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Poésie contemporaine
socque : Vivre ivre vire rive
 Publié le 02/08/17  -  14 commentaires  -  1139 caractères  -  260 lectures    Autres textes du même auteur

La vie, écrira Bède avec des mots qui semblent de marbre mais pèsent moins que la pluie, est un oiseau qui sort en volant de l’obscurité, volette en traversant une salle éclairée et retourne au noir d’où il est sorti.
Ricardo Menéndez Salmón, Enfants dans le temps


Vivre ivre vire rive



L’âme désincarnée, oiseau frêle perdu
dans une nuit obscure,
cherche à franchir le mur
pour jouir de l’accès à cette offrande indue :

vivre.


La salle est un gai havre où la lumière d’or
lèche la vieille pierre
attendrie. Un dessert
est servi, l’on attend d’autres plaisirs encore,

ivre.

De-çà, de-là, volette au-dessus des hanaps
un être qui savoure
la douceur de l’amour.
Hirondelle fugace, il hante les agapes,

vire.

Les vols de martinets grincent au bleu du ciel
et leur erre heurtée
quand brasille l’été
les guide par caprice, indolemment, vers belle

rive.

Mais au détour du tien, morceau de chair ravi,
t’attend la meurtrière.
Retourne au noir amer,
dépose dans son sein ce que fut toute vie :

bribe.



--------------------------------------------------------------------------
Ce texte a été publié avec des mots protégés par PTS.


 
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   Zoe-Pivers   
22/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Chausser le regard d'un poète et voir les choses autrement

Une jolie forme harmonieuse 12-6-6-12-1. Ce 1, charnière qui vient ouvrir les portes et finira par les fermer.

"et leur erre heurtée" La sensation de heurt est bien rendue, il passe de bouche à oreille :)

De " l'âme désincarnée " au " morceau de chair ravi ", La vie donne des ailes, à vivre, forcément, on y laisse des plumes...

Merci pour cette jolie vision
Zoé

   Brume   
23/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour

Le rythme heurté, style télégraphique me pose souci pour apprécier pleinement votre joli poème. Certains découpages m'ont gêné comme les vers 2 et 3 de la 2nde strophe. Ainsi que ce passage :

- "vers belle
rive" - il n'y aurait pas un oubli de l'article UNE avant "belle"?

Après est-ce que cette forme exprime un état d'esprit que les vers isolés indiquent ?

Le fond amène une ambiance à la fois étrange et paisible. La lumière semble plutôt pâle, assombrie par l'atmosphère de cette dernière strophe qui manque de force à cause de la structure, l'effet est mal engagé.

Bien que je perçois une belle écriture, votre poème ne m'a pas emportée. Une autre fois.

   Alexandre   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour socque... Une fois encore l'alexandrin et l'hexa syllabique se complètent parfaitement pour nous présenter les diverses étapes qui nous mènent du néant au... néant ; de plus, je remarque que l'alternance masculine / féminine est respectée dans vos quatrains.

Le poème illustre bien l'incipit que je trouve très intéressant par ailleurs.

Certains auteurs appellent cela la traversée, d'autres (comme Théodore Monod), l'Autre rive. Si j'ai apprécié ce texte je suis plus réservé quant au titre un peu trop tarabiscoté à mon goût.
"Vivre" aurait peut-être suffi...
Quoi qu'il en soit, cette fois ci je n'ai pas eu à chercher la clé qui m'a souvent manqué à la lecture de certains de vos précédents textes.
Bel ouvrage, bravo et merci...

   luciole   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé votre poème. Le propos philosophique me plaît, j'aime aussi ces scansions monosyllabiques et - pour la plupart- anagrammatiques qui ponctuent chaque strophe, strophes d'ailleurs très musicales.
Pour moi, il s'agit d' une réussite. Certains de vos autres poèmes sont un peu difficiles à saisir, ce qui n'est pas le cas de celui-ci , limpide et beau.
Merci.

   PIZZICATO   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une allure de métempsycose dans cette poésie où l'âme, en recherche d'une autre vie, est symbolisée par l'oiseau.

Après " la nuit obscure " elle retrouve la lumière puis " Retourne au noir amer ".
Un éternel recommencement ?

   papipoete   
3/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour socque,
Comme un oiseau désorienté, l'âme sortie de son enveloppe de chair, vole à tire d'ailes vers d'autres rives .
NB tel une image pentecôtiste, les âmes planent de ci, de là " les vols de martinet grincent au bleu du ciel " , mais dans l'ombre d'un cumulus, attend la meurtrière ...

   archibald   
3/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne commenterai pas le fond de ce poème : d’autres viennent de le faire avec justesse, et la citation en exergue explicite suffisamment le texte, qui est au fond une mise en vers de cet aphorisme. Je me penche plus volontiers sur la forme dont la sophistication n'est pas pour me déplaire.
Je suis circonspect sur le placement des mots (presque) anagrammes de vivre : vire, rive ivre, bien que je sache la dilection de l’auteure pour ce genre de considérations. Le poème se conclut par “bribe”; “brève” pouvait fonctionner aussi, me suis-je dis à la lecture (mais peut-être un peu “plan-plan”, comme vous dites). La métrique 12-6-6-12 est pour moi une nouveauté ; je ne sais s’il en existe d’autres occurrences. Ce qui m’a surtout interpellé, c’est le fait d’ajuster des rimes masculines avec des féminines. Pardon de parler de moi, mais c’est un exercice auquel je me suis plusieurs fois livré, et je suis heureux de le retrouver sous votre plume. J’appelle cela des rimes hermaphrodites. On en trouve un exemple chez Verlaine : le septième poème des “Romances sans paroles”.

   Alcirion   
3/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme toujours, c'est la prosodie qui retient d'abord mon attention sur ton texte. L'idée 12/6 avec enchaînement de rimes classiques fonctionne bien, chaque strophe étant relancée par l'accent tonique de l'intermède monosyllabique.

Au-delà, le texte coule parfaitement le rythme et les sonorités sont réussies - principale difficulté avec une forme aussi exigeante -.

Pour le fond, je trouve que c'est plus facile d'accès que sur d'autres textes où j'ai passé parfois du temps à chercher :), moins hermétique, même si la dernière strophe peut se lire de plusieurs façons différentes. Et j'ai la même sensation de texte très travaillé, achevé, que d'ordinaire.

En mode admiratif, comme disent les jeunes :)

   Arielle   
3/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Découvert en Espace Lecture ce texte n'avait pas besoin de signature pour qu'on en reconnaisse l'auteur !
Du cousu-main, tout à la fois classique et inventif dans son rythme et ses rimes (hermaphrodites dit Archibald avec justesse)

Je trouve une dimension curieusement mystique à ce vol d'une âme désincarnée qui semble s'être fourvoyée un instant entre les murs d'une prison dorée où on célébrerait un culte aux douceurs de l'amour. Un instant seulement avant de trouver la meurtrière (quel que soit le sens qu'on lui donne) qui lui permettra de retourner à sa nuit.

L'adéquation me semble parfaite entre le fond et la forme : en apparence heurtés, livrés aux caprices d'un oiseau mais très structurés et d'une rigoureuse maîtrise en réalité.

Je me demande si une chauve-souris n'aurait pas mieux incarné cette âme qu'un oiseau qui hésite d'ailleurs entre hirondelle et martinet. Mais bon, j'ai une tendresse particulière pour les pipistrelles et je reconnais que la quatrième strophe ne leur conviendrait guère !

   jfmoods   
4/8/2017
Ce poème est composé de cinq quatrains, chacun étant suivi d'un monostique dissyllabique. Dans chaque strophe, deux alexandrins à rimes embrassées et suffisantes encadrent deux hexasyllabes à rimes suivies et suffisantes. Les deux premiers monostiques sont à rimes riches, les deux suivants ne riment pas mais procèdent par anagramme. Le dernier monostique, qui se démarque des autres par son changement de consonnes, met la chute en exergue.

Le poème se présente comme le développement d'une métaphore présente dans la citation de l'entête (" La vie est un oiseau...").

Le titre, qui reprend les quatre premiers monostiques, signale l'étendue temporelle que le poème va traverser : la venue au monde et le sentiment d'exaltation durable qui en découle ("Vivre ivre") ; l'inexorable glissement du vieillissement vers la mort ("vire rive").

Sous la représentation métaphorique de l'oiseau, le texte suit donc les cinq étapes de l'existence humaine.

Nous sommes les fruits du hasard ("L'âme désincarnée", "l'accès à cette offrande indue"). Le passage de la nuit obscure à la lumière d'or, du mur à la salle, signale le glissement de la vie intra-utérine à la naissance. Le nouveau-né est accueilli au nid dans l'euphorie générale (personnification : "un gai havre"). La génération qui va bientôt s'en aller éprouve évidemment une émotion particulière à voir apparaître la nouvelle (personnification assortie d'un rejet : "lèche la vieille pierre / attendrie"). Une diérèse, prémonitoire ("jouir"), prépare le banquet des sens traversé d'abord dans la douce insouciance, la quiétude des premiers temps (passif présent : "Un dessert / est servi", image de la dépendance : "l’on attend d’autres plaisirs encore"). Vient alors l'envol progressif vers le festin de la vie (odorat et goût : "au-dessus des hanaps", "savoure", "il hante les agapes", métaphore : "la douceur de l'amour"). Cette partie de l'existence se traverse en un éclair (métaphore : "Hirondelle fugace"), de l'enfance à l'âge mûr (vers 11 à 14).

Cependant, dans une atmosphère qui semble toujours radieuse ("au bleu du ciel"), les premiers signes du vieillissement se manifestent (verbe : "Les vols de martinets grincent", adjectif qualificatif : "leur erre heurtée"). Le double sens du mot "martinets" renvoie également le lecteur aux coups de fouet que le temps imprime sur les corps. Le verbe "brasiller" porte en lui l'idée d'obscurité et l'adverbe "indolemment" annonce un état de fatigue. L'heure n'est plus à la dépense frénétique, mais au repos contemplatif (rejet significatif : "belle / rive").

La dernière strophe prend directement à parti le lecteur ("au détour du tien", "t'attend"), l'invitant à se préparer au grand saut (impératif : "Retourne au noir amer", "dépose en son sein ce que fut toute vie"), à accepter l'échéance fatale d'une vie qui ne fut qu'un soubresaut dans l'immensité du temps ("bribe"). La périphrase ("morceau de chair ravi") renvoie le lecteur au double sens du participe passé (enchanté et capturé). La meurtrière se présente autant comme la pièce de fortification marquant la fermeture inéluctable de la perspective que comme une périphrase désignant la mort.

Merci pour ce partage !

   Antinoos   
4/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Une construction assez compliquée, avec (notamment) ces couples de rimes masculines/féminines, et ce prolongement assonancé clôturant chaque quatrain.

C'est périlleux et ce n'est pas mal ficelé du tout.

J'avoue une préférence pour les quatrains 1, 2 et 4, plus clairs et intelligibles que les autres.

A.

   emilia   
4/8/2017
Une composition soignée et élaborée pour ce poème très original qui allie le fond à la forme et dont le titre annonce le déroulement progressif qui ponctue chaque strophe en formant un jeu de lettres pour passer du mot Vivre au mot rive où la première lettre V a disparu pour constituer trois anagrammes de 4 syllabes, une lettre avec un angle ouvert vers le haut symbolisant peut-être le vol de l’oiseau, une lettre d’énergie cosmique évoquant la créativité incarnant le Verbe, une façon de lier les émotions aux idées, les images au langage… ; ainsi, la vie est « une offrande indue », un mur à franchir pour jouir, et la nature nous offre ses plaisirs liés à l’oralité ( avec le mot lécher), la nourriture servie est source de plaisirs allant jusqu’à l’ivresse, plaisir accentué par le mot « dessert » et le verbe « savourer », où le masculin et le féminin sont embrassés… ; la vie s’apparente à un vol de martinets voletant de-ça, de-là, soumise à des heurts figurés par les formes d’hiatus « gai havre, leur erre heurtée, des hanaps » dont le mot d’origine médiévale résonne parfaitement avec le mot agape ; une vie guidée par caprice et que la mort attend pour la ravir et se résumer à une bribe, une parcelle d’existence limitée, juste un passage… à remarquer ce vers particulier et rare qui conjugue rejet et contre-rejet « attendrie. Un dessert » : bravo à vous pour cette recherche inventive…

   Anonyme   
7/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour socque,

Animée d'une envie de commenter (rare), j'ai la chance de ne pas avoir à chercher trop loin en arrière pour trouver un de vos poèmes.
Je les lis tous, car ils sont à mes yeux tous remarquables ; je ne connais pas beaucoup d'oniriens qui donnent l'impression de vouloir (et réussir à) innover.
Ainsi manier le contemporain ou le classique comme sur d'autres de vos écrits avec des sujets originaux forcent mon admiration.
Vous encouragez à faire tomber la barrière qui existe bien malgré nous entre les amateurs de classique et ceux du moderne si souvent.

J'ai eu la chance d'avoir un maître qui a su m'ouvrir les yeux à tous les atouts de tous les siècles aussi, même si assez régulièrement, je ne saisis pas toutes les subtilités de vos poèmes, je dirai : il me faut les lire.

Pour celui-ci, j'aime énormément le titre, qui n'est pas en soi très original, mais le devient par la disposition que vous donnez dans le texte aux mots qui le compose -ce titre-.
Par contre, mais je me demande si vous ne l'auriez pas voulu, certaines sonorité me heurtent :" un gai havre" " "et leur erre heurtée" ( là je sais que c'est voulu et dont je ne saisis pas trop le sens, de surcroît), en particulier.
Aussi, comme toujours je me laisse guider par vos mots dans le "relatif" labyrinthe que vous créez ici aussi.

Pour l'ensemble, merci et bravo !

   Louis   
7/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Dès le premier vers est évoquée une très métaphysique « âme désincarnée ». Une âme qui préexiste au corps, indépendante de lui. Une âme qui a la volonté de vivre. Une âme dans la nuit qui cherche la lumière. Pauvre âme « frêle », errante, âme-oiseau selon une image très ancienne, et très rebattue !
Pauvre âme qui cherche à recevoir ce don, cette « offrande indue », pure gratuité d’un présent : la vie. Ah, on croirait lire des lignes de l’Evangile !
Où donc est passé le matérialisme philosophique que vous défendiez autrefois ?
À quoi vous êtes-vous convertie ?
À la métaphysique, pour le moins.

Le texte se structure sur les mots de « vivre », pris à la lettre. « Vivre », tout est dans le mot : « ivre » « vire », « rive ». La vie serait une ivresse, d’où elle est vite virée, pour passer vers une autre rive, sobre, froide, amère.
Le mot contient tous les aspects de la vie. Il se confond avec ce qu’il désigne. Au commencement était le Verbe ; le Verbe s’est fait chair, les échos bibliques se poursuivent.

Pourtant le mot « vivre » subit un décalage par rapport au premier paragraphe. Il n’est pas aligné comme le sont les autres mots ; il occupe une place à part, comme éloigné et du paragraphe et du texte dans son ensemble. Il paraît hors texte.
Maître-mot, il mérite bien une place à part. Mais n’est-ce pas signifier aussi que ce n’est pas qu’un mot ? Et que ce qui se lit dans le mot « vivre » se lit aussi dans la vie à l’extérieur du mot ?

« Vivre » est encore l’aboutissement de ce qui se joue dans le premier paragraphe : le passage de la nuit à la lumière, le franchissement du mur qui sépare les ténèbres de la clarté par l’âme-oiseau. Mais c’est aussi le titre du paragraphe suivant. Le premier quatrain dit comment la vie advient, il ne dit pas encore ce qu’il en est de vivre, le deuxième paragraphe s’en charge. Ainsi le dernier mot du paragraphe s’avère le mot titre, le maître-mot du suivant. Il en sera de même pour chaque paragraphe. Le dernier mot sera aussi le premier pour scander le processus qui mène de la non-vie à la vie et de la vie à la mort, pour analyser et décomposer le mot de « vivre », pour en tirer des bribes.

Le deuxième quatrain évoque la vie comme présence dans une « salle » bien illuminée,
La salle est désignée comme un « havre ». Un refuge, un havre de paix ? « Que la paix soit avec vous » ! Hors la vie, les tourments d’une âme, l’errance dans les ténèbres, dans la vie, la paix et le repos. La fête aussi !
Dans la salle illuminée se dressent des tables pour un banquet ou un festin. Advenir à la vie, c’est entrer dans une salle des fêtes !
La vie est plaisir, et l’appétit de vivre est satisfait par du « dessert », et par les vins fin qui engendrent l’ « ivresse ». Il y aurait une ivresse de vivre. Vivre, c’est être ivre de vie et de plaisirs !

« Ivre » : dernier mot du deuxième paragraphe, et titre du quatrain suivant. L’entrée en lumière, dans le repos et la paix, aboutit à l’ivresse dans les plaisirs.
On enfonce alors le clou du vivre dans les tonneaux des boissons enivrantes, ou plutôt dans les « hanaps ». Et on n’oublie pas les « agapes ».

Les plaisirs s’avèrent fugaces et éphémères. De passage dans la salle des fêtes, l’âme un temps incarnée, mais toujours oiseau métaphysique, l’âme vire. Ou bien, elle se fait virer de la salle qui semblait si accueillante.

Le vol de l’âme ne ressemble pas à celui des « martinets », il n’entraîne pas vers une belle « rive ».
L’âme prend un horrible virage. Son « vol » sera plutôt ce que la « meurtrière » lui dérobe, il sera la perte du corps sensible, du corps de « chair », ce « morceau de chair » ainsi « ravi ».
Le « noir amer » n’est pas le café que l’on sert aux heures tardives dans les salles des fêtes, le « noir amer » est l’état de ce qui attend l’âme, une fois traversée la salle où brillent les lumières de la vie.

Le dernier mot s’écrit : « bribe ». Il ne s’écrit pas dans le « vivre ». Il ne subit aucun retrait, il n’est pas placé à part, juste un point de départ pour un silence. Dans une continuité du texte, il résume toute vie : des miettes d’un festin, des fragments de lumière, un peu d’amour, quelques plaisirs.

Si la vie n’est que « bribe », c’est surtout parce qu’elle n’est que parcelle de temps, sans permanence et sans continuité, un éclair qui zèbre des ténèbres perpétuelles.

Un texte vraiment surprenant, sous votre plume.


Oniris Copyright © 2007-2017