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De quoi donc as-tu peur ? |
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Expert Onirien
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09/09/2015 19:27 De Nanclars (Charente)
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Merci Polza, Passant, Boutet, Provencao, rendu, Pussicat, Cristale, Amitizix, LeChevalier, Cyrill, pour vos retours sur ce texte.
Mon objectif était, face à l’angoisse que nous ressentons devant la perspective de la souffrance et de la mort, de suggérer qu’il doit être possible d’atténuer cette angoisse, qui est elle-même souffrance, par l’acquisition d’un certain état d’esprit. Comme l’on noté certains d’entre vous, ma réflexion dans ce domaine s’appuie sur des éléments issus de la Tradition.« L’homme est un petit monde et le monde est un grand homme ». La Tradition, qu’elle soit chrétienne, hindouiste, judaïque ou autres dans ses diverses déclinaisons, affirme que l’homme est un « microcosme » dans sa relation avec le monde, lequel est par conséquent un « macrocosme ». Tout les éléments qui composent le monde, grossiers et subtils, se retrouvent intégralement dans l’homme (c'est pourquoi il est dit qu'il a reçu le pouvoir de nommer tous les animaux de la terre, qui eux, ne présentent pas cette complétude). La dite correspondance s’applique donc aussi bien à la modalité corporelle qu’aux modalités psychiques, c’est à dire pour l’homme la psyché (âme), et pour le macrocosme, le « monde intermédiaire ». Les deux premières strophes rendent l’image du monde terrestre tel qu’il se présente à nous en un lieu donné, ceci la plupart du temps (si l’on met de côté ses colères volcans, tempêtes, tremblements de terre… qui sont des évènements ponctuels). C’est à dire un spectacle de « fleuves nonchalants », de saisons qui s’enchainent doucement, un ciel où passent les grands oiseaux migrateurs, les pluies nourricières, la nature pleine de vie qui offre ses couleurs, ses odeurs, sa richesse… Les deux strophes suivantes font intervenir l’humain dans sa dimension de fusion avec le monde, lors de ces moments particuliers pendant lesquels une identité commune se reconnait l’un dans l’autre. Pour la quasi totalité d’entre nous, ces moments ne durent pas, hélas ! Mais quiconque a vécu ces états — la plupart d’entre nous je crois — a constaté la présence d’un relatif état de bonheur durant ces épisodes, favorisés par l’avènement d’un beau soir d’été ou d’une nuit sereine. Ce que nous ressentons alors dans notre fort intérieur n’est pas toujours entièrement exprimable, mais nous laisse un souvenir nostalgique par notre sensation de n’être, soi et le monde, qu’un seul être : « L’âme y voit son reflet sans voiles et sans fard ». La dernière strophe souligne le fait que, si tout est impermanent et que nous sommes enrôlés dans cette impermanence, notre qualité de microcosme nous place au centre de ce mouvement qui, lui, joue indéfiniment ses accords. Or, par cette qualité, au delà du fait que notre aventure humaine ne dure dans l’absolu que le temps d’un clignement, nous avons vocation à partager cette indéfinité. La proposition de toutes les traditions, du moins dans leur aspect ésotérique, c’est de nous aider à transcender cette réalité qui nous parait se dérouler indéfiniment, alors que ni le temps, ni l’espace n’existent réellement. Tout est compris dans l’instant, et seul cet instant est réel. Nous possédons en nous cet instant, mais il nous faut le réaliser. Notre potentiel est infini, et le monde, l’univers, est fantastique, alors de quoi donc avons nous peur ? Voilà pour l’explication de texte, j’y suis allé franco quitte à passer pour un allumé, mais j’assume totalement, car c’est ma vérité, d’ailleurs beaucoup partagée ici ou là. Polza, vos citations apportent de l’eau à mon moulin, j’ai lu les auteurs que vous citez très justement, en écho de mon poème. Le conte de Bruno de Salle que vous ajoutez en deuxième intervention illustre les différences de points de vue selon la diversité de nos regards de manière imagée, chose qu’il est toujours bon de rappeler… Vous n’êtes pas le seul à être gêné par la rigueur de certaines règles du classique, et feu les auteurs, s’ils étaient encore vivants, les auraient peut être eux-même abrogées ! Passant75, désolé pour le zézaiement, je ne zozote que par écrit et non oralement, je préfère dans ce sens là. Sinon, je suis d’accord avec vous sur le fait que la vie c’est aussi la destruction, mais l’objet de ce poème n’avait pas à en tenir compte. Je suis sûr que la lecture de ce qui précède répondra à votre questionnement, aussi je me dispense d’une redite. Boutet, ravi que vous ayez apprécié l’écriture de ce texte. Vous parlez de l’éternité symbolisée par le fleuve, aussi, vous êtes sur la bonne voie pour recevoir l’essentiel décrit ci-dessus. Provencao, je vous suis, vous avez bien synthétisé mon intention dans ce texte, je crois qu’il y a bien « une âme du devenir qui nous protège de la négation », et "conscience" est un mot clé. Rendu, pour aller dans le sens de votre suggestion, je vous en ai « dit plus en forum ». Je suis heureux que vous ayez apprécié cet écrit. Pussicat, en poésie classique, « expansi-on » se prononce ainsi, car i-on est une diérèse, le nombre de syllabe de ce vers est donc bien de 12. Vous me dites vous égarer un peu plus à chaque lecture, ce qui fait que j’ai peur de vous égarer encore plus en vous donnant des explications supplémentaires. Néanmoins, j’espère que mes lignes ci-dessus vous auront convenu. Cristale, ben oui, j’eussions crus qu’en classique on pouvait ajouter, comme ça, un vers à la fin, et vive la liberté, l’évasion, quoi, la belle ! Eh ben non, mais tant pis, car tous comptes faits, et tout comme vous, je l’aime bien comme ça, le poème ! Merci pour la qualification de « beauté picturale ». La faveur exceptionnelle que vous m’accordez en matière de barème me rappelle ma charmante prof de français dont j’espérais les meilleurs retours à mon égard (je précise qu'elle ne s’appelait pas Brigitte). Merci de même pour cela. LeChevalier, merci pour la perle sur le fumier, vous êtes un vrai coq de la poésie ! Pour le fumier, vous savez néanmoins que c’est un précieux engrais, et qu’il contribue à produire d’excellents fruits. J’espère ne pas avoir trop profané votre plaisir subjectif avec la relative objectivité de mes précédentes explications de texte. Cyril, je n’imaginais pas impressionner quiconque, j’espère que vous le serez toujours un peu après avoir ouvert ce forum. Faut-il répondre à la question ? Dites-vous. Je crois que oui, que notre but en tant qu’hommes et femmes est d’accéder à la transcendance, ou du moins d’aller le plus loin possible dans cette direction. La poésie est un outil parmi d’autres, puisque par elle, nous nous allons au delà du « prosaïsme » des visions du quotidien.
Contribution du : Aujourd'hui 16:47:48
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Re : De quoi donc as-tu peur ? |
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09/09/2015 19:27 De Nanclars (Charente)
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Désolé, Amitizix, je vous ai oublié dans ma première publication. Vous appréciez le poème "en tant que concept", ce qui suffit déjà à me contenter ; tant pis pour moi si je n'ai pas su enluminer votre ressenti. Vous aussi vous êtes gêné par mon zozotement lorsque z'évoque les zoiseaux, et bien zoit, ze me le tiens pour dit !
Contribution du : Aujourd'hui 17:09:41
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