|
![]() ![]()
|
| Myndie
16/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Dévotion religieuse et fétichisme charnel ; le sacré et le trivial. C'est dans la tension perceptible entre l'exaltation mystique et la fascination perverse, et le malaise qui en découle, que le titre prend tout son sens.
A la fois fétichiste, voyeur et soumis, le personnage reçoit un choc esthétique et mystique à la vue d'un geste des plus anodins, une chaussette qu'on retire. L'auteur réussit parfaitement la liaison entre le sacré et l'organique : - par le côté biblique de cette litanie (« tu marches sur la mer ») -les répétitions qui résonnent comme des mantras (« ô mon grand souffle » « ô Déesse ô grand souffle ») - par un lexique puissamment olfactif, voire scatologique (« fécale » « pourriture sacrée » « croûtes mûres »). On a ainsi le sentiment que le divin a moins à voir avec la pureté qu'avec la matière qui fermente et pourrit. Le contraste est saisissant, théâtral et très réussi. On sent également percer derrière cette « fusion » une angoisse existentielle. D'ailleurs, l'extase est brutalement interrompue dans les dernières strophes qui ressemblent autant à un désir d'anéantissement total : «je veux connaître ce vertige à la limite de la vie tomber au gouffre immonde « qu'à une prise de conscience de l'horreur de la mort : « je ne veux pas mourir je ne veux pas tomber ». Le « hélas » final est magnifique. S'il fallait amener une ombre au tableau, je dirais que j'ai trouvé incongrue cette association « des parfums de choucroute alimentent mon cœur » ; je la trouve dommageable pour l'élan poétique et l'intensité du texte. Ceci mis à part, j'aime ce poème subversif qui bouscule toutes les bienséances. |
| Pussicat
17/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
|
Comment dire... j'ai beaucoup ri et j'ai pensé au petit livre de C-F Mercier De Compiègne "Éloge du pet" dont je conserve un exemplaire, entre dissertations et poèmes : "Rien de si petit en apparence que le héros que je célèbre, puisqu'on ne peut l'apercevoir. Rien de si grand et de si puissant que lui, puisque semblable aux aquilons, et même à Dieu, que l'on sent et que l'on ne voit pas, il agit sans cesse sur nous et sur tout l'univers".
Ici, les différentes nuances de la bromhidrose et autres sécrétions des glandes sudorales remplacent le pet. C'est bien écrit, un poème qui touchera tous les fétichistes et adeptes de fines gourmandises ; à goûter avec modération. Commentaires EL |
| LeChevalier
24/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Un texte comme on en goûte rarement. Le titre est d'une solennité rare, annonçant le récit d'une visite divine sur notre bas monde. Dans la tradition des hymnes sacrées que nous a léguées l'Antiquité, le texte s'ouvre sur une apostrophe qui nous permet d'en connaître immédiatement le destinataire : une femme que l'amour sublime en être spirituel ("démone" serait à prendre plutôt dans le sens mythologique que chrétien). Un saut de ligne pose le cadre : l'homme est rentré déjà à la maison, il attend que sa bien-aimée rentre elle aussi du travail pour qu'il puisse l'adorer en privé, "sans les autres ces monstres".
Cela devient moins traditionnel à partir du troisième bloc de texte où l'attention est déplacée vers... les chaussettes de la bien-aimée. Pourquoi pas ? Cela me fait penser à ce texte (en prose) d'Arthur Rimbaud, "Un coeur sous une soutane". Suit une véritable ekphrasis des chaussettes et, plus précisément, de leur odeur... c'est parfois difficile à digérer, tant l'auteur sait manier le vocabulaire correspondant, il se lance dans une hypotypose d'une rare maîtrise. J'en retiens quand même une ligne : "tu es la vie". Je pense que c'est vraiment l'essentiel -- la vie, ce n'est pas toujours des roses et des flacons de parfum et puis, quand on aime, on aime tout. Les allusions au sacré sont omniprésentes mais à partir de "je me mets à genoux et je prie à tes pieds" on atteint une sorte de paroxysme. Celui-ci est particulièrement lisible dans la mutation du terme d'adresse : de "démone" on passe à "déesse". "Mon souffle", c'est à peu près équivalent au "mon âme" du début : l'âme, c'est ce souffle de vie. Pour être parfaitement honnête, je regrette qu'on n'ait pas plus de textes emprunts d'une telle majesté. Le traitement ne certes pas des plus classiques, mais je vois un heureux rapprochement avec le sonnet CXXX de Shakespeare : "the breath that from my mistress reeks" ; certes, le verbe "reeks" n'avait pas le même sens à l'époque de Shakespeare, mais pour un lecteur moderne, ce n'est pas si loin de la choucroute qui nous est ici offerte généreusement. Au final, je salue une oeuvre artistique dont tous les sens sont repus. |
| Provencao
1/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Bonjour tome 15545,
Plusieurs lectures, où j'y ai lu une belle valeur et un beau symbole en cette poésie médiatrice entre l'humain et le sacré. Une poésie à mon sens qui se tient dans les confins des choses, des êtres, pour dire allégoriquement leur entité. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| Cristale
1/10/2026
|
D’aucuns pourraient ressentir un malaise profond devant l’association du sacré, de l’amour et de la putréfaction, mais, à mon petit niveau, mon dégoût pour ce mélange de registres se fait en toute modestie… je capte une complaisance dans le répugnant et un penchant à l’idolâtrie.
Alors pourquoi je ris ? (et merci de me faire rire en ces jours difficiles) Parce que « Les fleurs du pied » (dans le sens de senteurs) ont un relent de scatopodophilie (oui, - podo - , de pied) mis sous mon nez par pure provocation. Ça marche… avec ces vers aux pieds libres. Le propos est parfois dégueu, mais le travail est remarquable, d’une rare puissance évocatrice juxtaposant le sublime et le grotesque. Ah ces poètes ! |
| jf2
2/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
|
Ma sensibilité plutôt romantique fait que je n’ai pas beaucoup apprécié ce poème.
Le principal problème est que l’accumulation d’images volontairement provocantes rend l’accès au message sous-jacent difficile. En relisant plusieurs fois, j’ai cru comprendre que l’auteur cherchait à montrer que l’extase absolue ne pouvait exister que dans la mort mais qu’en fait, il ne voulait pas mourir, hélas. Cette vision intéressante est à mon sens occultée par l’aspect excessif du poème. Je pense que des images moins violentes et surtout moins dans une logique de surenchère en auraient renforcé la force. De plus, la forme ne fait qu’aggraver cette impression d’accumulation un peu forcée avec ce vers très long et cette litanie de qualificatifs sous forme verticale. Et puis vraiment, la choucroute, non ! |





