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Poésie en prose
woodmoodwoom : Sur le fait d'y croire encore jusqu'à l'ennui
 Publié le 05/01/21  -  3 commentaires  -  3033 caractères  -  78 lectures    Autres textes du même auteur

Rêveur, il m'est difficile de palabrer longuement avec moi-même, sans tôt ou tard finir par me gonfler de certaines projections. Une fin de vie pourrait être autre chose qu'un drame. Sans m'engager vers de sombres éloges, je me promène plus ou moins légèrement dans ces rives de la haine de soi, comme il est d'usage de les nommer à tort.


Sur le fait d'y croire encore jusqu'à l'ennui



Arrive ce jour où s’esquisse mon portrait,
Surgissent ces lignes longuement taquinées,
Marquées de zones d’ombres lasses et innées,
Je végète, le visage masqué d’attraits.

L’identité, cette promesse au poids pesant,
S’achève dans mes deux yeux encore naïfs.
Ignorant mes faiblesses, je reste passif,
Devant ma tombe, j’oublie être fait de sang.

Ivre de ces raisons qui m’éloignent du vrai,
Mes pudeurs étranglent ma voix jusqu’à la langue,
Je crois pouvoir sublimer, resserré de sangles,

Face à ces reflets d’angles finis à la craie.
D’œdèmes enflés, effacés, devenant graines,
Je pars dans l’inconscient semer un coin de peine.

J’exécute le poème et je gâche le silence de la fin. Ni en l’avenir ni en mes croyances, je ne crois. Mes larmes me font rire et mon rire me rend triste. Un homme qui persiste dans ses rêves ressemble à un clown. Je trébuche la peau blême dans une pirouette hilarante, pour les voyeurs et les visionnaires réunis. Un clown se vautre à l’envers du ventre. Ainsi j’ai grossi, ainsi j’ai vieilli. Ce poème ne voudra pas se taire tant qu’il n’aura pas parlé. L’oubli du verbe et du pourquoi le verbe restent dans la tête du poète pendant qu’il parle. La voix se fait de plus en plus distante au-dessus des touches d’un clavier de plus en plus froid. C’est l’époque. J’expédie, c’est moi qui ne suis plus que roulements sur le sol. Envoyé. Supprimé… Maintenant je murmure puis je ralentis le débit des mots, jusqu’à ne plus les entendre dans leur rapidité, tels qu’ils sont faits pour être trop rapidement compris. Ainsi, j’ai grandi, ainsi j’ai failli. La poésie étiole le sens quand les mots entre eux ne parlent de rien, tels des hommes qui ne se comprennent pas et s’ignorent dans leur conversation. Je lis ma vie et n’imagine plus rien. Un second poème dans le flegme d’un faux coup d’éclat. Les lueurs sont rares pour des journées longues de platitudes éternelles. Et je murmure encore, au ralenti, dans une déprime à sublimer d’avance pour les beaux jours. Je ne rigole pas encore de peur de ne plus chercher à être compris.

Matinées sans appels qui ne sauraient cesser
Tout l’ennui me frappe, aussi las qu’allongé.
Je cherche de ma main un papier trop âgé
Où se trouvent éclipsés plusieurs mots effacés.

Des mots sont en graines et s’envolent au vent,
Dégageant les astres aux lueurs défaillantes.
Un ciel fossoyeur s’élève de sa roue lente,
Mon palais s’assèche sans mon souffle vivant.

Se figure une vie vide de libertés,
Lorsque j’arrache les racines du parterre.
Dans la solitude, d’une encre autoritaire,

Je crache ou prêche maintes misères flattées.
L’illusion d’un moment glisse en moi son heure,
Je l’étalerai entier sur un bout de leurre…

(… que j’avalerai net avant de m’expliquer avec les fous ou avec les dieux, arrivé au plus bas dans la connaissance des constellations des ciels d’hier…)


 
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   Arsinor   
5/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sur le thème affligeant de la défaite personnelle, votre transcatégorisme mérite un coup de chapeau, tant la partie centrale a valeur de pivot entre les deux sonnets. Là, l'auteur ne se départ pas de sa dignité ni de sa sincérité mais juge son œuvre. La "vie vide" de sens, à l'oral si maladroite semble ici faire doublon inutile, comme s'il devenait naturelle que la vie soit vide. L'ensemble semble résulter de la transcendance d'une confidence psychanalytique, travaillée. Est-ce que les misères sont réellement flattées ? Le poète veut minimiser son poème, sans doute par habitude de tout minimiser.

   wancyrs   
5/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Salut Woodmoodwoom,

J'aimerais bien comprendre pourquoi cette présentation car, pour moi, les vers libres gâchent un peu le rythme de ma lecture ; peut-être vouliez-vous, en fait, imposer un certain rythme à l'ensemble ? J'ai mieux apprécié la partie en prose car, les rimes trop mis en évidence dans les vers libres perturbaient l'émotion naissante en moi. Le propos est pourtant beau, même si je ne l'ai apprécié qu'à moitié.

Merci du partage

Wan

   Queribus   
7/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Tout d'abord, à la première lecture, l'ensemble me laisse un peu perplexe: en effet écrire deux sonnets avec, entre chaque, un long passage en prose me semble curieux mais c'est votre choix, pourquoi pas. L'ensemble, quoique un peu long, est toutefois servi par un très belle langue où "néo-classique" et prosodie font l'objet d'une grande maitrise d’écriture, c'est déjà beaucoup.
J'ai quand même trouvé votre écrit un côté un peu"tristounet" dans une époque où la morosité est reine mais là aussi c'est votre choix et il est tout à fait respectable.
Pour conclure, je suis assez mitigé sur votre(vos) poème(s)mais j'ai été agréablement touché par votre belle écriture.

Bien à vous.


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