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1 Utilisateur(s) anonymes
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Expert Onirien
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13/05/2022 18:39 Groupe :
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J'ai une de ces chances !
Finalement, 2026 ne sera pas une année blanche comme je m'y étais par avance trop facilement résolu. Des semaines et des mois que je n'écris plus que des commentaires. Côté textes, rien, nothing, nada, la Bérézina, que tchi. Rien en stock, rien en cours, rien dans les poches. Et pas l'ombre du commencement d'une idée. Le désert de Gobi. Et les canicules à répétition par dessus le marché ! Jusqu'à ce concours 41 au thème bizarroïde. Dans mon marasme, je me penche mollement dessus, prend connaissance des premiers envois, écris quelques commentaires. De fil en aiguille, une vague intuition se profile. Et si la chaussure, dans ses déclinaisons, était une métaphore de la vie politique, de notre société fracturée ? Voyez l'image : les brodequins ("souliers à clous") comme le symbole d'un retour à l'ordre militaire et des temps obscurs, les tongs et les claquettes comme celui du temps des vacances, de la liberté, et d'une insouciance peut-être bientot révolue, les mocassins et maroquins pour les puissants, les grolles et les pompes, appellation d'origine populaire, pour les catégories du même nom. Je jette sur le papier quelques phrases au hasard, sans trop y croire. Je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où je veux aller. Mais ce que je recherche, c'est avant tout le côté percussif de la phrase, le rythme et son énergie, sa dynamique propre. Petite parenthèse. La musique est constituée de trois éléments : une mélodie au niveau horizontal (on parle de "ligne mélodique"), des harmonies (les accords) dans sa dimension verticale et le rythme, le plus important. Car une mélodie, si belle soit-elle, n'est rien sans le rythme. Elle ne se suffit pas à elle même. A l'inverse du rythme, qui, lui, peut se passer de mélodie. Le rythme, c'est déjà de la musique. Il la précède. Il faut donc que ça fuse et que ça percute. Comme les politiques sur un plateau, il me faut à tout prix de la "punch line", et pas de la p'tite ! - quitte à prendre des risques, à bousculer les convenances et le bon goût oniriens, à forcer le trait, à caricaturer. D'où certains partis pris esthétiques auxquels j'ai essayé de me conformer. Chaque genre, après tout, a ses propres critères d'appréciation. Les principes communs ? Aller au plus court, droit au but. Alors, - tant pis pour les rimes, mais des assonances et des allitérations en veux-tu, en voilà. - des vers courts, secs, brefs. L'idéal ? Un vers, une idée, une pique. Facile à dire, plus dur à trouver. - une syntaxe volontairement appauvrie : beaucoup de verbes "être" et "faire" ; pas ou peu d'adjectifs, ces "fluxions de l'expression", on est pas là pour faire joli ; des tournures approximatives ou grammaticalement incorrectes (exemple : "des tas de trucs en stock pour quand le monde suffoque") - une syntaxe métissée à coups d'emprunts divers et variés (anglais mais pas que) avec une prédilection pour des mots courts qui sonnent et qui claquent dans l'air, bref, des mots que tout le monde regarde bouche-bée dans un salon quand ils l'ouvrent. Pour tout vous dire, je n'écoute pas spontanément de slam ou de rap, ça m'arrive de temps en temps, mais ça reste assez rare. Aussi, sans rien y connaître, je me suis lancé. J'ai tenté de m'approprier quelques uns de leurs codes ou ressorts identifiés comme tels, et de jouer avec. Et pendant quelques jours, je dois dire que je me suis follement amusé. J'ai ressenti un réel plaisir, même dans la difficulté. L'aspect ludique, au cours de cette période d'incubation, fut très important. Quant au choix de la catégorie (chansons et slams), c'est un choix par défaut. C'est ce qui me semblait, une fois fini mon texte, convenir le mieux. Mais ce ne fut pas un choix prémédité de ma part. Je ne me suis pas réveillé un matin en disant "je vais écrire un slam". Assez rapidement, j'ai senti que je tenais peut-être quelque chose. J'ai donc voulu jouer le jeu jusqu'au bout. Pour voir. Même si le concours excluait d'office mon texte, je tenais à l'envoyer pour le 8 juillet au plus tard, date limite de dépôt. J'ai du le faire le 6 ou le 7. Je ne suis donc pas peu fier d'avoir tenu les délais. Yes !Je remercie donc : - en premier lieu, la vie. - les "orgas" qui ont eu l'excellente idée de proposer ce concours, sans lequel ce texte n'aurait probablement jamais vu le jour. Certes, c'est ce que l'on appelle un vulgaire "concours" de circonstances, mais par ce choix, vous avez ranimé en moi l'étincelle de vie, l'envie créatrice. Grâce à vous, je me suis surpris moi-même à pondre "un truc" que je n'aurais jamais imaginé écrire un jour. Et dans un registre qui n'est pas le mien. Donc, grand, grand merci ! - les membres du CE qui, n'écoutant que leur courage, ont défendu à leurs risques et périls ce texte hors des clous, un peu "branque" et "foutraque" - je l'admets volontiers - en décidant de le publier. - les correcteurs et correctrices, travailleurs de l'ombre, sans lesquels rien ne peut se faire ici. - les simples lectrices et lecteurs anonymes qui ont eu la curiosité de pousser la porte de cette... curiosité. - les lecteurs et lectrices qui ont pris de leur temps pour livrer leurs impressions en commentaire. Je dois dire que j'ai été très agréablement surpris du bon accueil que vous avez réservé à mon texte, alors même que j'avais omis de livrer avec mon "kit" le mode d'emploi : "A lire à toute berzingue, pied au plancher, façon rap énervé" ! ![]() Je m'arrête là pour aujourd'hui, mais romis, juré, craché, je ne me sauve pas. Je reviendrai dans les prochains jours remercier personnellement chacune et chacun d'entre vous. A très bientôt. DJ Orni ![]()
Contribution du : Hier 18:43:26
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