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| Ornicar
11/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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"Ouvre-moi quelques vagues ! Aide-moi à tenir !"
Qu'il fait chaud les soirs d'été sur les bords de Saône. Les saules souffrent et la narratrice "riveraine" avec. C'est ce que je crois comprendre de ce poème car ses eaux gardent aussi leur part de mystère. Ce n'est pas pour me déplaire et ça n'en fait pas pour autant un poème hermétique. Spontanément, j'ai trouvé l'écriture audacieuse et surprenante. - par l'utilisation du rejet dès le premier vers puis - plus osé - de la strophe 1 à la strophe 2. Comme s'il y avait une volonté chez l'auteur(e) de déstabiliser le lecteur. D'autres suivront. - par ses images saisissantes que j'ai beaucoup aimées : "L'eau se débarbouillait, / Un saule chouinant à ses basques" ; "Liaisons penaudes de lierre aux reins de la nuit" ; "Je mendiais un peu de tendresse aux rives, mioche / Aux jupes de l'eau sombre" ; "Le fleuve se fonçait, bien décidé au vert" ; "L'angoisse redemandait sa part de dessert". La Saône m'apparaît comme une mère nourricière pour les arbres qui l'entourent et qu'elle vient border de ses maigres eaux le soir venu. Hommes et arbres partagent la même épreuve face aux trop fortes chaleurs et au manque d'eau. Et tous craignent l'avenir. Le poème cultive sa part d'ambiguïté, notamment dans sa troisième strophe. La "réponse" de la rivière est plutôt du genre sybillin et je renonce à en décrypter le sens. Même si j'ai beaucoup aimé ce poème, cette strophe m'apparaît comme la moins réussie. Par exemple, je trouve que ce bout de vers ("Chaque algue vaut instant à venir ") passe mal à l'oral. Le hiatus est facilement évitable : "Chaque algue vaut l'instant à venir". Dans le vers précédent ("Ouvre-moi quelques vagues ! Aide-moi à tenir !"), l'emploi de "quelques" me semble assez commun ; je verrais mieux : "Ouvre pour moi tes vagues !". Mais ça pèse peu dans ma balance. Une mention pour l'exergue, assez long, mais qui a son utilité pour aborder ce texte. Je l'ai trouvé aussi très poétique : "Ah, cette chère moire fugitive de la mémoire, qu'on étreint mieux les pieds dans l'eau ; cette Saône avec à ses flancs le saule, et tant de fatigue qui luit. Chaque fois qu'on va pour se rouler dans la nuit, on s'en retourne invariablement au chaud...". Pas mal du tout. Ornicar |
| Pussicat
18/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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« Sans raison, j'avais fui dans le soir, dans le pli Obscurcissant du soir. L'eau se débarbouillait,
Un saule chouinant à ses basques, frère empli D'un doute identifiable à ce qui me brouillait La tête. Triste fouillis d'orties, ma caboche, Liaisons penaudes de lierre aux reins de la nuit. Je mendiais un peu de tendresse aux rives, mioche Aux jupes de l'eau sombre, en paupières de buis : « Saône, faite d'émeraudes qui mouillent, fée, Ouvre-moi quelques vagues ! Aide-moi à tenir ! » Réponse : « Chaque algue vaut instant à venir ; Une barque dubitative, chaque idée. » Le fleuve se fonçait, bien décidé au vert. Moi je ne le voyais déjà plus, l'écrivant, Affamée savourant les couleurs, dérivant… L'angoisse redemandait sa part de dessert. » Ne m'en voulez pas, j’ai déplié votre texte pour le lire autrement, une faute assurément, une blessure sur la forme proposée, comme le rejet audacieux (qui me brouillait / La tête.) qui m’a égarée. J’ai déplié votre texte et ce n’était plus le même. Un autre est apparu, étonnée. La locutrice s’en va au bord du fleuve chercher un peu de fraîcheur histoire de se changer les idées, de se laver la tête, embrumée, en se reconnectant à la nature, l’eau, le végétal, mais même le saule n’est pas d’humeur, il est là à chouiner, ses pieds-racines dans l’eau. La caboche est salement encombrée, tant qu’elle s’habille de tristesse se protégeant de tout confort (fouillis d'orties), car même si l’envie lui prenait de se la rafraîchir ce ne serait pas sans dommages, emplie d’un « fouillis d'orties, » la caboche a ses armes pour se tenir loin de tout traitement anti douleur. Peut-être qu’en quémandant de l’aide alentour. A qui, à quoi ? Au fleuve, il va sans dire, le fleuve qui répond par la parole et par sa nature même, son flux, ses couleurs. « ...The answer my friend is blowin' in the wind… » impossible de ne pas citer cette référence qui m’a été susurrée par vos vers. le vers 11 est quelque peu brutal : « Réponse : « Chaque algue vaut instant à venir ; », brutalité de l’énoncé augmenté d’une difficulté à s’insérer dans la proposition. L’algue est fixée, mouvante certes, mais fixée ; comment peut-elle marquer le temps qui passe, le changement, l’eau du fleuve qui roule ? La fin est magnifique, le temps de l’écrire le fleuve n’est plus, il est à la fois toujours le même et toujours un autre, instant fugace, la locutrice demeure captée par la beauté des lieux, et de réponse, elle en fut privée : « L'angoisse redemandait sa part de dessert. » je retiens : « Sans raison, j'avais fui dans le soir, dans le pli Obscurcissant du soir. » « Un saule chouinant à ses basques » « Liaisons penaudes de lierre aux reins de la nuit. » « Aux jupes de l'eau sombre, en paupières de buis » A bientôt de vous lire, Edition : pour mentionner deux oublis sur "mioche" serait-ce une référence à un passé ou une attitude ? "algue" serait-elle le marquant d'un changement d'état du fleuve ? |
| Provencao
18/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour solinga,
"Sans raison, j'avais fui dans le soir, dans le pli Obscurcissant du soir. L'eau se débarbouillait, Un saule chouinant à ses basques, frère empli D'un doute identifiable à ce qui me brouillait" Mon passage préféré où j'aime beaucoup cette poésie que vous nous offrez avec à la fois cette finesse et cette allégorie très dogmatiques, philosophiques et poétiques. Un sublime mystère de ce soir vert. Belle esthétique assez discordante à l'éthique, comme à la révélation. Bel appui d’un art de pensée et de profondeur qui s'accueille, par-delà l’alliance, dans la foi de l'acuité. Au plaisir de vous lire, Cordialement. |





