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Poésie classique
sympa : Prisonnier d'un souvenir
 Publié le 28/06/20  -  12 commentaires  -  1053 caractères  -  190 lectures    Autres textes du même auteur

Blessures d'enfance.


Prisonnier d'un souvenir



À vous que j'ai croisés, enfants, adolescents
Trop souvent sur ma route, à l'école, au collège,
Je vous offre ces mots et tout un florilège
De souvenirs amers, de chagrins oppressants.

Vous incarniez si bien ce fameux « âge bête »,
Auriez-vous oublié votre souffre-douleur ?
Allez rappelez-vous, panouilles de malheur,
Vos injures, vos coups lancés en pleine tête.

Si j'ai pleuré cent fois, cent fois vous avez ri...
Il en fallait si peu pour distraire la foule :
« Au Diable le rouquin ! » et le monde s'écroule.
Faut-il vous pardonner ? Non ! Pas un corps meurtri...

Il suffit quelquefois d'une brebis galeuse
Pour qu'un groupe se forme, indiscutablement :
On juge, on moque, on frappe, infâme châtiment
Et s'envole l'espoir d'une jeunesse heureuse.

Jeune homme anéanti, je prônais le cercueil
Ayant perdu la foi (vous en êtes la cause)...
Mais de ce cauchemar que la bêtise impose
J'écris ces quelques vers, pour en faire le deuil.


 
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   poldutor   
8/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour
Hélas en avons nous connu de ces malheureux garçons qui tout au long de leur scolarité étaient la tête de turc de leur camarades.
Rouquins, bègues, gringalets, obèses, timides...
C'étaient de méchants galopins qui les maltraitaient physiquement, on disait ils sont jeunes "c'est l'âge bête, et cet âge est sans pitié" ; devenus adultes se sont-ils amendés ? Je l'espère, et leurs souffre douleur, se sont-ils reconstruits ? Je l'espère, bien que j'en doute ;

"Si j'ai pleuré cent fois, cent fois vous avez ri...
Il en fallait si peu pour distraire la foule:
"Au Diable le rouquin! " et le monde s'écroule..
Faut-il vous pardonner? Non! Pas un corps meurtri..."
On sent tout le déchirement de cet aveu.

Maintenant, avec les réseaux sociaux (?), la méchanceté se fait plus sournoise, parce que plus anonyme, et elle pousse parfois la victime jusqu'au suicide.

"Jeune homme anéanti, je prônais le cercueil
Ayant perdu la foi..."

J'espère que ce poème n'est pas autobiographique, cela serait trop triste. Beaucoup d'écoliers sont pressés de retrouver les copains, tandis que certains...
Merci.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Myo   
9/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Personnellement, je ne relève aucune faute de prosodie mais je ne suis pas une experte.

Pour le fond, le mal-être de celui qui est montré du doigt, qui ne trouve pas sa place dans un groupe, est isolé, rejeté, harcelé et doit se construire avec un manque de confiance total.
Nous en avons tous connu dans notre jeunesse, nous l'avons été parfois ... une souffrance qui ne se soigne pas aisément...mais qui peut aussi rendre plus fort lorsqu'arrive le chemin de la résilience comme le souligne le dernier vers.

Un écrit réaliste, dur et sans complaisance ...peut-être un peu trop.

   Eclaircie   
11/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Un poème intimiste, une confession de ce narrateur "souffre-douleur'.
Présenté en classique, je ne suis pas experte pour me prononcer sur le respect de toutes les règles. La lecture, à voix basse ou haute est harmonieuse et fluide.
L'expression est soignée, riche.
Le fond appartient au narrateur, qui nous présente la manière dont il a vécu une particularité (physique).
Je sais que dans ce cas, l'enfant doit affronter les autres et plusieurs attitudes sont possibles.

Un solide écrit.
Merci du partage,
Éclaircie

   Hananke   
11/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Un texte fort sur la différence vécue, ici, comme un drame
à cause de la bêtise humaine et de toutes les formes de bizutage.
La jeunesse est cruelle et ne se rend pas compte du mal qu'elle
peut faire: ce joli poème classique le montre naturellement.

Une petitesse, une grandeur physique, une couleur de cheveux rare,
des lunettes très tôt et dans les années 60 ou 70, l'imagination
des garnements étaient sans limites pour blesser en se moquant.

Qu'en est-il maintenant ? Les choses ont-elles changé ?
Je ne sais pas, ayant quitté le domaine scolaire depuis trop longtemps.

Mais dans tous les cas, un très bon texte qui délivre bien
le mécanisme.

   papipoete   
11/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
classique
" ce qu'on peut être méchant, même lorsque l'on est enfant... " et mon corps et mon coeur s'en souviennent... de ces injures, de ces coups qui pleuvaient sur le " rouquin " que j'étais !
Marqué au fer rouge qui vous marque l'infamie sur le front, le garçon marchera tel un vilain petit canard, et souffrira sa vie entière, d'avoir tant pleuré à faire rire ses bourreaux...
NB rien n'est inventé dans ce récit que l'on put connaître comme acteur ou témoin, face à la méchanceté !
j'eus de la chance, bancal que j'étais avec mes chaussures orthopédiques, de passer indemne à travers ce champ de mines ; un peu plus tard au collège, mes cheveux en " banane " sur le front eurent à souffrir des décoiffeurs ; mais ironie du sort, cela se retourna contre eux sans que j'en sois responsable... et mes harceleurs me mirent plus tard sous leur protection !
Vos vers percutent, font mal et l'on aurait envie de crier " arrêtez, foutez-lui la paix ! "
La dernière strophe semble une croix que le héros porta si longtemps, avant de retrouver la paix.
des dodécasyllabes sans faute ;
au 7e vers, j'aurais mis un point d'exclamation
papipoète

   Angieblue   
28/6/2020
Oui, les enfants peuvent être méchants, mais hélas les adultes aussi.
On peut retrouver ce genre de phénomène de meute dans des milieux professionnels entre adultes quand une personne n'entre pas dans le moule, ne suit pas la pensée commune...
Harcèlement moral!

Le texte est bien écrit, il n'y a pas d'erreurs de prosodie.
Je n'aurais pas mis de parenthèses à "Vous en êtes la cause". Je l'aurais juste mis après une virgule.

Il y a juste cette phrase que je n'ai pas bien compris:
"Non! Pas un corps meurtri...
Je me doute bien que ça signifie qu'un corps meurtri ne peut pas pardonner, ou plutôt oublier...La formulation est trop implicite...

Sinon, le reste est très puissant. Mes strophes préférées sont la 1 et la 3.

Je pense que ça ne devrait plus exister aujourd'hui. Il faut de la prévention, de l'éducation...
On ne peut pas changer la nature humaine, mais chez les enfants, on peut essayer grâce à l'éducation et l'indépendance d'esprit qui est le seul remède contre la pensée primaire de groupe.

   Harvester   
28/6/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Qu'il n'y ait pas confusion, je réprouve ce qu'il convient d'appeler de nos jours ce "bullying" ou harcèlement conduisant les victimes à des "solutions" extrêmes.

En revanche, un tel sujet me semble l'occasion rêvée de s'offrir un habile renversement de situation en moquant les moqueurs d'hier ce qui n'est pas le cas ici.

Le genre n'est pas neuf ("Festen" au cinéma, "Je suis de celles" chez Benabar) et propose de beaux exemples de ces renversements et pour autant vous n'en profitez pas un instant. J'attendrais plutôt d'un texte traitant un tel sujet un revers cinglant jeté au visage des imbéciles d'hier au lieu de quoi ce ne sont que pleurnicheries et retours sur le "soi" d'un temps révolu.

Cela ne me séduit pas, j'en suis désolé et contrairement à ce qui est écrit je n'ai pas le sentiment que ces lignes font vraiment le deuil des souffrances endurées. J'ai l'impression tout au contraire qu'elles sont cristallisées chez le narrateur (car je ne sais s'il s'agit d'un poème générique ou s'il s'agit de vous) et pas du tout évacuées.

Le tout n'est pas mal exprimé mais vous ne vous saisissez pas d'une belle oppportunité alors que dans le cas présent vous êtes celui qui a voix au chapître pour effacer ces visages hideux de l'enfance.

Merci de ce partage.

   Lebarde   
28/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sympa
J’ai vu passé ce poème en EL sans m’y attarder, peut être ne m’a t’il pas été présenté assez longtemps, la cruauté vraie du sujet m’ayant sans doute quelque peu rebuté.
Le sujet que personne ne peut ignorer fait bien sûr le consensus dans la gêne et la réprobation qu’il suscite.
Qui n’a jamais été concerné, soit en subissant soit même en étant acteur de ce genre de comportement ou de sévices qu’avec le recul chacun réprouve.
Oui mais la nature humaine est ainsi faite et tout doit être fait pour en limiter les effets désastreux.
Sur la forme, je suis assez réservé.
Je dirai que c’est un texte en alexandrins parfaitement écrit dans les règles de la prosodie, mais un texte descriptif, froid, pas un poème pour qui il manque la poésie.
Je suis désolé de dire cela, techniquement très bien, poétiquement il me manque quelque chose.( peut être un vocabulaire trop direct trop analytique, trop « rapport de police »..)

J’applaudis pour les idées et le propos développés, je suis plus circonspect sur l’expression et la sensibilité littéraires.

Beau travail néanmoins que je reconnais bien volontiers.

Lebarde un peu déçu

   Malitorne   
29/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Si vous ne nous aviez pas confié que vous étiez une dame j'aurais juré cette poésie autobiographique tant elle respire la justesse, le vécu. Quoi qu'il en soit, vous avez su parfaitement exprimé ce que peut ressentir un jeune en proie à l'acharnement de ses camarades. Rien de plus destructeur en effet que ces quolibets répétés dans la construction de l'estime de soi. Le tout servi par une belle prosodie qui soutient comme il faut le propos. Une poésie touchante qui ne laisse pas insensible.

   tundrol   
1/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Poème composé par rapport au sort de quelqu'un d'autre, je crois, donc plus intéressant parce que ça sort du moi, moi, moi, d'autant plus intéressant que la maîtrise de la forme a coûté de l'effort.

Joli deuil.

Bravo!

T

   Cristale   
2/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Endosser la douleur d'un autre pour en afficher les maux aux regards de ceux à qui ce poème est adressé relève d'un réel talent d'acteur, actrice, pour sympa.

Des alexandrins dont, vu le sujet, je n'attendais pas de mélodie mais où j'ai trouvé un rythme percutant, martelant la douleur et le ressentiment bien légitime.

L'ensemble est bien écrit, soigné, j'aime beaucoup.

Bravo et merci sympa.
Cristale

   Francois   
3/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème en vers classiques est fort bien écrit, vers fluides, rimes plutôt originales.
L'auteur évoque avec justesse le ressenti d'un adolescent confronté aux moqueries de ses camarades (sans doute dues à une particularité physique, ici des cheveux roux...)
Malheureusement, cela arrive encore trop souvent, et les réseaux sociaux ne font qu'aggraver ce genre de persécution gratuite...

Excellent premier quatrain :
"À vous que j'ai croisés, enfants, adolescents
Trop souvent sur ma route, à l'école, au collège,
Je vous offre ces mots et tout un florilège
De souvenirs amers, de chagrins oppressants."

J'aime moins :
"Pour qu'un groupe se forme, indiscutablement :"
Pourquoi pas "inexorablement" ? Ou autre chose ?

Bravo pour ce beau texte, peut-être partiellement autobiographique ?


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