Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie classique
TheDreamer : Ne venez pas chercher
 Publié le 08/02/19  -  14 commentaires  -  852 caractères  -  279 lectures    Autres textes du même auteur

« J’ai rêvé d’un livre qu’on ouvrirait comme on pousse la porte d’un jardin abandonné. » - L’homme-joie - Christian Bobin


Ne venez pas chercher



Ne venez pas chercher Le Nôtre en ce jardin.
Pas de fleurs au cordeau. Pas d’or. Pas de gradin.
Non, pas de renommée en ce lieu ! Nulle école
Française ; ni la gloire au temps du pont d’Arcole !
Non, rien de tout cela, mais la simplicité :
L’hiver et le printemps, l’automne et puis, l’été.
Un gros arbre attentif ainsi que l’est un maître.
Pas d’équerre. Aucun plan. Non, pas de géomètre !
Nul parterre où s’approche en flânant un bosquet ;
Mais de l’ombre par grappe autant que par bouquet.
Là-bas des fleurs montant, si calmes Sidonie,
Dans un semblable élan parmi la zizanie
Des herbes. Nulle pompe où se flattent les arts,
Mais un petit muret où filent les lézards,
Où s’enfonce la mousse, où roule la couleuvre.
Artiste la nature est ici seule à l’œuvre !


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Gemini   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Excellent. J'ai le sentiment d'avoir déjà lu ce texte, mais ma mémoire me joue motus et bouche cousue.
J'ai surtout aimé le souci de casser le rythme (monotone) de l'alexandrin, ainsi que cette construction en négation avec ses "non" et ses "pas" qui décrit jusqu'à l'avant-dernier vers ce que n'est pas le lieu, pour mieux faire briller la chute (bien écrite, et non dévoilée par le titre, bravo).
J'ai remarqué que par cet emploi de non et pas, 6 vers séparaient le premier verbe du second (et encore, par obligation de métrique, sinon ce serait 8). C'est à peine perceptible en lecture, ce qui témoigne de la maîtrise technique de l'auteur. Cette absence de verbes témoigne, selon moi, de la rigidité d'un jardin artificiel, alors que grouillent les verbes dans les 4 derniers vers pour décrire la vie dans le jardin naturel.
Il y a, parmi ces verbes de bons choix, notamment ce "roule" pour la couleuvre, et j'ai découvert avec plaisir la rose Sidonie.
Le choix d’une monostrophe me semble bon, puisque tout est lié dans l’idée directrice du « non lieu » (si je peux me permettre).
La seule remarque qui me vient, concerne le singulier de « grappe » v 10. S’il est obligatoire pour la prosodie, il me semble mal venu. Il me semble aussi qu’il manque une virgule après « Là bas » au vers suivant.
Mais j’espère que vous aurez compris que c’est pour chipoter.

   Corto   
23/1/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Un texte un peu frustrant.
Les 5 premiers vers nous mettent en condition pour montrer un jardin non conformiste, non guindé.
"Un gros arbre attentif" fait espérer quelque chose d'un peu construit et original. Mais ensuite plus rien si ce n'est l'abandon, ce qui est peu. Il est vrai que l'exergue sonnait comme un avertissement, mais le rien est décevant.
"la nature est ici seule à l’œuvre" nous montre qu'il ne s'agit guère d'un jardin mais plutôt d'une friche.
Ce texte ressemble aussi à une friche.
A vous relire.

   PIZZICATO   
8/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
" Ne venez pas chercher Le Nôtre en ce jardin.
Pas de fleurs au cordeau. Pas d’or. Pas de gradin.
Non, pas de renommée en ce lieu ! Nulle école
Française ".

" Artiste la nature est ici seule à l’œuvre ! " Oui, loin des jardins sophistiqués aux sujets taillés souvent de façon ridicule, ces endroits méritent que l'on s'y intéresse aussi.

Un écrit sympathique.

   papipoete   
8/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonsoir TheDreamer
Un texte de vous ne peut que nous faire rêver ; c'est un jardin extraordinaire où rien ne pousse de la main de l'homme ; la nature toute nue en somme hormis ce petit muret que l'on croirait érigé par ses habitants, lézards et couleuvres farouches . Venez, asseyez-vous là tout près de moi et voyez qu'il n'y a rien à chercher...que la paix sous l'ombre du gros arbre attentif !
NB il n'y a pas de roses mais sûrement des églantines ; il n'y a pas souvenance du passage d'illustres flâneurs, mais vous ma Mie qui m'accompagnez êtes la Reine de ce jardin .
Le Nôtre ne façonna pas ce jardin, mais l'auteur est maître es' alexandrins pour ce vrai classique !
Une paille pour moi au 4e vers, où je regrette l'enjambement " école/française " ; mais vraiment un fétu !

   Cristale   
8/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un agréable paradis de verdure où la nature seule décide de ses matières, de ses couleurs, de ses habitants qui trouvent refuge dans les décors de pierres, de terre, de mousse, d'écorce et que sais-je encore mais qu'elle seule toujours sait façonner de sa magie.

Quelques écho sonores internes : "chercher" vers 1 "renommée" vers 3
"printemps" vers 6 "plan" vers 8 "montant " vers 11.

Jardin/ gradin, bouquet/bosquet, des rimes un peu trop faciles, mais d'autres rehaussent la tonalité acoustique et picturale : école/pont d'Arcole, arts/lézards, couleur/à l'oeuvre.

Un joli poème.

   senglar   
8/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour TheDreamer,


Dans un jardin français on peut se perdre car c'est un labyrinthe. Point d'équerre ici, ni de plan, ni de géomètre mais on fait mieux que se perdre, on se confond. Dans votre jardin TheDreamer on ne regarde pas, on est Nature. On EST où sont bannis les cardinaux.

Je hume...

Avec Sidonie j'eusse attendu un crotale :
"Où s'enfonce la mousse, où siffle le crotale,
Artiste la nature est ici musicale !"

lol

Merci pour ce moment magique :)


Senglar

   Hubert   
9/2/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Beaucoup trop de "pas", dans cette visite d'un jardin à l'abandon.

Dire l'absence d'un jardinier aurait suffit. Le Nôtre et un géomètre ...

"De l'ombre par endroit protégeant un bouquet"
"..... un petit muret D'où sortent des lézards"
Quelques rimes faciles. Emphase inutile en début de texte.
Trop de contrastes, dans les comparaisons.

Je suis persuadé, qu'avec quelques "aménagements", ce poème serait très plaisant.

   Hananke   
9/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

Petit poème sympathique que ce joli jardin sans règles.

Quelques jolis vers :

...ni la gloire au temps du pont d'Arcole !
Mais de l'ombre par grappe autant que par bouquet.
Entre autres.
Mais j'aime moins les quatre où des derniers vers
et surtout le vers ultime que je trouve mal agencé :

La Nature en artiste est ici seule à l'oeuvre !

Mais bon, l'ensemble reste agréable à lire.

   domi   
9/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique écriture, je l'ai trouvée parfaite, avec ses quelques enjambements, et cette subtilité dans les négations, toujours parfaitement dosées et renouvelées, au bon moment, entre les "pas", les "ni", les "non", les "aucun", les "nulle", pour finir par "seule"..merci pour le lecteur !
Ne cherchez rien, trouvez !...la nature et les saisons vous combleront.
Quel programme enchanteur.

   lucilius   
9/2/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Pour décrire un jardin en friche que dame Nature habille à sa guise, je trouve le texte un peu trop taillé au cordeau, avec des énumérations fréquentes en guise de descriptions. C'est comme une peinture abstraite dans laquelle on mélangerait du pointillisme avec du tachisme.
Dommage, car la matière de base est riche.

   pieralun   
9/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’aime beaucoup ce poème...
Les alexandrins ponctués à l’interieur, les nombreux enjambements lui confèrent une fraîcheur qui est parfaitement en accord avec un jardin non stucturé.
J’aime la simplicité du 6eme vers.
« Nulle pompe où se flattent les arts,
Mais un petit muret où filent les lézards. Très,très poétique !
Non vraiment, beaucoup de poésie.

   Anonyme   
10/2/2019
Bonjour TheDreamer,

Vous semblez vouloir perpétuer avec fidélité, pour ne pas dire fétichisme, la versification rimbaldienne. Comme votre illustre aîné, le charcutage des alexandrins et la surabondance des enjambements (rejets ou contre-rejets) est votre marque de fabrique, votre ADN. La différence est que Rimbaud, malgré l’apparente révolte de sa prosodie, n’a fait que se plier aux salons littéraires de son temps, lesquels ne voyaient encore pas plus loin qu’une poésie calibrée, même quand elle était hétérométrique, mais surtout obligatoirement rimée. Je suis persuadé que si Rimbaud était aujourd’hui parmi nous, il disposerait beaucoup de ses vers à la façon de la poésie libre, car sa poésie l’est essentiellement. Et je pense qu’il transformerait les vôtres :

« Ne venez pas chercher Le Nôtre en ce jardin.
Pas de fleurs au cordeau. Pas d’or. Pas de gradin.
Non, pas de renommée en ce lieu ! Nulle école
Française ; ni la gloire au temps du pont d’Arcole ! »


en les disposant ainsi :

« Ne venez pas chercher Le Nôtre en ce jardin.
Pas de fleurs au cordeau.
Pas d’or.
Pas de gradin.
Non, pas de renommée en ce lieu !
Nulle école Française ;
Ni la gloire au temps du pont d’Arcole ! »


en épluchant probablement la ponctuation.

Rimbaud a tellement souffert de devoir se soumettre pour exister, qu’il s’est senti contraint, pour se libérer, de composer des poèmes en prose, lesquels n’avaient plus l’obligation ni de la rime ni de la forme fixe.
Je ne dirai donc pas à quel point je préfère la forme moderne pointée plus haut.

Sans même parler de la rigueur exigée par certains exégètes des siècles passés (Boileau, Malherbe et consorts), l’alexandrin est un vers dont le rythme ne peut pas être impunément modifié, sans tomber dans une déstructuration, qui aujourd’hui aurait la liberté de s’exprimer autrement et mieux dans l’espace, comme suggéré plus haut. On pourrait débattre de ce sujet pendant des heures sans tomber d’accord, mais ce qui m’apparaissait comme une audace au siècle de Rimbaud me semble être aujourd’hui une révolution dépassée par les nouvelles formes dont dispose la poésie pour s’exprimer.
Bien sûr, mes remarques n’ont aucune intention savante. Il s’agit là de réflexions personnelles, puisque le sujet m’intéresse beaucoup.

D’autres remarques dans le désordre :
- les singuliers de « gradin – grappe – bouquet » me font un peu tiquer. Je ne les vois là que comme des chausse-pieds pour calibrer les vers correspondants.
- Je n’ai pas compris la référence au pont d’Arcole, ni la comparaison entre la tradition des jardins à la française et une victoire de Napoléon. Mais je veux bien considérer qu’il s’agit là d’une faille de mon jugement.
- On pourrait aussi pinailler sur le désordre des saisons : « L’hiver et le printemps, l’automne et puis, l’été. », là encore pour la rime. Le problème c’est que cela s’ajoute aux petites imprécisions déjà évoquées au-dessus. On finit par se demander s‘il s’agit d’un défaut de maîtrise ou d’une certaine nonchalance dans l’effort que requiert la poésie classique.

C’est d’autant plus dommage que lorsque les vers ne sont pas saucissonnés, on est souvent emporté par un certain lyrisme. Votre socle poétique est manifestement construit autour de ces vers brisés, au point qu’on vous imagine avoir un gros chagrin lorsqu’un de vos vers n’enjambe pas sur l’autre.

Pas question de critiquer vos choix prosodiques, encore moins de les noter. Je dirais même que je retrouve parfois la même ancienne curiosité accompagnée de hoquets, lorsque j’avais un peu de mal à faire passer du Rimbaud.
Au moins vous avez, comme on dit aujourd’hui, une vraie signature. Et pour le lecteur que je suis, j’éprouverai certainement un certain plaisir à la reconnaître en d’autres futures occasions.

FrenchKiss

   Miguel   
10/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ces rejets hardis sont comme des harmonies imitatives du désordre fantaisiste de ce jardin ; un jardin à l'anglaise, semble-t-il, par opposition au jardin à la française évoqué par Le Nôtre et le cordeau, entre autres. On se plaît à se promener dans ce lieu où les fleurs et les arbres sont libres, en quelque sorte. C'est reposant et apaisant.

   Sylou   
4/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Voici mon tout premier commentaire sur un site qui m'était inconnu dix minutes auparavant… Je suis impressionnée par la qualité des commentaires.
J'ai aimé ce poème qui m'a spontanément transportée dans ce jardin un peu fou aux herbes et fleurs folles. Le style et la forme de ce poème conviennent parfaitement à cette ambiance-là. Un jardinier a voulu jouer la carte de la confiance auprès de la nature en lui laissant le soin de tout orchestrer.
Le lecteur est mis en garde si souvent contre ce qu'il ne trouvera pas dans ce jardin qu'il finit par se demander ce qui existe vraiment ! Mais aucune déception, les vers s'enchaînent et nous prennent par les yeux pour nous faire aimer autant ce lieu insolite que le texte descriptif.


Oniris Copyright © 2007-2019