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Poésie classique
sympa : Tourner la page
 Publié le 07/01/21  -  14 commentaires  -  1453 caractères  -  232 lectures    Autres textes du même auteur

Journal intime.


Tourner la page



Un voile de bien-être effleure mon visage
Comme un soleil d'été dans le matin naissant
Pose un rayon d'espoir sur mon cœur languissant,
L'étincelle ajoutée au sombre paysage.

Un écho du passé me parle d'avenir
Avec des mots bannis de mon vocabulaire :
Émoi, parfum, ivresse, apaisent la colère
Et calment les sanglots qu'on ne peut contenir.

J'aimais la retrouver le soir sous la charmille
Et vivre les beaux jours de nos vingt ans heureux,
L'étreindre auprès de l'arbre où l'on rêvait, joyeux,
À notre projet vain d'accroître la famille.

Bien des ans ont passé depuis qu'elle n'est plus,
Proscrite par les dieux de sa tendre jeunesse,
Me livrant aux regrets, à l'immense tristesse,
Je n'étais plus qu'une ombre, un funeste reclus.

Mais il suffit parfois qu'une colombe pose
Le baiser de l'amour sur mon front affaibli,
Pour que le souvenir se transforme en oubli
Comme un hiver se meurt, faisant naître la rose.

Qu'il est doux maintenant ce frisson sur ma peau
Quand une main suave enveloppe la mienne,
Elle adoucit mon âme et soulage ma peine ;
C'est un souffle d'air pur, un sentiment nouveau.

Demain je signerai la fin d'un mauvais rêve
En cueillant au jardin l'amour d'une autre fleur,
Je suis si jeune encore et j'aspire au bonheur :
Une page se tourne et l'histoire s'achève.


 
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   Gemini   
18/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est bien dit, bien posé, bien chiadé.
Et le point dans le titre tient bien sa place.

Le genre de poème dont on se délecte en cherchant les références (romantiques) de l'auteur. (Lamartine ?)
J'aime les poésies où le titre est relié au dernier vers plutôt qu'au premier. C'est le cas ici où le fond fait penser, l'humour un peu ironique en moins, à "La jeune veuve", avec ses réflexions sur le pouvoir du temps sur nos décisions et nos sentiments.
L'image du journal intime apparaît à la dernière strophe avec ce "je signerai la fin" et surtout "une page se tourne" dont les deux sens (journal/vie) ravissent l'esprit.

Pour ergoter, je signalerais la faiblesse (pour moi) des (bonnes) rimes heureux/joyeux (après lequel il manque une virgule) et mienne/peine, en regard des autres.
Mais vraiment juste pour chicaner...

   embellie   
20/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ces alexandrins, au rythme régulier grâce au respect de la césure, paraissent avoir été écrits à l'époque de nos grands Romantiques et présentent à mes yeux une désuétude charmante.
Le poème coule de source, se lit facilement, est donc réussi, ce qui ne signifie pas que cette réussite s'obtienne facilement. Cette aisance est due au talent de l'auteur.
Le début raconte les souvenirs du passé (les deux premières strophes ne me paraissent pas indispensables). L'auteur nous décrit la fin d'un amour pour cause de deuil et l'espoir d'un nouvel amour qu'il appelle de ses vœux. Il est encore jeune et trouve naturel de ne pas se résigner à vivre sans amour. La cinquième strophe est la clé qui ferme la porte sur les souvenirs et ouvre la porte du futur. La construction de cet écrit est logique. L'auteur semble vouloir nous montrer qu'il est toujours possible, et sain, de « tourner la page ».

   Myo   
21/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Une note d'espoir avec ce nouveau départ, la force d'un amour pour atténuer la peine de la fin brutale d'un autre.
Une écriture tout en délicatesse, qui coule limpide, sans à-coups.

1er vers du 4e quatrain, je pense qu'il faut lire "qu'elle" plutôt que "quelle"

" Proscrite par les Dieux de sa propre jeunesse"
Je mettrais une virgule devant et après "par les Dieux" pour une meilleure compréhension.

Un écrit d'une lecture aisée et plaisante mais qui manque un peu d'originalité ( je garde une impression de déjà lu )

Merci du partage
En EL Myo

   Hananke   
7/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Très beau texte classique que n'auraient pas renié les romantiques.
De beaux vers comme je les aime :
Un voile de bien-être effleure mon visage
Qu'il est doux maintenant ce frisson sur ma peau
En cueillant au jardin l'amour d'une autre fleur,

Entre autres.

L'auteur semble avoir trouvé sa voie dans ce genre de texte.

J'aime bien ce genre d'écrit qui nous parle d'un passé
moins révolu qu'il n'y parait.

   papipoete   
7/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour sympa
Un sujet qui nous inspire toujours, pour peu que la mélancolie perle au bout de notre plume. Un enfant, un mari, une mère partie trop tôt pour que des projets communs tombent à l'eau. Ici, c'est une épouse que le héros pleure malgré les ans écoulés, mais l'amour de nouveau lui ouvre le coeur si longtemps recroquevillé ; une page va se tourner ; une nouvelle chance de partager vient de naître...
NB " avec le temps, avec le temps va, tout s'en va..." même l'amour peut renaître sous d'autres traits ; et l'on n'oublie pas celui qui fut et que la mort reprit, mais comme guidée par son âme défunte, une main se pose sur vous " voulez-vous de moi ? "
Un joli récit que l'on pourrait susurrer à qui ne crut plus à l'amour, ne voulut plus aimer ( et trahir le disparu ) et donne l'espoir à travers un sourire...
la dernière strophe, ma préférée semble posée là par un doux zéphyr...
Techniquement, un bémol ( je me trompe peut-être, aussi ne m'en veuillez pas ? ) dans l'avant-dernière strophe ( mienne et peine ) sont-elles rimes bonnes ?

   Cristale   
7/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Romantisme ô quand tu nous tiens !
Je ne puis faire l'impasse sur ce poème lyrique à souhait, brodé d'espérance, malgré ce deuil, cet avenir brisé :

"Bien des ans ont passé depuis qu'elle n'est plus,
Proscrite par les dieux de sa tendre jeunesse,
Me livrant aux regrets, à l'immense tristesse,
Je n'étais plus qu'une ombre, un funeste reclus."

Une renaissance bienfaitrice, (mais il a fallu combien de temps et d'années ? Beaucoup, d'après ma lecture) où saignent encore quelques cicatrices sur des alexandrins joliment déclinés.
L'écriture est fluide, l'ambiance mélancolique est porteuse d'espoir.

Un bien joli poème, tout en douceur.
Bravo et merci SYMPA

Cristale

   Wencreeft   
7/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beaucoup de douceur et de mélancolie, rehaussé par une jolie note d'espoir. Romantique à souhait, très Lamartine dans le style (m'est spontanément venu son poème "A El***" à la lecture de votre texte). Les vers sont impeccables, et on sort de la lecture rafraichi.

Mais... il y a un mais. C'est romantique mais presque trop dégoulinant de bons sentiments, presque mièvre. C'est fluide mais presque trop facile. C'est porteur d'espoir mais presque trop gentil. L'auteur.trice ne s'affranchit pas de quelques clichés : si l'on retrouve son aimée, c'est forcément "le soir", "sous la charmille" ; si l'on parle de bien-être, c'est forcément "un rayon de soleil" ; si l'on parle d'amour, c'est forcément "colombe" et "rose". Ce n'est pas tant problématique, après tout c'est le thème et les images fonctionnent ( "Pour que le souvenir se transforme en oubli, Comme un hiver se meurt, faisant naître la rose" est d'ailleurs est bien joli passage), mais il est vrai que cette absence totale de prise de risques sur un sujet convenu peut paraître dommageable.

Un texte qui fleure bon la maitrise, mais l'auteur.trice est, je pense, trop resté.e dans sa zone de confort. Il manque un souffle pour que ces vers ravissants soient vraiment beaux.

   dream   
7/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dans une harmonie délicieuse où les strophes tournoient comme une musique au son de vers les plus exquis, le poète se propose de tourner la page sur son cœur douloureux ; grâce à l’arrivée d’une nouvelle promesse de bonheur qui, tel un arc-en-ciel, surgit après un tsunami :

« Un écho du passé me parle d’avenir »

« Et calment les sanglots qu’on ne peut contenir. »

« Comme un soleil d’été dans le matin naissant
Pose un rayon d’espoir sur mon cœur languissant. »

Merci à l’auteur pour cette belle page si pleine de tendresse.

   Bellini   
7/1/2021
Bonjour Sympa,
J’approuve la versification de votre poème dans son rythme et sa prosodie. Moi qui préfère souvent les rimes suffisantes aux rimes riches, surtout lorsqu’elles se suivent, je suis comblé par heureux/joyeux.

Pour le reste, que dire, et surtout, comment vous le dire ?
Il en faut pour tous les goûts et toutes les sensibilités. Votre poème paraissant traduire une honnêteté émotive, j’y accrocherai une étiquette de sentimentalisme plutôt que de sensiblerie. Vive l’amour et sus au cynisme. Mais que voulez-vous, la colombe qui pose encore des baisers d’amour, j’ai presque envie que la chasse soit ouverte toute l’année. Je ne vais pas faire le tour de votre jardin d’Eden, il sait se renouveler assez facilement, pourvu qu’une colombe ait l’idée de le survoler.
D’ailleurs à ce propos, j’ai trouvé votre héros d’une goujaterie innommable, ce qui me l’a soudain rendu intéressant, pour ne pas dire sympathique :

Mais il suffit parfois qu'une colombe pose
Le baiser de l'amour sur mon front affaibli,
Pour que le souvenir se transforme en oubli
Comme un hiver se meurt, faisant naître la rose.


Vraiment très délicat pour la chère disparue :)
Cela dit, ce quatrain est superbe, dans la forme et dans la perfidie. Ronsard aurait dû vous fréquenter plutôt que d’écrire des niaiseries.
Ainsi donc, il suffit parfois qu’une nouvelle tourterelle vienne roucouler pour aussitôt parler d’oubli !!! J’adore ce type, mon Macho Love, à côté, c’est Roméo en culottes courtes. Si encore vous aviez dit : « J’attends désespéré qu’une colombe pose »… mais là franchement, mieux vaut ne pas nous dire combien de temps le type est allé au cimetière.

Moi qui croyais être un des seuls ici à désenchanter l’amour, je m’aperçois que je suis un peu naïf :))
Vous m’avez réconcilié avec ma perception du sentiment amoureux.
Bellini

   Lebarde   
7/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Sympa

Il suffit de tourner la page pour qu'une histoire s'achève et une autre recommence, avant celle qui suivra dites vous.

Ainsi va la vie et c'est tant mieux, mais est-ce toujours aussi simple?
Il est pourtant des souvenirs bien difficiles à oublier et des blessures qui se referment jamais.
Disons que le narrateur a un coeur sensible facile à consoler même si la tristesse a pu lui laisser pendant quelque temps des traces douloureuses:

"Bien des ans ont passé depuis qu'elle n'est plus,
Proscrite par les dieux de sa tendre jeunesse,
Me livrant aux regrets, à l'immense tristesse,
Je n'étais plus qu'une ombre, un funeste reclus."

Le temps va si vite et la vie est si courte, qu'il ne faut pas laisser passer les occasions d'en profiter pendant que jeunesse est encore là.

"Demain je signerai la fin d'un mauvais rêve
En cueillant au jardin l'amour d'une autre fleur,
Je suis si jeune encore et j'aspire au bonheur :"

Joli poème classique limpide et fluide, d'un optimisme un peu cynique et déroutant mais joliment écrit, que j'apprécie volontiers.

J'ai pris plaisir à la lecture; la poésie classique n'ai pas si courante.

Merci

Lebarde

   Miguel   
7/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Si je voulais faire mon grincheux, je dirais que "Je suis si jeune encore" est en contradiction avec "Bien des ans ont passé" ... Mais la jeunesse est une question de ressenti, surtout quand l'amour revient. De fort beaux vers, pleins de délicatesse et de musicalité. On peut lire la fin de deux façons, selon ses inclinations propres : ce poème commencé comme une élégie s'achève dans la clarté de l'amour revenu ; mais aussi on peut voir l'élégie continuer, avec la deuxième mort de la pauvre oubliée. Tant de fidélité pour que ça finisse ainsi ... Victor Hugo écrit : "... l'oubli, cette lâcheté". Selon qu'on penche pour une interprétation ou pour l'autre, on a deux textes différents, mais dans tous les cas deux beaux poèmes.
Le cuistre toujours tapi en moi se montre à travers cette dernière remarque : j'aurais préféré la forme grammaticale "nous rêvions", dans ce beau texte classique, à la forme relâchée "on rêvait", qui fait tache.

   Provencao   
8/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Qu'il est doux maintenant ce frisson sur ma peau
Quand une main suave enveloppe la mienne,
Elle adoucit mon âme et soulage ma peine ;
C'est un souffle d'air pur, un sentiment nouveau."

J'ai beaucoup aimé ce romantique "tourner la page", en ce sens où ce voile de bien etre, est effleuré par cet esthétique presque musical, dont cet écho du passé accorde notre mémoire au rythme du baiser de l'amour recouvré.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincendix   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Sympa,
Tourner la page ne veut pas dire brûler le livre.
Revivre le passé, c'est impossible, alors mieux vaut, pour poursuivre le chemin penser au présent et ne pas ressasser les souvenirs. Ce qui ne veut pas dire oublier.
Ces sentiments apparemment contradictoires sont plutôt complémentaires et j'espère que vous avez trouvé une autre fleur pour donner des couleurs à votre existence.
Une écriture fluide que j'apprécie, avec un respect de la prosodie qui me fait souvent défaut.
Vincent

   Damy   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Il faut savoir tourner la page quand les décès souvent endeuillent toute la vie.

Il s'est heureusement présenté une colombe
Comme un hiver se meurt, faisant naître la rose
Vers d'anthologie.

Je ne sais trop quoi dire tellement je suis sous le charme romantique de ma lecture qui s'est plu dans ces quatrains d'un classicisme consommé.

Merci, Sympa.


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