Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
TheDreamer : Le clown
 Publié le 11/04/18  -  14 commentaires  -  808 caractères  -  234 lectures    Autres textes du même auteur

« Ils flottent ! » reprit le clown. « En bas, nous flottons tous. Viens flotter avec nous… » (Ça, Stephen King)


Le clown



Qu’il est laid. Qu’il est triste. On dirait un pantin.
« Hop ! » Un saut, la culbute et la foule s’esclaffe.
Une ruade. « Pan ! » Il prend juste une baffe.
Applaudissez le clown ! Oh, le vil cabotin !

Tout rit de la coulisse et jusqu’au strapontin
Se gausse. – « Qu’il est drôle ! » Il tombe. Un cri : « Fais gaffe ! »
Il se relève et chute et grimace et piaffe
Tant que la foule n’est plus qu’un rire enfantin.

Il ressemble à l’enfant fragile qu’on bouscule.
Souffreteux. Mais riez ! Le clown est ridicule.
Une grimace. Bing ! Tsoin ! Tsoin ! Badaboum ! Tzing !

À chaque rire il prend des coups. Quel paradoxe !
Il retombe. Pour lui la piste n’est qu’un ring
Et puis il se redresse en titubant. Il boxe.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   kreivi   
23/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De nos jours les clowns ont disparu. Ils ne sont plus les mêmes.
Sauf dans notre mémoire
J'adore ce clown-là, laid, triste et pantin.
Il nous fait rire, il nous fait esclaffer de rire. Il est nous.
Si pitoyablement humain. Si pitoyablement nous.
D'avoir raconté cette histoire à l'intérieur d'un sonnet Bravo. Une réussite.

   Annick   
30/3/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le rythme ronronnant en arrière plan du sonnet est bien présent. C'était sans compter sur les vers composés de deux ou trois phrases courtes, les onomatopées, les verbes nombreux exprimant un mouvement brusque pour donner au personnage toute la truculence qui lui revient :

"« Hop ! » Un saut, la culbute et la foule s’esclaffe.
Une ruade. « Pan ! ». Il prend juste une baffe..."
Ou encore :
"Se gausse. – « Qu’il est drôle ! » Il tombe. Un cri : « Fais gaffe ! »
Il se relève et chute et grimace et piaffe..."

J'apprécie également la présence de la foule, vivante, active, sans quoi le clown ne serait rien. Ainsi que les verbes à l'impératif : "Applaudissez le clown"..."Mais riez" où le narrateur semble remplacer Monsieur Loyal.
Tout concourt à donner à ce personnage tout l'élan, tout le dynamisme indispensable à une représentation réussie.

Un beau portrait où l'on voit le clown en action, si réaliste qu'on a l'impression en lisant votre poème d'assister au spectacle.
Il y a à voir, à entendre. Et à rire.

Merci.

   Lulu   
11/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour TheDreamer,

J'ai bien aimé lire ce sonnet en dépit du fait qu'il rende compte d'un clown. En effet, je ne les aime guère dans la vraie vie... Mais ici, je trouve que le poème le met si bien à l'honneur. C'est à la fois drôle et souple, comme le personnage qu'on peut facilement se représenter avec la ponctuation très expressive.

Ce que je n'ai pas trop aimé, c'est cette figure avec les "et" au septième vers, mais cela n'engage que ma sensibilité... J'ai, en effet, été un peu ralentie dans ma lecture à ce niveau là.

Mais dans l'ensemble, j'ai bien apprécié le regard porté sur le personnage, et notamment dans le dernier tercet où vous évoquez le "paradoxe" du rire et des coups.

Bonne continuation.

   Hananke   
11/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

La mise en scène de ce clown est de qualité et nous remémore
les bien lointaines retransmissions de la Piste aux Etoiles.

Dommage pour piaffe qui s'applique comme viande, diable et d'autres
que j'oublie en synérèse.
Je n'aime pas trop la césure du vers 8, elle tombe mal entre n'est plus
pas plus que les onomatopées du vers 11 dont on sent que ce tzing
n'est là que pour rimer avec ring.

Mais bon, malgré ses quelques détails, l'ensemble se lit avec plaisir
en nous replongeant, le temps d'une lecture, dans notre enfance.

   hersen   
11/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un excellent point de vue sur le clown. Aucun mot positif pour le décrire, lui qui nous fait rire (de nous-mêmes, par contre-coup ? Laid, souffreteux, ridicule,et j'en passe plein; Il se prend les coups que nous n'aimerions pas avoir, il prend nos coups, et on en rigole. Il va au combat. Du rire ?peut-être pas seulement !

Merci Thedreamer !

   Brume   
11/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour TheDreamer

Je suis étonnée que personne n'est relevé l'exergue assez flippante en totale opposition avec l'humour bon enfant du poème.
Faut-il y trouver un rapport ou non?

Je ne me souviens pas être allée voir un spectacle de clown dans mon enfance. Je sais juste que leurs pitreries ne me font pas rire.

Deux atmosphères se confondent :

l'humour grinçant :
"Hop!" Un saut, la culbute et la foule s'esclaffe"

Et la violence :
"Il ressemble à l'enfant fragile qu'on bouscule "

Peut-être ne suis-je pas d'humeur à sourire, mais je trouve le fond assez triste.

Votre poème est très animé, très bruyant, j'aime beaucoup les onomatopées qui mettent de la vie. On est dans de l'extravagance et le burlesque. Un sacré spectacle. Pour réussir cela il ne faut pas hésiter d'épicer les vers d'un grain de folie. Bravo.

   papipoete   
11/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour TheDreamer
Au milieu de la piste du cirque, le clown en fait " des tonnes " pour amuser petits et grands enfants et son compère lui donne claque sur claque pour le plus grand bonheur du public !
NB je devrais comme tous ces gens dans les gradins, rire et me taper sur les cuisses, et puis non je me met dans la peau de l'amuseur, qui doit parfois avoir envie de rendre ces baffes, lui le marrant qui ce jour est peut-être triste à mourir !
Le second tercet dévoile cette image, où le clown n'amuse pas ; il boxe ...
Je ne sais si la forme " contemporaine " est l'originale, aussi ne vais-je pas vérifier la construction de votre sonnet !

   Francois   
11/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Voici une belle description d'un personnage de cirque, qui m'a bien fait rire quand j'étais enfant...
J'aime beaucoup les quatrains, surtout le second.
Je suis moins convaincu par les tercets, et le vers 11, avec toutes ces onomatopées...
Le dernier vers me déçoit un peu, il y avait sans doute moyen de faire une autre chute (au sens propre ou figuré).
Les rimes sont originales, bravo.

   PIZZICATO   
11/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Comme un flash back sur le clown d'antan dont les pitreries, à présent, ne feraient plus rire personne. Aujourd'hui, les enfants connaissent tout autre chose...

Drôle de métier que de cotoyer le ridicule à outrance.

Une description bien dans l'esprit de la situation.

   Palrider   
11/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
C’est très bien peint, le clown, ce perdant de la société du spectacle, appartenant également à l’immense bataillon des perdants du mondialisme, est pathétique par essence, ça m’a toujours attristé un clown...surtout quand j’étais petit...bravo

   Anonyme   
11/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je n'ai jamais aimé "les clowns", ils m'effraient par l'exagération dont ils font preuve (costumes, et surtout maquillages) et leurs pantomimes ne m'ont jamais fait rire, je les trouve très ridicules.

Mais, revenons à votre poème, "Le clown".
Ce texte est pertinent même après plusieurs lectures, je vais dans l'escalade du ressenti.
Les images sont puissantes dans la retranscription de l'action qui se prolonge à l'infini.

Le fond, la forme, remarquablement dans l'intensité, ouvrent le questionnement, donnant à ce "clown" bien des possibilités de le voir ailleurs que sur sa piste ...

Un poème à lire et à relire avec beaucoup d'attention.
Bravo pour l'originalité et la qualité de votre écrit.

   LenineBosquet   
12/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
J'aime ici les onomatopées, les "", les !, les " et" qui donnent de la vigueur et du rythme à ce texte. Le fond, bon, le clown triste et absurde, c'est du déjà lu et entendu pour ma part mais je trouve le traitement bien enlevé. Pour le coup impossible de ne pas penser à un texte récemment publié ici de Donaldo sur le même thème, en sonnet aussi, avec un clown un peu pataud et ridicule. Ma femme est clown et absolument pas pathétique mais ça n'a rien a voir. Je le dis quand même.

   Robot   
12/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Le thème du clown qui fait son métier du rire en étant un personnage triste dans la vie n'est pas nouveau. Je n'y crois pas vraiment.
Ce qui est dit du clown serait valable tout autant pour les victimes de guignol dont le spectateur s'amuse où les personnages de dessins animés, tels ceux de Tex Avery, qui subissent tout au long des épisodes. Et là aussi pourquoi le marionnettiste ou l'animateur seraient-ils forcément des mélancoliques obligés dans la vie réelle ?

Cependant, si on veut bien accepter cet a-priori de l'amuseur blasé je dirais que ce qui m'a plu dans cette lecture, c'est le dynamisme que la mise en vers apporte au récit. Pas le temps pour le lecteur d'échapper à cette dégringolade de coups et de bosses, et de ce point de vue c'est tout a fait réussi.

On peut aussi s'amuser à le dire et à le mimer. C'est un poème qui se prête à une mise en geste.

Un texte sur lequel je ne me suis pas ennuyé un seul instant.

   jfmoods   
13/4/2018
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées, suivies et croisées, suffisantes et riches, majoritairement masculines.

Les deux premières phrases du poème étonnent par l'absence de point d'exclamation (surtout dans une mise en perspective avec l'exclamative du vers 6).

La vivacité du récit est assurée par l'alternance des phrases (verbales et nominales, déclaratives, exclamatives et impératives, simples ou procédant par coordination et/ou subordination) ainsi que par la grande variété des rythmes.

Des onomatopées (vers 2, 3 et 11), un rejet (vers 5-6) et les trois conjonctions du vers 7 mettent en exergue cet univers en tension.

Punching-ball vivant, le clown est le catalyseur de la soumission à une violence invisible : celle que le temps et les événements exercent implacablement sur nous (champ lexical : "culbute", "Il prend juste une baffe", "Il tombe", " chute", "il prend des coups", "Il retombe", "la piste n’est qu’un ring", "il se redresse en titubant", "Il boxe", comparaison : "Il ressemble à l’enfant fragile qu’on bouscule").

Si le rire est bien, comme l'affirme Bergson, "du mécanique plaqué sur du vivant", alors le clown en représente l'essence la plus pure. Miroir de la condition humaine (adjectifs qualificatifs : "laid", "triste", "Souffreteux", groupes nominaux : "un pantin", "vil cabotin", caricature de nos comportements : "grimace", "piaffe", "Une grimace", mise en situation absurde : "À chaque rire il prend des coups", allitérations rugueuses : k, b, p, assonance en i marquant la crispation), il en exorcise le tragique (brève empathie : "Fais gaffe !", champ lexical de l'hilarité : "s’esclaffe", "Se gausse", "drôle", "riez", impératif : "Applaudissez le clown !", hyperbole : "Tout rit de la coulisse et jusqu’au strapontin / Se gausse", locution restrictive : "la foule n’est plus qu’un rire enfantin").

Merci pour ce partage !


Oniris Copyright © 2007-2018