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Poésie néo-classique
TheDreamer : Dans la vapeur fumante...
 Publié le 29/07/18  -  9 commentaires  -  797 caractères  -  188 lectures    Autres textes du même auteur

« […] Ces gens des cafés qui sont-ils ?
J’ai dans les quarts d’heure subtils
Trouvé des choses
Que jamais ils ne comprendront.
Et, dédaigneux, j’orne mon front
Avec des roses. »

Au café (extrait) - Charles Cros - Recueil : Le collier de griffes, 1908


Dans la vapeur fumante...



Dans la vapeur fumante où monte une volute
D’eau, le percolateur sifflote. « Et… deux sirops
De menthe ! » Un client croit alléger son cœur gros
Dans l’alcool. « Une Suze ! » « Un blanc ! » « Un rouge ! » – Il lutte.

Sur le mur la pendule égrène la minute.
Dans sa course l’aiguille avance à petits trots.
« Une bière ! » « Un blanc sec ! » Comme en tous les bistrots
Ça se chicane et ça s’embrouille et ça discute !

Mais qui parmi les cris, le brouhaha méchant,
Un seul instant a vu la serveuse penchant
Sur lui son tendre et beau visage de madone ?

Raphaël ! Oh mon Dieu ! Maître d’un siècle éteint !
Tout l’or du soir qui tombe illumine son teint
– Belle comme en un vase une fleur s’abandonne.


 
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   Eclaircie   
14/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Néo-classique ? je ne sais pas dire si votre poème répond à ses critères mais pour moi, peu importe.

L'exergue est déjà un bonheur en soi, merci !
Ensuite votre poème ne contredit pas ce bonheur.
J'ai aimé, le "rejet" (? renvoi ?)) du mot "d'eau", qui prend toute sa puissance dans un café; Ah ! idée reçue quand tu nous tiens.
Pareil pour "menthe" un peu moins percutant puisque c'est le second rejet.
Puis le décor traditionnel reprend le devant de la scène, non, nous ne sommes pas dans un "bar à eau".
J'aurais mis une virgule après qui dans "Mais qui parmi les cris, le brouhaha méchant", peut-être pour mieux guider le lecteur.

Et puis "Raphaël", est-ce une allusion à une toile précise du Maître ?
Je ne pense pas trop car son domaine n'était pas vraiment la vie quotidienne des bistrots. mais il y a un lien, je le sens.
Le serveuse serait l'image d'une madone, laquelle ?

Au plaisir de découvrir vos explications.

Merci du partage.
Éclaircie

   papipoete   
21/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
néo-classique
dans un bistrot, montent les appels à boire, dans le nuage de fumée de tabac, dans la brume du percolateur ; et ça s'énerve, parle fort alors que sur un fameux personnage, Raphaël, la serveuse au visage de Madone imprime sur lui, un regard ...
NB comme dans un film muet, en noir et blanc, la musique joue et les dialogues s'impriment sur les lèvres, sur les visages !
L'ambiance propre à l'estaminet en quatrains, puis un tableau charmant et si gracieux dans les tercets !
Les élisions de " E " dans certains vers sont difficiles à prononcer, du fait de points ; en règle générale, j'évite les enjambements qui rendent un découpage du poème heurté ;
Mais le récit me plaît dans ce " néo-classique " !
papipoète

   Gemini   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Très technique, avec une belle double alternance masculin-vocalique / féminin-consonantique, un trimètre au vers 8, des rimes dépareillées adjectif/verbe/nom commun, et des enjambements avec rejet.
Il y a, je trouve, beaucoup d'élisions dans les quatrains, je ne sais pas si "à petits trots"peut se mettre au pluriel ainsi, et je trouve disgracieux les deux "comme en" '(v7,14), surtout le dernier qui gâche la diction, le temps de trouver les bonnes liaisons.
Mais c'est faire le difficile car le travail est à saluer.

PS : L'adresse du bar svp ?

   jfmoods   
29/7/2018
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement masculines.

Le poème présente une certaine vivacité (rejets et discours direct dans les quatrains, variété du rythme des vers et richesse de la ponctuation sur l'ensemble du texte).

Le bar est un lieu où l'on s'imagine échapper au poids du quotidien (modalisation : "Un client croit alléger son cœur gros / Dans l’alcool", constat : "Il lutte").

Des personnifications animent le décor ("le percolateur sifflote", "la pendule égrène la minute", "Dans sa course l’aiguille avance à petits trots"), mais l'ambiance sonore est surtout assurée par les commandes ("deux sirops / De menthe", "Une Suze", "Un blanc", "Un rouge", "Une bière", "Un blanc sec") et par les discussions (gradation anaphorique, régulière, à rythme ternaire : "Ça se chicane et ça s’embrouille et ça discute") propres à ce type d'établissement (comparaison : "Comme en tous les bistrots").

À l'entame du premier tercet, la conjonction de coordination ("Mais") marque le point de basculement du sonnet.

Dans l'indifférence générale des buveurs (question rhétorique des vers 9 à 12, gradation : "les cris, le brouhaha méchant") évolue une femme dont la beauté, sensible seulement au poète, transfigure l'endroit, faisant oublier tous les bruits.

L'enchantement visuel va alors se décliner (groupe nominal à visée laudative : "son tendre et beau visage de madone", assimilation implicite de la serveuse au tableau d'un grand peintre : "Raphaël ! Oh mon Dieu ! Maître d’un siècle éteint !", hyperbole : "Tout l’or du soir qui tombe illumine son teint", comparaison : "Belle comme en un vase une fleur s’abandonne").

Merci pour ce partage !

   INGOA   
29/7/2018
Bonjour,
Dans ce texte s'immiscent plusieurs accointances avec l'école vénitienne du 15ème siècle : La Madone et Raphaël ; la première avec son visage virginal pouvant recouvrir toute forme sentimentale, et le second avec sa peinture pouvant découvrir toute expression sur un visage. J'imagine assez bien les variations possibles entre sobriété et ivresse.
Si j'ai vu juste, je trouve cette poésie de bonne facture à part le dernier vers peu esthétique à mon goût (belle comme en un vase une fleur s'abandonne).

   PIZZICATO   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
L'atmosphère d'un bistrot est bien rendue ; avec tous ceux qui viennent épancher leur état d'âme.
" Ça se chicane et ça s’embrouille et ça discute ! " Cela fait partie aussi de l'ambiance du lieu.

Je reste perplexe quant à l'interprétation des tercets.
Est-ce le tableau d'une des Madones de Raphaël, ou bien la serveuse au "visage de madone" et que personne ne remarque ?

   Hananke   
30/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

C'est dans son ensemble un bon texte et l'abiance troquet
est bien rendue.
Mais, je n'aime pas du tout les courts rejets du premier quatrain :
il me font penser à des alexandrins qui seraient trop long.
Ni les trois "ça " du second quatrain.
J'ai un doute également sur le brouhaha méchant.
Et le dernier vers qui clot mal un superbe tercet.

Dommage, si l'ambiance générale du sonnet s'en tire avec les honneurs, ses petits bricolages finissent par en ternir la lecture.

Je pense qu'une revisite ne serait pas superflue.

   Queribus   
30/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je salue tout d'abord l'écriture vivante et imagée de poème avec des mots et des expressions pittoresques, ce qui fit qu'on ne s'ennuie pas en vous lisant. De plus, les deux tercets s'opposent bien à l'ambiance des deux quatrains.

Sur la forme, on ne sait pas très bien si on est dans du classique ou du néo-classique (consonnes d'appui entre autre) ou du contemporain mais peu importe, votre texte se lit volontiers et laisse une une impression agréable.

Bien à vous.

   archibald   
3/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La strophe de C. Cros en exergue a attiré mon attention ; j’ai une grande sympathie pour cet auteur, finalement pas tant connu que ça.
Les deux quatrains, avec les rejets, la ponctuation excessive, le trimètre du huitième vers m’ont fait penser à Tristan Corbière, un autre de mes amis (je note au passage que Cros et Corbière figurent dans le même volume de la Pléiade). Cela rend bien l’agitation désordonnée qui règne dans ce café. Les tercets sont en rupture, comme il sied à un sonnet : la jolie serveuse est évoquée par un style beaucoup plus classique (référence à la Renaissance), voire précieux (les deux derniers vers). J’aime ainsi le vers conclusif, on dirait du premier Mallarmé, avant qu’il ne sombre dans l’ésotérisme.
C’est d’un style assez composite, mais j’apprécie que ce sonnet, forme tellement traitée sur Oniris, se détache du lot par une facture plus originale. Je te décerne la plume dont l’ordinateur du CE a oublié de te décorer.


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