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Human Genome
Corentin : Human Genome  -  Konferentsia
 Publié le 08/01/09  -  4 commentaires  -  39206 caractères  -  45 lectures    Autres publications du même auteur

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Abby arriva au Moscow Times de bonne heure. Tout au moins le croyait-elle. Une fois de plus, toute l’équipe était encore arrivée avant elle.

Ce qui l'exaspéra au plus haut point.

Elle avait l'impression que tout le monde jouait au petit jeu de qui arriverait le plus tôt. Elle rasa les murs et se faufila dans son box. Elle démarra son ordinateur et demeura pensive le temps que le système démarre. Elle prit quelques minutes pour consulter ses mails. Parmi le flot de spam et autres véroles, un mail de Dimitri, pour le moins succinct :


J’AI DES INFOS SUR L’INCIDENT. RDV CE SOIR CHEZ MOI 19 h. RENSEIGNE-TOI : SINI BOJE. BYE.


Les Sini Bojé. Elle avait donc eu du nez d’y repenser. Mais comment Futura Genetics pouvait-elle être mêlée à deux homicides ? Elle se souvint de l’affaire du don. Elle devait en savoir plus.


Abby arriva devant une étrange porte en métal brossé. Très vite, elle déchiffra l’inscription qui y était inscrite en cyrillique :


СИНИ БOЖE


Sini Bojé. L’alphabet russe lui avait d’abord paru barbare, avec toutes ces lettres trompeuses.

Par exemple, le C se prononçait S, le H se prononçait N, le P se prononçait R, etc. Mais il y avait pire encore : si le M majuscule était bien un M, le M minuscule était, lui, un T ! ce qui avait le don de prodigieusement l’énerver.

Mais elle avait fini par s’en sortir et commençait même à trouver un certain charme à la langue russe. Enfin. Elle poussa la porte et arriva dans un hall gigantesque à la décoration étrangement design, mêlant marbre blanc et noir. Tout le mobilier était en verre avec des montants d’acier chromé.

En plein milieu de la salle se trouvait un écriteau sur lequel Abby put lire :


ΚΟΗΦΕΡEΗЦИя


Elle prit quelques secondes pour déchiffrer l’inscription. Elle ne put réprimer un sourire lorsqu’elle eut fini : Konferentsia. Conférence. Le russe était parfois étonnamment simple et elle se demanda pourquoi elle se cassait la tête à apprendre cette langue si c’était pour tomber sur ce genre d’écriteau.

Abby suivit la flèche qui indiquait un couloir sur la droite. Elle marcha à pas feutrés dans ce long couloir avant d’arriver dans un gigantesque amphithéâtre plongé dans la pénombre. En bas, sur l’estrade, un jeune homme s’agitait devant une cinquantaine de personnes.

Le conférencier parlait anglais. Ce dont Abby fut profondément soulagée, elle qui guettait, depuis son arrivée en Russie, la moindre parcelle d’anglais parlé. Elle se faufila entre deux rangées de sièges et s’assit en silence. Personne ne l’avait remarquée. Le jeune conférencier semblait réellement passionné. Avec son laser, il indiquait sur l'écran géant ce qui aurait pu être une cellule. Abby nota, dans le coin en bas à gauche du transparent projeté sur l’écran, le texte :


Les mensonges évolutionnistes.


Abby en fut très intriguée. L’homme repartit de plus belle.


— Vous voyez cette cellule ? Si l’on zoome dessus, on peut prendre la mesure de toute la complexité et du miracle du Vivant. La moindre de nos cellules est un million de fois plus complexe que tout ce que l’Homme a jamais pu créer. Et la théorie de l’Évolution voudrait nous faire croire que la première cellule vivante, notre ancêtre primordial, serait apparue ainsi, par le plus pur fruit du hasard. Qui peut encore y croire ? Comment une telle complexité aurait-elle pu surgir du néant par hasard ? Rappelons un fait essentiel, dicté par le second principe de la thermodynamique. Que nous dit ce principe ? Tout simplement que l’entropie d’un système ne peut que croître ou, au mieux, rester constante.


Un nouveau transparent apparut, Abby crut y reconnaître des structures cristallines aux côtés d’autres formes, plus brouillonnes.


— Mais qu’est-ce que l’entropie ? reprit l'orateur. C’est un indicateur du désordre d’un système. Plus l’entropie est élevée, et plus le système est désordonné. Mais au fond, qu’entend-on par « ordonné » ou «désordonné» ? Regardez ces cristaux de glace, parfaitement agencés, se répétant à l’infini, se déployant majestueusement dans l’espace suivant une géométrie fractale. Voilà l’ordre physique. À côté, vous pouvez voir des molécules d’eau liquide, aucune structure particulière n’y apparaît, aucun ordre supérieur n’est présent, aucune répétition, bref, c’est le désordre. Revenons à notre cellule. Quoi de plus ordonné ? Regardez cette cellule, composée de milliers d’organites et de protéines fonctionnant en parfaite harmonie. Qu’un seul de ces milliers d’éléments ne fonctionne pas correctement et c’est tout l’équilibre du Vivant qui s’effondre. Si cette cellule était une usine, qu’y trouverait-on ? Des langages artificiels et systèmes de décodage, des banques de données pour le stockage et l’extraction de l’information, des systèmes de commande raffinés dirigeant l’assemblage automatisé des parties et des composantes, des dispositifs de sécurité positive et de correction utilisés pour le contrôle de qualité, procédés d’assemblage fondés sur les principes de préfabrication et de la construction modulaire. Ce serait cependant une usine dotée d’une capacité sans précédent, car elle serait capable de dupliquer sa structure entière en l’espace de quelques heures. La cellule fabrique toutes les structures qui la composent, même les plus complexes, par des techniques d’assemblage entièrement automatique parfaitement réglées.

Mesdames et messieurs, cette cellule, c’est la Vie, et la Vie, c’est l’ordre. L’entropie zéro. Alors, à qui veut-on faire croire qu’un tel ordre, une telle perfection, un tel isentropisme ait pu spontanément apparaître du néant, alors que tout, je dis bien tout, d’après les lois de la physique, doit voir son niveau d’entropie augmenter ou, au mieux, rester constant ? Les scientifiques évolutionnistes nous mentent. La physique de la thermodynamique, qui domine la biochimie, bref, la Science elle-même leur montre l’évidence, les met devant le fait accompli : la Vie est un miracle divin, une entorse, une violation pure et simple des lois physiques. Mais rien n’y fait. Ils se rattachent à leurs probabilités. Ils nous disent que rien n’est impossible. Mais qui peut les croire ? Personne n’est, à ce jour, parvenu à recréer la Vie, même sous sa forme la plus archaïque, dans un laboratoire. Tout au plus a-t-on réussi la synthèse de quelques misérables acides aminés que les évolutionnistes brandissent et agitent fièrement, clamant qu’elles sont les « briques du Vivant ».


Un nouveau transparent. Abby resta scotchée par le visuel. Elle se demanda s’il n’y avait pas erreur. On voyait très distinctement une tornade ainsi qu’un imposant Boeing 747.


— Parlons maintenant de leurs probabilités évolutionnistes. On a déjà vu la complexité du Vivant et l’impossibilité de son apparition au regard des lois physiques fondamentales. Ce à quoi les évolutionnistes nous opposent leurs probabilités d’apparition de la Vie qu’ils considèrent, bien évidemment, comme « grandes ». Mais là aussi, il est facile de démonter leurs arguments. Il suffirait pour cela de leur rappeler que la notion d’entropie est, fondamentalement, une interprétation statistique et probabiliste du comportement de la matière et que, donc, le recours à leurs probabilités pour shunter l’entropie est un non-sens. L’aspect probabiliste est en effet au cœur même de la définition de l’entropie et est donc déjà pris en compte. Mais admettons. La suite se démonte tout aussi facilement. Au regard de la complexité du Vivant et des rares briques primitives qu’offrait la Terre, il y a quelque trois milliards et demi d’années, un rapide calcul d’interaction moléculaire conduit à l’énormité suivante. La probabilité que les molécules inertes se rencontrent et s’agencent de manière à former ce qui engendrerait la Vie, même archaïque, mais déjà incroyablement complexe, est nulle. Pour vous donner un ordre d’idée, c’est tout simplement comme si un ouragan passait au-dessus d’un dépôt de ferraille et parvenait à assembler le tout en un Boeing 747 ! C'est ridicule. Le fait est que la forme de vie la plus élémentaire est plus complexe que tout ce que l'Homme a pu faire sur la Terre. L'immense complexité de la ville de New York est moins compliquée que le montage de la plus simple cellule microscopique. Il est plus que ridicule de parler de son apparition par hasard. Les hommes de science eux-mêmes nous assurent de la complexité incroyable d'une seule cellule : c'est un ensemble complexe formé de dizaines d'éléments jouant chacun un rôle en accord avec le reste de la structure : assimilation de nourriture, fabrication d'énergie, membrane protectrice, reproduction, etc. Sans cela, la structure disparaît. La chance pour qu'une combinaison de molécules réussisse par hasard à former un aminoacide, puis des protéines avec les propriétés de la vie est totalement irréaliste.

En 1953 eut lieu à l’Université de Californie une expérience qui fit date. En essayant d’expliquer la formation de la Vie sur Terre, Stanley Miller envoya des décharges électriques de soixante mille volts, figurant des orages, dans un réservoir contenant ce qui jouait le rôle d’une « atmosphère terrestre primitive ». Il y récolta dix acides aminés et proclama avoir effectué la synthèse des briques du Vivant ! Mais tout n’était que mensonge. Primo, la composition de son mélange primitif était très sujette à caution, sûrement peu représentative de la réelle atmosphère terrestre primitive. Ensuite, si Stanley Miller récolta bien dix acides aminés, cela est très peu. Il faut en effet noter la totale absence de certains des acides aminés indispensables à la vie que sont la lysine, l’arginine et l’histidine. De même, Miller ne synthétisa aucun des acides gras pourtant indispensables aux membranes cellulaires. Il ne récolta pas non plus la moindre coenzyme, indispensable à l’établissement du métabolisme vivant. Et pour couronner le tout, les principaux éléments conçus étaient tout simplement délétères ! Néfastes à la Vie !


La revue American Scientist porta le coup de grâce aux expériences de Stanley Miller dès Janvier 1955, en déclarant : « Du point de vue des probabilités, l'arrangement de l'environnement présent en une simple molécule d'aminoacide serait tout à fait improbable dans tout le temps et l'espace disponible pour l'origine de la vie terrestre ». Un mathématicien suisse, Charles Eugène Guye, a calculé qu'une telle possibilité est d'une chance sur dix à la puissance cent soixante ! Un chiffre tout simplement colossal ! De son côté, Sir Fred Hoyle parvint aux mêmes conclusions, ayant calculé que la probabilité pour que les enzymes basiques nécessaires à l'apparition de la vie par simple chance s'élevait à une sur cent quarante mille. Là, on ne parle même plus du 747. C’est plutôt comme si un singe derrière une machine à écrire parvenait à retaper intégralement la Bible en tapant au hasard. Un autre homme de science le dit de cette façon : « La quantité de matière à mélanger en secouant pour produire une simple molécule de protéine serait des millions de fois plus grande que toute celle que contient l'Univers. Pour que cela ait lieu sur la Terre seulement, exigerait une éternité, infiniment plus que des milliards d'années ».

Mais ne soyons pas lapidaires, tempéra le conférencier. Lorsque Charles Darwin a publié son texte, L’Origine des espèces, en 1859, la technologie était si archaïque que personne ne pouvait se douter que la Vie était aussi complexe. Les microscopes poussifs de l’époque ne montraient que ceci.


L’image floue d’un flot de cellules apparut.


— Notez bien : c’est à peine si l’on voit les contours des cellules, et on distingue péniblement le noyau. Rien à voir avec ceci.


Juste à côté apparut la photo d’une cellule aux détails sidérants.


— Darwin ne pouvait pas se douter, en regardant ces amas informes, qu’il avait en fait sous les yeux un prodige divin, une organisation et une structure d’une complexité sans pareil. Non, Darwin n’était pas fautif. Ce sont ses successeurs qui ont perpétué ses idées en dépit des nouvelles découvertes qui sont à blâmer. En fait, ce cher Darwin était même plutôt honnête. Dans son livre, on peut trouver un chapitre, intitulé « Les difficultés de la théorie » dans lequel Darwin apparaît très lucide sur les approximations de ses idées. Et, on va le voir, il avait mille fois raison. La théorie était belle… mais désespérément fausse. Au final, Darwin était plus un poète qu'un véritable homme de science. Preuve en est, lorsqu'il disait : « Il y a de la noblesse dans une telle manière d'envisager la vie, avec ses puissances diverses attribuées à l'origine par un souffle créateur, à un petit nombre de formes, ou même à une seule ; et, tandis que notre planète a continué de tourner sur son orbite selon les lois immuables de la gravitation, sorties de presque rien, une quantité infinie de formes, de plus en plus belles, de plus en plus merveilleuses, n'ont pas cessé d'évoluer et évoluent encore. » C'était un évolutionniste, mais sa théorie était bancale, et il le savait. Cela ne l'empêchait pas de faire preuve d'un certain style.


Le conférencier prit une petite pause, l'air rêveur.


— En tous les cas, reprit-il avec plus de sérieux, dès les années 1930, le savant russe Alexandre Oparine avait déjà bien compris que la théorie de l'Évolution ne menait à rien. Il écrivait qu’il nous était impossible d'espérer un jour pouvoir recréer la cellule.


Un graphe apparut. Abby reconnut sans difficulté les créatures présentées le long d’un axe temporel. Il y avait les cellules primitives, les invertébrés, les premiers poissons, les amphibiens, les dinosaures, les oiseaux, les premiers mammifères, les premiers primates et, enfin, l’Homme.


— Les évolutionnistes nous affirment que toutes ces créatures sont apparues ainsi au cours du temps. D’après eux, toutes ont comme ancêtre commun une cellule primitive unicellulaire, dont l’apparition est impossible comme on vient de le voir. Qu’à cela ne tienne, les évolutionnistes continuent de dérouler leur scénario, même s’ils ne trouvent pas d’explication plausible à leur premier acte. Qu’importe. D’après eux, donc, toutes ces créatures que vous voyez ici ne sont que le fruit de la lente, mais inexorable évolution et différenciation de cette cellule impossible. Le temps, les mutations successives, la pression de l’environnement, impitoyable, qui sélectionne au fur et à mesure les plus aptes, tous ces mécanismes suffisent d’après eux à expliquer ce foisonnement incroyable d’espèces. Mais tout n’est encore qu’inepties et mensonges. Ils prétendent qu’une créature évolue parce que son génome est modifié par des erreurs, des bugs de transcription et de réplication de l’ADN. Ces changements seraient selon eux à même de faire évoluer la descendance, lui conférant de nouvelles caractéristiques. Et si ces caractéristiques présentent un avantage, par exemple une force accrue, une plus grande résistance à telle ou telle maladie, alors ces individus s’imposent et se multiplient, répandant la mutation salvatrice. Et ainsi, au fur et à mesure, les espèces évoluent. Des organes apparaissent, d’autres disparaissent. Mais comment croire qu’un organe aussi déterminant que l’œil, par exemple, ait pu ainsi apparaître ?


Un nouveau visuel apparut, présentant un œil avec d’innombrables détails.


— Comme vous pouvez le voir, et comme vous vous en doutez, l’œil est une merveille de complexité. L’avantage qu’il procure à l’espèce qui s’en trouverait dotée est indéniable. Imaginez la première créature possédant un œil, repérant les prédateurs, distinguant l’environnement, la nourriture, tandis que les espèces concurrentes resteraient plongées dans les ténèbres de l’aube des temps. Mais, et ce sont les évolutionnistes eux-mêmes qui le disent, les mutations sont aléatoires et ne se conservent que si elles offrent un avantage net sur les autres. Comment croire alors que l’œil, d’une telle complexité mécanique et chimique, résultant forcément d’une expression extrêmement précise de gènes, ait pu apparaître ? Pour qu’il soit un avantage net et qu’il puisse se répandre dans la population d’une espèce, il a bien fallu qu’il apparaisse dans sa globalité, d’un seul et même tenant, avec tous ses constituants au même moment. Sinon, il serait inefficient, ne présenterait aucun avantage et n’aurait pas pu se pérenniser. Il faudrait donc que tout un tas de mutations, extrêmement précises, ait eu lieu au même moment chez un même individu pour que l’œil apparaisse ? Sachant que ces mutations sont aléatoires, c’est plus qu’improbable. Qu’un composant de l’œil apparaisse, oui, mais ce n’est pas l’œil. Ce composant ne sert donc à rien et n’a aucune chance de s’imposer. Non, l’œil, effroyablement complexe, a dû apparaître d’un coup, d'un seul. Car à quoi rime une simple ébauche d'œil ? C’est absurde. Je vous renvoie au 747. Darwin l'admit bien volontiers lui-même, puisqu'il écrivit : « Imaginer que l'œil, avec son aptitude unique à s'adapter à des distances différentes, à laisser pénétrer des quantités de lumière différentes et à corriger les inconsistances sphériques et chromatiques, est le produit de la sélection naturelle, semble, je l'avoue, absurde au plus haut degré ». CQFD, ricana le conférencier.

Prenons maintenant le cas d'un de ces insectes qui imitent à la perfection certains revêtements afin de se camoufler. La protection d'un insecte camouflé en excréments est sûrement très efficace, mais à quoi bon ressembler à seulement cinq pour cent à des excréments ? À rien ! Les étapes intermédiaires, obligatoires en raison des petites mutations aléatoires ne mènent à rien et ne sont donc d'aucun secours. Elles ne peuvent jouer le petit jeu de la sélection naturelle. Mais je vais encore vous donner quelques exemples atterrants. Regardez donc ceci.


Un petit film de quelques secondes démarra, tournant en boucle, montrant un poisson en train de nager au-dessus d'un fond sablonneux.


— Mesdames et messieurs, ceci, contre toute attente, n'est pas un poisson. C'est une moule.


Abby n'en crut pas ses oreilles et faillit exploser de rire. Une... moule ?


— Oui, bien que cela ait un corps, une tête, une queue et des nageoires comme un poisson, bien que cela soit en train d'onduler comme un poisson, eh bien, ça n'en est pas un. C'est Lampsilis ventricosa. C'est une moule. Ou, plus précisément, ceci est la poche, appelée marsupium, contenant les œufs de la moule qui est ici cachée, enfouie sous le sable.


Abby était scotchée. Qu'est-ce que c'était que ce... truc !?!


— La question est : pourquoi cette poche ressemble-t-elle à ce point à un poisson ? Comment cette poche peut-elle avoir la forme, la texture et même le mouvement d'un poisson ? Eh bien, ceci est un leurre. Car les œufs de cette drôle de moule ne peuvent croître que s'ils sont attachés à un poisson. Ce leurre en attire un, et une fois celui-ci détecté, la moule largue ses œufs en espérant qu'ils parviennent à s'accrocher au pauvre animal qui ne comprendra sûrement pas ce qu'il s'est passé et repartira nager, avec quelques passagers clandestins accrochés à lui. Très bien. Mais, très franchement, je vous le demande, comment un tel leurre a-t-il bien pu être conçu et façonné par l'Évolution ? À qui veut-on faire croire que cet appendice de moule aussi parfaitement ressemblant à un poisson, responsable d'une ruse aussi complexe et dont dépend tout le système reproductif de la moule, ait bien pu apparaître... au hasard des mutations et de la sélection naturelle ? Mesdames et messieurs, vous savez tout aussi bien que moi que ce n'est tout simplement pas possible ! C'est impossible ! Comment un organe peut-il lentement prendre l'apparence d'un poisson, alors qu'il est clair qu'il lui faudra des millions et des millions de mutations avant d'y ressembler ? Un cinq centième de pastiche de poisson est-il suffisant pour susciter la curiosité d'un vrai poisson ? Bien évidemment que non ! Un cinq centième de poisson ne ressemble à rien et n'a donc aucune raison d'avoir la moindre influence positive. La sélection naturelle n'a alors tout simplement rien à sélectionner. C'est un non-sens. Ça n'a pas pu arriver. L'Évolution ne peut pas avoir créé cette chose.


Abby dut reconnaître l'évidente absurdité d'une telle situation.


— Un dernier exemple. Il existe un insecte volant tout à fait invraisemblable. Il contient en lui deux réservoirs de liquides séparés ainsi qu'un canal de liaison et une espère de tuyère. Lorsqu'il contracte certains muscles, il chasse les liquides vers cette tuyère où leur seul contact provoque une explosion. C'est un moyen de défense et de propulsion d'une extrême efficacité. On jurerait qu'il s'agit de la description des moteurs de la navette spatiale, avec ses deux réservoirs d'hydrogène et d'oxygène séparés qui, une fois mis en contact, explosent. Et pourtant, c'est juste un insecte. Un vrai. Une fois encore, la question demeure : comment ce réacteur a-t-il bien pu apparaître via les mécanismes de l'Évolution ? Il faut tout d'abord créer le premier liquide, déjà chimiquement complexe. Puis le second, tout aussi complexe. Mais non ! Car dès que ces deux liquides se rencontrent, ils explosent, tuant le pauvre insecte avec ! Pour que le réacteur fonctionne et que l'insecte survive, il faut que soit apparu, au préalable, un système de séparation des réservoirs. Ben, voyons. Vous m'en direz tant. Puis, il faudra une tuyère, des muscles. Là encore, à qui veut-on faire croire qu'un truc pareil ait bien pu apparaître ? Le réacteur, pour être efficient, et donc pour représenter un réel avantage évolutif, a dû apparaître d'un coup, d'un seul, dans toute son invraisemblable complexité. Sinon, il est inefficient et ne se répand pas dans la population. Ou bien, carrément, il tue l'insecte porteur de la mutation « magique ». Alors ? Est-il raisonnable de penser que ce serait le seul fruit du hasard des mutations et de la sélection naturelle ?


L'orateur fit une pause théâtrale, parcourant la salle d'un regard moqueur entendu.


— Mesdames et messieurs. Les mutations existent, certes, mais elles sont rares, généralement handicapantes, voire létales, des fois neutres, très rarement avantageuses. Admettons que de petites améliorations puissent en effet se produire et se répandre. Mais l’apparition d’un nouvel organe comme l’œil est, elle, impossible. Ne parlons même pas du réacteur ou de la moule qui se déguise en poisson.

Revenons maintenant à la molécule d’ADN. Elle est partout omniprésente, on ne la voit même plus tellement on nous la rabâche. Mais c’est une molécule d’une complexité totalement effarante, dont la capacité de stockage informationnel est tout bonnement sidérante. Et le tout tient dans un micro volume qui défie l’entendement. Alors, une fois encore, expliquer la mécanique évolutionniste par de « simples » erreurs de réplication de l’ADN, faisant fi de l’apparition improbable d’une telle molécule, quoi de plus malhonnête ? Passons maintenant au fameux problème des chaînons manquants.


L’écran présenta un schéma de ce qui semblait être des strates de sédimentation, dans lesquelles étaient piégées des créatures fossiles.


— Que voyez-vous là ? Des créatures ! Celles là même qui sont censées dériver d’une seule et même cellule primitive. Mais qu’avons-nous réellement là ? Des créatures, très dissemblables, parfaitement dissociées, tout à fait optimisées. Si l’évolution s’est faite graduellement, très lentement dans le temps, nous devrions avoir recensé, parmi tous les fossiles exhumés, quantité de créatures variant légèrement les unes des autres, pour aboutir à toutes ces formes si différenciées. Or, ce n’est pas du tout le cas. Nous avons là des fossiles très dissemblables, sans jamais la moindre créature intermédiaire ! Regardez les premières couches sédimentaires contenant les premiers fossiles de vie unicellulaire. Maintenant, regardez la couche suivante, correspondant à l’ère du Cambrien. Qu’y trouve-t-on ? Un foisonnement de vie, des créatures extrêmement variées ! Et entre les deux, quoi ? Rien. C’est le black-out total.

Darwin disait que, d’après sa théorie, l’Évolution graduelle devait se retrouver par autant de gradation dans la vie fossile. Dans son chapitre traitant des difficultés et des faiblesses de sa théorie, il expliquait que sans ces formes intermédiaires, sa théorie s’écroulerait. Il espérait donc pouvoir confirmer sa théorie par l’étude approfondie des fossiles. Or c’est exactement le contraire qui apparaît : des apparitions et des disparitions brutales, formidablement discontinues dans le temps. L’évolution graduelle est décidément très loin. Le professeur Dawkins, éminent évolutionniste, actuellement professeur à l’université d’Oxford, concède volontiers : « C’est comme si les créatures du Cambrien s’étaient plantées là, sans le moindre historique d’évolution ». En fait, si l'on y regarde bien, les fossiles ont causé plus de chagrin que de joie à Darwin. Rien ne l'affligea plus que cette explosion de la Vie au Cambrien, l'apparition simultanée de presque toutes les formes organiques complexes, non pas au début de l'histoire de la Terre, mais à plus des cinq sixièmes de son existence. Pas un seul témoignage de la vie précambrienne n'avait été découvert lorsque Darwin publia L'Origine des espèces. Rien n'était donc attendu avec autant d'impatience qu'un organisme précambrien, et plus il était simple et informe, mieux cela valait. Car les darwinistes cherchaient par tous les moyens à réduire le fossé abyssal qui existait entre les éléments chimiques inorganiques et la Vie. Alors, évidemment, à force de chercher, et à grand renfort de mauvaise foi niée, les darwinistes ont fini par trouver ce qu'ils cherchaient. Ben, voyons.

Ils « trouvèrent » des substances précambriennes organiques, extrêmement simples, qu'ils appelèrent Bathybius et Eozoon. Il s'agissait selon eux d'une masse organique informe, gigantesque, rudimentaire, du protoplasme dans sa forme la plus simple, qui aurait tapissé le fond des océans primitifs. Évidemment, Darwin était ravi. Mais on découvrit vite que le Bathybius n'était qu'une simple réaction des boues draguées au fond de l'eau, lorsqu'elles étaient mélangées à l'alcool censé les conserver. L'Eozoon résista un peu plus longtemps, Darwin en fit son fer de lance, il le défendit jusqu'à sa mort avec une âpreté sans pareille. Il mourut sans savoir à quel point il avait tort. L'Eozoon était en fait parfaitement inorganique, c'était un simple produit métamorphique de la chaleur et de la pression. Il était formé dans des conditions géophysiques si infernales que, pour avoir cru y voir une forme de vie, il faut vraiment avoir été d'une mauvaise foi inouïe. Ou parfaitement aveugle. En aucun cas il n'aurait pu s'agir d'un organisme vivant. Chimères... De la théorie de l’Évolution résulte donc la nécessité de réunir un panel de ces chaînons manquants reconstituant plusieurs milliards d’étapes intermédiaires, mais ces fameux chaînons manquants font tellement défaut que les évolutionnistes sont donc allés jusqu’à les inventer. Oublions le Bathybius et l'Eozoon pour nous intéresser à un cas beaucoup plus célèbre, car beaucoup plus proche de nous.


En 1912, dans une carrière de Piltdown en Angleterre, un certain Dawson, médecin et paléontologue amateur, ainsi qu’un certain Woodward, directeur du British Museum, découvraient une mâchoire et un morceau de crâne. Le crâne était en tout point semblable à celui d’un humain contemporain. La mâchoire était, elle, en tout point semblable à celle d’un singe. On eût dit celle d'un orang-outan, pour être plus précis. Mais la partie de la mâchoire devant s’emboîter dans le crâne, appelée condyle, était « étonnamment » brisée. Impossible donc d’assembler les deux pour vérifier ! Qu’importe, les évolutionnistes tenaient enfin leur chaînon manquant entre l'Homme et le singe ! Seulement, voilà, en 1953, grâce à la découverte du test au fluorure, il fut établi que le crâne n’avait pas les cinq cent mille ans annoncés, mais n’était âgé que de... deux mille ans. Quant à la mâchoire, elle affichait cinquante ans ! Le microscope révéla de son côté que les dents avaient été limées pour correspondre à celles d’un homme, et que l’ensemble avait été teinté à l’aide de sels de fer et de bichromate pour avoir l’air ancien. Et la mâchoire avait purement et simplement été brisée pour qu’on ne puisse pas voir qu’elle ne pouvait en aucun cas correspondre ! C’est la fameuse et tristement célèbre imposture de l’Homme de Piltdown. L'Homme de l'Aurore, comme on l'a pompeusement appelé. En fait, les évolutionnistes sont obsédés par les chaînons manquants. Un autre cas célèbre se trouve être le chaînon manquant entre oiseaux et dinosaures. Certains évolutionnistes seraient tentés de brandir le fameux Archæoptéryx comme étant le fameux chaînon manquant entre les deux. Seulement, voilà, un examen approfondi du squelette montre que l’Archæoptéryx n’était pas un dinosaure ou un quelconque hybride, c’était bien un oiseau. Un simple oiseau, avec des plumes et, surtout, l’os qui fait la différence : le sternum, absent chez tous les autres dinosaures. C’était bien un oiseau, et nullement une créature à mi-chemin entre le Vélociraptor et l’oiseau de proie. Mais là où cet esprit de fraude devient gravissime, c’est qu’il a permis, au fil des temps, de définir les thèses pseudo-scientifiques des fondements du communisme par Karl Marx et Lénine. Sans parler des racistes évolutionnistes convaincus comme Hitler ou Mussolini qui se prenaient pour les représentants de races supérieures et justifiaient leurs politiques bellicistes en vue de conquérir leur espace vital, la guerre étant un instrument favorisant l'accélération du processus d’évolution.


Mais puisque l'on parle des hommes, parlons donc un peu de l'Homme avec un grand H. L'Humanité. Les évolutionnistes nous disent que nous ne sommes que les vagues descendants de petits macaques venus d'Afrique. Les évolutionnistes disent de nous que nous sommes des êtres insignifiants, sans la moindre spécificité, hormis notre cerveau plus gros que la moyenne et notre cortex développé. Très bien. Mais dans ce cas, que l'on m'explique comment il est possible que la Vie soit apparue il y a déjà trois milliards et six cents millions d'années, et qu'en quelques milliers d'années à peine, l'Homme soit apparu, ait inventé le langage, les outils, les machines et la technologie ? En quelques milliers d'années à peine, nous avons édifié la Civilisation ! Nous avons découvert les lois de l'Univers et sommes parvenus à reconstituer son histoire jusqu'au Big Bang. Nous avons appris à maîtriser les lois de la Physique. Nous repoussons sans cesse les limites de notre propre mort, nous avons asservi toutes les autres créatures de cette Terre, nous avons inventé la télévision, Internet, les ondes radio. Nous avons marché sur la Lune. Nos robots roulent sur Mars. Nos sondes ont frôlé Vénus, Saturne, Jupiter, puis sont parties découvrir la galaxie. N'y a-t-il pas là quelque chose de profondément troublant ? L'Homme est-il réellement à ce point insignifiant ? Ne devons-nous pas plutôt comprendre et nous rendre à l'évidence : nous sommes un événement sans précédent dans toute l'Histoire du Monde et de l'Univers. Ne sommes-nous pas une formidable exception ? Ne sommes-nous pas les créatures les plus extraordinaires et les plus supérieures que notre Terre a jamais portées ?


L'orateur fit une nouvelle pause, savourant le silence de l'assistance buvant ses paroles.


— Bien sûr que si, reprit-il. L'histoire de l'Homme est sensationnelle. Nous sommes l'exception. Il n'y a rien de normal ni de naturel à notre présence sur Terre et dans l'Univers. La théorie de l'Évolution est un ramassis de mensonges, comme je l'ai montré. Et quand bien même elle serait la véritable explication du monde, elle échoue totalement à rendre compte de notre formidable singularité. Elle est incapable d'expliquer, via ses mécanismes poussifs, improductifs et éculés, l'apparition d'un être aussi sur-spécialisé que l'Homme. Notre existence a tout d'un miracle. Nous sommes tout simplement exceptionnels. Nous devons nous interroger sur cet état de fait. Nous devons percer les mystères de notre pouvoir. Nous devons questionner nos capacités. Nous devons comprendre qui nous sommes et, beaucoup plus important, pourquoi nous sommes.

Et maintenant, permettez-moi d'enfoncer le clou en vous montrant... ceci.


L’écran géant montrait deux séries d’empreintes de pas figées dans la terre, parallèles. L’une semblait clairement humaine, et l’autre… Abby écarquilla les yeux. Non ! Comment était-ce possible ?


— Mesdames et messieurs, voici la preuve définitive des errements évolutionnistes. Oui, vous avez bien vu. Il s’agit d’une photo, garantie sans trucage. Ce que vous voyez défie bien évidemment l’entendement évolutionniste. Il s’agit bien d’empreintes de dinosaures, que vous voyez parallèles aux empreintes humaines, dans la même boue. Cette plaque de terre glaise fossilisée a été retrouvée au Kenya. Son authenticité par datation isotopique est avérée. Hommes et dinosaures ont été contemporains. Que retirer de tout cela ? Tout simplement l’insolent et malhonnête diktat des scientifiques qui, en dépit des éléments qui s’accumulent contre eux, continuent de vouloir imposer leur théorie évolutionniste. Tout cela pour quoi ? Pour éloigner l’Homme de sa divine destinée, pour n’en faire qu’un banal sous-produit du hasard, une créature tout à fait fortuite et insignifiante, issue du néant et appelée à y retourner sans autre objectif que de perpétuer bassement et égoïstement son génome. C’est faire preuve d’une bassesse d’esprit incroyable, d’un pessimisme honteux, d’un manque total de respect pour notre humble, mais divine mission. La Vie a été voulue et créée par Dieu, tout comme Il a créé le Ciel et la Terre.


Et si vous doutez encore de la totale singularité de notre existence, regardez le ciel et vous y découvrirez le clin d'œil le plus incroyable que vous puissiez imaginer. Examinez bien la Lune, notre cher satellite, et vous comprendrez. Nous ne sommes pas là par hasard, et Il veut que nous le sachions. C'est pourquoi Il nous a envoyé ce signe gigantesque, magistral, suspendu au-dessus de nos têtes. Tellement gros qu'on ne le remarque même plus. Car, sous ses atours paisibles, la Lune dissimule des étrangetés insoupçonnées que même la Science ne parvient pas à expliquer. Premièrement, sa formation. Que fait-elle ici ? Certains pensent qu'elle est le résidu d'une collision entre la Terre et un gigantesque planétoïde, survenue il y a des milliards d'années. Mais les données récoltées à même sa surface par les missions Apollo de 1969 à 1972 ne permettent pas de conclure. Ce sont ces mêmes missions qui ont découvert la présence d'étranges roches radioactives à la surface de la Lune, qu'aucun géologue ne parvient encore aujourd'hui à expliquer. L'origine minéralogique de la Lune reste à ce jour indéterminée. Mais il y a bien plus fort encore.

La Lune, comme vous le savez, tourne sur elle-même et autour de la Terre. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'elle le fait dans un mouvement si complexe qu'il en est à peine croyable, puisque malgré sa double rotation, la Lune parvient à constamment ne nous montrer que la seule et même face. Notre chère Lune est un secret ambulant de taille cosmique, parvenant à nous dissimuler en continu ce que l'on appelle, très justement, la « face cachée » de la Lune. Soyons très clairs : une telle configuration et composition de mouvement planète-satellite est tout à fait unique et remporte le record universel incontesté des bizarreries intersidérales. Et ce n'est pas tout. La Lune s'éloigne de nous. Depuis toujours. Un jour, elle parviendra même à se libérer de l'attraction terrestre pour s'en aller dériver dans l'immensité glaciale de l'Univers. Mais c'est très précisément aujourd'hui, à notre époque, au moment où la créature suprême que nous sommes parvient à maturité intellectuelle, que la Lune se trouve être à la distance parfaite pour engendrer ce phénomène unique qu'est l'éclipse solaire totale. Quel curieux hasard !


Je vous sens sceptique. Mais je le répète : cette corrélation Terre-Lune, variable dans le temps, mais parfaitement réglée pour présenter deux des plus formidables et improbables caractéristiques cosmiques imaginables, tout juste au moment où l'Homme devient apte à questionner l'Univers qui est le sien et à comprendre le sens et l'extrême singularité de cet improbable état de fait, est sûrement le signe le plus fort et le plus subtil qu'Il puisse nous envoyer. Car, oui, la Lune est un signe monumental, un clin d'œil sidéral, c'est la plus grande des confirmations de notre importance cosmique.

Dieu nous a créés, nous, à Son image. À nous d’en être dignes, à nous de ne pas perdre de vue ce que nous sommes. La philosophie bassement matérialiste amorcée par Charles Darwin, encouragée par Karl Marx et les communistes sous l'impulsion de Lénine, n’a que trop duré. La vérité doit être rétablie. La Vie n’a pas pu apparaître autrement que par l’Intervention divine, nous sommes les serviteurs de Dieu et devons travailler à répandre Sa parole et Sa spiritualité. Il nous faut à tout prix sortir de notre marasme matérialiste pour saisir l’essence de la Vie, la vraie, et nous relancer vers Dieu.


Et alors que retentissait un tonnerre d'applaudissements et que le conférencier triomphait poliment, Abby restait scotchée par son discours. En l’espace d’à peine quelques minutes, le doute s’était insinué dans son esprit, le doute sur tout ce qu’on lui avait appris à propos de la vie. Le conférencier s’était montré remarquablement habile pour mettre le doigt sur de dérangeantes bizarreries de ce qui jusque-là, pour Abby, n’était même pas une théorie, mais tout simplement la réalité de la vie. Il était parvenu à la faire douter. En fait, elle s’était rendue compte qu’elle n’avait jamais vraiment pensé à ce que l’Évolution, telle que tout un chacun la connaissait, n’ait pu être qu’une théorie. Et, plus dérangeant encore, que cette théorie ait pu être fausse. Ce constat l’avait profondément troublé. Elle avait l'étrange sentiment nauséeux de s’être bâti, même inconsciemment, toute une représentation du monde qui ait pu être basée sur une fausse théorie. Mais l’orateur n’avait pas réussi à l’emmener dans son délire de complot évolutionniste contre une vérité religieuse. Abby se méfiait instinctivement de tout ce qui avait trait au divin. Et la suite du discours lui avait clairement semblé tourner à l’absurde. Elle commençait à se ressaisir lorsque l’énormité des empreintes de dinosaures avait achevé de la ramener à la réalité. Non, ce type racontait des conneries. Bullshit, se dit-elle intérieurement. Mais, surtout, elle se sentait parfaitement stupide d’avoir pu se laisser emmener vers de telles énormités. Elle décida qu’elle en avait assez vu comme ça et, presque furieuse, s’en alla en trombe.


 
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   David   
9/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai trouvé la transition expéditive entre "Elle devait en savoir plus." où Abby est encore au journal et "Abby arriva devant une étrange porte en métal brossé" là il s'agit d'un autre batiment visiblement.

Mais un épisode pas mauvais du tout, j'ai bien aimé l'histoire de moule.

   Menvussa   
16/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel est le but recherché par l'auteur. Il nous fait ici un exposé très documenté de la thèse créationniste et pourtant, on sent qu'il va s'ingénier à la démolir car tout son récit nous pousse à penser qu'il est un fervent défenseur des théories (revues et corrigées, certainement) de Darwin.

À ce stade voilà comment je me représente la "scène".

Craig, c'est la cristallisation des connaissance scientifiques de l'auteur.

les divers intervenants tels que celui que l'on vient d' "écouter" représente l'antithèse, le côté obscur de la "pensée" scientifique, la négation de l'évolution.

Abby représente le doute qui parfois s'immisce dans l'esprit de l'auteur, car tout scientifique digne de ce nom, doute. La certitude est le fait des "imbéciles" Le doute est le moteur de l'investigation.

Voilà, j'expose certainement des hypothèses hâtives mais trouve cela amusant.

Alors, nous verrons bien où l'auteur nous mènera.

Une chose me surprend toujours, c'est que l'on veuille opposer existence de Dieu et évolutionnisme.

Nota : L'intrigue m'apparaît de plus en plus comme un prétexte, un habile stratagème pour nous présenter une théorie.

   macalys   
19/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le passage où on passe du journal au bâtiment de la conférence est vraiment trop rapide.
Et puis, j'ai rien compris à cette histoire de "Sini Bojé".

Sinon la conférence est très vivante, et cette fois-ci on sent la patte du personnage dans l'exposé, grâce à plein de réflexions personnelles amusantes.

   Anonyme   
1/3/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
L'auteur possède des connaissances vraiment incroyables sur les théories de l'évolution et sait parfaitement les retranscrire sous forme de narration, ce qui donne un roman extrêmement intéressant, voire jubilatoire.

J'aime ce genre de récit où l'on complote depuis des lustres, où l'on apprend beaucoup de choses sur des thèmes et des idées complexes qui se recoupent pour former une trame intelligible et savamment orchestrée.

J'adhère entièrement à ce chapitre, même s'il est un peu long.

Mention très bien.


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