Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Sentimental/Romanesque
alvinabec : Cap au sud
 Publié le 28/12/11  -  9 commentaires  -  10123 caractères  -  61 lectures    Autres textes du même auteur

Paulo se redresse.


Cap au sud


Quand Paul, dit Paulo, prend congé de sa conseillère professionnelle, on le voit davantage voûté sur le trottoir.

La conseillère lui a signifié que 55 ans, n’est-ce pas, ce n’est pas un âge facile pour retrouver un emploi de gestionnaire de stocks. Surtout quand on a eu, comme lui, une carrière aussi longue dans la même entreprise. Bien sûr, autrefois, c’était la stabilité, c’était le sérieux, mais maintenant tout a changé. Il faut être souple, mobile, réactif. Le maître-mot : adaptabilité ! Paulo veut bien le croire. Puisqu’on le lui dit. Elle l’a incité à une reconversion professionnelle. Elle lui propose un stage de comptabilité. Très aimable, elle a souri autant à son écran qu’à Paulo, lequel a supposé qu’elle s’employait déjà à le radier de la liste des allocataires du chômage.

À si peu d’une retraite qu’il espère campagnarde, ce n’est pas de chance. La faute au monde qui tourne trop vite. Paulo promène un doigt sensible sur les rides de son front dégarni. On ne quittera pas la ville, donc. Pas encore. Il rejoint son domicile à bord de la belle voiture jaune acquise l’an dernier, intérieur cuir, jantes alu. Un embouteillage au centre-ville immobilise un long moment les véhicules. Et il germe chez Paulo une idée pour remédier à cet accident de carrière.


Quitte à changer de travail, changeons vraiment ! Il connaît bien la cité pour l’arpenter en tous sens les nuits de solitude, quand il ne bricole pas des horloges ou des grille-pains fatigués. Paulo s’informe, consulte l’avis de professionnels et se décide. Disposant d’un véhicule qui s’y prête, il sera chauffeur de taxi. Après une formation, il achète une licence avec les économies de toute une vie et se lance dans le commerce des transports, mettant à profit ses insomnies pour circuler de nuit. C’est un peu rude, surtout au moment de se faire payer. Certains clients renâclent, discutent le tarif, veulent obtenir un rabais. Comme si Paulo roulait en soldes ! Il est bien ennuyé, lui qui jamais n’a négocié le moindre objet et paie son loyer avant le terme échu. Parce qu’il ne réclame pas ce qui lui revient, Paulo perd quelquefois le prix de la course, s’en désole et se promet d’être plus tenace à la prochaine occasion.

Le soir, après un dîner le plus souvent composé de soupe et d’œufs brouillés, il monte dans son véhicule et part stationner devant la gare ou au grand carrefour du centre-ville près du nouveau multiplexe restaurants-cinémas. Là-bas, il est certain de charger des clients. Surtout en fin de semaine.


Ce jeudi, Paulo, assis dans sa voiture, attend devant la gare où le T.G.V. n’est pas encore arrivé. Les ongles de la main gauche proprement rongés, il soupire d’aise en contemplant son œuvre, puis attaque les ongles de la main droite sans se presser. On a tout son temps, le train aura 40 minutes de retard.

Paulo envisage une nuit calme ; trois, peut-être quatre courses si la chance est là, pas davantage. Après un premier client à peine aimable, trajet « T.G.V direct dodo », il reçoit un appel depuis la borne de l’avenue Picasso :


— Bonsoir, j’ai besoin d’une voiture, je suis sous le premier lampadaire de la voie, vous ne pourrez pas me rater, je porte un Panama et un long manteau.

— D’ici cinq minutes, monsieur, je serai là.

— Bon, je vous attends.


Les appels de nuit sont peu fréquents. Paulo dirige sa voiture vers le quartier administratif où s’aligne l’essentiel d’une ville préfectorale : pensionnat, faculté, hôpital, caserne, dortoirs pour fonctionnaires déracinés. Dès le début de l’avenue Picasso, il distingue, dans le halo du réverbère, un grand homme au profil d’os de seiche, muni d’une valisette rouge. Paulo stoppe le véhicule, descend et ouvre la portière côté trottoir. La silhouette du client s’oppose au mètre soixante-cinq pour quatre-vingt kilos de muscles du chauffeur.

Manteau et Panama se calent sur la banquette arrière.


— Encore bonsoir, monsieur, vous avez une bien jolie voiture. J’ai failli vous attendre. Non, je plaisante. Vous êtes juste là quand il faut.

— Où allons-nous, monsieur ?

— Roulez, roulez, il faut que je m’aère. Je veux voir la route de nuit.

— Bien, monsieur. Un tour sur la nationale ?

— La nationale. Excellente idée.


Paulo, s’il osait, demanderait un acompte pour cette course incertaine. Son client, sans doute mû par une pensée similaire, sort quelques billets d’un portefeuille bombé et les dépose sur le siège avant.


— Tenez, voici une avance pour cette sortie que je voudrais sur la durée. Ne sachant où cela nous conduira, il est tout à fait naturel que je vous dédommage dès à présent. Ah, au fait, avez-vous un horaire précis à respecter ? D’autres clients à conduire quelque part cette nuit ?

— Non, monsieur. Pas de contraintes, pas d’horaires, une maison vide. Je suis à votre service, dit Paulo satisfait de la tournure des événements.

— C’est parfait ! Roulons alors. Nous allons passer un long moment ensemble. Que diriez-vous d’abandonner le « monsieur » au profit de nos prénoms ?

— Comme vous voudrez, monsieur.

— Très bien, moi c’est Hubert. Et vous ?

— Paulo pour moi.

— Paulo… pour Paul ?

— Oui, c’est ça. À la rentrée, au collège, les copains me claquaient l’épaule en ajoutant : « Alors, mon petit Paulo, on n’a pas grandi cet été ! », et, de fait, un mètre soixante-cinq à douze ans et tout pareil aujourd’hui. Je me suis fait à Paulo, comme si rien n’avait changé depuis l’adolescence. Pourtant j’aimais bien mon prénom : Paul. C’est beau, c’est sobre, et ma mère l’avait choisi à cause du saint, l’histoire du manteau, je crois.

— Bien, vous reprendrez votre prénom, je l’espère, d’ici peu. Paul, c’est très beau. Je ne me souviens pas que quelqu’un ait tenté de m’appeler Hub’. Sauf mon épouse qui m’a quitté à cause de mon prénom, elle trouvait que je le portais trop bien. J’ai été surpris de sa décision, c’est bien le moins après vingt ans de vie commune. Il me semble qu’elle courtisait des amours plus fraîches. C’était l’an dernier.

— Hubert, suivons-nous toujours la grand-route ?

— Oui, oui, continuons. Personne ne m’attend plus que vous. Voyons, allons jusqu’à la mer, si vous voulez bien… Rien ne me fera plus plaisir que de dîner de quelques huîtres, si nous trouvons encore un restaurant ouvert. Vous m’accompagnerez, n’est-ce-pas ?

— D’accord, Hubert.


Et Paulo appuya sur l’accélérateur jusqu’à la Manche. Hubert somnolait un peu.

À Trouville, près du port, à la brasserie « Les Vapeurs », les deux voyageurs s’attablent devant une platée d’huîtres. Hubert commande du champagne, avale des pilules bleues, porte un toast à la balade, à l’air marin, à la vie, à sa fin de vie qu’il voudrait festive.


— Eh oui, mon cher, puisque j’en suis là, mourir, je l’accepte sans apitoiement. Mais l’air du pavillon des cancéreux me devient toxique. D’où mon départ quelque peu prémédité ce soir avec un bagage léger. Je n’ai pas besoin de grand-chose. Je me suis éclipsé discrètement car je vais décevoir le spécialiste qui me bichonne mieux qu’une bête de concours depuis six mois. Hier, il me disait encore : « Cher Hubert – c’est un ami de longue date –, tu es un pur-sang, jamais je n’ai vu une telle foison de métastases contrecarrée par une volonté comme la tienne. Tu as le foie en capilotade, les reins épuisés, la moelle en triste état, et pourtant tu es là, debout, c’est merveilleux, nous publierons, tu verras, nous publierons ». Il n’empêche ! Quatorze fois j’ai goûté aux vitamines de survie sans résultat autre que des marqueurs biologiques en hausse. À défaut de me laisser sans voix, cela m’a laissé exsangue. Le cher oncologue me propose un nouveau protocole, une chimiothérapie agressive, semble-t-il. Il est charmant mais c’est un acharné. Je sens, je sais avec certitude que l’heure est venue de m’occuper de moi. Gratuitement. J’ai besoin de vent et de soleil. On reprend une bouteille ?

— Pour sûr, Hubert, prenons… Dites, nous sommes là, près du port, l’air du large n’est pas loin. Vous me donnez des idées. Irons-nous nous promener sur les pontons après le dîner ?

— Quelle merveilleuse idée, allons entendre le vent siffler dans les mâtures.


Ainsi fut fait.

Après avoir enjambé le portillon d’accès aux pontons, les deux comparses déambulent parmi des voiliers de belle allure. Hubert s’arrête devant un gréement multicolore. Les haubans diguedonguent dans l’air du soir. Il voudrait vérifier s’il a toujours le pied marin ; au moins encore un tout petit peu.


— Déchaussons-nous. Montons à bord.


Paulo acquiesce.

Dès le pied posé sur le pont de teck, l’envie d’une sortie en mer les rapproche.


— Savez-vous naviguer ? s’inquiète Hubert.

— Pour sûr, dit Paulo, fier de rappeler son apprentissage à l’école des Glénans.

— Alors, essayons-le, sourit Hubert. Il me plaît.

— Où partons-nous ?

— Vers l’infini, l’horizon durable.

— Quand rentrerons-nous ?

— Que vous préoccupez-vous du retour ? Seul compte le présent.


Grâce au génie bricoleur de Paulo, le bateau se détache sans bruit de son anneau et sort lentement du port de plaisance. Trois vagues plus tard, les deux hommes naviguent à bord de ce ketch bleu, quinze mètres. Deux mâts donc, honnêtement empruntés. Paulo à la manœuvre, Hubert s’allonge sur le pont, fredonne des chansons de carabin un moment puis s’endort. Paulo vogue loin de la côte, laissant son équipier rêver.

Plus tard, dans l’horizon liquide, Hubert se lève. Il vacille un peu, attrape le fin bastingage, trouve son équilibre. Ça ne tangue pas tant que ça. Il s’octroie une poignée de pilules bleues, rejoint Paulo à la barre qui lui trouve une certaine allure. De nouveau Hubert chante, entraîne l’autre à clamer des paillardises. Cela attirera les sirènes.

Au petit matin, le voilier est à contre du soleil levant. Par groupes joyeux les sirènes qui se prélassent dans l’eau, semblent appeler Hubert. Il rit comme un enfant.


— Ah ! Paul, mon cher Paul…


Et il bascule par-dessus bord.

Quand Hubert disparaît, happé par les flots, son compagnon, les épaules dégagées, se dresse devant la barre. Qu’il tourne. Cap au sud.


— Paul, je m’appelle Paul, hurle-t-il au monde si vaste.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   socque   
2/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime assez le langage fleuri de Hubert, mais je trouve que c'est un peu "trop" de ce côté-là, je l'aurais bien vu se déboutonnant peu à peu à mesure que s'avance la nuit. Sinon, une jolie histoire, désabusée et courageuse, dans le genre "merde à tout !" La fin est bien dans le ton.
Le tout est totalement invraisemblable, bien sûr, mais on est quasiment dans l'allégorie. Pour moi, ça fonctionne.

"un grand homme au profil d’os de seiche" : joli !
"A défaut de me laisser sans voix, cela m’a laissé exsangue" : dommage, pour moi, la construction de la phrase avec les deux "laisser" en parallèle. Je trouve l'effet facile.

   LeopoldPartisan   
22/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
court, énergique et efficace; sans faux fuyant, cela m'a un peu évoqué Taxi Europa de Stephan Eischer.
Une bien belle ou bien beau (je ne sais plus) "laché-prise".
Hissez haut.

   brabant   
28/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Alvinabec,


Superbe, j'ai positivement adoré.

D'une écriture sobre, à la limite du dépouillement, mais pas tant et qui coule, efficace. J'ai dans mes cartons un court poème en prose de ce goût-là : "Métro Charogne" où un quidam entreprend un voyage pour la mort, et à partir de là, voyage en première classe. Votre texte a, à s'y méprendre, la même tonalité. Et pourtant je ne l'ai jamais publié. Et pourtant on ne se connaît pas. Curieux, non ? Stupéfiant. Il y a de ces "Correspondances baudelairiennes"!...

On a ici une égalité parfaitement gérée entre le sentiment et l'objectif, et l'on ne s'étonne ni ne s'émeut de la mort d'Hubert qui s'ouvre sur le grand souffle de vie et de liberté de Paulo.

A mon avis, ce Paul est l'ange gardien d' "Hub" et l'a emmené au paradis car la vie et la mort se confondent à la conclusion de ce récit.

Mais au fait, si c'était l'inverse, si c'était Hubert qui avait montré le chemin à Paul, révélation ! Qui est le guide de l'autre ici ?

Il est étonnant que les deux prénoms soient fortement connotés :
Paul et le chemin de Damas, Hubert et le cerf mystique avec la croix lumineuse entre les bois au profond obscur des ramures.


Bravo !

   matcauth   
28/12/2011
Merci pour cette histoire qui nous happe. Pourtant, ce thème, je l'ai lu et relu, traité de toutes les manières.
Dommage que ce ne soit pas plus long, on aurait aimé navigué plus longtemps avec eux grâce à cette écriture sans fioritures, douce, prenante, et qui sait nous faire voyager avec les personnages. Par contre, fallait-il que Paul soit nouveau dans le métier ? Je ne fais pas bien le lien entre le début de l'histoire et la suite. J'aurais preferé en savoir plus sur les anecdotes taxi-esques de ce dernier.

La fin est totalement invraisemblable, le manque d'émotions de Paulo, pardon, Paul, est étonnant.
Autre chose : Pourquoi hubert avale t-il des quantités de pilules si il compte en finir ?

Voilà, merci donc pour ce joli conte, car après reflexion, je ne devrais pas être si terre à terre et aborder cette histoire comme vous le souhaitez : comme un conte.

   widjet   
28/12/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
D'emblée, après une intro rapide, on entre dans le vif du sujet. C'est bien une nouvelle qui va à l'essentiel, sans trop fioritures et assez peu de descriptions.

L'écriture est à l'image du texte, simple et sans chichis. Elle passe plutôt bien, même si je n'en suis pas friand.

Les personnages sont sympathiques et rapidement identifiables et bien campés. Destin ou hasard, ils se sont bien trouvés car quelque part, ce sont deux condamnés mais loin de s’apitoyer, ils ont l'humeur joviale et respirent la joie de vivre.

L'auteur prend le contre pied en nous contant de façon légère une histoire tragique. Interprétation de ma part : le retour au prénom Paul est peut-être une façon de dire que le Paulo (sobriquet sinon dégradant, est infantilisant) est symboliquement mort au profit d'une nouvelle naissance (voire une renaissance) symbolisée par le retour au prénom d'origine.

Un texte somme toute pas désagréable, qui se lit (et pour ma part) s'oubliera vite.

W

   Anonyme   
28/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Une écriture sympathique pour une histoire complètement invraisemblable depuis le début : le magasinier à qui on propose un poste de comptable !
Mais on s'en fout, on continue à lire parce que ça coule comme un joyeux torrent et on a raison puisque ça mène à la mer !

   caillouq   
30/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Etait-il nécessaire de s'apesantir autant sur la scène avec la conseillère professionnelle, qui n'a, finalement, aucun rapport avec le reste du texte ? Ca décentre l'ensemble, sans que j'en voie l'utilité (mais j'ai peut-être raté quelque chose).
En fait, j'ai apprécié cette histoire de manière croissante en avançant dans la lecture - jusqu'à la fin qui est violente et efficace à souhaits. Superbe.
Mais quelques détails d'écriture:
Le "davantage" me tire l'oeil dès la première phrase - sans suite.
C'est quoi, un profil d'os de sèche ?
"Ainsi fut fait": un passé simple incongru entre des présents.
Le "Irons-nous nous promener sur les pontons ..." me fait réaliser un gêne éprouvée lorsque Paul/Paulo parle: il a le même ton qu'Hubert ! Hubert est précieux, mais Paul/Paulot a-t-il des raisons de l'être ? Je serais plus convaincu s'il avait une voix plus identifiable.
Et, ah oui: j'aime beaucoup le résumé !

   Palimpseste   
31/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé le texte, même si deux ou trois petites choses pourraient l'améliorer.

L'intro sur la perte d'emploi est longue et ne sert pas le reste du récit. ça peut tenir en deux lignes ou bien il faudrait en faire plus (par exemple faire échafauder un polan devenir taxi).

On ne devient pas taxi comme ça. Il faut une licence ou bien devenir clandestin, mais à ce moment-là, le récit doit le refléter. C'est dommage parce qu'image donnée par Paulo n'est pas celle d'un type qui peut devenir taxi-clandestin. On ne voit mieux passer des examens et bûcher ses itinéraires.

Il aurait été sympa de faire intervenir Les Glénans plus tôt, histoire de montrer que cette escapade dans le port n'est pas qu'un hasard mais bien une boucle de l'histoire (par exemple qu'il a toujours rêver d'être marin quand il était petit).

Dernier point, un peu pointilleux: les nombres (55 ans, 40 minutes) doivent s'écrivent en lettres.

Sinon, bon travail d'écriture, ça coule bien et les rythmes sont bons...

   jeanmarcel   
17/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai bien aimé ce conte qui démarre dans un bureau exigu pour se terminer en pleine mer, face au vent du large.
Je pense que l’on peut comprendre cette histoire de plusieurs façons et j’ai ma propre interprétation de cette allégorie : Quand il rencontre Hubert je pense que Paulo est face à sa mort prochaine.
Hubert symbolise le cancer que Paulo a sans doute en lui, le voyage en bateau symbolise le suicide que Paulo prévoit depuis qu’il perdu son emploi.
C’est donc dans l’approche que fait le lecteur que ce beau texte prend, ou non, une valeur supplémentaire.
On peut être perturbé ou déçu par ce road movie paresseux s’il on le prend au pied de la lettre et que l’on ne va pas au-delà des mots (et des maux).
Le Cap au Sud c’est une autre vie ou tout simplement une mort sereine voire même joyeuse, le nez dans les embruns.
J’insiste sur ce que j’ai ressenti car c’est plus fort que ce que j’ai lu, c’est le propre des belles œuvres que de trouver un écho dans notre propre vie, en cela ce texte est très réussi.
Coup de chapeau à l’auteur.


Oniris Copyright © 2007-2019