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Poésie néo-classique
TheDreamer : Désert temple sacré [Sélection GL]
 Publié le 05/09/20  -  16 commentaires  -  513 caractères  -  334 lectures    Autres textes du même auteur

« C’était comme s’il n’y avait pas de noms, ici, comme s’il n’y avait pas de paroles. Le désert lavait tout dans son vent, effaçait tout… » - J.M.G Le Clézio, 1980


Désert temple sacré [Sélection GL]



Désert temple sacré que le silence habite.
Monastère où le vent passe ; vieux cénobite
Invisible marchant dans l’air. Où sont ses pas
Sur la dune qui roule où l’on ne les voit pas ?
Désert cloître sans bruit. Désert palais de sable.
Désert où fuit là-bas l’azur indépassable.
Souffles : tourbillons bruns de derviches dansants.
Paroles de la terre aux douloureux accents.
Vaste église aux vitraux de ciel. Désert immense.
Sans fin la dune suit une dune. Silence.


 
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   socque   
18/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Cela me paraît une bonne idée de décrire le désert par une suite de phrases nominales, marquant ainsi la minéralité, l'immobilité des lieux jusque dans les tourbillons qui s'y déploient. (Six verbes en conjugaison active sur dix vers, dont cinq dans des propositions relatives.) Je me rends compte en relisant que je préfère la fin, à partir de
Désert où fuit là-bas l’azur indépassable
, peut-être à cause de l'abondance précédente de ces subordonnées, justement, qui introduisent une dose de réflexion, de recul sur la perception, alors que la deuxième moitié du poème me paraît se situer davantage dans l'immédiateté, la restitution de l'impression visuelle. J'aime beaucoup le dernier vers, ce tiret final exprime selon moi avec élégance l'éternité et la sécheresse du désert. Le silence continuera après l'observateur, il n'a pas besoin de lui.

Mon évaluation reflète l'impression émotive que me laissent ces vers, qui n'est pas très intense... J'ignore pourquoi, désolée. Peut-être ai-je une réticence toute personnelle vis-à-vis de tous ces mots à connotation religieuse employés pour décrire la nature : temple, sacré, monastère, cénobite, cloître, derviches, église, vitraux.

   Mokhtar   
26/8/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le silence absolu, propice au recueillement, est bien la quête des hommes qui se mettent en marge de la société pour vivre leur recherche spirituelle. Le silence, mais aussi le dénuement, qui libère l’horizon du futile. Mais aussi les rites monastiques qui se suivent comme les dunes suivent les dunes.

Beau rapprochement entre la nudité silencieuse du désert sans fin et celle qu’entre quatre murs s’efforcent de reconstituer ceux qui cherchent en eux.

Ce poème d’atmosphère, construit en touches impressionnistes, réveille les beaux textes sur ce thème de Le Clézio, cité, mais comment ne pas penser à Théodore Monod, St-Ex, ou Charles de Foucauld.

C’est la poésie que j’aime : celle qui transporte (dans tous les sens du terme), qui pousse à songer, celle qui libère l’horizon, celle qui agrandit l’univers du lecteur.

Bravo et merci.

Mokhtar, en EL

   Corto   
26/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème se référant au chef d'oeuvre de JMG. Le Clézio participe bien à l'ambiance du roman.

L'envoûtement ressenti devant ce monde qu'on imagine sans limites est bien imagé. Mais le désert est bien plus que cela comme dit ici: "Désert cloître sans bruit. Désert palais de sable" etc.

L'ambiance étonnée et inquiétante est bien rendue jusqu'à ce "Silence" final.

Personnellement en lisant "Désert" j'ai aussi été marqué par un épisode de furie marqué par une phrase extraordinaire:
"Est-ce que le temps existe, quand quelques minutes suffisent pour tuer mille hommes, mille chevaux?"

Merci à l'auteur pour cette évocation sensible et juste.

   Donaldo75   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour TheDreamer,

J'ai apprécié ce poème que je trouve à la fois tonal par le choix des mots et aussi de la ponctuation. Cette tonalité va bien avec l'idée que je me fais du désert moi qui habite en ville et pas à Las Vegas. Le désert constitue pour beaucoup dont moi une forme de symbole au-delà de sa géographie, sa géologie, sa botanique et son climat. Ce poème va dans ce sens, celui de la symbolique, et permet de la partager avec le lecteur sans lui asséner une longue analyse scientifique sur le sujet. Certes, d'aucuns pourraient le trouver hermétique mais pas moi. Alors, pourquoi bouderais-je mon plaisir de lecture ?

Bravo !

Donald

   Provencao   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai beaucoup aimé ce passage:

" Souffles : tourbillons bruns de derviches dansants.
Paroles de la terre aux douloureux accents.
Vaste église aux vitraux de ciel. Désert immense.
Sans fin la dune suit une dune. Silence."

Paroles de la terre, lieu de rencontre, belle grandeur effacée du silence...perspicace, ineffable, curieux, le silence est à portée d'oreille.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   eskisse   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour The Dreamer,

J'ai vraiment beaucoup aimé... moi qui suis fan des dunes.

Le thème du recueillement est au centre de ce désert- "temple sacré" . Les métaphores évoquant la dimension religieuse " cénobite", "cloître", " derviche" , "église" me paraissent particulièrement appropriées pour dire ce silence du désert.

Les phrases nominales créent un rythme apaisant.

Bravo

   Hananke   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

Bonne idée que de mettre le désert en vers mais les répétitions
successives me gênent quelque peu: dune, désert, silence
comme cette comparaison des tourbillons de sable avec des derviches
tournants, d'ailleurs, dansants c'est pour la rime.
Mais bon, quelques belles choses comme
temple sacré que le silence habite,
Vaste église aux vitraux de ciel.

Un texte non dénué d'intérêt mais que perso, je retravaillerais
pour éliminer toutes ses répétition.

   pieralun   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Superbe !!
Très musical, très rythmé.
Une musique forte, plutôt du Beethoven que du Mozart.
Le désert décrit par des images, des métaphores, des impressions, des sensations.
Vase église aux vitraux de ciel ! Mais bien d’autres vers seraient à citer, tous peut-être.
Bravo Monsieur

   Robot   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est fou ce que les déserts peuvent inspirer les poètes.
Ici il est vu sous un angle assez original. Avec des images que j'ai trouvé intéressantes, notamment cette idée de comparer le lieu à des sites religieux.

Cependant j'aurais arrêté le poème aprés "vaste église aux vitraux de ciel". Ce qui suit me paraît plus banal et me sort du contexte d'édifice cultuel que j'avais apprécié jusque là. Peut être en intégrant le silence dans le vers : - Vaste église "silencieuse" aux vitraux de ciel -
Mais c'est un détail qui n'a pas affecté mon plaisir de lecture.

   Bellini   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je me demande si le texte est dans la bonne catégorie, même en néo-classique. C’est le choix d’Oniris d’avoir choisi un vase profond pour cette catégorie. Pour moi il ne suffit pas d’aligner des dodécasyllabes rimés pour y accoler l’épithète "classiques". Les nombreuses césures décalées pourraient à la rigueur être conformes à une tolérance même très élastique de l’esprit classique. Après tout, Rimbaud est passé par là, qui a tout envoyé valdinguer. Mais même lui n’a jamais osé aligner sept vers de suite terminés par un point. Car là se situe le point de non-retour de votre poème, la rupture consommée avec la versification classique, stricte ou néo. Ce n’est pas un point de détail quand il s’agit de clarifier les traditions aux yeux des lecteurs curieux.

Mais plus que le classement de votre poème dans une quelconque catégorie, c’est le choix même de cette ponctuation qui fait l’objet de ma principale critique.
Vous parlez ici très bien de désert, de dunes, de sable, de souffles, de derviches, c’est-à-dire de mouvements incessants. Vous aviez donc une occasion inespérée de laisser ces mouvements s’infiltrer entre des virgules plutôt que de les stopper par des points. Vous aviez une occasion rare de faire coïncider le signifié (le désert) avec le signifiant (la représentation graphique, c’est-à-dire en l’occurrence, la ponctuation). Je considère comme une faute d’inspiration d’avoir failli dans ce symbolisme à portée de main.

Pour le reste j’aime cette idée d’opposer et de réconcilier à la fois un lieu fermé (le temple) et un lieu ouvert (le désert) dans une même fonction de recueillement. Mais encore une fois, dommage qu’à partir du cinquième vers le rythme du désert se transforme en inventaire à la Prévert.
Bellini

   papipoete   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour TheDreamer
Le désert... y'a que du sable ! pas de quoi en faire un plat !
Ben si ! Et l'auteur tout en silences, fait vivre ces dunes et vals, telles allées d'un cloître où déambuleraient de vieux moines, habités par leur foi dans l'immensité du désert.
NB il faut fermer les yeux pour voir tout ce que notre poète voit ; tendre l'oreille pour entendre l'écho du vent, qui telle une toupie, anime des " tourbillons bruns de derviches dansants "
" y'a que du sable, rien que du sable, certes mais si chaque grain est un mot, y'a de quoi versifier ! "
Cela me rappelle une colle d'un prof sadique " raconter la vie d'une goutte d'eau " en 4 pages ! Finalement, je pense notre " templier du désert " eut été inspiré !
en alexandrins classiques de surcroît, nous lisons une ode sublime au désert...où il n'y a rien...
L'avant dernier vers est mon préféré, mais tous les autres rutilent !

   Luz   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour TheDreamer,

Ayant vécu quelques mois dans le désert (enfin dans une ville située au milieu du Sahara), je retrouve dans ces vers son ambiance lunaire, hors du monde, monastique. J'ai beaucoup aimé l'ensemble et chaque vers, chaque impression du désert. Seul le 4ème vers choque un peu mon oreille : " où l’on ne les ...", mais je ne suis pas un habitué du classique.
Merci.

Luz

   Miguel   
6/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ces phrases nominales ont quelque chose de figé qui évoque parfaitement la minéralisé des lieux. Ce manque d'action s'associe aussi d'heureuse manière à ce règne du silence. Et pourtant, il y a ces pas invisibles, cette vie que l'on ne voit pas et qui fait signe discrètement à travers le monastère. On est dans l'absolue intériorité, capable seule de percevoir l'âme du désert. C'est très beau.

   Ioledane   
11/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai d'abord été un peu décontenancée par le premier vers et le titre, de par l'absence de virgules qui m'a donné une impression de vivacité ne cadrant guère avec le sujet. J'aurais personnellement préféré "Désert, temple sacré que le silence habite" qui selon moi rendrait mieux hommage au thème phare de ce poème, ce Désert si majestueux et si ... habité. De même pour "Désert, cloître sans bruit". Mais je suppose qu'il s'agit d'un choix délibéré de l'auteur, jouant sur le "Désert" nom ou adjectif ? ... A la relecture, je me dis que c'est une bonne idée - mais je reste avec cette impression de vitesse au début qui me paraît malvenue.
Tout le reste de la ponctuation me paraît parfait, avec ces nombreux points qui accentuent le côté solennel.
J'aime beaucoup le "vieux cénobite / Invisible marchant dans l'air", avec ce rejet insolite.
"Sur la dune qui roule où l'on ne les voit pas" : intéressant jeu sur les sonorités.
Les images sont superbes, notamment les "tourbillons bruns de derviches dansants", les "Paroles de la terre aux douloureux accents", la "Vaste église aux vitraux de ciel" ...
"Sans fin la dune suit une dune" : c'est beau, c'est lent, c'est majestueux. Et ce silence, si présent, du début à la fin, magnifique entre les deux points finaux.
Merci pour ce très beau poème.

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12/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Joli tableau.
Belle description du désert dont j'aime la comparaison avec un temple sacré où le silence est religion.
J'imagine aussi des cités antiques perdues sous les sables et cela me renvoie quelque part au Smara de Michel Vieuchange...
Bref, ce court texte invite totalement au voyage.

   archibald   
16/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'arrive tard sur ce texte qui a suscité une belle adhésion des lecteurs. Dans ce cas, on n'a plus grand chose de nouveau à dire ; l'auteur a été justement complimenté et son poème bien analysé.
Cela m'a quand même évoqué deux choses : quant à la forme, le poème d'Hugo « fenêtres ouvertes ». Quant au fond, une spiritualité qui n'est pas seulement occidentale (cloître, église, vitraux...) mais surtout orientale. Il y a quelque chose du haïku, du koan zen, du Tao... quelque chose de profondément contemplatif ; dans ce poème comme en toute chose, c'est toujours le silence qui a le dernier mot.


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