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Fragment delta numéro 10 : explications et remerciements
Maître Onirien
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09/07/2007 19:16
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Bonjour,

Je remercie le comité éditorial d'avoir accepté d'insérer ce texte dans le catalogue du site. Je remercie également les lecteurs et particulièrement les commentateurs.

Merci donc à Polza, Myndie et Cyrill !

57 lecteurs et trois commentaires, dont un seul post-publi ! Bon, je ne ferais pas de commentaire sur ce manque de commentaires… Je continuerais à faire mon cinéma d'auteur, sans chouiner que Canal+ et Bolloré refusent de me financer… ;)

Explications de la démarche labo :

Les fragments delta sont une suite de textes dans le prolongement des fragments du crépuscule, voulant ponctuer la démarche, mais dans une vision plus radicale, plus pessimiste sur le fond, plus « désintéressée » sur la forme, car c'est avant tout de la poésie qui fait son introspection. Ils explorent dans une sorte de spirale sémantique la condition humaine et la fonction profonde de la poésie à l'aune de ce nouveau millénaire… Ainsi la forme se veut radicalement nouvelle, s'éloignant des canons de beauté de la poétique traditionnelle sur la forme pour dénoncer sur le fond ce qui n'apparait plus que comme une notion esthétique dépouillée de sa substance… Comme toute introspection du sacré et de la mystique humaine, Dieu est aussi interrogé. Pour cela, pour toutes ses « missions » (car les fragments delta ne sont pas une exploration gratuite, mais ont un objectif, faire réfléchir sur la condition humaine et sur la poétique), l'écriture automatique est parfois utilisée, les phrases ne cherchant pas forcément le beau, mais à démontrer cette errance de la pensée à une époque où tout a été dit et démontré…

Ainsi le rythme est souvent arythmique, la syntaxe peut être malmenée, l'impact se trouve au-delà des images, peut-être bien dans la répétition constante d'un langage brut, synesthésique qui affirme pour interroger le sens de la vie au-delà de la poétique traditionnelle… Les fragments delta, ce sont des poésies qui s'émancipent de la poésie… Comme pour tout projet à suite, le sens des fragments delta ne se livre qu'une fois ceux-là reconstitués : ils suivent une progression et une logique d'expression qui se comprend avec les derniers fragments…

Plus précisément et toujours dans le même ton pessimiste, ce fragment parle de l'échec voire de la quasi-absence finalement de mémoire collective. Il parle aussi du désenchantement de la vie publique et politique et particulièrement des dangers de l'extrême droite qui revient en force, dans une époque où tous les ingrédients sociaux sont réunis pour que l'abominable se reproduise et transforme peut-être à nouveau la vieille Europe en gigantesque abattoir humain et que les cycles effroyables se répètent. Seul le profil des futurs persécutés change, mais c'est la même logique de rancœur, d'aigreur, de paranoïa, de complotisme, de haine de l'autre qui se met en place insidieusement.

Polza :

Merci beaucoup d'être encore là ! Certaines de vos nombreuses digressions m'ont beaucoup fait rire.

Vous avez bien saisi, je pense, la thématique principale qui se dégageait de ce fragment.

Sinon, je suis heureux que ce texte vous ait donné beaucoup de résonances tout azimut.

Pour les multiples références et pour ne citer que celle littéraire :

"La mare au diable" est effectivement un clin d'œil (gratuit : juste j'aimais bien l'image) à Georges Sand.

"Le nu perdu" et "Feuillets d'hypnos" sont deux recueils de René Char, poète résistant contre l'horreur nazie, j'étais obligé d'y faire référence ici. "Feuillets d'hypnos" est un recueil d'aphorismes parfois très poétiques, parfois plus graves, écrit dans le maquis.

"Triste tigre", vous a fait penser à Blake et son célèbre poème popularisé (relativement…) grâce à la très bonne série "Mentaliste". J'avais personnellement en tête un écrivain cubain reconnu que vous connaissez peut-être, si j'ai bien compris votre vie sentimentale : Guillermo Cabrera Infante, qui a écrit un roman épique dans la veine du réalisme merveilleux : "Trois tristes tigres". Roman "social" assez impactant sur le fond et la forme sur la vie de la Havane à l'époque de Batista. Cabrera Infante est une figure incontournable de la littérature cubaine. Après avoir été encensé par le régime castriste, il fut honni par celui-ci quand il prit ses distances. Rien de plus normal, dans une dictature, en fait ! ... ;)

"Soumis aux amours jaunes" est une allusion à un recueil de poésie de Tristan Corbières, "Les Amours jaunes". Poète français assez méconnu, pourtant très bon dans un style plutôt moderne et symboliste.

"Écoute, si on allume les étoiles", est une référence en hommage au grand poète russe Maïakovski. C'est le titre d'un de ses plus célèbres poèmes et d'un recueil.

"Les illuminations" sont un clin d'œil (encore et toujours) au grand A. Rimbaud.

Voilà ce que je pouvais vous donner comme précisions sur les réf.

Merci beaucoup et au plaisir de vous lire !

Et en attendant, je m'en vais visionner une énième fois "Les aventures de Rabbi Jacob"... ;)

Myndie :

Merci à toi d'être toujours là toi aussi !

J'ai beaucoup apprécié ta synthèse de tes impressions de lecture suscitées par ce fragment, ainsi que tes références. Merci d’avoir été sensible et d’avoir saisi, comme d’habitude, les intentions sur le fond autant que sur la forme. Pour les qualités et les défauts, je suis plutôt d'accord avec toi.

Merci beaucoup pour ton commentaire et au plaisir de te lire !

Cyrill :

Merci beaucoup pour ton com.

Oui, je reste inspiré, plus que jamais ! Faut dire qu'il y a matière… ;)

Je partage complètement ton résumé de l'aspect social qui est exposé ici. Et oui, les choses se répètent car nous n'apprenons pas de nos erreurs sur le plan collectif. Ça me fait d'ailleurs penser à cette phrase attribuée (sans véritable preuve) à Albert Einstein :

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent »

Sinon, j'ai aussi beaucoup apprécié tes remarques sur la forme, et particulièrement sur l'aspect déclamatoire et sur l'effet partition. J'aime les poésies qui réunissent réflexion, images, rythme et musicalité. Et c'est ce travail-là que j'essaie de fournir le mieux possible…

Voilà, à la prochaine !

Bonne journée les z'amis oniriens, de toutes plumes et de tout poils !

Contribution du : Aujourd'hui 13:07:35
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...  "En dehors du chien, le livre est le meilleur ami de l'homme. En dedans, il fait trop noir pour y lire"

Groucho Marx.
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Re : Fragment delta numéro 10 : explications et remerciements
Maître Onirien
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08/06/2013 21:10
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Merci pour ce retour Lari. J'attends maintenant mon prochain épisode des Fragments delta comme une certitude, et comme un bon remède contre...

Citation :
la même logique de rancœur, d'aigreur, de paranoïa, de complotisme, de haine de l'autre qui se met en place insidieusement.


Pas si insidieusement que ça d'ailleurs. je trouve que les instigateurs de cette logique sont drôlement décomplexés par les temps qui courent. Et ceux qui la relayent n'ont pas forcément une vue d'ensemble de cette logique.

Au plaisir !

Contribution du : Aujourd'hui 15:44:09
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