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Poésie libre
troupi : L’inattendu voyage
 Publié le 16/10/19  -  17 commentaires  -  1527 caractères  -  201 lectures    Autres textes du même auteur

Après cet accident je pensais tout perdu.


L’inattendu voyage



Dans le tourbillon des jours fous
la curiosité ne m'avait jamais visité

Aujourd'hui elle m'ouvre à des mondes nouveaux

La musique
La peinture
La poésie
Le rêve

Approcher un piano
Oser du bout des doigts l'harmonie d'un accord

Plonger aux couleurs d'un tableau
Risquer un premier trait

Prendre une poésie
Au fond de moi sentir des mots qui font vibrer

Alors j'imagine

... la douceur d'une seconde qui erre...

... Le tourment d'une étoile où se perd le regard...

... La couleur de l'instant quand se closent les yeux...

... Le parfum voyageur d'un oiseau de printemps...

... La musique du grain qui chute de sa dune...

... L'or liquide des eaux captives du soleil...

... Le cristal du ruisseau aux cascades des roches...

... la ronde d'une abeille qui cherche son butin...


Tant d'émerveillements et autant de questions


Après cet accident je ne marcherai plus
mais je vais parcourir des mondes enchantés

Remplir mes bulles de solitude

Parce que dans une autre dimension
sous l'ombre de l'horreur
existent les mondes du sublime

Créer c'est vivre


 
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   FANTIN   
27/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"A quelque chose malheur est bon"dit le proverbe. Ce texte en est une très belle illustration. Avec beaucoup de pudeur et de sensibilité l'auteur nous ouvre les portes de son univers rempli d'évocations imagées pleines de beauté et de poésie.
Une magnifique célébration des arts et de la vie protéiforme.
Bien aimé aussi la présentation du texte, le choix et la force des mots.

   Corto   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Créer c'est vivre". Rien que pour cette phrase ce poème mérite d'être applaudi.

Chaque phrase est délicate, joliment évocatrice.

On a le sentiment que le narrateur a aiguisé tous ses sens pour percevoir avec précision ce qui se voit ou ce qui se devine.

J'évite d'ajouter des mots à ces expressions si réussies.

Bravo à l'auteur.

   Gabrielle   
4/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte aborde le sujet d'une nouvelle naissance, d'une ouverture à la vie qui s'effectue différemment, d'un renouveau de l'âme qui se redécouvre...

Beaucoup d'émotions dans ce texte touchant qui emporte le lecteur dans un univers fécond de projets et d'avenir.

Une jolie bouffée d'oxygène...

Merci à l'auteur(e).

   Lebarde   
6/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Pour en arriver là il a fallu un accident et probablement beaucoup de souffrance et une approche nouvelle de la vie et de ses possibilités de découvertes et de plaisirs ignorés ou cachés.
Et pourtant il se dégage de ce poème une telle confiance en l'avenir, une telle joie de vivre qui fait chaud au cœur: un optimisme extraordinaire devant l’adversité. Je me trompe peut être mais c’est ce que j’ai retenu immédiatement à la première lecture.

Je ne suis guère adepte de la forme libre qui me déroute souvent, là non, pourtant la prosodie est très très particulière et originale, de quoi détourner le lecteur!
Pourquoi je ne sais pas mais j’ai apprécié.
Merci pour ce texte euphorisant!

En EL

Lebarde

   Hananke   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Oui, toutes les belles choses de la Vie sont bien énoncées.
Ce joli poème nous montre que sous l'ombre la beauté créatrice
existe et brille de mille feux, qu'il suffit souvent de peu d'efforts
pour la (re)découvrir.
De beaux alexandrins émaillent la liberté de ce texte.

   PIZZICATO   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le paradoxe est là - et c'est humain - : c'est quand elle nous joue un sale tour que l'on découvre tout ce que la vie peut nous offrir, aussi, de beau.

La situation est fort bien imagée ici.
" Aujourd'hui elle m'ouvre à des mondes nouveaux
La musique
La peinture
La poésie
Le rêve ".

Et ce très beau vers final : " Créer c'est vivre "

   hersen   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour troupi,

Voici bien une preuve que c'est la créativité, quelle qu'elle soit, qui nous rend vivants.

les deux premiers vers, une fois la lecture finie, sont impressionnants : il y a un avant, un après, et une remise en question entre les deux.

C'est un témoignage, ou en tout cas, je le prends comme tel. Et on avance plus avec la tête qu'avec les jambes, je m'en doutais déjà, mais tu en donnes une preuve éclatante.

Tout ceci étant dit, ne va pas croire que tu vas échapper à ma critique sur la forme :)))

à partir de "Alors j'imagine", je n'ai rien d'autre à faire que de la fermer, c'est en même temps touchant, terriblement vrai, et on sent des mots qui ont vécu. L'impression en est très forte.

Par contre, après les deux premiers vers, il y a un passage que je trouve trop lourd. Je pense que la liste n'était pas utile. Ou qu'en tout cas, tu pouvais faire ressentir le propos plus poétiquement.
D'autant que juste après tu réitères l'impression de liste avec tous ces infinitifs. Je ne dis pas que l'infinitif est forcément à proscrire en poésie, mais j'ai souvent remarqué qu'il fait retomber à terre la poésie. Un infinitif, c'est trop rationnel pour de la poésie, c'est trop sec.
Il me semble que tout ce passage, liste+infinitif, aurait pu gagner en poésie, il n'a pas à être explicatif.

Tout ceci, très subjectif, ne m'empêche pas d'apprécier le poème. Ainsi que la démarche vis à vis de nous et je suis sûr que tu aimes mon jeu de mots :)))) Qui n'en est un qu'à moitié, car tu viens véritablement vers nous.

Merci de cette lecture !

   Vincente   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le narrateur nous évade hors d'un sentiment de compassion affligée qui pourrait s'imposer au lecteur dès l'exergue parcourue.

La première partie, jusqu'à "Alors j'imagine" est un peu convenue, la présentation en liste des quatre domaines imaginatifs qu'a retenu le narrateur est plutôt rigide pour signifier la magie sous-entendue ; apparaissant comme une simple introduction, elle aurait pu se trouver dans l'exergue. Le poème commence après.

Les huit vers insérés entre des points de suspension, comme pour les laisser vivre avant et après leur apparition, sont chacun très beaux. J'ai une préférence supplémentaire pour ces trois, superbes :
"... la douceur d'une seconde qui erre..."
" ... La musique du grain qui chute de sa dune..."
"... L'or liquide des eaux captives du soleil... "
.

La déclaration du handicap implacable qui survient ensuite, plus de marche avec les jambes, apparaît presque comme secondaire, tant l'état d'esprit poète semble avoir conquis une liberté de mouvement dans la tête qui déclame. C'est très rassérénant, et d'une belle positivité, d'autant qu'elle ne semble fruit de quelque méthode Coué.

Le dernier vers en aphorisme, tout justifié qu'il soit, vient clore d'une façon assez "sèche" les envolées précédentes, son rythme ne s'enchaîne pas à la souplesse de la scansion de ce qui précède ; sans faire de proposition à l'auteur, il me semble qu'en conservant l'idée, une formulation moins concise serait plus opportune pour dire l'infini potentiel de son fondement.

   papipoete   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour troupi
après cet accident, je croyais ne plus m'intéresser à grand-chose... puis j'ai découvert ce que je ne voyais pas !
Mes jambes sont mortes, mais mes sens sont toujours là, et je m'éveille à l'art... je vais musiquer, je vais peindre et écrire ; oser dire à mes envies " allez, je vous écoute et je me lance ! Si ça déplaît aux As, ça plaira à mes yeux, à mes oreilles et je rêverai plutôt que cafarder.
NB une poésie leitmotiv que l'on découvre en disant bravo l'artiste ! ( les imaginations... sont lumineuses " la couleur de l'instant quand se closent les yeux " = très beau !
Respect et admiration !

   jfmoods   
16/10/2019
Un mur sépare le passé, traversé par le locuteur avec frénésie ("le tourbillon des jours fous"), et le présent ("Aujourd'hui").

La vie active avait fait de lui un individu engrené sur un carrousel d'obligations, incapable de considérer un instant le monde qui l'entourait ("la curiosité ne m'avait jamais visité").

Un événement grave a bouleversé son univers, le ramenant brutalement à une douloureuse condition (constat amer : "Après cet accident je ne marcherai plus").

Bien sûr, il aurait pu désespérer (entête : "Après cet accident je pensais tout perdu"), s'apitoyer sur son sort, fermer toutes ses écoutilles sur le monde.

Cependant, une petite étincelle a jailli en lui ("elle m'ouvre à des mondes nouveaux"), éclairant une route somptueuse (titre : "L’inattendu voyage", "Le rêve", "Tant d'émerveillements et autant de questions", "je vais parcourir des mondes enchantés", "une autre dimension", "les mondes du sublime"), le comblant ("Remplir mes bulles de solitude"), lui faisant surmonter la terrible épreuve ("sous l'ombre de l'horreur").

L'art ("La musique / La peinture / La poésie") a non seulement nourri le besoin vital de ressentir mais a aussi généré le désir de s'exprimer ("Oser [...] l'harmonie d'un accord", "Risquer un premier trait").

Le locuteur a découvert la lenteur ("Alors j'imagine / ... la douceur d'une seconde qui erre..."), une lenteur qui, ouvrant ses sens à l'écriture (alexandrins qui jalonnent les vers 16 à 22), l'a fait venir au monde une seconde fois ("Créer c'est vivre").

Merci pour ce partage !

   Davide   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour troupi,

La résilience est le thème central de ce poème, de cette main que nous tend généreusement la vie après que la tornade est passée : "sous l'ombre de l'horreur / existent les mondes du sublime".
L'accalmie, le silence, puis tout se met en mouvement, la nature nous parle par petites touches de couleurs, nous chante ses airs de printemps, caresse nos doigts engourdis, éveille notre créativité...
Qu'importe l'accident puisque la porte du jardin s'est ouverte !

On sent une belle énergie dans ces vers, une tendresse aimante qui chante et qui chuinte, une attention nouvelle et toute particulière portée aux choses simples de la vie, un regard qui retrouve la candeur de l'enfance. Des vers courts, d'autres plus longs, des points de suspension, un regard qui papillonne, haletant, et qui ne sait plus où se poser...

Les images sont simples mais parlantes, les mots aussi. Toutefois, j'ai trouvé mal exprimées certaines sensations : "Plonger aux couleurs" (on plonge "dans quelque chose" et non pas "à quelque chose" !), "Prendre une poésie", "Remplir mes bulles...", les verbes "prendre" et "remplir" me paraissant un peu abrupts au regard de cette renaissance toute nimbée de douceur.

"Créer c'est vivre" ; mais l'inverse est vrai aussi, n'est-ce pas ?
Je me souviens avec émotion de Priscille Deborah qui, après amputation des jambes et du bras droit, est "tombée amoureuse de la vie" et a réalisé son rêve : devenir peintre.

Une poésie touchante, un beau partage, une leçon de vie,

Merci !

Davide

   emilia   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un voyage d’autant plus inattendu qu’un accident malheureux a privé le narrateur de la marche…, mais qui lui permet de redécouvrir l’essentiel d’une vie, en gardant intacte cette curiosité qui pousse à aller de l’avant, à « s’ouvrir à des mondes nouveaux », à lister ses envies, à concrétiser ses rêves créatifs dans les domaines artistiques (musique, peinture, poésie), à retrouver l’élan vital qui permet « d’oser », de « risquer »… en prenant conscience de tout ce qui peut faire « vibrer » l’âme (couleurs, odeurs, sons, mouvements) et « magnifier » l’instant… ; merci à vous pour ce beau message optimiste révélant que rien n’est perdu si l’on garde sa capacité d’ « émerveillements » et « d’enchantements »…

   krish   
19/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Je trouve ce texte très beau jusqu'à "butin", magie des instants d'un quotidien.
Par contre, je ne partage pas les conclusions du poète exprimées dans le dernier ver : une musique, une couleur, un contact...Que créé l'artiste ? Que sort-il du néant, du rien, de l'inexistant ? Quel que soit le résultat, ne se contente-il pas d'agencer ?
Par ailleurs, je suis désolé pour ce commentaire. Je n'avais pas compris que l'accident n'était pas une image de l'auteur mais bien une situation vécue. Mes propos relatifs à la beauté du texte sont donc décalés.

   leni   
17/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut Ami jean jacques Après un accident(evenit accidit) On est différent on accède à un renouveau et on choisit un ou des caps
C'est sans doute une réaction de défense Consciente?
Toi tu vas chercher la beauté au coeur du simple ET tes choix sont La musique la peinture la poésie
ET LE REVE Là je te suis et je te reçois 5 sur5 comme dirait le général
BIGARD

La musique du grain qui chute de sa dune...
. Le cristal du ruisseau aux cascades des roches...
SUPERBE JJ
et cette finale qui va comme un gant à ton texte

Belle sensibilité J'ai beaucoup aimé à première lecture
mais mon com a été mangé par l'électronique cette dernière lecture
me fait dire PASS
AMITIES BRAVO GASTON

   Louis   
17/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le poème annonce, dans les premiers vers, un changement radical qui s’est produit dans la vie du locuteur.
Le passé était pris dans « un tourbillon de jours fous ». Évoqué sans nulle nostalgie, il apparaît, dans un regard rétrospectif, comme une agitation frénétique, une course poursuite insensée pour répondre aux nombreux impératifs et contraintes de la vie quotidienne, un emballement irrésistible dans une effervescence qui ne laissait le temps à rien autre que l’agir efficace, utile et prosaïque ; qui ne laissait nulle place à la « curiosité ».

Le présent, lui, permet l’accueil hospitalier d’une vertu, nullement un « vilain défaut », que le passé refusait, n’autorisait pas dans sa folle précipitation.
La curiosité demande un temps libéré des exigences qui entraînent dans les « jours fous », elle demande une disponibilité de l’esprit qui peut alors s’ouvrir à la nouveauté, elle demande une attention nouvelle à la richesse des possibles existants hors du quotidien impérieux.
Le changement survenu dans la vie du locuteur permet de répondre à ces demandes. Des « mondes nouveaux » s’ « ouvrent » alors à lui. Les mondes de l’art et de l’imaginaire, ces mondes accessibles à l’esprit.

Pourtant, ce n’est pas une attitude contemplative qui désormais succède à l’agitation insensée du passé ; il ne s’agit pas, dans l’art musical, premier exemple donné, d’écouter avec passivité les œuvres déjà créées, mais d’ « Approcher un piano / Oser du bout des doigts l’harmonie d’un accord ». Il s’agit de jouer de l’instrument, et non seulement de l’écouter. Il s’agit de créer des accords et des harmonies.
Le deuxième exemple est celui de la peinture : « Plonger aux couleurs d’un tableau ». Une exploration d’abord du monde des couleurs, plongée sous-entendue au fond des couleurs, de même que Baudelaire écrivait, dans les derniers vers de son poème, intitulé justement Le voyage :

« Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ! »

S’immerger dans les couleurs, pour en découvrir les harmoniques, mais aussi pour acquérir l’art de les produire et de les utiliser sur une toile, et ainsi « risquer un premier « trait », tenter une expérience nouvelle. Un « trait » comme une flèche qui emporte dans l’univers « des formes et des couleurs ; un « trait » comme le tracé d’un itinéraire qui mène vers un « inconnu » pour y « trouver du nouveau ».
La poésie constitue le troisième exemple. Encore une fois, il ne s’agit pas seulement de lire la poésie, mais de s’emparer d’un poème, «Prendre une poésie », la capter, la captiver, pour « Au fond de moi sentir des mots qui font vibrer ». Il s’agit de vibrer avec ce qui fait le charme de la poésie, de façon à s’en rendre maître, et ainsi se rendre soi le foyer palpitant, créateur des mots émouvants. Il s’agit de se laisser prendre par les mots de la poésie pour être en retour le creuset où se forgent des mots prenants. « Vibrer » à la poésie, pour se faire, « au fond de soi », l’écho et la résonnance autant que la source, à la fois réceptive et créatrice, de l’univers poétique.

Le « voyage » vers ces « mondes nouveaux » n’est pas seulement un voyage de découverte, c’est un voyage d’exploration, actif, créateur. Les chemins et les routes qui mènent à ces contrées ne sont pas tout tracés. Tout le contraire d’un voyage touristique.
Paradoxalement, ces mondes existeraient quelque part, avant même d’être créés, dans « une autre dimension » ( toute création serait alors une re-création), et n’existent pourtant que dans la mesure où ils sont créés.

Ces explorations créatives, dans les univers des formes, des sons, des couleurs ou des mots, laissent place à la faculté d’imagination : «Alors j’imagine ».
Imagination conçue, non pas seulement et simplement comme faculté reproductrice de ce qui existe déjà sous forme d’images, ni même comme seule faculté d’invention, mais comme sensibilité accrue au monde, perception plus fine du réel, reconnaissance plus aiguisée des beautés du monde.

Moments de l’imaginaire découpés dans la trame du temps :
« … douceur d’une seconde qui erre … » L’imagination de la douceur d’un instant semble liée à la perception du temps délivrée des repères sociaux qui le mesurent, le découpent en durées objectivées par les horloges. Douceur, douce heure, peut-on entendre. Mais douce heure d’une seconde. Une seconde, une heure : les durées se confondent, se mêlent, ne se distinguent plus, dans cette perception imaginative et subjective du temps.
La seconde, l’heure « erre », il n’y a plus d’horaire. « Seconde qui erre » : il n’y a de hiatus ni dans les mots ni dans les instants, qui ne se juxtaposent plus, mais s’entremêlent et se compénètrent. «qui erre » comme « hier », quand l’instant en errance ne sait plus distinguer le présent du passé et de l’avenir.

« … le tourment d’une étoile où se perd le regard… » L’imagination prend le relai du « regard », quand celui-ci trouve ses limites. L’imagination comme vision de l’invisible. »Se faire voyant » : disait Rimbaud.

Couleur, parfum, musique, etc. : tant « d’émerveillements » au cours de ces voyages.

Le locuteur révèle alors ce qui a produit un si grand changement dans sa vie : un « accident », qui ne lui permettra plus de marcher.
Ses voyages se font désormais sur les ailes de l’imagination.
Sans l’usage de ses jambes, le locuteur se sentait « perdu » ; il a cru la vie impossible, il découvre la création, et avec elle la vie, une vie plus authentique que celle menée lorsqu’il avait encore l’usage de ses jambes. Il découvre que la vie comporte d’autres dimensions que celle de l’agitation insensée, ou de l’agitation productiviste. La création, si elle est active, ne se confond pas, en effet, avec l’agitation et la production. Et la vie ne se confond pas avec la survie, ou les activités de survie. Ainsi le poème clame dans son vers final, à juste raison : « Créer, c’est vivre ».

Merci Troupi pour ce voyage

   krish   
18/10/2019
Modéré : Commentaire hors charte (se référer au point 6 de la charte).

   Pouet   
24/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt,

je reviens un peu tardivement sur ce texte qui m'avait, je l'avoue, laissé de prime abord sur une impression mitigée, ce qui est toujours un peu le cas d'ailleurs.

Personnellement, je trouve l'entame (jusqu'à "vibrer") trop prosaïque, pour moi pas très engageante. Pareillement pour la fin ( à partir de "Après cet accident")

En revanche l'entre-deux est vraiment très poétique, très percutant, très réussi.

Les images sont belles comme par exemple:

"... Le tourment d'une étoile où se perd le regard...
... La couleur de l'instant quand se closent les yeux...
... L'or liquide des eaux captives du soleil..."

Non, en fait je pourrais citer tout ce passage, tout est bon.

Concernant le fond, il fait aussi écho en moi pour des raisons personnelles.

Je ne sais pas trop en revanche si "créer c'est vivre" ou si c'est au contraire "mourir un peu", cela pourrait somme toute faire un bon sujet de philo... :)

Je salue la sincérité de l'intention.


PS: pas trop vu l'utilité de "l'inversion" du titre.

Au plaisir.


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