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Poésie néo-classique
TheDreamer : Sur un autre clown
 Publié le 20/04/19  -  13 commentaires  -  792 caractères  -  266 lectures    Autres textes du même auteur

« Je ferai le clown de mon mieux. Et peut-être ainsi je parviendrai à faire l’homme, au nom de tous. » – Michel Quint, Effroyables jardins


Sur un autre clown



Seul face au miroir froid qu’une lampe illumine ;
Blafard, criblé d’onguents, de rimmel, très grimé,
Le clown, farceur grotesque, est triste d’être aimé,
Lassé d’offrir à voir aux gens sa bonne mine.

Riez ! « Voici le clown ! » s’amuse la gamine.
« Pif ! » « Paf ! » Pantin de chair par la foule animé.
Le clown très drôle et très bête, mésestimé,
Qu’écrase à chaque instant le rire qui domine.

Et la foule pareille aux empereurs romains,
Césars gloutons et vils, applaudit de ses mains
Cruellement l’artiste étrange. « Qu’il est drôle ! »

Riez ! Lui pleure. « Encore ! » Il sautille. Il bondit.
« Bing ! » « Bong ! » Sous les bravos. Voici la cabriole !
Étouffant sous le rire un sanglot interdit.


 
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   Anje   
29/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Néo-classique.
Il existe aussi dans la vie de tous les jours, pas seulement dans les cirques, ce joyeux drille qui masque ses états d'âme sous une épaisse couche de bonne humeur apparente. Il peut même finir par s'y emprisonner comme l'auguste ici décrit "étouffant sous le rire un sanglot interdit".
Le titre me laissait imaginer la description d'un autre clown mais je n'ai su lire que la description de celui que l'on connait, peut-être pas assez de l'autre. Ce qui me laisse un pe sur faim, perplexe. Le mot clown possède de nombreux synonymes qui auraient pu éviter sa répétition. Celle de rire (en conjugaison et en substantif) est certainement voulue. Mais ce ne sont que mes chipoteries car l'ensemble est agréable, fluide, plaisant.
Anje en EL

   eskisse   
1/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai toujours aimé les clowns tristes... et détesté les rires outranciers. Cet " autre clown" ne me déçoit donc pas.

Vous faites un beau portait charge de la foule grâce à l'injonction " riez!" , aux discours rapportés et aux comparaisons.

Le dernier tercet mime avec justesse en onomatopées la cabriole finale.
Et les derniers mots " sanglot interdit" me plaisent car ils ont une dimension universelle : ils peuvent renvoyer à toute sensibilité qui ne doit pas s'exprimer à cause de contraintes diverses.

Merci pour le partage.

   Gemini   
4/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé ce poème au thème peu traité - le clown est-il notre reflet ? - à travers celui-ci pris en sandwich entre les émotions qu'il provoque et celles qu'il ressent. " Riez ! Lui pleure."
À ce titre, on peut rappeler la citation de Fratellini qui disait : "les acteurs font semblant, nous c’est pour de vrai.", visant plus à vivre qu'à jouer des émotions.
Je trouve beaucoup de qualificatifs à ce clown : il est "blafard, criblé, grimé, triste, lassé, animé, drôle (deux fois), bête, mésestimé, étrange", peut-être est-ce voulu pour le caricaturer, mais je trouve que ça fait quand même beaucoup pour un sonnet.
Le rythme est excellemment soutenu, à grand renfort d'onomatopées "Pif ! Paf ! Bing ! Bong !", de cris "Voici le clown !" "Encore !" et d'invectives "Riez !" On s'exclame beaucoup.
La foule, malmenée dans sa description, joue bien son rôle : n'est-elle pas des deux le plus "très bête" ?
Au niveau de l'écrit, j'ai deux remarques :
- j'aurais mis (pléonasme pour pléonasme) "applaudit des deux mains" v10
- la rime drôle/cabriole est fausse ; je le signale parce qu'à l'oreille on ne fait généralement plus de différence entre les voyelles ouvertes et les fermées.
Au final, on pourrait presque le comparer à "l'Albatros" de Baudelaire, ce clown, "poète en action" (selon Henry Miller).

   Queribus   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai été amusé par la drôlerie apparente de votre texte mais aussi par la super maitrise de la poésie néo-classique de l'auteur. J'ai noté quand même que ces"grimé", "aimé","animé", "mésestimé", ne sont pas du meilleur effet.

Contrairement à ce que d'aucuns pensent, je trouve que le thème du clown a très souvent été traité surtout en chansons(le clown par Gianni Esposito, Moi le clown par marcel amont, Bravo pour le clown par Edith Piaf, etc..). . mais vous avez su apporter au thème une note toute personnelle avec beaucoup de finesse .

En conclusion, pour moi, le bilan est très positif.

Bien à vous.

   Hananke   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour

Encore un portrait de clown.
Même motif et punition pour la catégorie : cet étrange mal placé
ainsi que la rime drôle et cabriole.
Je n'aime pas ce "très" grimé qui fait vraiment cheville, trop serait
sûrement mieux passé.
Un bon premier quatrain qui pose le décor.
J'aime moins le second malgré son dernier beau vers. Je trouve
le mot mésestimé uniquement placé pour la rime.
Je ne trouve pas non plus la comparaison de la foule aux empereurs
romains très judicieuse tout comme cet adjectif glouton.
Un bon dernier vers.

Au final, un texte à retravailler.

   sympa   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
J'ignore si le sujet du clown triste est souvent traité, mais vous l'avez décrit de belle manière et avec un réalisme certain.
Oui, le clown a plusieurs facettes et les enfants, au travers de leurs rires innocents, l'ignorent...

   papipoete   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour TheDreamer
Le clown doit rire aux éclats, et amuser la foule quoi qu'il arrive ; son maquillage " armure " parfois, cache sa triste mine et les larmes inondant son coeur...mais le spectateur ne doit se douter de rien, rigoler aux facéties de l'artiste !
NB le clown " chocolat ", en reçut des baffes, des coups de bâton, qui pliaient en deux l'enfant, l'adulte que le nez rouge amusait tant !
Et la foule en re-demande, comme le pouce hésitant à le baisser jusqu'à mourir... de rire !
L'auteur revêt la peau du clown, et l'on pourrait verser une larme, en voyant ces spectateurs épris du personnage, mais insensibles à l'être qui dedans vit...
Le récit est fort et touchant, et l'on rit jaune...
Même s'il est parfait, le 12e vers montre des élisions rudes à entendre ? et le 2e vers " très/grimé " semble forcé ?
Mais ce récit est si vrai, comme tous ces métiers où il faut sourire au client " et pour Vous, ce sera ? "

   Vincente   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
A l'invitation de l'exergue, substituer à chaque image du clown l'homme face à lui-même et l'on trouve effectivement une transposition très pertinente. On y voit la crue existence qui ne masque alors plus les difficultés de faire bonne figure dans le monde qui nous accueille et nous contraint. Oui, c'est une façon incisive de souligner la "cabriole" nécessaire pour étouffer "sous le rire [un] sanglot interdit."

L'écriture empathique envers ce clown sympathique, que tout un chacun pourrait être, dit plus qu'il n'y paraît.

   Davide   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour TheDreamer,

Dommage pour les répétitions des mots "très" assez pesante et peu poétique et de "foule" (v.6 et v.9).
D'autres, comme "Riez !" semblent un choix plutôt judicieux de l'auteur(e).
Au vers 10, "applaudit de ses mains" est un pléonasme.
La structure en trimètre du vers 7 me dérange un peu avec le "e" final de "bête" qui tombe sur la deuxième césure du 4/4/4.

Ce poème m'a immédiatement fait penser à la chanson "Clown" de Soprano. Le rapprochement est évident. Est-ce voulu ?
Cependant, là où dans la chanson, Soprano utilise l'image du clown comme une métaphore de notre "talent" à maquiller notre tristesse aux yeux des autres, je ne sais s'il y a dans ce poème une lecture au second degré.
Si le choix du contraste entre ce qu'on montre à voir et ce qu'on ressent me paraît évident ("Riez ! Lui pleure"), l'allégorie de "l'homme moderne" manque de clarté... Il y a l'exergue, mais...

J'ai trouvé l'écriture agréable, haletante, bien rythmée, avec ce ton comico-tragique réussi et pourtant difficile à dépeindre en si peu mots.

Malgré quelques maladresses, ce sonnet truculent est une belle prouesse !

Merci du partage,

Davide

   senglar   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour TheDreamer,


Entre
"Le clown se meurt...
... et pour quelques spectateurs"
de Giani Exposito (A mon avis on ne pourra pas faire mieux... sublimement interprété par Léo Ferré. Un des sommets de la chanson !)
et "Bravo le clown"
de et par Edith Piaf
qui démontre qu'elle était une parolière de première en plus que d'être une interprète de génie. Je ne vois pas qui pourrait l'outrepasser.
il y aura désormais
"Sur un autre clown"
de TheDreamer !

On vient de découvrir la face cachée ce la lune, aussi ne chinoiseré-je pas... la face cachée du clown ne recèle pas plus de magie que celle de la lune. Tout y est d'une tristesse et d'une banalité aberrantes (D'aucuns diront rassurantes). Pas de petits hommes jaunes cachés en leurs luniers ni de cheminées sur des toits biscornus comme l'avaient imaginé Fontenelle et Cyrano de Bergerac avant qu'il prît un moëllon sur la tête d'un côté et pas non plus de trésors de malice et de jovialité inhérentes de l'autre comme le cirque nous l'avait fait croire. Non ! une immense tristesse et une énorme peine de n'être après tout qu'un clown !

TheDreamer, vous dont le pseudo nous invite à rêver, quelle bêtise avez-vous commise là que de nous révéler le fond de l'âme humaine. Briseur de rêves, on ne vous pardonnera pas cette forfaiture-là :(


senglar ex brabant

   Annick   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Après votre poème "Le clown", que j'avais grandement apprécié, voici un autre poème sur un thème jamais éculé : "Sur un autre clown".

L'empathie pour ce clown triste est présente tout au long du poème, celle du narrateur et du lecteur, cela s'entend, car pour le public, c'est plutôt "la fosse au lions" !

Quelques vers poignants ressortent, (souvent les derniers de chaque strophe) :

Le clown, farceur grotesque, est triste d’être aimé,
Lassé d’offrir à voir aux gens sa bonne mine.

Le clown très drôle et très bête, mésestimé,
Qu’écrase à chaque instant le rire qui domine.

Riez ! Lui pleure. « Encore ! » Il sautille. Il bondit.
« Bing ! » « Bong ! » Sous les bravos. Voici la cabriole !
Étouffant sous le rire un sanglot interdit.

Il y a une émotion palpable tout au long du poème, faite de contrastes, de contradictions, entre le rire et la sensibilité muselée.

Un détail : j'aurais écrit : applaudit des deux mains.

Merci pour ce très beau poème.

Un troisième clown ne serait pas de refus... :-))

   PIZZICATO   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Pour ma part, le premier quatrain est le plus intéressant ; c'est lui qui définit le fond que l'auteur veut transmettre, l'ambivalence du personnage et le parallèle d'avec l'homme.

" Blafard, criblé d’onguents, de rimmel, très grimé ". Le maquillage qui, lui, est chargé de fabriquer la façade, l'illusion pour le public.
Mais " Lassé d’offrir à voir aux gens sa bonne mine. "

" Et la foule pareille aux empereurs romains,
Césars gloutons et vils " j'ai trouvé cette comparaison assez peu adaptée.

" applaudit de ses mains " ça va de soi.

   jfmoods   
22/4/2019
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées, suivies et croisées, suffisantes et riches, majoritairement masculines et vocaliques.

"applaudit de ses mains" -> applaudit des deux mains

Le point virgule de la fin du vers 1 étonne d'abord... Mais pourquoi pas, après tout ? Pourquoi ne pas marquer, par une pause, cette solitude glacée ?

Le jeu des antithèses ("Seul" / "la foule" × 2, "Riez !" × 2, "Lui pleure") entérine la distance infranchissable qui s'établit entre l'artiste et son public.

Obéissant aux injonctions d'un invisible marionnettiste ("Pantin de chair [...] animé"), le clown, malléable, exécute sa prestation avec toute l'élasticité requise (verbes de mouvement : "Il sautille. Il bondit", onomatopées : "« Pif ! » « Paf ! »", "« Bing ! » « Bong ! », présentatif : "Voici la cabriole !"), reflétant ainsi le tragique de notre condition.

Camouflés sous un masque, méconnaissables ("Blafard, criblé d’onguents, de rimmel, très grimé"), nous sommes en représentation permanente devant un public (présentatif : "« Voici le clown ! »", complément de temps : "à chaque instant"). La vie est une comédie ("farceur grotesque", "s’amuse", "très drôle et très bête", "le rire" × 2, "« Qu’il est drôle ! »"), où l'on quête sans cesse l'approbation de l'assistance ("applaudit", "Sous les bravos"), où notre mensonge nous expose à souffrir sans cesse (paradoxe : "est triste d’être aimé", champ lexical de la violence infligée : "écrase", "domine", "Césars gloutons et vils", "Cruellement", "mésestimé", comparaison : "pareille aux empereurs romains", participiales : "Lassé d’offrir à voir aux gens sa bonne mine", "Étouffant [...] un sanglot interdit").

Déclinaison d'un thème ("Le clown" -> http://mobile.oniris.be/poesie/thedreamer-le-clown-8785.html), ce second sonnet m'apparaît beaucoup plus grave que son prédécesseur pour la raison que nous ne voyons plus la scène du dehors mais du dedans. L'entête (« Je ferai le clown de mon mieux. Et peut-être ainsi je parviendrai à faire l’homme, au nom de tous. » – Michel Quint, Effroyables jardins) nous invitait d'ailleurs à lire le poème d'un oeil plus sombre.

Merci pour ce partage !


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