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Réalisme/Historique
Babefaon : Sinon, ça s'est arrangé avec vos voisins ?
 Publié le 11/10/20  -  7 commentaires  -  11453 caractères  -  46 lectures    Autres textes du même auteur

Drame de la vie citadine...


Sinon, ça s'est arrangé avec vos voisins ?


Un mois déjà que je suis enfermée. Un mois que j’arpente les couloirs dans tous les sens, sans but, juste comme ça pour avancer, pour tuer l’ennui, un peu comme le ferait un fauve qui ne supporterait plus de rester en cage. Un mois déjà, que je suis prisonnière de ces murs aux couleurs passées qui mériteraient d’être rafraîchis. Peut-être que je devrais le leur suggérer, mais je ne pense pas que ce soit leur préoccupation du moment. Ils n’arrivent déjà pas à nous fournir des pyjamas à nos tailles, alors les peintures…

On me dit que je devrais m’inscrire à des ateliers pour passer le temps. Musique, dessin. Pourquoi pas la deuxième option ? J’ai toujours été plus douée pour le dessin que pour la musique, alors va pour le dessin. Mais pas aujourd’hui. Je verrai ça plus tard. Je n’ai envie de rien là, de suite. Je ne sais pas pourquoi, ou plutôt si, probablement parce que je suis privée de liberté et que mon esprit se trouve pris dans un étau. Comment créer dans ces conditions ? Un étau qui m’enserre et m’empêche de m’ouvrir à quoi que ce soit, malgré les médicaments censés m’aider. Des médicaments qui me procurent aussi des effets secondaires indésirables sur lesquels il ne serait pas élégant de m’attarder. On me dit que non, qu’ils n’y sont pour rien, mais je sais bien que tout cela est faux, qu’on minimise les effets. Je sais qu’on me ment. Je n’étais pas comme ça avant. Comment ai-je pu en arriver là ?

Et si j’allais faire un tour dehors quelques minutes, m’asseoir à une table et profiter du soleil encore généreux de cette fin d’été ? Je pourrais y aller, mais de ça non plus, je n’en ai pas envie. Pas envie de me poser ni de discuter avec quiconque, de croiser ces regards qui me dévisagent et me laissent à penser qu’ils sont tous au courant, qu’ils savent tous ce que j’ai fait. Je ne me sens pas encore assez forte pour les affronter. J’ai peur de les entendre chuchoter dans mon dos. J’ai sans cesse cette impression désagréable d’être observée, jaugée, jugée. Une impression qui ne me quitte qu’à de rares moments et me rattrape presque aussitôt. J’aspire juste à être seule, je suis bien toute seule, je n’ai de comptes à rendre à personne, rien à expliquer. Même si je sais que cette tranquillité est toute relative et qu’il va falloir que j’honore mon rendez-vous de tout à l’heure. Je ne pourrai pas y échapper. L’infirmier que je viens de croiser me l’a rappelé, de peur que j’oublie et qu’il doive partir à ma recherche le moment venu. Il va falloir que je réponde encore à toutes ces questions qu’on me pose de semaine en semaine pour savoir comment je me sens, pour savoir si je vais mieux, si je me souviens… Pour savoir si je regrette. Je commence à être fatiguée de répondre toujours aux mêmes questions, de répondre toujours la même chose. J’ai encore du mal à émerger, ça se mélange dans ma tête et je n’arrive pas à assembler toutes les pièces du puzzle pour leur donner des explications cohérentes. Du moins celles qu’ils attendent. C’est pour ça qu’ils me demandent toujours la même chose. Pour savoir. Sauf que je n’arrive pas encore bien à me souvenir, même si j’essaie. Maudits médicaments !

Et si je retournais dans ma chambre ? Je pourrais m’étendre sur mon lit en attendant qu’on m’appelle pour le déjeuner. Attendre, je ne fais que ça depuis mon arrivée ici. Les jours se suivent et se ressemblent et sont rythmés de la même manière. Pour ma part en tout cas. Oui, je vais retourner dans ma chambre et profiter du calme revenu, maintenant que ma voisine est partie. Tant mieux, je ne l’ai jamais vraiment appréciée et je crois que c’était réciproque. Il faut avouer que nous n’avons rien fait pour et que nous n’avons pas beaucoup échangé non plus, durant notre cohabitation forcée. Question d’affinités. Et puis elle avait un côté austère et peu rassurant. C’était pire quand elle me souriait, c’était étrange. C’est bien qu’elle soit partie, je me sentirai davantage en sécurité sans elle, même si apparemment je ne risquais rien, comme on ne cessait de me l’assurer.

Je suis perdue dans mes pensées quand une voix me rattrape et me fait sursauter. J’aimerais qu’on me laisse tranquille, mais je dois me rendre à l’évidence, ce ne sera pas pour de suite, car il est près de 11 heures et je dois aller à mon rendez-vous. J’ai bien failli le zapper celui-là, l’infirmier a bien fait de me le rappeler. D’aucuns appelleraient ça un acte manqué. Je patiente quelques minutes à l’extérieur du bureau, avant qu’on m’invite à y entrer. Il y a quelqu’un que je ne connais pas aujourd’hui, qu’on me présente comme un nouvel interne, qui me regarde à peine et s’apprête à prendre des notes. Il se contente de m’observer sans dire un mot, ce qui est très déstabilisant. J’ai l’impression qu’il m’en veut, qu’il est remonté contre moi. L’autre, celui qui me suit depuis le début, me prie de m’asseoir et me demande comment ça va tout en esquissant un sourire charmeur, censé me mettre en confiance. Comment ça pourrait aller ? je lui réponds. Je suis privée de liberté, je n’ai droit à aucun appel et je tourne en rond comme un animal sauvage qui ne comprend pas ce qu’il fait dans un enclos, comment il a pu se retrouver pris au piège. Alors il me rappelle les raisons, il me parle de l’incendie, du fait qu’on m’a retrouvée hagarde dans la rue peu après, en peignoir. Il me demande si je me souviens de ce qui s’est passé ce soir-là. Bien sûr que je me souviens, même s’il y a encore des zones d’ombre dans le déroulement de la soirée, surtout vers la fin.

Je me souviens de cette chaleur qui régnait depuis quelques jours, de cette chaleur étouffante qui s’était installée subitement et qui commençait à m’être insupportable. Nous n’étions plus très nombreux dans l’immeuble. Beaucoup avaient déserté pour se rendre sur leur lieu de villégiature. Moi, je n’avais pas pu partir, parce que j’avais perdu mon boulot quelques mois plus tôt et aussi mon mec dans la foulée. Les éléments s’étaient enchaînés ou plutôt déchaînés contre moi. Il y avait beaucoup de bruit depuis quelques jours, surtout la nuit et plus particulièrement cette nuit-là. Je n’arrivais pratiquement plus à dormir depuis les deux dernières semaines. Mes insomnies avaient commencé bien avant le début cette maudite canicule. J’étais extrêmement fatiguée et me sentais perpétuellement agressée par les éléments extérieurs. Les bruits, les odeurs, tout me paraissait exacerbé… Je ne me nourrissais que très peu aussi. Les circonstances avaient eu raison de mon appétit et de mon sommeil déjà perturbé en temps habituel.

Ils n’en étaient pas à leur première fois, et malgré les mots affichés dans la cage d’escalier au lendemain de chacune de leurs fêtes et mes nombreuses visites pour leur demander de faire davantage attention, rien n’y avait fait. J’avais contacté le syndic à plusieurs reprises, qui m’avait assuré avoir envoyé un courrier au propriétaire à ce sujet. Tout comme j’avais également appelé le commissariat de police à de non moins nombreuses reprises, où l’on me répondait inlassablement la même chose : à savoir qu’une patrouille essaierait de passer dès qu’ils seraient en mesure d’en envoyer une. Mais personne ne s’était jamais déplacé. Non, personne. Faute d’effectif suffisant, sans doute. Je me souviens de la voix douce de l’agent qui avait pris mon appel la nuit en question, qui m’avait demandé si j’étais montée les voir avant de solliciter leur intervention. Je lui avais répondu que c’était inutile, que j’y étais allée par le passé, mais que mes démarches étaient restées infructueuses jusqu’ici. Tout comme celles du syndic auprès du propriétaire. J’en étais arrivée, par la force des choses, à éprouver un sentiment de haine qui me faisait me détourner de leur chemin pour éviter d’avoir à les croiser et m’empêchait désormais d’envisager toute discussion. Alors à quoi bon y retourner, puisque rien ne changerait ? C’est pour ces raisons, entre autres, que je ne leur avais pas ouvert quand ils étaient venus sonner à ma porte un peu plus tôt dans la journée, sans doute pour s’excuser par avance des nuisances sonores qu’ils s’apprêtaient à occasionner une fois encore. J’avais atteint un point de non-retour. Comme à l’égard des quelques autres occupants qui restaient d’ordinaire impassibles à leur tapage, qui préféraient s’enfermer chez eux, à l’abri de leurs doubles vitrages ; contrairement à moi qui préférais laisser mes fenêtres ouvertes pour profiter au moins de l’air de la nuit à défaut de pouvoir dormir. Où était le mal ?

Après, je ne sais plus très bien, il semblerait que j’aie occulté certains détails. Je me revois en train de pester contre cette cacophonie assourdissante qui résonne dans la cour et qui me rend folle. Je me souviens des éclats de voix, des rires qui se mélangent à la musique en provenance de leur appartement au 6e, des allées et venues dans l’escalier. Des autres fenêtres qui sont fermées comme à l’accoutumée, des lumières éteintes. Je les envie de pouvoir dormir et leur en veux en même temps de leur passivité. Je me demande bien comment ils font avec tout ce raffut, j’aurais tant aimé qu’ils se rangent à mes côtés, qu’ils me soutiennent, mais il n’en est rien. Alors je renonce à me coucher, ça ne sert à rien que je m’évertue à essayer d’attendre un sommeil qui ne viendra pas, avec ou sans bruit. Puis je me dirige dans la salle de bains, j’enfile un peignoir avant d’aller dans la cuisine, d’ouvrir mon sac et d’allumer une cigarette.

Je me souviens être sortie de chez moi, être montée jusqu’au 5e, m’être assise un instant sur les marches recouvertes du tapis neuf et encore soyeux tout juste installé pour amortir les pas des moins précautionneux. Un tapis que nous avions demandé en vain à chaque assemblée pendant des années. Je me souviens être restée là un moment, tout en consumant lentement ma cigarette, hypnotisée par l’incandescence de la cendre qui s’en détachait et le cliquetis du Zippo que j’actionnais d’un geste devenu machinal ; hésitant une fraction de seconde à aller sonner à leur porte une fois de plus, avant de me raviser. À quoi bon, puisqu’ils ne m’auraient pas écoutée. Ils m’auraient peut-être invitée à me joindre à eux, au mieux. Ou au pire, je ne sais pas. Ensuite, tout est plus confus dans ma mémoire. Il paraît que je serais partie en abandonnant le mégot encore allumé dans un sac-poubelle qui était entreposé sur le palier. Ils cherchent à savoir si mon geste était intentionnel ou pas. Je ne sais plus, non, je ne sais plus. Je n’en ai aucun souvenir. Je me souviens seulement être sortie précipitamment dans la rue pour échapper à cette chaleur qui se faisait de plus en plus suffocante, certainement accentuée par les flammes qui commençaient à se répandre ardemment et à une vitesse vertigineuse sur le tapis encore neuf. Quel dommage, on avait mis tant de temps à l’obtenir ! C’est pour ça qu’ils me posent invariablement les mêmes questions, qu’ils me demandent si je regrette. Regretter quoi ? Tout ce que je regrette pour l’instant, c’est de ne pas leur avoir ouvert, de ne pas avoir écouté ce qu’ils avaient à me dire. Il paraît que c’était leur dernière fête, avant de déménager. Qu’ils étaient venus pour m’y inviter comme ils avaient invité les autres voisins qui avaient tous accepté. Je comprends mieux maintenant, pourquoi toutes les lumières étaient éteintes, pourquoi je croyais qu’ils dormaient. Si seulement je leur avais ouvert…


 
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   Corto   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce récit est criant de vérité et mérite parfaitement sa place en catégorie "réaliste".

La description de l'intérieur de l’hôpital psychiatrique est fort bien présentée. De même le ressenti face à la situation vécue, l'environnement, l'aspiration contrariée à la solitude, le sentiment de ne pas tout comprendre, de ne plus tout se rappeler. Bref de ne plus être autonome et de peu maîtriser la suite des événements.

La relation avec les voisins bruyants et l'enchaînement des faits ressemble à une description ergonomique visant à comprendre l'aboutissement à une situation précise.

La chute de la nouvelle avec la phrase décisive "Qu’ils étaient venus pour m’y inviter comme ils avaient invité les autres voisins qui avaient tous accepté" est très bien amenée, simultanément avec les souvenirs parcellaires qui arrivent jusqu'à l'esprit de la narratrice.

Cette tranche de vie en période dramatique est bien rendue.
Bravo à l'auteur.

   Dugenou   
11/10/2020
Commentaire auto-modéré

   Perle-Hingaud   
13/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
J'ai trouvé l'écriture solide et le thème efficace. La canicule comme élément déclencheur du drame, l'exaspération croissante, tout cela est bien évoqué.
Je regrette simplement l'explication de la dernière fête avant déménagement et l'invitation des autres voisins. Je trouve que ça enlève de la force au personnage ou au texte: la banalité est rompue, alors que le drame aurait pu rester dans la continuité de la montée de la tension, comme une "simple" goutte d'eau de trop. J'apprécie la retenue et l'absence de "bons sentiments": pas de bébé ou autre personne fragile dans les victimes, ou du moins, ce n'est pas dit dans l'histoire, qui évite ainsi un côté mièvre.
Un texte intéressant, donc.

   maria   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Babefaon,

Une histoire troublante parce qu'on ne voit pas ce que ce drame (qu'on peut supposer) changera à sa vie.
Retrouvera t-elle du travail, un amoureux, aura t-elle les moyens de quitter la ville à la prochaine canicule, ses nouveaux voisins seront-ils moins bruyants, à sa sortie ?
Rien ne semble l'attacher à la vie. Qu'y feront les médicaments et les entretiens avec les psy ?
Je trouve ce récit fort parce que sa narratrice n'en a pas.

Je n'ai pas aimé le titre ou plutôt je n'ai pas adhéré à son ton ironique.

Merci du partage.

   plumette   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
une lecture un peu fastidieuse à l'écran parce que pas suffisemment aérée, mais peut-être que le thème étouffant de la nouvelle y est aussi pour quelque chose!

la narratrice est à l'hopital psychiatrique, on comprend assez vite que ce n'est pas de son plein gré, on comprend peu à peu qu'elle est au centre d'un drame, une sorte de descente aux enfers avec perte d'emploi, rupture amoureuse et misanthropie progressive qui va la conduire à un geste dont on ne saura pas s'il est pleinement volontaire.

La notion de troubles de voisinage ( par un bruit excessif) comporte une importante marge de subjectivité car certaines personnes souffre d'hyperacousie ou alors sont si fragilisées que les bruits de la vie d'autrui sont une véritable agression.

la nouvelle est bien écrite, la progression intéressante pour le lecteur, mais je suis mitigée sur la chute qui évoque un peu trop pour moi "la faute à pas de chance".

   Quieto   
17/10/2020
Bonjour Babefaon,

Etant moi-même accablé par de très importants troubles de voisinage au point d’avoir pris la décision de quitter mon logement et mon quartier, je ne pouvais que me sentir concerné par ce texte.

Quelques éléments rendent la situation crédible : l’impuissance ou l’indisponibilité de la police, le courrier sans suite du syndic, la passivité des autres voisins, le choix à faire entre deux inconforts (fermer les fenêtres ou subir le bruit). Je regrette d’ailleurs que d’autres éléments soient ajoutés (perte de travail et du conjoint). Je comprends que ces éléments puissent ajouter à l’accablement de la narratrice, mais j’aurais préféré que l’accablement par les nuisances soit suffisant et rendu prégnant par des actions développées plutôt que par une description un peu morne. Je comprends très bien cette situation pour la vivre moi-même, mais je crois qu’un lecteur plus neutre trouverait avantage à ce que la situation lui soit rendue vivante plutôt que décrite. La vie est rendue impossible par des événements nombreux et presque permanents, davantage que par l'un ou l'autre événement plus spectaculaire et je trouve que ceci n'est pas rendu. J’aurais d’ailleurs aimé qu’une partie du texte y soit consacrée, au détriment peut-être de la première partie, dans l’hôpital, que j’ai trouvée un peu longue et ennuyeuse.

Je n’écarte pas la possibilité que mon implication dans le sujet m’ait poussé à vouloir lire quelque chose d’un peu différent de ce que vous vouliez écrire et vous demeurez bien évidemment maître de votre sujet. Je crois d’ailleurs comprendre que les nuisances de voisinage ne sont pas l’unique source du trouble de la narratrice.
L’imprécision sur la nature de l’acte (volontaire ou non) est plutôt une bonne chose, je crois.

Un passage qui m’a interpellé, sans qu’il soit essentiel dans l’histoire :
« Comment créer dans ces conditions ? Un étau qui m’enserre et m’empêche de m’ouvrir à quoi que ce soit […] » -> il me semble que ce sont pourtant des conditions faisant naître le désir d’évasion et, peut-être, celui de créer l’ailleurs auquel on n’a pas accès. Mais je comprends bien sûr que l’enfermement n’est pas l’unique bride pesant sur le coup de la narratrice.

Un texte qui serait vraisemblablement plus fort en donnant à vivre au lecteur plutôt qu’en lui livrant une description plus subjective que factuelle.

   SaulBerenson   
17/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte me touche car j'ai toujours été hyper sensible au bruit de voisinage, au point de m'être parfois trouvé dans un état anxiogène proche du narrateur. La première chose que j'ai faite arrivé en retraite a été de me trouver une location à la campagne la plus isolée possible.
Ce récit nous amène au pire, de la simple gène de voisinage, jusqu'au résultat semi-inconscient d'un stress journalier devenu impossible à contrôler.
Beau texte sur un problème social récurrent.


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