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Re : exercices d'écriture euphonique
Onirien Confirmé
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Ferrandeix,

J'ai regardé votre site. Je n'ai pas tout lu dans la partie "écriture euphonique" mais si je comprends bien, c'est une notion que vous définissez en vous appuyant sur votre jugement personnel et non pas sur celui des autres. Je trouve l'interdiction d'un "e caduc terminal postaccentuel" inutilement sévère. Vous reconnaissez d'ailleurs que vous l'imposez non pas en raison de l'euphonie, mais car l'auteur ne peut pas être sûr comment le lecteur lirait de tels e caducs. Ce n'est donc pas une affaire d'euphonie mais de contrôle.

J'ai des réserves importantes quant à la répétition d'une consonne dans deux syllabes qui se suivent. Le français est une langue assez pauvre en consonnes, elles n'ont pas non plus la même fréquence. Exclure les syllabes successives qui contiennent des consonnes telles que R, T, L etc., me paraît tout à fait excessif.

Contribution du : 31/12/2025 15:55
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Re : exercices d'écriture euphonique
Chevalier d'Oniris
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La réponse à tes remarques est très compliquée. Tout d’abord, comme je l’ai déjà dit, l’écriture euphonique n’est pas une vérité apodictique. Elle dépend de la sensibilité de chacun, du style et de l’affect induit par le genre littéraire, le registre de langage… Personnellement, je n’écris pas tous mes textes littéraires en écriture euphonique. D’après les avis que j’ai reçus, il est reconnu que l’écriture euphonique selon ma conception communique une fluidité spécifique au texte, mais là où se situe la relativité, c’est que certains préfèrent une écriture plus vigoureuse, plus âpre et ils n’ont pas forcément tort de leur point de vue. Je m’appuie donc en partie sur le jugement des autres, mais sans doute insuffisamment. Le problème est aussi qu’en la matière, les appréciations topiques sont rares historiquement et ne proposent aucune typologie, aucune définition des cacophonies, du moins à ma connaissance. La fluidité s’appuie en partie sur la facilité élocutoire et peut créer, me semble-t-il, une sensation euphorisante, cependant elle peut confiner pour certains à la mièvrerie. Du coup, cela prouve que les contraintes de l’écriture euphonique ne sont pas gratuites, elles impliquent un affect, pas apprécié forcément, mais sensible. Ceci vaut particulièrement pour les cacophonies consonantiques que tu évoques. D’autre part, tu critiques certainement avec juste raison la préconisation systématique d’éviter toute consonne identique au niveau des syllabes en interface, ce qui te paraît excessif. En réalité, il faut nuancer, mais si on rentre dans le détail, on est dans l’obligation de poser des préconisations plus compliquées que j’évite à ce stade. Pour le L, l’effet négatif est certainement léger, en revanche pour le R, je suis moins d’accord avec toi. Je ne vois pas trop quelle autre définition simple poser a priori. Parfois, il faut juger au cas par cas. Les cacophonies, très polymorphes et très graduelles, se prêtent difficilement à une analyse conformationnelle. Il faut considérer aussi l’effet global. Une accumulation de cacophonies légères isolément vont créer un ensemble général moins fluide.

Pour ce qui est des cacophonies vocaliques, pour la plupart évitées en poésie classique, rien ne prouve effectivement que la tradition historique ne soit pas gratuite. Là, je n’ai pas vraiment d’argument à opposer. Du reste, j’en ai beaucoup rabattu sur ces cacophonies, possiblement assez secondaires, notamment en cas d’intercalation de bref arrêt temporel.

Concernant les e post-accentuels terminaux, c’est encore plus compliqué. C’est vrai, comme tu le remarques, que je les évite car je n’ai pas trouvé de solution à ce problème en prose. Après pas mal d’années de réflexion là-dessus, il m’est apparu que leur évitement est le seul moyen d’obtenir un texte vraiment propre. J’ai tout essayé, notamment utiliser la règle des trois consonnes, mais cela ne fonctionne pas vraiment. Les e post-accentuels terminaux représentent une voyelle tampon qui évite les rencontres consonantiques, donc qui crée de la fluidité. En conséquence leur présence “artificielle” peut être perçue négativement. Ils créent également des accents toniques obligés (la syllabe qui les précède) et donc une certaine scansion, bienvenue en poésie, mais qui n’a pas de sens en prose. Les supprimer entraîne un texte plus uni, plus reposant, me semble-t-il. Tout cela est une question d’appréciation, bien sûr. Il est d’autre part impossible de laisser leur prononciation à la discrétion du lecteur. En poésie classique, ils se prononcent obligatoirement, ce qui résout le problème et ils sont limités (notamment par la césure), mais ce n’est pas possible en prose. La prononciation des e post-accentuels terminaux, comme celle des liaisons, influe sur le registre de langage, dont l’auteur devrait avoir la maîtrise. Une expression supérieure de la littérature ne peut pas les laisser au hasard et de ce point de vue, la poésie classique, malgré tous ses archaïsmes absurdes, sera toujours supérieure à la prose. Il faut également signaler qu’historiquement, ces e ont été critiqués (par Deodati di Tovazzi notamment).

Tu m’évoques la sévérité des contraintes, notamment celle sur les e post-accentuels terminaux (en prose uniquement), j’en conviens, mais je remarquerais que l’ensemble des préconisations de l’écriture euphonique est beaucoup moins contraignante que les règles de la poésie classique.

Pour juger l’écriture euphonique, il faut en avoir entendu ou en avoir lu (par subvocalisation intérieure) un extrait suffisant (en la prononçant correctement). As-tu procédé à l’expérience? La sensibilité à l’euphonie s’acquiert également dans une certaine mesure, me semble-t-il. Je te propose ces 2 extraits, le premier en prose, le second en poésie:

Ma journée dans le parfait monde (prose)
https://youtu.be/73mVRi3aPkY

Lac sous le crépuscule (poésie)
https://youtu.be/UTfCwZvkR2k

In fine, je dirais que tes remarques sont en partie fondées, mais discutables. J'espère néanmoins que ma réponse pourra t’ouvrir un champ de réflexion. Je pense cependant avoir conçu un corpus cohérent de préconisations pour un auteur qui voudrait s’y essayer. Merci pour cette contribution.

Contribution du : 02/01 08:05:04
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Re : exercices d'écriture euphonique
Chevalier d'Oniris
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Rappel de la phrase dysphonique en prose proposée précédemment:

Il parla outrancièrement, puis se calma, épuisé.

Personne n'a proposé de variante euphonique. Pas grave, on peut poursuivre.

Cette phrase comporte une cacophonie vocalique proximale entre “parla” et “outrancièrement” en a ou. On remarquera qu’entre “calma” et “épuisé” se trouve une virgule qui indique, d’après l’Académie (et d’après les préconisations de l’écriture euphonique aussi), un arrêt temporel, en conséquence on considère qu’il n’y a pas de cacophonie vocalique à ce niveau.

Voilà 2 solutions proposées pour éviter la cacophonie en a ou

Il parla surabondamment, puis se calma, épuisé…

Il discourut excessivement, puis se calma, épuisé

On reviendra sur les cacophonies proximales, définies provisoirement d’une manière générale qui pourrait être affinée. Passons aux e post-accentuels terminaux. Pourquoi cette appellation? C’est parce qu’une définition s’appuyant sur une caractéristique morphologique est toujours plus précise qu’une définition d’après un fonctionnement oral variable

En prose, on évitera la présence des e post-accentuels terminaux à l’intérieur de la phrase, cela pour un grand nombre de raisons que l’on ne va pas toutes indiquer pour l’instant. Tout d’abord, il est impossible d’admettre qu’une langue littéraire comporte une telle imprécision de prononciation liée à la labilité possible ou non de ces e. C’est bien ce qui s’est vite imposé dans la poésie classique où ils sont obligatoires à l’intérieur du vers. De surcroît, ils imposent dans le cas de la prose des accents toniques, bienvenus en poésie, mais plutôt gênants en prose. Leur évitement permet d’obtenir un discours plus uni, plus agréable, me semble-t-il. Comparer par exemple:

Un étrange volatile

Un curieux volatile

Et voici l’exercice proposé: évitez la présence des e post-accentuels terminaux dans la phrase

Une toute petite chose

Contribution du : 03/01 09:00:18
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Re : exercices d'écriture euphonique
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Un petit rien !

Contribution du : 03/01 13:55:03
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Re : exercices d'écriture euphonique
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Un truc insignifiant

Contribution du : 03/01 17:52:29
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Re : exercices d'écriture euphonique
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Je tente :

un pet de mouche ?

Le "e" est à la fin de ma phrase, il n'est pas à l'intérieur.

Contribution du : 03/01 18:02:16
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Re : exercices d'écriture euphonique
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Une assez petite affaire.

Contribution du : 05/01 13:40:32
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Re : exercices d'écriture euphonique
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Rappelons la phrase proposée qui comporte 3 e terminaux

Une toute petite chose.

Vos propositions, dans divers registres de langage, me paraissent bonnes:

Un petit rien ! - Un truc insignifiant - un pet de mouche - Une assez petite affaire.

On s’aperçoit que l’écriture euphonique ne confine pas forcément à un style affecté, elle peut conduire à un style léger, concis alors que le langage relâché conduit parfois à des complications inutiles.

Je propose, par exemple, dans un registre neutre:

Un minuscule objet

Allez, je m’avance, je vais jouer au maître d’école. Je donne un “bon point” à David pour son “petit rien”.

Complément d’ordre analytique. Qu’en est-il des e à l’intérieur de la phrase au niveau des pauses courtes (notamment des virgules). Après réflexion (sur des années), il m’a semblé qu’une pause courte n’était pas suffisante pour “absorber” le e post-accentuel, par exemple:

Il gravit la colline, puis admiras le paysage. C’est alors qu’il redescendit.

Il me semble que l'absorption du e de colline casse la phrase malencontreusement. En revanche, le e de paysage passe bien.

Pour expliquer, il faut rentrer dans le détail. Je ne suis pas linguiste, mais j’ai quand même quelques connaissances de biologie qui me restent sur l’appareil phonatoire, et surtout quelques notions de biophysique.

Considérons les 2 phrases:

Je vais au bal
Je joue à la balle

Dans la vie courante, on ne crée pas de différence sur la finale “bal” ou “balle”. En poésie, il serait judicieux de marquer le e d’une rime féminine par un léger prolongement, un e asthéno-tonique qui le différentierait de la consonne brute l. mais qu’en est-il de cette “consonne brute”? En réalité, le terme de terminaison en “consonne brute” est une notion scripturale. Oralement, il y a obligatoirement le passage d’une colonne d’air, quoique brève et faible, qui engendre un son, lequel ne peut pas être raisonnablement nommé voyelle ni consonne. Disons, selon les consonnes à la naissance de ce son, que cela peut ressembler à une sorte de claquement, chuintement… et ce son tiendrait plus du chuchotement (qui fait très peu intervenir ou pas du tout les cordes vocales). Quoi qu’il en soit, ce son, à ce qu’il me semble, est susceptible de casser le discours, raison pour laquelle sa présence ne peut être tolérée que sur une pause longue, c’est-à-dire un point, une fin de phrase.

Pas d'exemple à traiter dans ce message, mais je vous pose une question. S’il faut éviter de mettre un mot terminé par un e au niveau d’un arrêt temporel (virgule, par exemple…), après quelle terminaison de mot peut-on mettre une virgule? Donnez un exemple.

Contribution du : 06/01 00:01:17
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Re : exercices d'écriture euphonique
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Elle voulait aller au bal, tout simplement.

Contribution du : 06/01 08:42:54
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Re : exercices d'écriture euphonique
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Phrase proposée par Embellie;

“Elle voulait aller au bal, tout simplement.”

On se trouve exactement dans le cas où un bref prolongement sonore inévitable suit la consonne précédant la pause (indiquée par la virgule), cas que j’ai expliqué dans mon message précédent. Il me semble que cette disposition crée une coupure indésirable à l’intérieur de la phrase. Par ailleurs, Embellie a oublié le e post-accentuel de “elle”.

Et l’on peut s’apercevoir que si on réalise, au lieu de la pause courte, une simple inflexion vocale sans pause, c’est beaucoup plus agréable à la lecture, me semble-t-il, ce qu’on écrira:

Elle envisageait d’aller au bal / tout simplement.

Le signe de coupe / est un séparateur syntaxique que l’on peut négocier sans pause contrairement à la virgule.

Pour plus de commodité, on peut écrire:

Elle envisageait d’aller au bal’ tout simplement.

Alors, quelle terminaison peut permettre une pause courte à l’intérieur de la phrase sans créer un effet négatif de coupure. Il n’existe qu’une possibilité: une terminaison consonantique. Exemple:

Elle envisageait d’aller au bain, tout simplement.

La terminaison consonantique “bain” permet de se reposer transitoirement sur un son propre.

Exercice;

Trouver les dysphonies dans la phrase en prose suivante et proposer une phrase modifiée

Dès que vient le soir, je rejoins mon logis, puis je me couche, éreintée.

Contribution du : 09/01 11:23:59
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