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Poésie libre
Stephane : Exocet
 Publié le 14/01/20  -  16 commentaires  -  367 caractères  -  224 lectures    Autres textes du même auteur


Exocet



Je regardais la mer
Étale
La vague était absente
Et le son cristallin
Berçait les lents remous

Le vent brisait parfois
L’écho d’une ossature
Sur le flanc d’une arête
Exsangue

Au bout du mirador
Fusait l’oiseau
Dans l’étroit silence
Ramure d’acier
Filant vers quelque horizon lointain


 
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   Alfin   
9/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Fulgurance de l'instant. La seconde strophe est pour moi excédentaire.

On y voit le poisson volant (aux allures de superfish tout de même) qui vole vers l'horizon.

Tout y est pour vous lancer dans l'art de la sobriété du poème court Japonais. Ce poème est en fait un Haïku prolongé

Merci pour les reflets brillants au faîte de la houle sans écume

Au plaisir de vous lire,
Alfin en EL

   Eclaircie   
11/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Assez terrible ce poème ; en effet ce narrateur contemplatif et immobile lorsque cet Exocet prend son envol peuventy heurter la conscience.
On préférerait que l'exocet soit alors ce poissons volant, mais bon, le mirador, la ramure d'acier, le verbe fuser ne laisse pas trop planer de doutes.

J'ai aimé ne trouver qu'un verbe par paragraphe, ces "mots uniques" dans les vers 2 et 8, qui marque l'opposition, justement, entre le calme et le drame.
J'ai aimé la progression du poème ; le premier paragraphe est "paradisiaque", le second déjà éveille le soupçon par les mots brisait, ossature, arête et bien sûr exangue. Et le dernier assaut final, même si la destination est floue.

J'ai aimé pensé que ce narrateur nous place devant notre propre immobilisme face à la folie des hommes.

Merci du partage,
Éclaircie

   Gemini   
17/12/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce texte, où des détails m'ont paru se heurter : Une mer étale (pourquoi ce moment-là ?) sans vague (mais avec du vent), avec remous (de la houle, pourquoi pas ?), un son cristallin (mais avec des échos). Au niveau des images, j'ai cru comprendre que "le flanc d'une arête exsangue" représentait les ailes du poisson.

La première strophe plante le décor d'une mer sereine et silencieuse, la seconde fait paraître l'exocet, mais pour moi, la dernière reste bien mystérieuse : Dans un ÉTROIT silence (du son cristallin ?), AU BOUT d'un mirador (surgi d'on ne sait où), fuse un oiseau à la ramure d'acier (acier la couleur, un prédateur ? acier le métal, un missile ?) filant vers QUELQUE horizon lointain !
Ce mirador laisse penser qu'on est sur un promontoire, ce qui laisse songeur sur la possibilité de voir ou d’entendre un exocet en tant que poisson. De plus, les exocets vivent en bancs.

Bref, je n'ai pas saisi ce que représentait cette strophe, ni vu son lien avec le titre et les strophes précédentes. Je pense que ce "mirador" brouille beaucoup de pistes (peut-être vouliez-vous dire corridor ?)
Désolé.

   Hananke   
14/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

De la mer, la mort ira frapper quelques contrées lointaines.
Un peu court, peut-être, même si l'essentiel est dit.
J'aime bien la lente graduation de ce petit poème qui va d'un décor
paisible à la stupidité humaine.

Au final, un joli petit texte qui frappe par le message concis
qu'il transmet.

   hersen   
14/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un paysage marin paisible.
Pour un plus grand impact (je ne dis pas surprise puisque le titre l'efface) j'aurais joint les deux premières strophes en allégeant un peu.

Un très bel effet que ce mot "exsangue" qui vient juste avant la dernière strophe, qui frappe (le lecteur) avec son mirador et sa ramure d'acier... qui s'en va frapper (un peuple) plus loin.
Plus loin... mais je regarde la mer étale...

En très peu, l'auteur nous présente ici toute une réflexion.

   Cristale   
14/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des lignes délicates, peu de mots sur des images : un calme annonçant l'horreur.

L'exocet eût pu être ce joli poisson volant innocent, ou ce voiler paisible, mais non. Il est d'acier et meurtrier.

J'aime bien l'image de ce regard impassible :
"La vague était absente
Et le son cristallin
Berçait les lents remous"

Regard observateur et semblant indifférent au drame présagé :

"Au bout du mirador
Fusait l’oiseau
Dans l’étroit silence
Ramure d’acier
Filant vers quelque horizon lointain"

Fine et délicate, l'écriture est épurée, le discours sobre, juste comme j'aime.

Concernant la forme, je laisse aux spécialistes le soin d'en apprécier les dessus et dessous.

Cristale

   Corto   
14/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Joli et terrible poème.

L'auteur brillamment fait passer le lecteur d'une contemplation douce et sereine à la vision de la mort et de la destruction.
L'effet est d'autant plus saisissant qu'on ne sait rien de plus, ni où se trouve ce lieu si paisible "Je regardais la mer", ni quelle cible va être détruite "Ramure d’acier Filant vers quelque horizon lointain."

On entend presque l'écho de l'horreur calculée mais qui traverse si délicatement le paysage "L’écho d’une ossature Sur le flanc d’une arête Exsangue".

En quelques mots et quelques vers l'auteur a très bien maîtrisé toutes ces étapes et ces sensations contradictoires vécues par le narrateur.

Personnellement j'ai aussi entendu Claude Nougaro crier:
"Que se passe-t-il ?
J'y comprends rien
Y avait une ville
Et y a plus rien"

Bravo à l'auteur.

   papipoete   
14/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Stephane
alors que la surface de l'eau semblait un miroir, sur lequel venait rebondir quelques rides, soudain tel poisson volant surgi du néant, vola au ras des flots un exocet d'acier...
NB pas besoin de grands discours pour dire, que sur cet horizon où le calme est roi, vient de passer furtif, un engin de mort qui s'en va frapper des méchants des gentils un peuple...
NB la première strophe pose bien le décor, il fait nuit et la vie s'est endormie...
Dans la dernière, j'aurais écrit " fuSA l'oiseau "

   Michel64   
14/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce poème aurait peut-être mérité un exergue pour trancher s'il s'agit d'un poisson de couleur acier (c'est le cas des exocets) ou d'un missile. Le mirador laisse penser à l'engin de mort toutefois.

Le premier paragraphe est très poétique.
Dans le second j'avoue que :
"L’écho d’une ossature
Sur le flanc d’une arête
Exsangue"
ne m'évoque rien. Je n'ai pas l'image ou la sensation.

De même "l'étroit silence" ne me parle pas. Désolé

Mais il se dégage de l'ensemble lorsqu'on le déclame une musique des mots très agréable.
S'il s'agit d'un missile le contraste entre le calme présent et le fracas à venir est saisissant.

Merci pour ce partage.

   jfmoods   
14/1/2020
La première strophe présente un aspect doux ("le son cristallin") et contemplatif ("Je regardais la mer / "La vague était absente", "Berçait les lents remous"). La vue et l'ouïe du locuteur sont invitées à la détente, conviées à profiter du décor idyllique d'un paysage côtier.

La perspective se tend au fil de la seconde strophe. Une violence s'amorce ("Le vent brisait parfois") et, avec elle, se dresse le spectre de la mort ("L’écho d’une ossature", "Sur le flanc d’une arête / Exsangue").

Le contexte ouvertement guerrier de la troisième strophe ("Au bout du mirador", "ramure d'acier") invite le lecteur à voir, derrière l'image de "l'oiseau", le missile qu'on lance sur l'ennemi (double sens du titre : "Exocet", verbe : "Fusait", participiale : "Filant vers quelque horizon lointain"). On reste suspendu à cet "étroit silence", funeste, préfigurant la dévastation.

Unique temps de ce poème libre, l'imparfait descriptif fige le temps dans une sorte d'éternité, sans avant ni après. On peut également considérer qu'il inscrit l'évocation dans le cycle infernal de la répétition... comme si le processus qui nous conduit du bonheur au malheur ne pouvait que se reproduire indéfiniment.

Le texte pose un regard désespérant sur l'être humain qui ne sait pas tirer les leçons salvatrices de la grande Histoire. Impossible pour lui de s'extraire de la spirale mortifère de la violence.

Merci à Sylvaine dont l'écoute bienveillante est toujours un enrichissement pour le commentateur qui s'interroge et doute...

Merci pour ce partage !

   apierre   
14/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Court et efficace.Juste quelques mots bien posés qui emportent le lecteur.La mer ,le vent ,l'oiseau , le calme, la vitesse, et derrière cet horizon lointain,la destruction.J' ai bien aimé cette évocation !

   Vincente   
14/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Joli poème évoquant la survenance agressive de l'avion de chasse au nom de poisson volant. Le rapprochement de ces êtres s'inscrivant la quiétude marine qui ravissait le narrateur est très bien mené.
J'ai trouvé très joliment écrite la première strophe.
J'ai trouvé très adroite la transition sémantique que produit la seconde. L'arête d'un rocher comme une arête dorsale du poisson affleurant de l'eau.
Et voici dans la perspective profonde que celui-ci trace son message "d'acier".

Oui joli et d'une belle force tranquille.

   Stephane   
14/1/2020

   Davide   
14/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Stephane,

J'aime bien ce genre de poèmes où l'inattendu chambarde le calme de la nature. Même si nous sommes loin du "Dormeur du Val" rimbaldien, nous retrouvons ici les mêmes trois temps de la narration : la douce évocation de la nature, "l'anomalie" amenée par suggestions, le focus sur l'évènement tragique.

J'ai tout aimé dans ce poème et dans cette lente métamorphose du paysage, à part l'accolement des vers 2 et 3, qui font un peu pléonasme, juste un peu…

L'apparition des mots "ossature", "arête" et "exsangue" dans la deuxième strophe enrichissent l'évocation et préparent judicieusement au drame. On hésite entre le sens propre et le sens figuré, "ossature" faisant penser à l'os (et donc à la mort) et l'arête pouvant être celle d'un poisson mort.

La dernière strophe ne laisse aucun doute, la guerre est déclarée ! Pourtant, comme les "deux trous rouges" du "Dormeur du Val", rien n'est vraiment dit : euphémisme/métaphore ("l'oiseau") et périphrase ("Ramure d'acier") continuent de poétiser. Lyriser le fléau, l'enchâsser dans la beauté de la nature, le rend-il plus supportable ?

Un bel écrit ! ;)

   Donaldo75   
18/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Stéphane,

La mer, cet élément dont la contemplation nous parait si souvent paisible, amène la tonalité de ce poème dans sa première strophe. La seconde strophe, surtout après relecture attentive, introduit inconsciemment l’autre perspective, celle de l’objet dans la mer. Et enfin la dernière conduit le drame, silencieusement, sous-marine et malheureusement nous savons qu’il existe, qu’il a eu lieu, pour ma génération en Amérique du Sud, pour d’autres sur d’autres océans.

L’ensemble est fort parce qu’il est suggéré sans devenir cryptique.

Bravo !

Donaldo

   sauvage   
4/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
le poids des mots, bien placés. Une ingéniosité à donner du sens à ces trois courtes strophes, avec des ellipses.
J'apprécie beaucoup le rythme interne des vers et leurs enchaînements
v2 étale v9 exsangue arythmique et fort
v5 berçait les lents remous : 2+2+2 évocateurs
merci pour ce partage!


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