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Poésie classique
sympa : Maria [Sélection GL]
 Publié le 20/08/19  -  11 commentaires  -  1038 caractères  -  177 lectures    Autres textes du même auteur

Ce n'est pas une histoire imitée de Perrault,
Maria existe et je l'ai rencontrée un soir de 31 décembre
de la fin du 20e siècle en plein cœur de ma province.


Maria [Sélection GL]



Voici le réveillon d'un Nouvel An joyeux :
Guirlandes, confettis et coupes de champagne
Égayent ce petit restaurant de campagne,
Où seule, une enfant sert des clients dédaigneux.

La jeune Maria sèche sa main rougie
Par le feu du savon et la froideur de l'eau ;
Dans la salle à manger, anarchique tableau,
Elle jette un regard sur les restes d'orgie.

La fête bat son plein dans la gaieté, le bruit,
Et lorsque l'heure vient des vœux de bonne année,
Elle doit nettoyer, ranger, l'infortunée,
Sans plaintes ni repos jusque tard dans la nuit.

Et cette pauvre gosse, enfant que l'Assistance
A placée en ces lieux pour unique foyer,
Auprès d'une famille, un couple "Thénardier",
Travaille sans répit, avec peine et souffrance.



Ce souvenir me hante à chaque réveillon :
Trente hivers ont passé, mais dès lors j'envisage
Qu'elle vit à présent loin de cet esclavage,
Amoureuse et comblée, ainsi que Cendrillon.


 
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   Eclaircie   
21/7/2019
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Bonjour,

L'exergue nous prévient, ceci est une histoire vraie.
Adaptée et poétisée, bien sûr. Car qui n'aurait pas l'idée au vu de cette situation de la dénoncer aux "autorités compétentes" ?
Partant de là, je n'ai pas pu apprécié ce poème. Désolée.

Éclaircie

   Miguel   
22/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Heureusement que l'auteur nous éclaire avant la lecture de son texte, sinon on dirait : "C'est trop gros, il nous refait le coup de Cosette et de quelques autres". Mais c'est du réel, et il est rendu avec une telle sensibilité qu'on en serait touché même si on avait affaire à une fiction ; pouvoir de la poésie.

   Lebarde   
22/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un poème très émouvant qui rappelle, mais comment y croire, qu’il y a moins de trente ans, l’Assistance pouvait encore placer des enfants ou des adolescents dans des familles oú ils étaient exploités par des Thénardier sans scrupules.
L’histoire sordide dont le souvenir hante et culpabilise toujours l’auteur(e) est évoquée avec un réalisme particulièrement touchant qui ne peut laisser le lecteur insensible.
Alors que la fête bat son plein, Maria dans l’indifférence générale doit nettoyer, ranger, servir .. avec un sort pas plus enviable que celui de la Cosette de Victor Hugo.

Voilà une superbe histoire triste qui se termine peut être bien comme le laisse penser l’ultime strophe.
Elle est magnifiquement servie par un poème classique d’une grande sensibilité , à la versification parfaite dont la lecture extrêmement fluide pourrait faire monter la larme à l’oeil.

Bravo je suis séduit
En EL
Lebarde

   poldutor   
25/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime, oui j'aime cette poésie pleine d'humanité.
On oublie très souvent quand on fait la fête, les gens qui travaillent ces jours là : urgentistes, pompiers, policiers et ces serveurs, mal payés, ignorés, transparents...mais ici surtout cette pauvre petite
"enfant que l'Assistance"
Plus que chez Perrault, nous penserons à la Cosette de Hugo.
Nous aussi nous songerons à elle les jours de l'an...en espérant qu'elle ait trouvé son Marius.
Prosodie impeccable, sauf peut être sur le 9ème vers où existe une ambiguïté : synérèse/diérèse sur : BRUIT", 12 ou13 pieds, mais franchement c'est un détail.
Merci pour ce moment de bonté.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Robot   
20/8/2019
Même si je ne doute pas d'un fond de réalité, il y a dans la manière dont les faits sont rapportés des éléments qui me semblent peu crédibles.
Franchement, vous iriez passer nouvel an dans une gargote où une toute jeune fille assure SEULE le service (donc sans la présence d'adultes en salle) ? Ou alors il y avait vraiment peu de clients ce qui vu les lieux et l'ambiance ne serait pas étonnant !

Pas un convive adulte pour dire "on ne reste pas dans ce bouge !" ou Maria fait la vaisselle à l'eau froide ! Personne ne s'étonne que les patrons laisse la jeunette SEULE pour le service ?
Heureusement on ne nous dit pas que Maria travaille en cuisine en plus.
Celà me paraît un peu outré.

Pauvre narrateur qui devait être bien jeune, se retrouver à table avec ces dineurs dédaigneux et être l'unique à s'émouvoir. Comment a-t-il su que l'enfant faisait la vaisselle à l'eau froide. Soit il s'est rendu dans le local de travail soit le bac a vaisselle était dans la salle à manger. Puis il est resté jusqu'à la fin des festivités pour constater que l'enfant a travaillé jusqu'au bout de la nuit. Comment a-t-il connu la situation d'enfant "assistée" de cette jeune personne. Il la connaissait auparavant ou elle a quand même eu le temps malgré sa débauche de travail de faire la causette ?

Je veux bien m'apitoyer, encore faut-il que le récit donné pour vrai reste dans la mesure et soit cohérent.
Comme dit le proverbe, à vouloir trop prouver … ou bien le temps a un peu altéré les souvenirs.

Par contre je reconnais la qualité d'écriture de ce conte triste.
Contraint de mettre une appréciation en lecture anonyme je la supprimerai si le texte est publié.

   papipoete   
20/8/2019
bonjour sympa
Une Cosette au fond de la campagne, trime dans une gargote sous les yeux indifférents de fêtards du nouvel an.
NB l'auteur a rencontré cette femme, oui elle a vraiment existé !
Il peut y avoir plusieurs cas de figure ;
Quand il la rencontre, elle est très vieille et lui raconte son histoire pathétique...
Soit l'auteur est très vieux, et narre une histoire de sa jeunesse, se déroulant voici 30 ans quand il prit sa plume...
Soit l'histoire se passe... pas en France où une auberge tenue par des Thénardier aux vues et sus de tous fermerait vite sa porte ; et " Maria " trouverait refuge en famille d'accueil, ou bien en institution...
Bien sûr que le récit est bien écrit, la seconde strophe en particulier ! et la fin " façon happy-end " apaise nos tourments mais...
une remarque technique ; au 9e vers, " gaieté " s'il fut écrit au 20e siècle, put comporter 3 syllabes ; mais le poème est bien en forme " classique " .
Je ne sais comment noter, en raison du trouble que j'ai ressenti à la lecture ; aussi, je m'en abstiendrai !
Je ne doute pas un instant de la véracité du texte, mais le poète nous en dira davantage plus tard !

   Hananke   
20/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Ce poème récit nous parle d'un temps qui semble très éloigné,
et pourtant, je ne sais pas d'où est l'auteur mais je sais que dans
mon département, également, l'Assistance plaçait des enfants
abandonnés à la naissance, dans des foyers d'accueil pour soit-disant
s'épanouir.
Après c'était la loterie de la chance : certains tombaient bien et d'autres, pas du tout, surtout ceux qui étaient placés dans des fermes où il fallait travailler dur, très dur, même pour gagner juste
de quoi manger.

Les contrôles étaient inexistants.

Non, non, ce n'est pas d'un temps si éloigné et je comprends
tout à fait l'auteur.

J'aime bien ce texte dans son ensemble qui me remémore une partie
de notre histoire qu'il ne faut pas regarder de trop près et qui, peut-être, perdure à notre époque.

Mais c'est bien de conclure sur une note optimiste.

   senglar   
20/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour sympa,


Voilà qui jette un froid, Sympa, que ne parvient pas à corriger le quatrain final car il pointe au rayon des hypothèses.
- Des "thénardier" XXémistes, bien sûr il y en a.
- Une Assistance Sociale défaillante, bien sûr cela arrive.
- Des fêtards égoïstes et dédaigneux, ils préfèrent fermer les yeux. On pourrait dresser un catalogue de mauvaises raisons.
A Sodome non plus il ne s'en est pas trouvé un pour ouvrir sa porte à Loth. Alors Dieu a fait... BRAOUM !... Gomorrhe n'avait rien demandé pourtant. La Bible ne faisait pas dans le détail.

Et puis il y a le narrateur, doux rêveur révolté, qui me semble cependant avoir joué le rôle du Philistin.

Personne n'est clair dans cette histoire misérabiliste.

Quant au lecteur, hélas, il se dit qu'il a lu une histoire triste, hélas, bien sûr une histoire vraie, hélas, il ne croit plus à Cendrillon, hélas, dix ans ont passé !
Va pas porter le fardeau de Sympa tout de même, compatir lui semble de bon aloi, il a ses propres mauvais souvenirs d'orphelins brimés et exploités, il voit dans l'actualité des noèls sous la tente, des noêls dans les camps, des noëls aux braseros, des noëls dans les centres de rétention.

L'homme est un loup pour l'homme, ça se vérifie tous les jours.

Le lecteur se dit que Perrault est un sacré farceur.

Et il s'en veut de ne pas avoir de solution pérenne.

Fêtera quand même Noël hein ! Faut bien que rêve un maximum d'enfants...


Je l'aime bien votre poème, Sympa, quoique manichéen, car il pointe du doigt une situation scandaleuse. Puisse-t-il contribuer à combattre l'Injustice qu'il faut dénoncer, dénoncer, dénoncer encore et... agir ! Même dix ans après, année après année et année à venir après année à venir car l'injustice se perpétue comme une hydre...

Un combat jamais terminé en fait mais auquel il ne faut jamais renoncer.

Merci pour la leçon !


Senglar

   leni   
20/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Sympa
J'ai pensé à Zola C'est un belle description d'une vie à la dure j'écriture est souple et fluide
C'est la description des délaissés qui souvent ont droit à très peu d'egardC'est écrit à la plume du coeur Moi ça me touche
Le quatrain final est superbe BRAVO SYMPA
Mon salut très cordial LENI

   Vincente   
20/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai trouvé que l'écriture avait de belles qualités, un rythme assuré et une expression réaliste, l'ensemble se lit facilement, sans embûche. Si bien que l'on peut "se soucier" dans l'aisance du fond du propos. C'est moins engageant, même si l'intention est généreuse avec cette nécessité de montrer le trouble et l'inacceptable implacable, car il y a plusieurs choses qui chagrinent dans le récit. L'exergue nous signale que nous découvrirons là une histoire vécue par le narrateur et pourtant des disproportions ou autres décalages apparaissent. Un restaurant de campagne avec une seule serveuse, donc une petite structure, voit "la fête battre son plein" il y donc de l'ambiance et donc du monde. Comment le narrateur peut savoir à ce moment, que cette enfant est confiée au couple par l'Assistance public. "Sans plaintes ni repos jusque tard dans la nuit", un autre questionnement, est-ce exceptionnel, est-ce systématique, etc... Si l'abus sur personne faible était si évident, pourquoi se contenter de simplement s'en offusquer, n'y avait-il pas de signalement possible à l'époque ?

L'ensemble est tout de même bien misérabiliste. Hugo, Zola, Cendrillon se tiennent dans la fosse pour souffler des arguments, mais le réalisme d'une réalité n'est pas forcément réaliste, c'est que l'on peut constater à la fin, et l'espérance, que peut-être la vie de l'enfant devenue adulte sera plus supportable, rajoute une incise dans ce sens. Ou alors la réalité dépasse la fiction... vous me direz nous sommes dans le domaine de la poésie, ces vers en ont la forme harmonieuse et le fond bien intentionné.

   Anje   
21/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je trouve une belle narration versifiée, une prosodie soignée qui, peut-être, souffrent d'un manque de relief.
Par exemple "travaille sans répit, avec peine et souffrance". L'opposition est parfaitement marquée dans chaque hémistiche avec "sans" au premier puis "avec" au second. Néanmoins, ce vers ne vit pas comme il aurait pu vivre par l'emploi de verbes au lieu de noms. Il me semble que "elle travaille avec peine" sent moins la souffrance que "elle travaille, elle peine" ou "elle sue sa souffrance".
Le premier quatrain ne résonne pas de chants, de bouhaha ni de bulles qui éclatent. Du coup, le contraste que semble avoir voulu l'auteur en intercalant une strophe joyeuse et une malheureuse, ne me semble pas suffisamment marqué.
Mais cela n'est que l'impression d'un amateur qui finit par aimer beaucoup parce qu'il n'est pas aisé de raconter un ricochet qui nous atteint, une vision inimaginable, insupportable.


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