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Remerciements pour « Névrose »
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27/01/2021 14:24
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J’ai été touché par le nombre de commentaires suscités par mon sonnet (18 à ce jour) et vous suis reconnaissant de vous y être arrêtés le temps de donner votre sentiment ; je porte une mention particulière aux avant-coureurs de l’Espace Lecture (8 !) et à Curwwod qui m’a comblé de deux commentaires (c’est la première fois qu’on me la fait, celle-là!). Je remercie le Comité Éditorial d’Oniris ainsi que les nombreux lecteurs.

Comme d’habitude je vais tenter d’expliquer l’élaboration et la structure de mon poème en m’appuyant sur vos remarques. En premier lieu je dois vous faire une confession qui risque de déconcerter certaines et certains d’entre vous : ce sonnet ne renferme pas le moindre soupçon de vécu, c’est une composition totalement imaginaire. Je ne me souviens plus très bien de la période où je l’ai écrit mais je ne devais quand même pas avoir le moral au beau fixe…

Je n’irai pas jusqu’à dire que la forme ait précédé ni inspiré le fond… quoique. En effet, parti de l’énoncé « Je hais le jour naissant », j’ai aussitôt pensé à l’aurore aux doigts de rose et dès lors tout s’est enchaîné : les rimes en « ose », la formule « un nouvel aujourd’hui » qui m’a rappelé le sonnet de Mallarmé « Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui » et m’a conduit à choisir quatre rimes en « ui » pour les quatrains et, de fait, à mettre à la rime presque les mêmes mots que le maître  (il n’existe en effet que six mots en « ui » sans consonne finale muette). Cyrill a bien vu cette parenté, qui note : « Un "nouvel aujourd’hui" ni vierge ni vivace ni bel ! ». J’en profite pour rassurer Polza : « nouvel aujourd’hui » est correct, comme l’est « bel aujourd’hui » et ce n’est pas une licence poétique, c’est une règle morphologique concernant les adjectifs en « eau » (il est vrai qu’il n’y en a que trois, le troisième étant « jumeau », rarement utilisé au singulier et toujours placé après le substantif, si bien qu’on ne le rencontre jamais sous la forme « jumel »).
Au deuxième quatrain j’ai repris le « Je hais » pour faire bonne mesure en renchérissant sur la désespérance et le dégoût du personnage.

Après deux quatrains consacrés au lever du jour, il ne me restait plus que deux tercets pour la journée et la soirée ! 😁
La journée a été expédiée en deux vers où « ma vie » rime avec « sans envie ». Cristale a vu dans cette rime une faiblesse : « Pour un meilleur équilibre, le son "i" des quatre rimes des quatrains n'aurait pas dû se reproduire au premier tercet », faiblesse soulignée également par LeChevalier. Faiblesse ? je vous l’accorde, mais à reprocher en premier lieu au sonnet de Mallarmé qui comporte dans son premier tercet la rime « nie » (agonie/qui le nie) et dont je me suis prévalu pour la commettre à mon tour.
Pour la soirée, le second quatrain se devait de clore le sonnet sur un summum de pathos ; d’où la tombe et l’image du personnage qui s’y incline dans les dernières lueurs du jour… Polza s’interroge : « La chute m’apparaît nébuleuse, je n’en ai pas pleinement saisi le sens, mais ça ne vient pas forcément de l’auteur » ; en fait, oui et non. C’est une simple image, que j’ai voulue forte et derrière laquelle chacun peut mettre son récit, son impression et les sentiments qu’il imagine. Vous, Polza, avez eu « du mal à concevoir cette image », mais elle parle à d’autres comme Passant75 qui « considère le tercet final comme une réelle petite merveille »...

Voilà. Pas de vécu, donc. Contrairement au précédent, ce sonnet n’est absolument pas autobiographique, c’est un pur exercice de style ! C’est pourquoi, si toutes les appréciations sur l’écriture se partagent entre « aboutie » et « très aboutie » (merci !), il n’en est pas de même pour les ‘‘notes de cœur’’ : deux « un peu » sanctionnent à juste titre cette absence de vécu : LeChevalier « y voit une louange de la mort » et Myndie remarque avec lucidité : « Ce qui m'a en revanche un peu plus gênée, c'est le caractère très académique du poème ». Ce ne sont pas les seuls à avoir perçu que l’emphase de la forme servait à compenser la vacuité du fond : Curwwod note « Je suis juste un peu perplexe à cause de cet excès de pathos qui comme tout excès porte préjudice à la crédibilité de la pensée » ; Cristale « aime beaucoup » mais remarque avec tact : « Quand même, le pathos est plombant, je sais bien que c'est fait exprès et que... mais oui, c'est très bien fait » ; Polza a « comme le sentiment qu’il y en a trop » ; Lebarde parle d’un « remarquable travail de composition réussi » ; et Cyrill ne prend pas trop au sérieux cette névrose : « je dirais plutôt dépression profonde dans laquelle se complaire. Ça fait du bien ? ».

Quant à vous, Robot, Luron, Provencao, papipoete, Boutet, Marite, EtienneNorvins, Marcolev et Lariviere, vous que je n’ai pas cités parce que vous vous êtes contentés d’apprécier l’ensemble sans trop vous préoccuper de savoir s’il s’agissait d’un sujet réellement vécu ou d’une œuvre d’imagination, je vous dis : merci, UN GRAND MERCI !

Contribution du : Aujourd'hui 12:06:05
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Re : Remerciements pour « Névrose »
Chevalier d'Oniris
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Très bien, cher GiL, mais le sonnet de Mallarmé que vous évoquez est célèbre justement pour avoir la voyelle « i » dans toutes ses rimes, alors que chez vous il n'y en a que deux. C'est quand même assez différent.

Je n'ai rien à redire de toutes vos autres remarques qui sont tout à fait remarquables et dont je vous remercie.

Contribution du : Aujourd'hui 12:12:44
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Re : Remerciements pour « Névrose »
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Merci beaucoup pour votre retour. Je dois avouer avoir eu une longue hésitation à la lecture : dans quelle mesure le texte n'était il pas au fond ironique — mimant jusqu'à l'outrance le sonnet spleenétique ? Mais cela pouvait aussi être du vécu — et j'ai eu peur de la gaffe, d'où mon commentaire succinct, arrivé qui plus est bien après le peloton, comme on dit je crois dans le cyclisme...

Contribution du : Aujourd'hui 12:28:59
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Re : Remerciements pour « Névrose »
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Merci pour cet enrichissant retour Gil.

Merci pour les précisions sur « nouvel aujourd’hui ». Je connaissais bien évidemment la règle sur le fait que pour une raison d’euphonie, on doit écrire « nouvel » devant un nom masculin commençant par une voyelle, mais mon doute concernait le fait qu’aujourd’hui soit un adverbe même s’il peut être considéré comme un nom masculin dans le sens de « au jour présent »…

Personnellement, j’aurais également écrit « nouvel aujourd’hui », mais j’ai préféré poser la question et avoir une réponse qui me satisferait plutôt que de rester avec mon doute !

Quand vous dites « Polza a  comme le sentiment qu’il y en a trop », je précise que je parlais des répétitions pour un sonnet, pas de la névrose dépressive que je trouve très bien traitée et où pas un mot ne me semble de trop pour la décrire… (à part les répétitions, sauf pour « Je hais » qui me semble justifié).

Concernant vos rimes en « i », cela ne m’a pour ma part pas du tout gêné, vous n’êtes pas le premier et vous ne serez sûrement pas le dernier.

Moi quand j’ai un doute, je reprends « Les trophées » de José-Maria de Heredia et je cherche. J’ai donc trouvé dans « Épigramme votive » page 67 (nrf Poésie/Gallimard) « pilier/bouclier/néflier/plier/chercher/l’archer » :

« Au rude Arès ! A la belliqueuse Discorde !
Aide-moi, je suis vieux, à suspendre au pilier
Mes glaives ébréchés et mon lourd bouclier,
Et ce casque rompu qu’un crin sanglant déborde.

Joins-y cet arc. Mais, dis, convient-il que je torde
Le chanvre autour du bois ? — c’est un dur néflier
Que nul autre jamais n’a su faire plier —
Ou que d’un bras tremblant je tende encor la corde ?

Prends aussi le carquois. Ton œil semble chercher
En leur gaine de cuir les armes de l’archer,
Les flèches que le vent des batailles disperse ;

Il est vide. Tu crois que j’ai perdu mes traits ?
Au champ de Marathon tu les retrouverais,
Car ils y sont restés dans la gorge du Perse. »

Contribution du : Aujourd'hui 12:50:01
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Re : Remerciements pour « Névrose »
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@ LeChevalier
Ça alors, bien que connaissant ce sonnet par cœur, je n’avais jamais remarqué qu’il comportait le son « i » dans toutes ses rimes ! Je viens de lire sur Wikipédia l’excellente analyse de Paul Bénichou, extraite de "Selon Mallarmé" aux éditions Gallimard Bibliothèque des Idées. Du coup (comme disent mes petits-fils) je viens de commander l’ouvrage. Merci, LeChevalier.

Contribution du : Aujourd'hui 14:36:22
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Re : Remerciements pour « Névrose »
Chevalier d'Oniris
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Toujours à votre service, cher GiL. Je suis un grand admirateur de Mallarmé.

Contribution du : Aujourd'hui 15:33:14
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Re : Remerciements pour « Névrose »
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De Tannhäuser Gate
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Il est à noté que dans « Poésies » de Stéphane Mallarmé, préface d’Yves Bonnefoy, édition de Bertrand Marchal, aux éditions nrf Poésie/Gallimard, il utilise à peu près le même procédé à la page 59 (le sonnet en question se trouvant page 57) avec des rimes en « or/ix…



Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,

L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,

Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix

Que ne recueille pas de cinéraire amphore



Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,

Aboli bibelot d’inanité sonore,

(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx

Avec ce seul objet dont le Néant s’honore.)

Mais proche la croisée au nord vacante, un or

Agonise selon peut-être le décor

Des licornes ruant du feu contre une nixe,



Elle, défunte nue en le miroir, encor

Que, dans l’oubli fermé par le cadre, se fixe

De scintillations sitôt le septuor.

Contribution du : Aujourd'hui 16:23:03
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