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À propos de "Des couilles en or"
Visiteur 
Tout d'abord, merci aux deux lecteurs-commentateurs-évaluateurs (Socque et Jaimme) qui ont bien voulu se pencher sur un texte écrit patiemment pendant plusieurs mois. Leur courage est admirable.
Merci aussi à Monlokiana pour sa tentative, non moins courageuse.
Je sais que le texte est fort long et je comprends fort bien que cela rebute (moi-même, j'hésite à aborder des textes plus longs).

Je ne pense pas utile d'écrire des pages et des pages au sujet d'un texte qui semble n'intéresser à peu près personne. Par expérience, je sais que dans pareil cas la durée de vie d'un texte ne dépasse guère les cinq minutes requises pour découvrir les commentaires issus de l'EL, surtout en ce moment, sans toutefois exclure d'heureuses surprises. Le moment de la publication n'aidait sans doute pas. Cinq minutes dominicales prises sur mon petit-déjeuner royal, confectionné au Brie et au Hollande, en observant la pluie noyer mon bourg. Mais je ne vais pas bêler. Je laisse aller, c'est une valse. Ne soyons pas primaires ! J'attendrai un second tour.

...

J'en étais là, ce matin, de l'écriture de ce petit billet au sujet de mon texte. Mais comme j'écris extrêmement lentement, le voilà déjà caduque ! Deux commentaires supplémentaires me sont offerts (merci Manchaballe et Lunar-K).
Comme il est définitivement démontré maintenant que je ne m'intéresse qu'à la forme des textes, je n'aurais pas pu renoncer à un fond devenu imaginaire pour sucrer le prétexte aux jeux de mots.


Je voudrais essentiellement répondre aux deux premiers lecteurs-commentateurs sur un point précis. Surtout à Jaimme, car l'explication (ou plutôt la non-explication) me semble utile, sinon indispensable; mais aussi à Socque, concernant un point qui peut sommes toutes être abordé sous le même angle. J'ai hésité à répondre uniquement par MP, mais les commentaires, étant publics, peuvent amener des interrogations légitimes. J'ai donc finalement décidé d'y répondre publiquement.

Je ne répondrai pas vraiment aux réflexions/interrogations, mais j'expliquerai pourquoi je n'y réponds pas (la signature sous mon profil illustre sans doute bien cela).

Tous mes textes écrits jusqu'à présent l'étaient à la première personne du singulier, le narrateur étant également le personnage principal. C'est sous le point de vue exclusif de ce héros-narrateur que l'histoire est vécue et restituée (égocentrique, comme dit à très juste titre dans le commentaire de Lunar-K). Le présent texte ne déroge pas à cette habitude qui semble devenir une règle. Lorsque ce héros-narrateur évoque les raisons qui poussent les autres personnages à agir, ce n'est essentiellement que sous forme de questions qu'il se pose et, éventuellement, de bribes de réponses qu'il se propose et qui ne valent que pour lui. Ceci me paraissait plus indispensable encore dans ce texte qui imagine précisément une situation de scission (extrême et volontairement caricaturale, le texte relevant sans doute au moins autant du pamphlet que de la science-fiction) entre deux points de vue a priori inconciliables, mais plus vraisemblablement incompris par paresse intellectuelle et égoïsme animal inhérent à l'humain parmi les bêtes.

Bref, venons-en aux faits !

Citation :

Jaimme a commenté :

Pourtant l'utilisation de la barbe et de la burqa me semble inappropriée. Ici il semblerait que l'islamisme soit à l'origine, ou devienne le porte-drapeau de cette androphobie. Pourquoi? L'aspect est essentiel et n'est pas développé. Cela me semble inutile ou alors il faut expliquer (ou j'ai loupé un truc...).


La barbe est ici symbole de masculinité, non revendiqué par les hommes, mais imposé à eux pour les marquer et les exclure. Tous les barbus ne sont pas islamistes.

La burqa est un instrument utilisé par Pierrot pour pouvoir déambuler au pays des femmes sans être reconnu comme un homme. Je trouvais amusant ce renversement. Il n'y a pas d'autre explication. Il est certain que la burqa est un symbole beaucoup plus typé encore que la barbe et je comprends le questionnement du lecteur.

Je ne suis pas responsable des projections faites par le lecteur, mais je reconnais très volontiers, a posteriori, que l'association barbe/burqa amène facilement des suspicions. Tu me croiras ou non, Jaimme, même si ça peut paraître gros, mais je n'y ai pas pensé une seule seconde en écrivant. On peut donc considérer qu'il s'agit d'une maladresse de ma part.

Au cours de l'écriture, je me suis longuement interrogé pour trouver une raison plausible au rétablissement de l'autorisation, à l'Ouest (pays des femmes), du port de la burqa. Et puis, finalement, j'ai laissé tomber. Je me suis dit que ce n'était pas le problème de Pierrot, que comme bien souvent les hommes (sans distinction de sexe), il subissait les choses sans forcément comprendre leur raison d'être. Aussi, je n'aurais pas voulu tomber dans ce travers typique de la SF (mais dont je reconnais bien que j'en connais très peu) de décrire avec excès les situations technologiques, sociales, politiques,… comme s'il s'agissait de présenter au lecteur un inventaire de la situation. Je veux une histoire vivante et non un listing ennuyeux. Pourtant, j'aurais pu m'y autoriser davantage encore, sachant que le temps du lecteur apparent présente un décalage particulier par rapport au temps du narrateur (cfr. le bout de texte qui sert de "résumé"). Il ne s'agit pas de simuler la contemporanéité des deux dans le futur ni, par quelque pirouette technologique, de s'adresser à un lecteur du passé pour l'avertir d'une situation future. Il s'agit de s'adresser à un lecteur supposé du futur (dont le narrateur n'est même pas certain qu'il sera humain) pour rendre compte d'une situation qui est très largement antérieure à ce lecteur virtuel, bien qu'il s'agisse en fait pour le narrateur de partager avec le lecteur réel une situation qui leur est à peu près contemporaine.
Heu… c'est clair ?
L'auteur du texte est également un personnage virtuel du récit, car il a voulu son texte autobiographique comme document archéologique. Mais il s'agit moins de placer le héros-narrateur dans un monde qu'il décrit et explique que de le placer dans un monde qu'il ne comprend pas et qui le dépasse, puisqu'il s'agit, pour l'auteur réel, de partager cette incompréhension avec le lecteur réel.
Bof… je crois que c'est encore moins clair, là, non ?

Citation :

Socque a commenté :

La présence de Madeleine, à part pour mieux faire comprendre le narrateur, ne m'a pas paru bien utile non plus, et je trouve décevant qu'on n'ait aucune idée de ce qui l'avait amenée au départ à passer à l'Est.


Là encore, je me suis interrogé longuement pour savoir et peut-être comprendre pourquoi Madeleine voulait passer à l'Est. Et là aussi, j'ai laissé tomber. Je me suis mis dans la peau du personnage et pas de celle de l'auteur. Pierrot n'en sait rien, il ne peut que supposer :

Madeleine pourrait-elle un jour, elle aussi, devenir immangeable si elle patientait trop ? Ce pouvait être, après tout, la raison pour laquelle elle marchait alors à mes côtés.


Même s'il se permet, pour la commodité, la tranquillité de son esprit, de brosser une hypothèse sommaire :

Voilà bien la vraie révélation sur ma nature : je n'étais qu'un voyeur nostalgique. Madeleine, elle, était allée beaucoup plus loin. Elle ne matait pas les hommes, elle leur tendait la main. Elle aussi cherchait du mauve. Et je ne lui avais fournit que du noir !

Bien entendu, j'aurais pu utiliser maintes techniques pour fournir une réelle explication, comme profiter des dialogues pour faire parler Madeleine à ce sujet.
Comme dit dans un commentaire, le texte ne dépasse peut-être pas le banal et la "philosophie de comptoir". Pas de problème, Lunar-K, je ne prends pas ombrage de ce commentaire, parce que c'est ça qui m'intéresse : me faire chroniqueur du banal, également de la philosophie de comptoir qui anesthésie pour un moment ceux qui se sentent écrasés de peur par un monde qu'ils ne comprennent pas. Je me méfie énormément des textes "intelligents". Je vois bien plus d'égocentrisme dans les textes qui se veulent intelligents, fussent-ils rédigés sous le couvert d'un narrateur omniscient pour ne pas alerter le lecteur sur la satisfaction probable de leurs auteurs, que dans les textes qui exposent le héros-narrateur et, par la-même, l'auteur. Tant que les philosophes de haut vol n'auront pas, pas leur littérature brillante, cloué le bec aux philosophes de comptoir, il restera des histoires à raconter dans les bistrots.

Contribution du : 10/10/2011 16:24

Edité par David le 11/10/2011 17:00:36
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Re : A propos de "Des couilles en or"
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Citation :
c'est ça qui m'intéresse : me faire chroniqueur du banal, également de la philosophie de comptoir qui anesthésie pour un moment ceux qui se sentent écrasés de peur par un monde qu'ils ne comprennent pas.


Je pense ne pas avoir été très clair sur ce point, désolé. En fait, ce n'est pas tellement la "philosophie de comptoir" que je vous reproche. Je n'ai rien a priori contre elle. Bien au contraire, je suis convaincu qu'il y a une profondeur dans le quotidien que le pilier (de comptoir donc) seul sait récolter et que le philosophe (le vrai cette fois : celui accrédité, publié et tout le tintouin ^^) a sans doute beaucoup à apprendre de lui. Une petite anecdote assez connue pour illustrer mon propos : lorsque Sartre a découvert le phénoménologie, il se trouvait dans un bar (ben tiens...) et aurait pleuré de joie à cette seule idée de pouvoir philosopher à partir des objets aussi quotidiens qu'une pinte de bière (bon, ça offre une vision un peu réductrice de cette discipline m'enfin...).

Mais, ce sur quoi portait vraiment mon reproche, c'est que vous vous contentez d'exprimer le banal dans un cadre qui ne l'est absolument pas. Quel intérêt de placer vos personnages dans un univers "futuriste" (même aussi peu décrit que celui-là) si c'est pour se retrouver au final avec des réflexions qui pourraient tout aussi bien trouver leur place dans le monde actuel ? J'ai eu l'impression d'un "gâchis" en lisant ce texte. S'il s'agissait "simplement" de généraliser la frustration sexuelle de votre narrateur en concrétisant effectivement le rejet de l'homme par la femme, eh bien... il me semble que c'est faire beaucoup pour pas grand-chose...

Contribution du : 10/10/2011 18:55
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Sans puissance d'expansion, sans une certaine domination sur les choses, la vie est indéfendable. Une seule chose est exaltante : le contact avec les puissances de l'esprit.
A. ARTAUD
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Re : A propos de "Des couilles en or"
Visiteur 
Citation :
Quel intérêt de placer vos personnages dans un univers "futuriste" (même aussi peu décrit que celui-là) si c'est pour se retrouver au final avec des réflexions qui pourraient tout aussi bien trouver leur place dans le monde actuel ?


C'est bien là le paradoxe. L'humain reste, que l'univers soit futuriste ou non. Et c'est cette banalité, cette "philosophie de comptoir" qui rend le personnage attachant. En fait, il est comme nous (moi). Il n'est qu'humain. De plus, est-il nécessaire de décrire ce futur ? À mon avis non. L'exposé des situations se suffit à lui même. Nous ne sommes pas dans une nouvelle de SF à proprement parler. Ici pas de P.K. Dick, d'Asimov, de Ballard.

Contribution du : 10/10/2011 20:37

Edité par bulle le 10/10/2011 22:27:03
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Re : A propos de "Des couilles en or"
Expert Onirien
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Je suis tout à fait d'accord avec vous pour dire qu'il ne s'agit pas de science-fiction. Du moins pas au sens où je l'entends (ce qui ne veut pas dire grand-chose n'étant pas particulièrement amateur du genre). Néanmoins, il s'agit bien, selon moi, et dans les prétentions avouées dans l'incipit ("je voulais qu'on puisse savoir que le monde dans lequel j'ai vécu a réellement existé), de ce que j'appellerais plutôt un "récit d'anticipation".

Et c'est là que ça coince pour moi, car, entre l'intention initiale de décrire un monde et le texte effectif, il y a un gouffre. Il faut dire que je ne souscris pas du tout à votre postulat : "L'humain reste, que l'univers soit futuriste ou non". Personnellement, je suis convaincu du contraire. Enfin, non, bien sûr je crois que l'humain reste, mais il ne reste pas inchangé ! C'est un poncif de dire cela mais il est clair, pour moi, que l'humain se définit par rapport au monde autant qu'il définit ce monde. Il y a une espèce de "fondation rétroactive du monde sur le sujet" si bien qu'on ne peut penser dans le cadre d'un monde "futuriste" (aussi proche ce futur soit-il) comme on pense dans le monde contemporain.

Or, quand bien même le monde décrit par Incognito est temporellement proche du nôtre (l'action se déroule dans les années 2020 si ma mémoire est bonne), tout ce qui touche à l'organisation sociale et tout particulièrement sexuelle de ce monde est tout à fait différent de ce qu'on connaît actuellement. Pour moi, ce facteur devrait davantage intervenir dans la psychologie du narrateur. Comme ceci, j'ai un peu l'impression d'être en face d'une espèce de "système isolé", (presque) totalement indépendant du monde "futuriste" dans lequel il évolue.

Pour ce qui est de la nécessité de décrire ce futur, vous aurez compris que je ne le pense pas. Non, il ne faut pas obligatoirement le décrire en long, en large et en détail. Par contre il faut que ce monde apparaisse, d'une manière ou d'une autre, dans le récit et que le personnage interagisse avec lui d'une manière qui est propre à ce monde (propre aussi au personnage, bien sûr).

Contribution du : 10/10/2011 21:38
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A. ARTAUD
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Re : A propos de "Des couilles en or"
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Merci pour vos précisions, Lunar-K. Je comprends mieux votre point de vue à présent. Je n'ai hélas pas le temps pour l'instant, mais j'y reviendrai plus tard si ça intéresse quelqu'un.
Pour l'instant, je dirais que je ne connais rien ou presque du genre SF. J'ai bien sûr vu quelques films de SF, avec des plaisirs très inégaux. Je crois bien que le seul texte de SF que j'ai lu jusqu'ici est la nouvelle "L'étabe" de Jaimme. Ou alors peut-être quelques chapitres d'un "Karl Sagan", il y a très longtemps. Je ne sais plus très bien. Il est donc bien évident que si l'on considère ce texte strictement comme de la SF, il s'agit de ma part d'une improvisation totale et qu'il peut être décevant pour celui qui en attendait autre chose.

Je me propose de prendre les choses dans l'autre sens, c'est-à-dire à l'endroit, en décrivant la genèse de ce texte. Il est bien évident que le lecteur est le maître de sa lecture et que je ne cherche pas à nier votre perception, ni de la modifier. Il s'agit simplement d'éclairer différemment le texte en expliquant la démarche d'écriture.

A suivre...

Contribution du : 10/10/2011 21:49
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Re : A propos de "Des couilles en or"
Visiteur 
Je poursuis donc... (Brabant, je t'oublie pas. Je m'occupe de ton cas plus tard)

D'ailleurs, je m'appuierai pour cela sur ce que Lunar-K a écrit :

Citation :

Or, quand bien même le monde décrit par Incognito est temporellement proche du nôtre (l'action se déroule dans les années 2020 si ma mémoire est bonne), tout ce qui touche à l'organisation sociale et tout particulièrement sexuelle de ce monde est tout à fait différent de ce qu'on connaît actuellement.


Je ne suis pas du tout de votre avis, et c'est bien là que se situe pourtant le sens de ce texte. Il ne s'agit pas vraiment de SF, ni même d'anticipation, pour tout dire. Je n'arrive pas vraiment à me décider entre le pamphlet, la satire ou la caricature. Il y a sans doute un peu de tout ça, c'est-à-dire rien de ce qui est proposé comme classification sur Oniris. De toute façon, moi, les classifications...
Mais Oniris oblige à classifier. J'ai bien compris l'argument plaidant pour cette classification et je ne le conteste d'ailleurs pas. Seulement, il faut bien avouer que dans certains cas limite, il n'est pas du tout commode de choisir. Pour mon texte, aucune classification ne convenait vraiment. Dissertation/Réflexion ? Bof ! A la limite, "Réalisme/Historique" était peut-être ce qui convenait le mieux, mais c'eut été aller un peu loin dans la provoc.

Je me suis permis d'extraire quelques phrases de Wikepedia qui me conviennent plutôt bien sur chacun de ces trois genres relativement voisins :

Citation :

Le pamphlet :

Le caractère explosif du pamphlet tient du fait que son auteur a l'impression de détenir à lui seul la vérité ; il jette un regard indigné sur le monde.
Le pamphlétaire veut faire éclater une évidence (d'où une absence de nuance) ; pour cela, il use d'un discours maximaliste et hyperbolisé. Ainsi, il se repose sur une vision du monde catastrophique annonçant la mort de quelque chose (une notion, une valeur...). Le pamphlétaire n'utilise ni argument ni preuve, il recherche l'action immédiate.
Le pamphlet a pour but d'inciter le lecteur à agir en le poussant à l'indignation de vivre dans un « tel » monde.


Citation :

La satire :

Selon le petit Robert, le sens moderne et courant est : « Écrit, discours qui s’attaque à quelque chose, à quelqu’un, en s’en moquant ».
La satire peut employer divers procédés, notamment l'exagération, technique commune de satire où l’on prend une situation réelle et on l'exagère à un point tel qu'elle devient ridicule. La caricature se rattache à cette technique.


Citation :

La caricature :

Une caricature est un genre littéraire de dessin humoristique qui charge certains traits de caractère souvent drôles, ridicules ou déplaisants dans la représentation d’un sujet.
Les caricatures, notamment dans la presse écrite sont à visée sociale, politique, toujours critique.
Dans le cas d'un « portrait-charge », le caricaturiste rendra plus importants certains traits du visage selon ce qu'il cherche à montrer. Mais sa caricature ne dépréciera pas son sujet pour autant, de manière obligatoire, car elle voudra mettre avant tout l'être et son contexte en avant, ce qui peut se révéler soudain comme un avantage, lorsque la charge est évidente.
Par extension en littérature, il s'agit aussi d'une description qui se veut comique ou satirique par les mêmes moyens : la charge de certains des traits, pouvant aboutir à la parodie voire au simulacre (synonyme de satire).



Maintenant, la genèse du texte. Elle remonte très loin.
J'ai passé mon enfance et mon adolescence dans un contexte familial presque exclusivement féminin : tantes, cousines, presque toutes divorcées, ma mère comprise. Ces dames entre elles ou avec leur amies de séances de pleurnicheries, solidaires dans l'adversité, proposaient au menu de leurs discussions un plat consistant unique : leur dégoût et la dépréciation des hommes. Entre elles, un gamin, pourtant lui-même un homme en devenir, était ainsi instruit de la déveine d'être de cette moitié pervertie de l'humanité : moi.
Ma chance eut été qu'elles fussent féministes, ou au moins qu'elles possédassent un semblant de bagage intellectuel. Peau de bale ! Je n'ai pas eu cette chance. Elles n'étaient que de pauvres femmes, victimes inconscientes d'un héritage catholique conservateur (si elle n'est pas flatteuses pour mes compatriotes et que je le regrette, la chanson Les Flamandes de Jacques Brel ne saurait que parfaitement l'illustrer), presque divinement investies d'une mission de satisfaire leurs maris, qui n'attendaient sans doute rien du tout de ce qu'elles leur voulaient. Pour elles, le responsable de leurs déboires était l'homme, pas leur éducation. Pour leur malheur, cette éducation, paradoxalement, les avaient précisément poussées dans les bras d'hommes qui démontreraient les thèses qu'elles auraient plus tard à défendre, tant il est vrai qu'en l'absence de capacité de remise en cause, on finit toujours par induire ce que l'on craint. C'est vrai à un point tel que la phrase que j'ai entendue le plus souvent dans la bouche de ma mère était : "Tu vas devenir comme ton père". C'était dans les années septante (soixante-dix, si vous préférez) et jusque dans les années quatre-vingt. J'imagine que des gamines de l'époque devaient être instruites de manière semblable.
Si je peux comprendre cela à presque quarante trois ans, je ne comprenais rien de tout cela à l'époque, et je me sentais moi-même investi de cette mission de faire mentir les prémonitions de ma mère, que jamais je ne serais un salaud parmi les salauds, que toujours je serais attentif à conserver leur blancheur aux représentantes sur Terre de l'Immaculée Conception.
Me voilà donc marié à une femme dont je vais faire le bonheur, alors que nous sommes ensemble depuis déjà sept ans. La première femme, l'unique pensais-je. Vient un enfant auprès duquel j'entends assumer le rôle de père que je n'ai presque pas connu pour moi-même. Mais je sens que le couple risque de souffrir de cette place de père que je veux prendre et que ma femme ne me laisse pas (je passe les détails), et je m'écrase pour ne pas mettre mon couple en péril, jusqu'à ce que je décide que ça suffit comme ça, que je ne veux plus voir souffrir mon fils de la place d'enfant-roi qui lui est laissée, de ne se heurter à aucune limite rassurante, de l'entendre insulter sa mère à six ans. Je rétablis l'autorité laissée vacante. Ma femme sombre dans la dépression. Un peu plus tard, je l'y accompagne. Un peu plus tard encore, je me fais jeter, après près de seize années passées ensemble : c'est le divorce. Après un long séjour au jardin d'Eden, j'en suis expulsé violemment et je suis contraint malgré moi de croquer le fruit de l'arbre de la connaissance. Je me retrouve sur le marché du célibataire et je me rends compte, petit à petit, que c'est la jungle. Les choses ont bien changé depuis mes vingt ans. La méfiance, l'agressivité, la dépréciation des hommes règnent à présent en maître parmi les femmes de mon âge. Ce ne sont plus de mauvais souvenirs circonscrits au cercle familial, c'est la société toute entière qui est maintenant malade. Le progrès est passé par là. C'est sur le net, à présent, qu'on se trouve une compagne. Ah bon ! J'étais pas au courant. Soit ! Soyons modernes ! C'est la consternation en découvrant les annonces de profils féminins : marre des menteurs, des hypocrites, manipulateurs, obsédés. Diantre, l'affaire s'annonce épineuse ! Des mères ayant viré le père de leurs enfants, crachant leur dégoût des hommes, mais néanmoins pas disposées à renoncer aux contes de fées de leur enfance. Pour vous séduire, elles vous narrent comment qu'elles ont soigné leur compagnon aux petits oignons, comment qu'elles leur ont botté le cul, que c'est encore drôle rien que de s'en souvenir. D'autres, pas mères du tout, mais diantrement résolues à l'être, à n'importe quel prix, peu importe l'homme, puisqu'il ne sera père que le moment qu'il aura pour s'imaginer l'être. "L'horloge tourne, messieurs ! La mienne sonnera bientôt minuit. Filez-moi vite fait votre petite aiguille et allez ensuite demander l'heure ailleurs !" Qui ? Moi ? Ah non alors, je veux plus engendrer d'enfant sans père. "Bon, ben alors, casse-toi !" Et puis on regarde autour de soi : séances de cinéma ladies only, salles de fitness ladies only, heures de piscines dont les hommes sont exclus. On écoute à la radio les dernières statistiques parues : les mères sont célibataires de plus en plus jeunes, il y a même une proportion croissante d'entre elles qui le sont avant la naissance de leur enfant. Bientôt, il n'y aura plus de pères, il n'y aura que des procréateurs. Bientôt ? Ben non, pas bientôt ! On déjà un peu dedans. Et puis un jour, j'entre dans un bus de la S.T.I.B. (équivalent de la R.A.T.P. ou de vos transports régionaux favoris). J'y vois une affiche, une parmi celles qui participent d'une campagne de pub invitant les usagers des transports en commun à plus de civilités. L'affiche… que je vous la décrive… vous la brosse en deux trois coups de pinceau vite torchés… Une femme est au centre du bus. Elle est habillée de couleurs vives. Elle sourit. Elle est radieuse. La fraîcheur même ! Elle est enceinte. Elle porte la vie, elle est sacrée. Elle est debout. Ah bon ! Elle est debout ! Mais pourquoi qu'elle est debout, cette enceinte radieuse colorée vive ? Elle est debout parce que toutes les places assises sont occupées. Non ? Ben si ! Qui qui se permet ? M'interrompez pas… je vous explique ! L'enceinte radieuse sourieuse est debout parce que toutes les places assises sont occupées par des êtres habillés de peaux de bêtes, cheveux hirsutes, sombres, gris-marron, couverts de boue, répugnants, préhistoriques. Ce sont des hommes ! Que des hommes ! J'ai failli en cracher mon estomac. Dans mes jeunes années, on voyait des affiches de pub avec des filles quasi à poil pour vendre des bagnoles. Bon, au moins, elles étaient jolies, c'était déjà ça. Ce serait ça, alors, les hommes préhistoriques dans le bus ? La vengeance des filles ? Les filles de leur mère, je veux dire. Ce serait le fameux balancier de la société, trimbalant son poids d'un excès l'autre, incapable de se stabiliser raisonnable ? Des injustices pour tous, pas de jaloux, mais pas forcément au même moment. J'avais dégusté pour mon père. A présent, je déguste pour moi tout seul. C'est pas moi pourtant, qui les avais foutues à poil, les filles devant les bagnoles. "Tais-toi !" Par pitié, madame le juge… enfin, la juge… je suis innocent, il faut me croire. "Tais-toi qu'on t'a dit ! Coupable tu dois être, coupable tu es !". Le délire me gagne. Je rentre chez moi. Vite, une feuille, un stylo ! Faut que je mettre mon délire sur papier. Je rédige un petit texte en quelques minutes. Oh, pas bien grand-chose. Quelques lignes. Un truc marrant. De la dérision pour pas pleurer. "La planète des chats" que ça s'appelle. Oh, je vous ai pas dit : des chats, y en a partout. Ma femme, enfin mon ex-femme, en a pris un lorsqu'elle s'est retrouvée seule. Sa meilleure amie aussi, peu de temps après qu'elle a viré son mec. Et puis des copines, des que-copines, et puis des petites-copines aussi, qu'étaient célibataires avant moi, et rapidement célibataires à nouveau, en avaient toutes. Toutes, je vous dis ! Pas une exception. Pas une !
Et puis un jour, le délirieux est devenu un écrivain, un vrai, Je veux dire un vrai écrivain d'Oniris. Comme il est devenu beaucoup plus fin, forcément, il a changé le titre. Il a choisi "Des couilles en or", qu'est quand même beaucoup plus classe que "La planète des chats" ! Et puis le gugusse, qu'est tellement devenu gourmand qu'il parle de lui à la troisième personne pour changer de style en une ligne, il a finit par nous pondre 85.000 signes.


Bon, j'en reste là. A ceux qui croiraient encore que je me fous du fond, je leur dirais que le travail sur le style n'est peut-être que pudeur pour maquiller le fond, qu'ils s'aperçoivent pas trop rapidement qu'y en a un. Je crois que j'ai réussi. On voit plus que dalle !

Contribution du : 11/10/2011 05:05
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Re : A propos de "Des couilles en or"
Visiteur 
Bon, Brabant, à nous deux !


Citation :

Oui, mais les 85000 signes me faisaient peur.


Arrête, tu me fais rougir !
C'est gentil de compter 85.000, mais une récente discussion, sur un autre forum, a démontré que ces chiffres pouvaient être exagérément flatteurs. Je pense qu'il doit y en avoir pas loin de 5.000, rien que pour définir le tableau HTML contenant l'article de journal.

Citation :

Combien de lecteurs comptes-tu décourager de la sorte ?


Je sais pas. Peut-être jusqu'à ce qu'il ne reste que les fidèles. Il devrait en rester un ou deux. D'ailleurs, à ce propos, je veux pas genre me la péter, mais je sais que tu aimes plutôt ce que j'écris et/ou comment que je l'écris. J'espérais que tu commenterais ce texte. Mes prières ont été exaucées sans que je demande quoi que ce soit. Toute façon, j'aurais pas osé, surtout sur du 85.000.


Citation :

Après coup, je m’aperçois que j’ai eu tort.


Comment ?

Citation :

Après coup, je m’aperçois que j’ai eu tort.


Excuse-moi, tu peux écrire encore un peu plus fort, j'entends rien, je suis aveugle comme un pot ?

Citation :

Après coup, je m’aperçois que j’ai eu tort.


Bon, ok, ok, je sais, le procédé est vicieux.
Mais tu sais, faut me comprendre : on vend pas du 85.000 comme on vendrait du 15.000. C'est pas le tout-venant. C'est pas du tout le même turbin. Faut gueuler fort sur les marchés pour intriguer le chaland.
Non, c'est vrai, je me suis pas esquinté les doigts pendant des mois pour six commentateurs dont 5 lecteurs.
Je vais te les dépieuter, moi, les commentateurs de grasse mat des dimanches d'élections.

Citation :

J’espère que tu feras plus court la prochaine fois


J'ai bien peur que non

Citation :

Quelques réflexions notées au fur et à mesure de ma lecture : faudra trier hein, y a prendre et à laisser, notamment du mauvais goût.


Tu chercherais à me vexer, là, non ?
Je me suis fait violence pour écrire certaines choses, qu'étaient pourtant pas bien terribles.
Et toi, tu débarques là en sifflotant et tu me sors de la meuf, du con et tutti quanti. Je suis humilié.

Citation :

A un moment donné, mais ça n’a trop duré, tu également fait preuve d’autosatisfaction, tu te l’es jouée écrivant, pétée quoi !


Je conteste pas, je voudrais juste savoir où c'est.
Tu me dis ?

Citation :

Ah oui ! L'article de journal : Chapeau ! Un petit chef-d'oeuvre à lui tout seul !


Comment ?

Mais non, je blague, je vais pas faire deux fois le même coup.


Allez, merci beaucoup pour la courageuse lecture.

Contribution du : 11/10/2011 15:49
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Re : À propos de "Des couilles en or"
Maître Onirien
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De La Thébaïde
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Bon, alors, mais uniquement parce que c'est toi, hein, je me suis replongé dans cet océan :
ça va de "Je n'avais aucune aucune envie de le suivre..." jusqu'à "Je suis retombé au premier niveau d'un coup". Thématique : l'humanité ; les salauds ; le bon, sa gentillesse, la seconde chance, l'adresse à Dieu, le génocidaire, le sapiens raté, le bombyx, le rédempteur.
Puis le héros redescend sur terre.

Si vous passez par là, je vous invite à aller lire ça. Vous rencontrerez Dieu ! :) Lol, vous rencontrerez simplement un créateur car c'est un monde cette nouvelle. Donc ne vous en faites pas tout un monde et plongez, on rencontre des formes de vie inconnues au fond des océans... enrichissantes, déconcertantes, passionnantes... :)

Contribution du : 11/10/2011 17:45
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"L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête."

Blaise Pascal
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Re : À propos de "Des couilles en or"
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Pour plumer un texte, on devrait aussi tenir compte du forum de discussion. Celui-ci, c'est un roman à lui tout seul. Je lui vote six plumes.

Inco, t'es le meilleur !!!

Tu ne veux vraiment pas venir à Paris le 9 pour nous raconter la genèse de la genèse de DCEO ? (En plus ils vont me laisser tout seul ! Il me restera plus qu'à raconter des histoires de chats et de castrais à Jean-Loup !!!) (le patron du Bubar)

(on notera la ruse perverse de faire du buzz sur un forum à succès ...)(mais nan, c pas du flood)

Contribution du : 11/10/2011 22:10
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Re : À propos de "Des couilles en or"
Visiteur 
Citation :
Bon, j'en reste là. A ceux qui croiraient encore que je me fous du fond, je leur dirais que le travail sur le style n'est peut-être que pudeur pour maquiller le fond, qu'ils s'aperçoivent pas trop rapidement qu'y en a un. Je crois que j'ai réussi. On voit plus que dalle !


C'est la faute à la burqa ! et pis, quand je vois ton avatar ça ne fait que confirmer la chose. À se demander si tu as vu l'écriptoire en écrivant ton texte.

Contribution du : 12/10/2011 09:16
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