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Poésie classique
sympa : Au fond du trou
 Publié le 14/10/18  -  24 commentaires  -  854 caractères  -  373 lectures    Autres textes du même auteur

Visite indésirable.


Au fond du trou



Entrez donc cher monsieur, vous semblez mal à l'aise,
Ôtez votre veston et venez vous asseoir,
Par terre s'il vous plaît, je me garde la chaise,
J'ai vendu la seconde à mon grand désespoir.

Je ne peux vous offrir que mon humble présence ;
La chienne rogne encore un vieil os de lapin,
La poulette picote un restant de pain rance
Avant que je n'en fasse un énorme festin !

Un petit verre d'eau ? Vous plaisantez, j'espère !
Sans vouloir vous froisser monsieur l'appariteur,
Je n'ai plus rien pour boire ou laver mon repaire :
Des vilains sont venus me couper le compteur...


Allez rapidement au fond de ma remise
Puisqu'il vous faut de force entacher mon honneur,
Vous y retrouverez sous ma vieille chemise
Le fusil qui pourra me déchirer le cœur !


 
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   BlaseSaintLuc   
22/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
on le sais le classique , c'est pas mon expertise.
je juge donc le fond , le sujet est très bien rendu, et poétiquement exploité . on ressent le profond désespoir et la représentation d'un dépouillement extrême .

j'adore la fin

"Allez rapidement au fond de ma remise
Puisqu'il vous faut de force entacher mon honneur,
Vous y retrouverez sous ma vieille chemise
Le fusil qui pourra me déchirer le cœur !"

   Mokhtar   
17/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Poème tabou.
Commentaire retiré

   papipoete   
23/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
classique
On m'a tout pris ; on m'a coupé eau et électricité, et voilà que l'huissier frappe à ma porte !
Qu'a-t-il encore à me prendre ? Ah oui, ma liberté de rester chez moi, même par terre !
Mais pour cela, il devra m'ôter la vie ...
NB " au fond du trou " ; au fond de l'abime dirais-je ! Les dialogues ( plutôt le monologue ) prête à sourire jusqu'à l'ultime strophe, tant les vers sont savoureux, bien qu'emplis d'infinie tristesse .
La conclusion tombe comme le fer de la " veuve ", sur le cou du malheureux !
Techniquement, vos alexandrins me semblent sans faute ( bonne césure, pas de hiatus ) peut-être la rime " lapin/festin " ?
papipoète

   izabouille   
23/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai adoré. Le sujet et le fond sont tellement vrais et efficaces.
J'ai bien aimé que le narrateur invite son visiteur à s'asseoir par terre, belle trouvaille, comme tout le reste d'ailleurs.

Merci, j'ai passé un excellent moment de lecture.

   Gemini   
24/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je pense que la rime lapin/festin fera revoir la catégorie. Monologue bien tourné, au ton sarcastique. Le problème de l’eau est bien trouvé parce que c’est l’élément vital, et lorsque celle-ci fait défaut c’est la fin, le bord du trou, et pas loin du fond comme annoncé dans le titre. L’écriture est très directe et le style agréable. On dirait du Coppée ou le passage d’une pièce de théâtre fin 19e.
Si j’aime bien le dernier vers, je pense quelque part qu’il doit y avoir mieux que « déchirer ». C’est juste un sentiment. Il me semble que vous ne dites pas tout avec ce verbe.

   dom1   
25/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Tableau sombre décrivant un être au fond du trou qui garde cependant la force de mettre en vers ces déboires en créant ainsi le paradoxe de sa condition.
C'est poétique, bien-sûr, et on serait tenté de prendre cela positivement.
Dans la vraie vie, évidemment, il en va tout différemment.
La poésie peut s’extraire de la vraie vie.
Peut-elle l'ignorer totalement ?
Bonne question...

domi...

   Coeurdeloup   
27/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Même au fond du trou… cet homme (ou cette femme) garde toute sa dignité. Pas de sensiblerie, pas de plaintes… Des alexandrins qui "sonnent" agréablement.


J'ai pris plaisir à vous lire.

   Miguel   
15/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
"Que je m'en fasse un énorme festin" serait, à mon sens, mieux que "que je n'en fasse". Et ce fusil, qui semble devoir mettre fin aux malheurs de notre personnage, devrait donc être caractérisé par quelque chose de plus positif que "me déchirer le coeur". D'ailleurs l'évocation de ce suicide me semble mal correspondre à la tonalité ironique du texte. Mais, quoique ces vers adoptent un ton familier, dans l'ensemble ils sont bien tournés.

Edit : Sur le verbe "déchirer" j'ai écrit que l'expression "déchirer le coeur" était en quelque sorte lexicalisée dans son sens figuré. Mon commentaire était clair. Emploierait-on l'expression "casser les pieds" pour parler de fracture à ces membres ?

   Hananke   
14/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Un texte très expressif sur une situation qui pourrait arriver
à n'importe qui, n'importe quand.
Les huissiers n'ont pas le beau rôle, c'est sûr, mais n'y aurait-il pas
d'autres solutions avant d'en arriver là ?

J'aime bien la chaise unique, l'os de lapin et le verre d'eau pour imager cette situation.

Un bon texte, oui, qui rend mal à l'aise mais n'est-ce pas son but ?

EDIT : je ne comprends pas trop le procès qui semble être fait
sur le verbe déchirer le coeur. Il me semble que les plombs
ou la chevrotine qui habitent le canon de ce fusil déchirent
les chairs et le coeur par la même occasion.

   Robot   
14/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est une visite bien désagréable que celle de l'huissier. Mais n'oublions pas qu'il n'est que l'exécutant. Je mets celà à sa décharge.

Sous une ironie de façade, le texte nous place au coeur d'une situation désespérée. Tous les détails nous la démontre.

Puis de l'humour, on passe à ce qui pourrait être une solution tragique.

Une remarque sur le dernier vers: Je trouve que l'image du fusil qui déchire le coeur n'est pas trés réaliste visuellement, à moins qu'il s'agisse d'un fusil à baïonnette. En général, c'est la balle qui déchire le coeur, pas l'arme.

Le rythme de l'ensemble soutient une "histoire" bien posée et d'une écriture aux images fortes.

   hersen   
14/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème vraiment bien tourné pour dire la détresse de celui à qui il ne reste rien et sur qui, malgré tout, on s'acharne encore.

Un poème très parlant, aussi, sur une compassion inexistante, sur l'insistance à prendre ce qui est sans valeur. Heureusement qu'il reste le fusil, dernier bien caché, pour un dernier acte;

Le ton du texte me plait beaucoup, l'interpellation fonctionne très bien pour moi et renforce la matière des griefs en donnant ce petit ton ironique et désabusé.

Merci de cette lecture :

   PIZZICATO   
14/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une dose d'humour aigre-doux au travers duquel transparaît la résignation, " Ôtez votre veston et venez vous asseoir,
Par terre s'il vous plaît, je me garde la chaise".

" Un petit verre d'eau ? Vous plaisantez, j'espère !
Sans vouloir vous froisser monsieur l'appariteur,
Je n'ai plus rien pour boire ou laver mon repaire :
Des vilains sont venus me couper le compteur... " Sobrement, mais efficacement, ce passage montre le sombre de la situation.

" mon repaire " : le malheureux dépossédé de ses biens, considéré presque comme un brigand.

Bien qu'expressive dans son fond, j'ai touvé la chute un peu maladroite sous sa forme.

   Vincendix   
14/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Sympa,
Comment ne pas compatir devant une telle complainte, le "héros" de ce poème est dans une vilaine situation, face à un homme de "loi" implacable et peut-être un peu pervers.
Bon, il lui reste au moins un lit, c'est un meuble insaisissable.
Une écriture classique de bonne facture!
Vincent

   Annick   
14/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici un homme, qui dans le dénuement le plus complet, joue encore à l'hôte qui reçoit. J'en veux pour preuve les impératifs : Entrez, otez votre veston, venez vous asseoir, s'il vous plait, Allez.
Ainsi qu'une phrase interrogative : Un petit verre d'eau ?
Mais c'est une parodie d'invitation teintée d'ironie et d'amertume :

Ôtez votre veston et venez vous asseoir,
Par terre s'il vous plaît, je me garde la chaise...

ou bien : Je ne peux vous offrir que mon humble présence...

ou encore : Un petit verre d'eau ? Vous plaisantez, j'espère !...

Cette courtoisie amère, (certes de façade,) dans les propos, se heurte à la cruelle réalité. J'aime cette opposition et c'est, il me semble, ce qui fait la force de ce poème :

...et venez "vous asseoir,
Par terre" s'il vous plaît...


Le poème se clôt sur une note de désespoir. J'apprécie particulièrement le verbe déchirer qui joue sur deux registres :
déchirer le coeur : émouvoir à l'extrême et en même temps blesser, (en référence à l'arme cachée sous la vieille chemise.)

Allez rapidement au fond de ma remise
Puisqu'il vous faut de force entacher mon honneur,
Vous y retrouverez sous ma vieille chemise
Le fusil qui pourra me déchirer le cœur !

J'aurais aimé écrire ce beau poème qui interpelle.

   Willis   
14/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Le poème est très beau. Mais il a manqué du temps nécessaire à sa maturation. Il suffirait de presque rien... (sic)

   Cristale   
15/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Sympa,

J'ai apprécié le ton "rire-pincé' et l'humour décalé de ce poème sur fond d'histoire dramatique.

Les vers s'enchaînent sans accrocs, les rimes sont...sympas et le tout forme un ensemble plaisant à lire.

...Et cet ultime appel au secours déguisé d'un ton débonnaire : allez chercher ce fusil avant que votre départ ne déclenche cette pulsion retenue de m'en servir pour m'exploser le coeur...bang !

Bravo Sympa !

Cristale

   LenineBosquet   
15/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour, le thème est bon et la forme impec'.
Néanmoins tout cela manque de mordant à mon goût et reste bien sage ( "vilains" par exemple fait très enfantin je trouve, je pense qu'il y d'autres qualificatifs et autres noms d'oiseaux à attribuer à un gars qui vous coupe votre compteur d'eau... J'en ai plein en tous cas...)
Dommage que le coup de fusil ne soit pas destiné à " l'appariteur", ça soulagerai. En plus ce pauvre homme trouve des excuses à l'huissier ( " vous semblez mal à l'aise"). Non, trop c'est trop, l'humilité du pauvre, tout ça, c'est bien trop lisse.
Vous êtes bien trop Sympa décidément !
Merci

   Quidonc   
16/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Au fond trou" cela résume tout. La dérision est la seule porte de sortie de notre narrateur manifestement au bout du rouleau.
Constat de désespoir sans retour, heureusement qu'il y a cette petite touche d'humour pour nous empêcher d'utiliser à notre tour le vieux fusil de la remise.
Mais dans l'ensemble un texte très bien écris dans la forme classique et les termes utilisés sont très évocateurs.
Une lecture très agréable.

   Sarah_K   
16/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Sympa,
J'ai retrouvé dans ce texte le même ton désabusé que dans Le Déserteur de Boris Vian : je n'ai plus que ma vie, vous pouvez la prendre aussi.

   Francois   
16/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici un poème original, bien écrit, racontant la triste histoire d'un homme qui n'a plus rien à donner puisqu'on lui a tout pris...
Le dernier quatrain laisse entendre que la mort est l'ultime recours de ce démuni.
Une belle écriture en vers classiques sert ce texte.
Je ne trouve pas très mélodieux le vers 7, avec tous ses p :
"La poulette picote un restant de pain rance "
mais c'est peu de chose...
Bravo !

   Beaufond   
17/10/2018
Ce poème est une parodie de vers, oubliable parfaitement et donc paradoxal vis-à-vis de l'intérêt de la versification régulière. Le côté chantant, désuet et humble de la phrase n'est pas désagréable, mais rien ne me transporte.

   in-flight   
19/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne suis pas assez technicien pour parler de la forme maus le fond m'a fait sourire: cet huissier invité à s'assoir par terre, voyant la les conséquences de son métier. Invité ensuite à saisir le fusil qui mettra fin aux jours de celui qui le fait vivre. Car point d'huissier sans débiteurs, alors les saigner oui, mais les tuer non.

   Tankipass   
20/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Entrez donc"... J'aime beaucoup ce coté convivial désespéré, cette métrique polie, bref j'aime beaucoup ce poème.
Par contre la ponctuation me semble beaucoup trop présente, presque à la fin de chaque vers, des points virgules, tout ça... Alors qu'elle est inutile la plupart du temps. C'est assez secondaire mais ça entrave un peu la fluidité... En même temps ça peu servir le propos...
Je sais pas trop mais en tous cas ce poème m'a ému...

   Eki   
24/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Une poésie aigre-douce !
De l'ironie, de la dérision, du panache...
On garde la tête hors de l'eau même au fond du trou...

Je vous offre un sourire....de compassion, cela va de soi !

Eki garde les seaux


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