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Remerciements pour « Ville »
Chevalier d'Oniris
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26/12/2025 17:32
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(Un accident me laisse du temps libre ce matin, je procède donc un peu tôt aux remerciements d'usage.)

Ab Jove principium : je remercie le comité éditorial d’Oniris pour la publication de mon poème « Ville ». Il avait reçu quatre commentaires en espace lecture, plusieurs autres utilisateurs ont pris le temps de le lire et commenter hier, ce qui me fait plaisir. La grande variété des appréciations les rend d’autant plus émouvantes !

Je voudrais tout d’abord m’adresser à vous, Luron, car c’est vous qui m’avez inspiré cet écrit. Il est né après la lecture de votre « Le café du matin » ; je prévoyais un poème qui compare la ville et la campagne ; après les quatre premières strophes, venaient d’autres, consacrées à la campagne. Malheureusement, elles m'ont paru insatisfaisantes, je les ai donc envoyées à la benne et j’ai rajouté une cinquième strophe, ce qui a conduit le texte à l’état où vous le voyez sur le site. Vous avez lu d’ « un trait » et cela me réjouit beaucoup, beaucoup ! Ennuyer le lecteur, c’est ce que je crains le plus !

Lebarde, votre commentaire m’est également très sympathique. Vous qualifiez mon style de « percutant » et cela me ravit ! J’espère bientôt pouvoir vous proposer un autre poème, en attendant d’en lire des vôtres.

Passant75, Mangrove, Curwwod, mon poème n’a pas eu l’heur de vous plaire et ce pour des raisons variées, paraît-il. De gustibus et coloribus non est disputandum disaient les Romains mais je tiens quand même à préciser certaines choses qui me paraissent objectives.

Tout d’abord, il n’y a pas de rimes embrassées dans mes strophes qui sont des dizains d’un classicisme exaspérant, tels qu’on en trouve en énorme quantité chez Jean-Baptiste Rousseau, Victor Hugo et Paul Valéry. La syntaxe divise ces strophes en quatre parties : ab / ab / ccd /eed. Voyez, par exemple, « La Pythie » de Valéry.

L’autre point, qu’il me semble important, c’est qu’un poème n’a pas pour vocation de décrire la réalité dans toute sa complexité ; ç’aurait été faire un rapport d’expertise ! Le poète choisit un aspect qui l’intéresse et il montre sa fascination pour cet aspect. Si on voulait représenter pleinement la ville, comme Curwwod l’insinue, il aurait fallu non pas cinq mais cinquante, voire cinq mille strophes !

Dernière chose : l’ambition, contrairement à ce que vous dites, Mangrove, n’est pas universelle. Moi, par exemple, je n’ai pas l’ambition de vous offrir ce que vous cherchez en poésie.

Cristale, vous me flattez encore une fois et ce n’est pas une mince affaire quand on considère votre prestige sur ce site ! Curieusement, vous avez beaucoup aimé une expression qui a laissé perplexes d’autres, ce « cœur nombreux », évoqué par papipoete et Polza. Quand j’ai écrit cette expression, j’avais en tête un vers de Heredia :

« Bâiller la gueule glauque, innombrable et mouvante. »

Il m’avait paru juste qu’une hydre à plusieurs têtes eût aussi plusieurs cœurs, calcul sans doute un peu mesquin.

ANIMAL, votre commentaire est très intéressant, surtout que vous avez récemment publié un texte sur un thème similaire, ne le nions pas, « Cœurs de loups ». Oui, dans le mien il y a deux thèmes, mais je ne vois pas comment on pourrait les séparer sans dégâts : ces deux jumeaux siamois ont été conçus pour vivre ensemble.

papipoete, j’aime certains aspects de la ville et je n’en aime pas du tout d’autres ! Vous avez bien compris mon approche : sélectionner, ici, seulement ce qu’il y a de désagréable. Pour « cœur nombreux » : je voulais traduire à la fois l’idée de quantité et d’unité. Merci de votre passage qui me fait toujours plaisir car vous avez une manière de commenter particulièrement originale.

Merci à vous aussi, Provencao, pour votre appréciation généreuse et pour la découverte de ce peintre que je ne connaissais pas du tout ! J’ai vu ses « Collines rouges » qui ont une certaine similitude avec mon texte, oui.

Boutet, je vous envie noblement pour votre résidence rurale. Concernant « balbutions », c’est le présent de « balbutier ». Comme je le disais à tome15545, tous les verbes en -ier vont avec une diérèse ; pour celui-là, en particulier, le Littré en donne la confirmation. S’il s’agissait d’un imparfait (ou d’un subjonctif), comme par exemple « chantions » il n’y aurait pas eu de diérèse ; mais l’imparfait de « balbutier » est « bal-bu-ti-ions », avec ces deux « i » qui se suivent, assez bizarrement.

Par où commencer, cher Polza ? Comment vous remercier pour ce commentaire approfondi, sans avoir le sentiment de vous « sous-payer » ? Je prends le parti de m’attarder sur un aspect unique de votre appréciation : vous y parlez d’amusement, de malice. Je me réjouis que vous ayez décelé cette intention – je crois que je n’arrive jamais à être parfaitement sérieux !

Pardon, il faut aussi que je m’exprime sur le « raja » qui a été repéré par plusieurs lecteurs (et cela s’entend -- le mot est en fin de strophe). Disons que par l’exotisme de l’image (et de la rime), je voulais fuir le discours trop usé qu’on peut avoir par rapport à la ville. La forme est classique, mais nous sommes au XXIe s., nous nous devons de renouveler un peu, quand même. Vous avez raison, j'aurais pu creuser du côté du mythe du Purusha, mais l'idée ne m'est pas venue, au moins pas de manière consciente.

C’est la première fois que j’ai l’honneur de votre commentaire, Myndie et cela me réjouit beaucoup. Le hasard a voulu que votre poème « Saint-Lazare » paraisse la veille du mien. Etait-ce voulu par le CE ? Nous l’ignorerons. En tout cas, vous faites référence à plusieurs artistes, dont Verhaeren et ses Villes tentaculaires, à côté desquelles mon poème fait pâle figure. Merci beaucoup pour votre passage et au plaisir de vous lire !

Merci à vous aussi, tome15545, qui avez été sensible, comme Polza, à l’ironie du texte. Je me permets de copier-coller votre première phrase, qui correspond de très près à ma propre vision de ce texte : « Un heureux poème, très et trop généreux pour moi en objets indirectement significatifs, qui rendent un tableau baroque drôlement caricatural : l’excès montre la vérité du trait, là où un réalisme naturaliste aurait été d’un ennui commun. » : être ennuyeux est ce que je crains par-dessus tout, je vous remercie de m’avoir confirmé que ce n’est pas le cas ici.

Concernant les jeux de mots : j’envisageais, à un moment, le titre « Vil(l)e » mais j’y ai renoncé – cela me paraissait un peu infantile.

Contribution du : Aujourd'hui 9:37:32
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Re : Remerciements pour « Ville »
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Merci pour ce très enrichissant retour sur commentaires LeChevalier.

J’espère rien de grave concernant votre accident.

Par rapport à cœur nombreux, je n’ai pas pris (compris) nombreux au sens premier, une hydre à plusieurs têtes et donc plusieurs cœurs.

« Qui fait vibrer dans ton cœur nombreux » je pensais qu’il fallait prendre nombreux dans son sens soutenu, « rythmé, harmonieux », mais en relisant mieux le passage, ça ne voudrait absolument rien dire.

Par contre une petite chose que je n’avais pas vue en première lecture, deuxième dizain :

« Mais qui peut/Qui fait vibrer/Qui fait souffler/Qui coule » vous voyez où je veux en venir, j’imagine…

Je ne me sens pas du tout sous-payé, rassurez-vous, nos cordiaux échanges sont pour moi un confortable salaire qui me permet de bien vivre !

Je vous rejoins à 100 % quand vous dites que votre poème, mais par extension la plupart de poèmes, n’ont pas vocation à décrire la réalité (ou l’irréalité) dans toute sa complexité, ou alors il faut écrire une saga ou une épopée.

Votre ville est bien évidemment un de ses aspects, vous avez choisi l’angle par lequel vous souhaitiez nous la décrire, cela ne reflète pas forcément ce que pense l’auteur des grandes villes…

J’adore les jeux de mots, mais je pense que vous avez bien fait de renoncer !

Contribution du : Aujourd'hui 10:12:54
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Re : Remerciements pour « Ville »
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Bonjour LeChevalier

Ok pour la diérèse à balbutions, je ne savais pas : les verbes se "diérésant" à l'infinitif gardent leur diérèse
en conjugaison.
Habiter la campagne n'a pas que des avantages : déserts médicaux, déserts de loisirs, etc...

Boutet

Contribution du : Aujourd'hui 11:29:45
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Re : Remerciements pour « Ville »
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Boutet,

Vous avez raison pour le revers de la médaille. Heureusement qu'il y a Oniris, un complément de loisirs !...

Contribution du : Aujourd'hui 11:32:32
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Re : Remerciements pour « Ville »
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Citation :

LeChevalier a écrit :

C’est la première fois que j’ai l’honneur de votre commentaire, Myndie et cela me réjouit beaucoup. Le hasard a voulu que votre poème « Saint-Lazare » paraisse la veille du mien. Etait-ce voulu par le CE ? Nous l’ignorerons. En tout cas, vous faites référence à plusieurs artistes, dont Verhaeren et ses Villes tentaculaires, à côté desquelles mon poème fait pâle figure. Merci beaucoup pour votre passage et au plaisir de vous lire !

.



Bonjour LeChevalier,

C'était un plaisir de le commenter, n'en doutez pas.
Verhaeren est évidemment un de mes poètes favoris et si je l'ai pris en référence, votre "Ville" n'a pas à rougir. Pour le coup, c'est ma gare qui fait pâle figure à côté d'elle.
Figurez-vous que je me suis posé la même question sur ce "hasard" qui a voulu que mon poème précède le vôtre
Il faudrait être quand même sacrément parano pour imaginer que la mise en balance était volontaire.
Sur les bords et à côté comme dit la chanson, je crois bien que je suis un peu parano...

Contribution du : Aujourd'hui 12:58:17
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"Les mots peuvent être "impuissants" et pourtant ils sont tout ce que nous avons pour étayer nos ruines". Joyce Carol Oates
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Re : Remerciements pour « Ville »
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De Tannhäuser Gate
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C’est vrai que vous craignez un peu Myndie


En ce qui concerne Émile Louis Verhaeren, Stefan Zweig que j’aime beaucoup a écrit un livre sur lui,
Émile Verhaeren, sa vie, son œuvre.

« C’est en 1910 que Stefan Zweig publie ces pages consacrées au célèbre poète belge, auteur des Villes tentaculaires. Tout le passionne dans cette œuvre : son intense, expression de l’âme flamande, la puissance avec laquelle elle traduit les forces du monde moderne, industrie, urbanisation, masses ouvrières. “Toutes les manifestations de l’activité moderne se reflètent dans l’œuvre de Verhaeren et s’y transmuent en poésie”, écrit-il. Par-dessus tout, Verhaeren lui apparaît comme une des grandes voix qui incarnent l’Europe.

Avec la même curiosité passionnée qui le pousse vers Érasme ou Nietzsche, Balzac ou Freud, le romancier de La Confusion des sentiments et du joueur d’échecs souligne ici la portée universelle d’une œuvre qui - à l’instar de la sienne - voulut témoigner pour l’Homme face à l’écrasement du monde et de l’Histoire. »

Contribution du : Aujourd'hui 13:51:55
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Re : Remerciements pour « Ville »
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Myndie,

Après votre « Saint-Lazare » et ma « Ville » on est aujourd'hui à « Où vont les gares ». C'est peut-être l'effet des élections municipales !

Contribution du : Aujourd'hui 14:00:38
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Re : Remerciements pour « Ville »
Maître Onirien
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Bonjour poète LeChevalier,

Permettez moi de reprendre vos mots : "Curieusement, vous avez beaucoup aimé une expression qui a laissé perplexes d’autres, ce « cœur nombreux »"

Effectivement : "coeur nombreux"... que ça résonne bien dans le contexte du poème en ajoutant cette petite note romantique.
J'ai trouvé cette expression des plus gracieuses très explicite, très poétique, d'un langage relevé qui n'est pas figé dans le français courant. Un cœur multiple qui a plusieurs voix, une capacité à accueillir beaucoup d'émotions, de mondes intérieurs.

Loin de moi le désir de vous flatter, simplement j'aime énormément votre façon d'écrire, et quand j'éprouve autant de plaisir en découvrant une écriture qui me hisse vers le haut je le dis, tant pis pour vous. ^^

Merci pour votre agréable retour,
et au plaisir d'un nouvel opus de votre plume affutée.

Contribution du : Aujourd'hui 14:19:15
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Re : Remerciements pour « Ville »
Expert Onirien
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Citation :

Polza a écrit :


Par contre une petite chose que je n’avais pas vue en première lecture, deuxième dizain :

« Mais qui peut/Qui fait vibrer/Qui fait souffler/Qui coule » vous voyez où je veux en venir, j’imagine…



Après, en y réfléchissant à deux fois, Baudelaire dans la mort des pauvres fait quasiment pareil, ce n'est peut-être pas si gênant que je le pensais après tout...

La mort des pauvre

C’est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ;
C’est le but de la vie, et c’est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le cœur de marcher jusqu’au soir ;

...

C’est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

etc.

Contribution du : Aujourd'hui 15:15:38
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Re : Remerciements pour « Ville »
Maître Onirien
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24/02/2015 19:46
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Merci pour votre retour.
Et je suis heureuse de vous avoir fait découvert cet artiste peintre qui sublime ses tableaux.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

Véronik

Contribution du : Aujourd'hui 15:52:01
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" La poésie libère la magie des mots"
Stéphane Jean
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