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Sentimental/Romanesque
calouet : À mon pote Philou
 Publié le 29/01/08  -  10 commentaires  -  13490 caractères  -  51 lectures    Autres textes du même auteur

Le témoignage d'amitié d'un pauvre gars, à son seul ami. Comme dirait Omar Sharif, "le pessimisme, la loose, c'est mon dada !"


À mon pote Philou


Tu vois, j’ai toujours été convaincu que certains gars ne sont pas faits pour vivre autant de trucs que les autres. Que l'autre tout là-haut, il leur a donné moins d’espace vital, quoiqu’ils essayent de faire, et qu’il faut surtout pas aller contre ça… Que des gonzes comme nous deux, c’est un peu comme deux huîtres collées à un putain de rocher, qui se serrent la coquille pour résister au ressac, comme se resserre la peau des couilles quand on a froid.


Tu vois mon sacré Philou, moi j’aurais jamais pensé qu’un jour on aurait l’occase de sortir ne serait-ce qu’un instant le nez de notre petite bulle de grisaille, un quotidien creux et salissant. J’dis salissant, surtout pour toi mon salopard, parce que j’ai toujours trouvé que tu schlinguais comme si tu venais de finir dernier du Tour de France sans avoir une seule fois changé de maillot… Ah ça, je t’ai fait chier avec tes effluves de cow-boy, je t’ai sacrément chambré sur ton hygiène mon petit pote, mais faut bien t’avouer que ça me gênait pas tant que ça. D’abord j’étais sûrement aussi dégueu que toi, mais comme on dit : quand tu claques un fumigène dans un ascenseur, t’es toujours moins écœuré que les autres, hein !… Et puis aussi, faut dire ce qui est, on s’habitue et même on s’attache à plein de petits trucs dans la vie. Même à ceux qui puent. On s’attache à ce qu’on a, finalement. Comme quand mon vieux sentait la bière en revenant du boulot, quand j’étais gosse. Il reniflait pas mal lui aussi tu vois, mais pareil que pour toi, je m’y étais attaché. Ça me manque encore, c’est dire, alors que j’approche salement de la quarantaine bon Dieu... Alors moi au fond, tout ça c’est pour te dire que si tu refoulais pas, ben ça me ferait chier… Comme en ce moment. Parce que j’ai presque l’impression que t’es déjà un peu parti. Et puis ça m’rappelle des trucs pas drôles de quand j’avais treize ans… Mais j’vais pas te gonfler aujourd’hui avec mes petits malheurs, tu les connais par cœur en plus…


De nous deux, t’as toujours été le marrant, la gueule enfarinée, l’optimiste. Moi c’est des trucs que je sais pas faire, même si faut bien avouer que j’ai réussi à faire semblant, parfois. Tu m’connais : quand je vois une boutanche à moitié remplie, ben elle est pas seulement moitié vide. En plus, je me dis que le pinard qui reste dedans il est sûrement dégueu, vu qu’il en reste la moitié... J’ai toujours gueulé avant de me prendre des tartes, mais ça m’a pas empêché d’en bouffer de belles… Mais je suis comme ça, j’y peux rien. Alors du coup, quand on a gagné pas mal au Quarté, moi j’ai surtout pensé au fric qu’on risquait de paumer maintenant qu’on en avait un peu, tandis que toi déjà tu délirais, les yeux pleins de merde, sur notre vie qu’allait bien changer… T’avais le regard qui brillait, comme ces clébards qu’on voit dans les chenils, le genre de machin crève-cœur où j’avais récupéré Gorette. Tu me faisais penser à eux, ouais, ces perdus qu’on aimerait bien oublier, pour ne plus se dire qu’on est des enfoirés : pas ceux qui restent dans leur coin en regardant à peine dans ta direction, mais plutôt ceux qui sont pas là depuis longtemps – ou qu’ont pas de mémoire – et qui croient qu’ils vont vite fait se tirer de là, la langue en avant, la queue qui frétille dès qu’un péquin se pointe devant le grillage… Ces connards de clebs qui oublient un peu vite qu’une sale racaille leur a un jour tapé sur la gueule, les a laissé chier dans un cagibi opaque pendant des semaines, avant d’aller les attacher à un réverbère parce qu’elle avait même pas le courage misérable de les tuer…


Avec le pèze du PMU, tu ne nous voyais pas seulement sortir de la rue. Tu nous imaginais carrément l’acheter, du bitume aux terrasses d’immeubles, des petits commerces à notre troquet fétiche, en passant par les putes et les bouches d’incendie. Suffisait de tenter sa chance, cette salope qui ne décroche de sourires qu’à ceux qui en ont déjà un minimum dans les poches ; c’était ton obsession ça, tenter ta chance. T’étais persuadé d’en avoir un jour. T’avais le cerveau qui bouillonnait, mon vieux, et moi quand je te voyais rappliquer au Maryland tous les jours, comme quand on n’avait pas un rond, je me demandais quelle idée t’allais bien pouvoir me sortir de derrière ton sourire jauni au maïs… À chaque fois, tu peux me croire, j’essayais de deviner ta lubie du jour. Mais j’avais beau chercher, tu me surprenais toujours. Après, on en causait pendant des heures, du moyen génial que tu venais de trouver pour faire faire des petiots à notre flouze… Et à chaque fois, j’arrivais à te convaincre que tu venais juste de trouver une façon nouvelle de pisser dans un violon. Alors je te voyais te refermer, un peu plus à chaque argument que j’arrivais à démonter, quand tu comprenais que les rêves de richards c’est surtout des paillettes pour faire mal aux yeux des pauvres types comme nous, que les placements juteux il ne jutent pas souvent au premier citron, que t’as intérêt à en avoir un sacré paquet sous le pied pour ne pas te planter…


Chaque soir je te dégommais l’espoir, comme un prof intraitable l’aurait fait à un gamin volontaire mais limité… Mais j’étais pas vraiment soulagé, je savais bien que dès le lendemain tu viendrais poser une autre copie sur mon bureau, et qu’il faudrait que je t’explique le pourquoi du ça ne marchera jamais…. Jusqu’à ce jour d’octobre, il faisait un temps de cochon j’me souviens ; Gorette venait d’avoir des chiards et je m’inquiétais plus de savoir où trouver le cran de noyer sa marmaille que de ce flouze qui te rendait malade… T’avais repéré un truc, sur la nationale 7. À cent bornes de Paris, « un coin en plein essor ! » qu’il t’avait dit, l’autre con, l’embobineur qui voulait juste se débarrasser d’une des casseroles qui lui pendaient au cul…


Pourtant cette fois-là, va savoir pourquoi, je me suis laissé embarquer dans ton euphorie. J’avais pas bu plus que ma dose pourtant, je devais être fatigué… Pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti un drôle de frisson… Tu sais, ce truc glacé qui te court le long de la colonne, quand tu sens comme un trop plein de vie et d’énergie qui s’agite à l’intérieur… Pour la première fois, j’ai eu l’impression d’être équipé du même braquet que toi, de ressentir enfin cette adrénaline qui te grisait en permanence, de te ressembler… Ton excitation m’a complètement chaviré, moi le pessimiste endurci, le looser par avance… Tu peux pas savoir c’que je m’en veux aujourd’hui, de t’avoir laissé me faire rêver.


Toi et moi, on n’a pas de talent particulier, on est des moyens, à tout casser… Alors du coup, reprendre un snack à Dordives, même si ça paraît pas bien compliqué de faire des hot-dogs et des tournées de frites, moi ça me semblait pas dans la poche. Toi évidemment, même les jours où personne ne s’arrêtait chez nous, t’avais toujours une bonne raison de croire qu’on allait vite amortir le coup. Quand il faisait beau, c’étaient les parigots qu’allaient descendre dans le Sud, quand il pleuvait c’étaient les mêmes vaches à lait qu’allaient vouloir partir en week-end mais pas trop loin. Dans les deux cas, en suivant ton plan de taré, on les interceptait dans notre bouiboui minable, on leur faisait raquer la bouffe et les canettes, et dans deux ou trois mois maxi on aurait remboursé la banque… Moi je t’écoutais, je bossais presque autant que toi, mais tout ce que je voyais c’est que de jour en jour rien ne semblait s’arranger. On passait des heures à taper le carton sur une de ces petites tables de bar et d’occasion, que t’espérais remplies de clients, du matin au soir… Avant d’attaquer nos belotes de comptoir, on avait pris le temps de bien ranger, laver, briquer même, au cas où quinze cars de rosbifs hystériques arriveraient en même temps visiter Dordives et qu’il faudrait les faire bouffer par terre faute de place… Fallait quand même avoir la moelle pour croire que l’autoroute, à même pas cinq bornes de là, et surtout le supermarché qui venait de s’installer juste à côté, avec Flunch et tout le bordel, ne nous condamnaient pas à l’échec…


Même si tu me disais rien, cloîtré que tu étais dans ton sourire congénital, je savais bien que ton moral commençait à être aussi plombé qu’une poule faisane début octobre… Je suis pas con, j’ai remarqué que t’avais de plus en plus de mal à te lever le matin, que les putains de cachetons pour les nerfs que tu prenais en me faisant croire que c’étaient des pastilles de vitamine C, ils étaient pas là par hasard. T’avais le moral dans les chaussettes et moi, perdu depuis un bail au fond des miennes, je me bouchais le nez tout pareil… J’essayais juste de faire comme si je t’en voulais pas.


Faut dire ce qui est, je commençais même à avoir honte de nous, à m’imaginer que les gens, en passant devant chez nous ralentissaient juste pour se foutre de notre gueule, histoire de compter le nombre de saucisses qu’on avait mises à chauffer cette fois, quantité quasi-perdue d’avance qu’on jetait le soir à la poubelle, n’ayant même pas l’envie de bouffer ces fruits de misère desséchés… On avait l’air con, et je dois bien t’avouer que j’ai vraiment été surpris quand ces deux gonzesses se sont pointées. C’était un lundi matin, pas mal de trucs étaient fermés et elles n’avaient rien trouvé de mieux que de s’arrêter chez nous, c’est dire si elles étaient paumées. C’étaient des Irlandaises, mais pas de celles qu’on imagine avec les chicots en taille crayon et des cannes de flamand rose. Non là, c’étaient deux bombes, avec des nibards comme j’avais jamais vu ailleurs que dans les magazines qu’on gardait dans les chiottes. J’avais d’ailleurs jamais vraiment vu de jolies filles à poil ailleurs que sur des photos… Au début, j’ai eu du mal à ne pas penser qu’elles avaient fait erreur, qu’elles allaient se tirer fissa, quitte à ne rien bouffer jusqu’à Dublin. Pourtant leurs sourires disaient le contraire, et toi aussi mon vieux ! Je te revois glisser ta tête depuis la porte de l’arrière boutique, et me gueuler de les faire entrer, sitôt la carrosserie évaluée… Faut dire qu’en principe, on était fermés le lundi matin, nous aussi. Mais là, le jeu semblait en valoir la chandelle…


Au début, on n’a pas été déçus. C’étaient deux étudiantes, qui se baladaient depuis des semaines en Europe, visiblement moins pressées de rentrer chez elles que de se faire ramoner le conduit avant l’hiver. Elles ont trouvé à qui causer, même si sur le coup pas un seul de nous deux ne s’est posé la question de savoir ce que deux nymphomanes pareilles venaient foutre dans le pieu de presque puceaux comme nous, parlant pas un seul mot d’anglais, et sûrement aussi intéressants que deux gars en espadrilles au bal des débutantes… L’amour rend aveugle, et quand tu l’as encore jamais connu, faut croire que la moindre paire de fesses te donne des idées de mariage… On a été les rois des cons, l’un comme l’autre, à croire que par miracle deux beautés étaient venues ici par hasard, étaient tombées dingues de nos corps par hasard, et ne semblaient même pas pressées de se tirer, par hasard… Et comme par hasard, un matin elles se sont cassées, sans même nous laisser un mot. Elles devaient sûrement manquer de papier, parce qu’elles ont embarqué tous les biftons de la caisse, et même ceux que tu gardais dans ta piaule, en cas de gros coup dur comme tu disais. On savait pas quoi faire, on était ridicules tellement on avait cru que ces deux greluches en pinçaient pour nous, tellement on s’était vus beaux, alors qu’une seule chose était vraie dans tout ça : on s’était bien fait baiser.


À ce moment-là, pendant que Thelma et Louise foutaient les voiles, et qu’on n’était plus que deux lapereaux paumés dans un grand terrier vide de tout, de fric, d’amour, d’illusions, j’ai fait ma deuxième grave connerie. Toi t’étais fidèle à toi-même : complètement barré. Déjà tu téléphonais à Dédé, qui tenait une station Esso à Nemours voir s’il avait vu passer leur genre de bagnole, déjà tu voulais les écharper, leur faire passer à jamais l’envie des voyages… Et tout ce que j’ai su faire moi, à ce moment-là, c’est me casser dehors pour chialer. Je me suis vidé de toutes ces larmes qui montaient en moi depuis longtemps, que jamais j’avais vraiment laissé sortir. Il aura fallu deux putes pour me permettre de lâcher les misères que je remâchais depuis des années, et que la frustration des derniers mois passés n’avait pas arrangées… Là où j’aurais dû te rentrer dans la gueule pour t’empêcher de prendre la camionnette, et t’emmener porter plainte chez les condés, j’ai rien fait. J’ai rien fait du tout… J’ai rien fait, jusqu’à ce que le téléphone sonne, deux heures après. T’avais pas été bien loin, deux bornes à peine sur l’autoroute, le temps pour toi d’embrasser le cul d’une vieille allemande, puis de te faire choper le derrière par un quinze tonnes. Les reins foutus, un poumon percé, la gueule arrangée… Un steak haché.


Les deux souris elles, se marrent sûrement du bon coup qu’elles ont fait dans notre fast-food, de ces pauvres connards de Français qu’elles ont arnaqués en échange de deux ou trois nuits de baise… Et moi je chiale encore en voyant cette gentille infirmière te causer comme si t’allais lui répondre, essayer de ne pas te faire mal en te recollant ta perfusion… Tu ne sens même plus mauvais, juste cette saloperie de bétadine qu’ils t’ont collée un peu partout… On n’était pas fait pour réussir ce genre de trucs mon pauvre Philou, ni aucun autre. On était à notre place avant, fallait juste y rester.


 
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   Anonyme   
18/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Eh bien, moi ce héro aux effluves faisandées
m'a foutrement ému. L'écriture, parfois grossière mais pas vulgaire colle très bien à l'histoire. De plus, point de
misérabilisme...

J'apprécie particulièrement ce genre d'histoires sensibles
et réalistes.
Très fort.

   Bidis   
26/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On est vraiment pris par cette lecture, on passe un moment vraiment chouette et cela reste dans la tête avec un goût amer, violent et tendre à la fois.

   jensairien   
19/3/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un beau texte désabusé noir à souhait. Un univers désespéré très bien rendu avec des personnages attachants et un peu balourds. Un récit au premier degré qui arrive très bien à remuer des choses beaucoup plus profondes. Belle réussite.

   widjet   
10/4/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Sincérité du propos, un thème que j'affectionne particulièrement (amitié qui a des allures de fraternité, ça me rappelle mon TOTEM...lol , )un personnage "haut en couleur" avec le langage qui lui colle bien.

Qualité première de l'auteur : l'empathie pour ses héros.

Calouet sait moduler son style en fonction de la nature de son personnage pour lui donner une justesse de ton, une authenticité. C'est un atout.
L'histoire ? Pas folichonne en soi mais qui - une fois encore - sonne juste. Bref, c'est réussi et assez touchant à défaut d'être marquant.

Merci et (encore) bravo

W

   Anonyme   
20/2/2009
Sciée je suis. Jusqu'au bout, un film. J'étais cramponnée à ma souris, j'attendais la fin, j'ai rapproché le nez de l'écran pour être encore plus près du héros.
Juste un truc à dire : elles "foutaient les voiles", mettaient les voiles simplement ?
Rien, rien absolument rien ne m'a dérangée autrement dans ce texte que j'ai lu comme j'ai dit.
Merci pour ce moment, merci pour cette lettre que j'ai dévorée.

   Anonyme   
20/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Yes ! Voilà une écriture qu'elle me parle. Et le thème des paumés de la vie que j'apprécie.
Quelques mots de Jean-Pierre Martinet, auteur que j'aime beaucoup, tirés de "La grande vie"
" Je pensais souvent à ce cinéaste japonais Ozu, qui avait fait graver ces simples mots sur sa tombe : "Néant". Moi aussi je me promenais avec une telle épitaphe, mais de mon vivant."
Bravo
B

   Anonyme   
10/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très stylé. Bien foutu et assez élégant (je parle du texte je ne me permettrais pas... :) ) Bien mené et émouvant, des formules qui se retiennent, j'aime les formules, et cette chute parfaite, une phrase courte pour dire the end :

"On était à notre place avant, fallait juste y rester."

J'ai franchement apprécié.

   Mistinguette   
13/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Que dire qui puisse faire progresser les écrits de l’auteur ?
Je ne vois vraiment pas.
Peut-être recopier les passages que j’ai aimés…
Seulement, comme j’ai adoré du premier mot jusqu’au point final, je suis un peu embêtée.
Alors, je dirai juste MERCI pour l’émotion qu’a engendrée cette histoire tendre et virile.
Merci pour les sourires, merci pour les larmes… Et puis c’est tout…

   Anonyme   
13/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ma foi, des fumigènes comme ça j'en redemande.
Sous ses fripes gouailleuses un texte plein de pudeur sur l'amitié.

   Anonyme   
12/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'histoire est très emouvante.
Meme si je dois avouer qu'au début les "gros mots" me dérangait un peu, à la fin ils ont une signification : ils reflètent la haine et la tristesse du narrateur.


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