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Poésie néo-classique
TheDreamer : À Ophélie…
 Publié le 19/11/13  -  17 commentaires  -  790 caractères  -  536 lectures    Autres textes du même auteur

En souvenir de l'Ophélie d'Arthur Rimbaud.


À Ophélie…



Il faisait froid au bord de la rive embaumée ;
Des nids de nénuphars, de mousse et de fumée,
Berçaient leur robe blanche et verte sur les eaux.
Pas un bruit. Le silence agitait les roseaux.

La brise s’était tue et sur l’onde embrumée,
La lune ronde et pâle étalait, allumée,
Son halo vaporeux sur l’étang aux oiseaux.
Silence ! Elle dormait – belle enfant. Les gerzeaux

Semblaient de longs cheveux sur l’oreiller de verre.
Sa tête balançait. Elle était les pieds nus.
Ses yeux laissaient passer des songes inconnus

Que l’ombre murmurait doucement à la terre.
Le gouffre est sombre et bleu comme le ciel éteint.
Sur la berge, deux fleurs. Des chaussons de satin.


06.07.2013


 
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   Hananke   
2/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau poème qui aurait mérité le classique.

Peut-être me trompai-je mais on sent le peintre percé
sous ce joli tableau tout en effleurements et le poème
de Rimbaud n'est pas trahi.

Juste un bémol pour la ponctuation : les points trop nombreux
à mon avis gênent quelque peu la lecture.

Exemple : après pas un bruit j'aurais mis deux points ( : ).

Au final un très bel écrit que j'aime beaucoup.

Ah ce vers : ... les gerzeaux
Semblaient de longs cheveux sur l'oreiller de verre.

   Lhirondelle   
19/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

Bel hommage à la nature, Ophélie en étant la personnification. Contrairement au poème de Rimbaud, je ne sais si votre Ophélie est sur l'eau (comme celle de John Everett Millais) ou simplement au bord de l'eau en train de songer. Les longs cheveux flottants de l'œuvre de Millais (je me réfère encore à lui et à son Ophélie puisque c'est l'image qui m'est venue en premier) étant remplacés ici par des gerzeaux... Ophélie ainsi serait une représentation de la nature moins inanimée, enfin peut-être juste avant de l’être - au vu de votre dernier vers qui donne à penser que sur la berge ne reste plus que deux chaussons de satin. Et cependant, il y a « Silence ! Elle dormait » et plus loin « Ses yeux laissaient passer des songes inconnus » J’avoue que je m’y perds un peu… bien que si je me réfère à votre incipit, si votre Ophélie est en hommage à celle de Rimbaud, elle est donc moins animée que vos mots pouvaient faire croire. Bref, je tourne en rond autour de cet étang.

Tout ça pour dire que votre poème m'a fait voyager dans l'œuvre picturale des préraphaélites, et m'a remémoré aussi le livre de Philip Delerm "Autumn" où apparaît cette Elizabeth Siddal sous les traits d'Ophélie peinte par Millais. Quant au poème de Rimbaud, j'ai eu plaisir à le relire aussi.

Les rimes sont belles dans les deux quatrains et peu moins riches dans les tercets mais c’est tout à fait correct.
De belles images comme celle entre autres : « Ses yeux laissaient passer des songes inconnus/Que l’ombre murmurait doucement à la terre. »

Quelques petits reproches cependant, trois fois l’auxiliaire « Etre » sur quatorze vers.
Le point d’exclamation après Silence m’a un peu gênée, isolant « silence » du reste du vers, il entraîne ainsi un pied de trop. A la deuxième lecture j’ai fait l’impasse. Et forcément ça coule mieux.

Le pari était risqué d’écrire à votre « Ophélie » d’après celle de Rimbaud. Mais votre poème a su me toucher… donc merci pour cette lecture.

   senglar   
19/11/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour TheDreamer,


Somptueux sonnet qui va jusqu'à identifier les gerzeaux sur le tableau de Millais (plante particulièrement bien choisie parce que hautement toxique, paralysante), ce qui est révélateur de la méticulosité de votre travail, authentique autant qu'inspiré.

Les yeux ouverts dans son dernier sommeil - j'ai vérifié - je suis bluffé !

Et les chaussons sur la berge...

Waouh !

"Exceptionnel"... pour m'avoir émerveillé et autant apporté :))) )))


Senglar-Brabant

   Ioledane   
19/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Sans doute est-ce la disposition des rimes (AABB dans les quatrains) qui a empêché la publication de ce poème en catégorie classique ? Bref, peu importe l'étiquette, je n'ai pas boudé mon plaisir à lire ce très beau poème, fluide et plein de grâce, jusque dans la pointe, superbe.

Juste deux légers bémols :
- Je rejoins un précédent commentateur sur la ponctuation : celle-ci m'a un peu gênée dans les tercets, trop de points. Le dernier vers par exemple, aurait mérité selon moi deux points à la césure.
- Par ailleurs j'aurais préféré lire "elle avait les pieds nus", l'usage sinon étant (me semble-t-il) de dire "elle était pieds nus".

L'ensemble reste néanmoins d'une grande qualité.

   Brisemarine   
19/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je suis sous le charme. Tout est ici calme et beauté.Pour moi, c'est sonnet de fort belle facture. Que de belles images, que des métaphores fort réussies! Je ne relèverai pas les petits défauts de ponctuation signalés dans les précédents commentaires; à mon sens, ils n'enlèvent rien à la beauté du texte.
Merci à l'auteur de nous avoir enchanté.
Brisemarine

   Anonyme   
19/11/2013
Je ne lis rien de ce qui précède :

Ce sonnet n'a pas grand chose de classique : rimes suivies des quatrains, nombreux enjambements, rejet franc, répétition de silence, pas de charnière liant les quatrains aux tercets : ici l'énoncé s’écoule d'un trait jusqu'à la chute (assez jolie, faut-il le dire)

Ce sonnet modernisé, bien qu'il redise un sujet ô combien littéraire et connu, souvent traité en vers comme en peinture préraphaélite, conserve néanmoins un charme réel.

   troupi   
19/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Au final un sonnet qui glisse comme une feuille au fil de l'eau, avec des métaphores bien choisies, des images empreintes de douceur.
Une lecture délicieuse.
"Ses yeux laissaient passer des songes inconnus
Que l’ombre murmurait doucement à la terre. " C'est beau ça ! et tant pis si la ponctuation est perfectible et pour deux fois "silence" le reste est si bien dit.

   jamesbebeart   
19/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau texte qui coule, comme le bonheur, parfois et dont le dernier vers, implacable, m'a fait penser au dormeur du val.

   Miguel   
19/11/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Mais quels beaux vers ! Quel enchantement ! Quelles trouvailles (le silence agitait les roseaux) ! Ce texte est une pure merveille, une oeuvre de grand poète. Et qu'importe que le sonnet soit irrégulier, ce n'est pas pour choquer Rimbaud.

   Anonyme   
20/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Rien de nouveau sous les cieux poétiques; un thème éternellement repris, classique, néanmoins réussi. Vous avez su rendre parfaitement l'image tragique de cette malheureuse Ophélie dérivant au fil de l'eau. Vous vous en sortez bien en évitant la redondance de choses maintes fois dites. Comme quoi les sujets les plus célèbres ne s'épuisent jamais.

   Anonyme   
20/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour TheDreamer. Que dire de plus sans ajouter aux louanges précédents ? Vous avez traité avec beaucoup de délicatesse un sujet qui n'est pas nouveau mais fait l'unanimité si j'en crois les commentaires. Classique ou néo, qu'importe le flacon, le résultat est là. Le vers 8 comporte, compte tenu du point d'exclamation, à mon avis, une syllabe de trop si l'on se réfère à l'écriture mais passe malgré tout très bien à la diction... et c'est le principal.
Bien aimé les gerzeaux et la chute avec ses chaussons de satin... Un très bon poème, bravo !
Edit... Après vérification, la réflexion concernant le vers 8 est nulle et non avenue...

   pieralun   
20/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Dreamer,

Un sonnet Rimbaldien sans aucun doute.
Un décor bucolique, un dormeur ( une dormeuse en l'occurrence ) du moins le croit-on, et un vers de chute qui met l'accent sur un détail de première importance.
Idem pour le style: enjambements, petites phrase courtes insérées. (Il fait un somme).
Très joli poème.

   Folibri   
21/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je crois que si je pointe du doigt le 6ème vers, l'auteur saura pourquoi. "allumée" est le seul terme gratuit pour donner la rime : c'est dommage !

L'on retrouve dans ce sonnet les thèmes chers à TheDreamer : la nature, le calme modéré — l'on retrouve cette audace dans la forme, mais cette fois-ci dans des vers à versification classique (tout semblait y tendre déjà — (éteint/satin ?)) — le silence, encore le silence.

Le treizième vers use du verbe être assez maladroitement (assez déployé dans les vers précédents) sans approfondir le propos.

(Pourquoi la date ?)

Il y a cette vision candide des choses qui nous berce le cœur :
"Des nids de nénuphars, de mousse et de fumée"
"Le silence agitait les roseaux"
"La brise s'était tue"
"l'étang aux oiseaux"
"Elle dormait — belle enfant."
"Les gerzeaux / Semblaient de longs cheveux"
"Elle était les pieds nus"
"l'ombre murmurait"
"deux fleurs. Des chaussons de satin"

Ce sonnet libertin est d'une délicatesse formidable, d'une douceur précieuse ; ce n'est pas un grand poème pour moi, mais assurément un petit délice à la lecture, une friandise qui ne fond qu'après quelques minutes sous la langue.

   socque   
22/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un très beau sonnet, j'aurais mauvaise grâce à ne pas le reconnaître ! Si j'ose dire, toutes les figures obligées sont là, d'où une réticence de ma part car, au vu du sujet, on reste tout de même dans de l'attendu...
... mais excellemment fait, doux et calme, et avec de belles trouvailles. Ainsi, ce "Elle était les pieds nus", tout simple et poignant, et les songes murmurés par l'ombre à la terre.
Quelques clichés aussi, à mon sens. En relisant, la robe blanche et verte des nénuphars, l'onde embrumée, la lune ronde et pâle, l'exclamation "Silence !", le gouffre sombre et bleu me gâchent un peu la fête (d'autant qu'il y a répétition du mot silence après le superbe hémistiche "Le silence apaisait les roseaux").

Je me faisais cette réflexion : les compositeurs contemporains n'écrivent plus, me semble-t-il, de symphonie qu'on pourrait croire de Beethoven, les musiciens prennent en compte l'histoire de leur art quand ils créent une nouvelle œuvre. Je me permets de regretter que votre sonnet (très beau, très bien fait) tourne résolument le dos à presque deux cents ans d'histoire de la littérature. C'est votre choix d'auteur, rien à dire, mais comme lectrice je trouve cela un peu dommage.

   Anonyme   
7/2/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un prix amplement mérité poète.
La plume est un pinceau dans ce poème, et le regard se plait à écouter.
Une relecture qui ne dément pas ma première impression.
Mes amitiés en plus de mes félicitations

   Anonyme   
9/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème de bonne facture, notamment dans sa versification : une bonne connaissance des effets de rupture. De très belles images ("Des nids de nénuphars ..."; "Les gerzeaux semblaient de longs cheveux..") côtoient malheureusement des images qui sentent leur poète, en recherche d'originalité plus que de vérité ("Le silence agitait les roseaux."; "...sur l'oreiller de verre."). En travaillant ces images, vous pourriez arriver à des résultats encore meilleurs.

   BeL13ver   
14/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il y a peu à redire de votre poème.
Belles images, effets de ruptures qui surprennent, une mélodie agréable.
Je rejoins certains sur l'usage de la ponctuation, mais vu la beauté de votre œuvre, ce n'est qu'un détail.


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