merci !
Cristale

   MissNeko   
21/4/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

Chaque mot utilisé est une petite perle dans cet écrin qu est votre poème. Rien à dire à part bravo ! Le dernier quatrain est une merveille

   Teneris   
21/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une mer de mots d'humeur joyeuse et contagieuse ! Tout y respire la vie et l’allégresse, les sons soulignant joliment la vivacité des images sur un rythme allegro, entrainant et vivifiant !

Juste un petit bémol : je trouve la répétition sonore dans « ils dansent dans le bleu dense de leur carnage, » un peu moins adroite que le reste.

À part cela, ce poème est un véritable délice de lecture.

   Anonyme   
22/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour socque,

Vous nous offrez là un poème des plus réjouissants.
En effet parvenir à nous présenter sous un titre étrange et curieux, un paysage, mais aussi une chaîne alimentaire assez complète et dans un langage suffisamment décalé pour n'être ni scientifique ni romantique mais avec une once d'humour, une maîtrise de la forme contemporaine, une recherche de rimes surprenantes, d'assonances qui le sont tout autant.

Je veux bien dévorer de la poésie présentée ainsi. Le premier paragraphe et le dernier sont de facture assez classique, mais l'intervalle est un délice d'inventivité qui amène à raffoler de l'ensemble.

Bravo et merci !

   Pouet   
22/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr socque,

Vous comptez parmi mes poète(sse)s préféré(e)s sur le site.
Pour de multiples raisons, notamment pour la qualité de vos images et votre côté parfois "brut de décoffrage" sur certains de vos écrits. Vous ne vous encombrez pas des convenances et j'apprécie tout particulièrement cela.

Ce poème-ci a de grandes qualités, une force évocatrice indéniable.
Je trouve en revanche une certaine surabondance d'adjectifs qualificatifs. J'en compte au moins une vingtaine, et le poème n'est pas si long.

Sinon le premier vers n'est pas transcendant, on est dans le convenu mais cela change vite pour mon plus grand plaisir.

Je ne vais pas citer toutes vos images bien trouvées et savoureuses, elles sont trop nombreuses. Je ne peux que vous encourager à produire de tels textes.

Bravo, au plaisir.

Edit: j'ai lu les commentaires précédents après coup et m'aperçois que la question des qualificatifs avait déjà été évoquée, dsl donc pour la redondance de mes propos.

   emilia   
22/4/2016
Un titre peu poétique en apparence pour un texte qui l’est beaucoup, surtout dans les premier et dernier quatrains dont l’ambiance sereine apporte une tonalité particulièrement agréable et joyeuse avec cette première strophe pleine d’entrain ; j’ai beaucoup aimé : « La mer d’humeur joueuse/ son sable pétillant/ le champagne ensoleillé/ ses senteurs bavardes… » qui rapprochent les sens en offrant un décor de rêve à une réalité plus prosaïque entre proies et prédateurs quand se livre au quotidien le combat pour la vie dans une agitation d’écume… Puis, à nouveau, comme pour un jeu d’enfant « pas vu, pas pris », le regard se focalise sur « un joli brin d’algue » et ce « nuage égaré » qui plane en adoucissant les reflets lumineux tout en restituant un décor apaisé ; une finalité esthétique singulière, soulignée par un travail soigné de la prosodie rythmée avec l’alternance de rimes embrassées, qui vient renforcer par l’emploi du verbe « mange » l’évocation de ce « Tout alimentaire » auquel l’on serait tenté de répondre : « Elémentaire, mon cher Watson ! »…


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