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Humour/Détente
colette : Prosper et Nestor - 3. Tante Stéphanie
 Publié le 18/04/08  -  3 commentaires  -  9072 caractères  -  19 lectures    Autres textes du même auteur

Prosper cherche la solution qui lui permettra de garder son intelligence.


Prosper et Nestor - 3. Tante Stéphanie


- Les enfants ! Venez dire bonjour à tante Stéphanie.

- Laisse-les ! Je suis là pour dix jours, ils auront tout le temps.

- Penses-tu ! Depuis deux semaines, Prosper a instauré un rituel : chaque soir nous comptions les nuits qui restaient avant ton arrivée. Florentin, lui, a tenu à préparer lui-même ta chambre. Ah ! c’est que tu es attendue, sais-tu !

- Eh bien ! Je n’ai pourtant pas l’habitude de les couvrir de cadeaux.

- Non, mais tu leur passes tous leurs caprices !

- C’est la moindre des choses, je les vois si peu ! Ah vous voilà ! Mon Dieu, Prosper, comme tu as grandi ! Et toi ? Tourne que je te regarde. Mais qui êtes-vous, monsieur ? Qu’avez-vous fait de mon neveu ?

- Il est bien là, je te le jure ! Viens voir ta chambre, je l’ai préparée moi-même.

- Moi je porte ta valise !

- Prends plutôt ce sac-ci, Prosper, il est fragile et je sais que je peux compter sur toi pour y faire attention.

- Je vous attends à la cuisine pour le goûter.

- À tout de suite ! Alors les garçons, des projets pour mon séjour ?

- Oui ! Le Monde Sauvage, comme en été, tu te souviens ?

- Si je me souviens ? Le chameau qui a mangé la moitié de mon pull !

- Et aussi aller à la piscine. Tu avais promis de m’apprendre à nager.

- Oui, je me souviens. Quoi d’autre ?

- À moi tu avais promis des promenades à vélo.

- Bien ! Piscine le matin, vélo l’après-midi, je vais retrouver une taille de guêpe ! La chambre est très belle arrangée comme ça. Merci, Florentin. Je sens que je vais m’y plaire !

- Tu resteras plus longtemps, alors ?

- J’aimerais beaucoup rester avec vous, mais je n’ai que deux toutes petites semaines de congé.

- Pfff !

- Je reviendrai en été et là, ce sera pour plus longtemps si vos parents sont d’accord.

- S’ils ne le sont pas, ils devront faire face à une révolution. Prosper et moi nous nous disputerons sans arrêt et ils devront t’appeler pour les négociations de paix.

- Ça, je sais que vous en êtes capables ! Allons goûter maintenant !


- Alors, Prosper, raconte-moi ce que tu as fait depuis ma dernière visite.

- J’ai beaucoup réfléchi, tante Stéphanie.

- Ah ? Et à quoi donc ?

- Je constate qu’à part quelques cas assez rares dont tu fais partie, les grands sont bien moins intelligents que moi ou que Clotilde qui a mon âge. Alors je suis très inquiet pour mon avenir.

- Ça, c’est un sujet de réflexion très sérieux.

- Clotilde et moi avons bien observé les adultes, ou des plus grands que nous, comme Florentin. Nous constatons qu’ils font énormément de choses que nous ne savons pas faire et pourtant, ils sont tout à fait ignorants des bases élémentaires en ce qui concerne les relations interpersonnelles.

- Et quelles sont tes conclusions ?

- Il est encore un peu tôt pour en arriver à des conclusions. Mais ce que nous aimerions beaucoup savoir Clotilde et moi, c’est comment toi et Mademoiselle Judith vous avez fait pour garder votre intelligence. Il semblerait que votre croissance n’ait pas eu d’effet néfaste sur vos capacités intellectuelles et relationnelles.

- C’est une question à laquelle je ne sais quoi répondre. Il faudrait que j’y réfléchisse et que je me souvienne comment s’est passée ma « croissance ».

- Voilà un excellent exemple qui illustre mon propos. Quand je tente d’aborder le sujet avec Papa ou Maman, ils m’envoient jouer dehors, sans se soucier de l’impact négatif que cela pourrait avoir sur moi. Je risque à l’avenir de me décourager et de me démotiver à m’intéresser aux choses de la vie. Tandis que toi, tu sembles percevoir l’importance de ma réflexion.

- Et tu vois là une question d’intelligence ?

- Oui. Quoi d’autre ?

- Je ne sais pas. Je vais réfléchir à tout ça. D’accord ? On en reparlera. Maintenant je pense qu’il serait assez raisonnable que tu ailles te coucher.

- Oui. Bonne nuit, tante Stéphanie.

- Bonne nuit, Prosper. Bonne nuit, Nestor.


- Tu vois, Nestor. Tante Stéphanie est vraiment aussi intelligente que Mademoiselle Judith.

- Pourtant elle n’a pas su répondre à tes questions.

- Mais tu ne te rends pas compte ! C’est très complexe comme problème. Même quelqu’un de très, très intelligent a besoin d’un temps de réflexion.

- Eh bien moi, je ne suis plus certain de vouloir être intelligent. Ça a l’air trop compliqué.


- Alors, comment s’est passée cette journée au Monde Sauvage, les garçons ?

- C’était super, Maman. Ils ont de nouveaux animaux qu’on n’avait pas vus l’année dernière.

- Et toi Prosper, tu as aimé ?

- Oui, Oui.

- Et c’est tout ?

- Je m’interroge.

- Et sur quoi donc ?

- Nous ne nous sommes pas disputés, Florentin et moi.

- Mais c’est magnifique !

- Comprends-moi, ça me perturbe. J’ai passé la journée dans une ambiance inhabituelle. J’espère que cela n’aura pas de conséquence dans mon avenir proche ou lointain.

- Et si tu te contentais simplement de te dire que c’était une merveilleuse journée ?

- Maman, essaye de comprendre. Cet individu, d’habitude hostile, a été aimable avec moi toute la journée. C’est très déstabilisant. Que dois-je en penser, que nos relations sont en train de se modifier ? Que ce n’était qu’une trêve passagère ? À quoi dois-je m’attendre demain ?

- Eh bien je pense que demain est un autre jour et que le mieux pour l’instant est que tu ailles dormir. Va dire bonsoir à tante Stéphanie. Et au lit.

- Voilà ! C’est toujours la même chose. Dès que j’aborde une question essentielle, on se dérobe. Cela ne saurait être sans conséquence.


- Nestor, que penses-tu de cette journée ?

- C’était super géant ! Tous ces animaux ! Je n’en avais jamais vu d’aussi beaux.

- Mais non. Je te parle de Florentin.

- Ben rien. Pourquoi ?

- Mais tu as bien vu qu’il n’était pas comme d’habitude.

- Il n’est jamais comme d’habitude quand tante Stéphanie est là.

- Ah oui, tu as raison. Il semble que le contact avec une personne intelligente ait des effets positifs. En classe avec Mademoiselle Judith, il n’y a jamais de disputes. Il faudra que j’en parle à Clotilde demain. Bonne nuit, Nestor.

- Bonne nuit.


- Bonjour, Clotilde.

- Bonjour, Prosper. Ta tante Stéphanie est arrivée ?

- Oui, depuis trois jours.

- As-tu eu l’occasion de lui parler ?

- Oui, je lui ai expliqué. Mais c’est un problème très complexe. Elle m’a promis d’y réfléchir et qu’on en reparlerait avant son départ. Mais hier, j’ai fait une observation très intéressante : nous sommes allés au Monde Sauvage, Florentin, tante Stéphanie et moi. Florentin s’est comporté comme un être parfaitement civilisé. La seule chose qui peut expliquer cela, c’est la présence d’une personne intelligente. Comme en classe. As-tu remarqué ? il n’y a jamais de problèmes interrelationnels en présence de Mademoiselle Judith.

- Ah oui ! C’est très intéressant. Cela voudrait dire qu’il suffit de grandir auprès de quelqu’un d’intelligent pour le rester soi-même ?


- Papa, Maman, je voudrais aller vivre chez tante Stéphanie.

- Comment ça ?

- Quelle est cette nouvelle lubie ?

- Je pense qu’il serait beaucoup plus profitable pour mon avenir, de grandir en présence d’une personne comme elle.

- D’où te vient cette idée ? Comme si tu n’étais pas bien ici. Ose dire que tu es mal traité !

- Je n’irai pas jusqu’à dire cela mais, voyez-vous, d’après ce que j’observe, être en présence d’une personne telle que tante Stéphanie est très bénéfique. Elle a un sens aigu des relations interpersonnelles et à son contact mon intelligence serait préservée. Tandis qu’ici, les conflits intrafamiliaux incessants nuisent gravement à mon épanouissement. Pire, la négation des sujets existentiels les plus importants me concernant risquent d’amenuiser mon intelligence au cours de mon développement.

- Mais enfin…

- Ce sont les résultats d’observations très sérieuses, faites de manière tout à fait scientifique.

- Prosper, un enfant vit avec ses parents. Il n’y a pas à revenir là-dessus. Maintenant va te laver les dents et au lit !


- Ma vie est foutue, Nestor. Je suis condamné à devenir un adulte idiot.

- Il y a peut-être une solution.

- Ah oui ? Tu crois ?

- Il suffit de ne pas grandir. Comme ça tu resteras toujours comme tu es maintenant.

- Nestor, tu es génial !


- Clotilde, Clotilde !

- Prosper ? Qu’est-ce qui t’arrive ?

- J’ai trouvé la solution.

- La solution à quoi ?

- Tu sais bien ! Ce problème de perte d’intelligence en grandissant.

- Oui, oui bien sûr ! Tu as une solution ?

- La solution idéale aurait été d’aller vivre chez tante Stéphanie. Mais mes parents refusent de comprendre la nécessité urgente de me sauver.

- Et tu as trouvé autre chose ?

- Oui ! Il suffit de ne plus grandir.

- Mmmm… C’est intéressant. Ça permettrait effectivement de garder nos capacités en l’état actuel.

- Oui, c’est exactement ça, l’idée. Qu’en penses-tu ?

- Cela demande réflexion.

- Mais pourtant c’est évident !

- À première vue oui. Mais cela veut dire aussi que l’aspect négatif de notre état d’enfant restera aussi. Je pense surtout à la soumission à l’autorité parentale.

- Ah oui ! Je n’avais pas pensé à ça. Notre situation est donc désespérée.

- J’ai bien peur que oui.

- C’est dramatique !


 
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   Pat   
14/6/2008
L'idée est intéressante... Ça m'a rappelé kador le chien des Bidochons, beaucoup plus intelligent que ses maîtres. J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire (j'ai dû relire le premier épisode pour comprendre) en raison, je pense, de la forme uniquement dialoguée. Je ne comprenais pas qui était qui... Il manque peut-être des indices pour s'y retrouver au début. Je verrais bien, en fait, cette histoire sous forme de BD (ça ajouterait tout l'aspect descriptif qui est absent, du fait de la forme et pourrait ajouter des éléments humoristiques). Sinon, pour moi, il manque un peu plus de différence entre les registres (l'intelligent est bien rendu, mais les autres pourraient être davantage familiers ou disant des trucs un peu plus bêtes, pour un effet humoristique plus prononcé, par opposition). L'écriture pourrait aussi gagner avec une réécriture : un peu d'élagage à certains endroits comme là, par ex. : "Pardon ? Peux-tu me donner un exemple ?" (enlever la deuxième partie qui ne fait pas naturelle) et un peu de développement à d'autres endroits (les scènes se déroulent un peu trop vite. Par ex. il n'y a aucun effet de surprise lors de la rencontre avec la fille aussi surdouée que Prosper (ce n'est quand même pas si courant que ça la précocité). Du coup, ça manque d'émotion... l'enfant ne réagit pas vraiment avec colère quand on le prive de repas (ce qui fait quand même peu plausible. Même un enfant précoce réagit comme un enfant parfois (il y a même des problèmes de caractère, de comportement plus qu'avec d'autres enfants... à cause du décalage entre cognitif et affectif...) Peut-être qu'il y a une hésitation au niveau du choix de genre ? (humour, réflexion... qui peuvent être compatibles, mais du coup un peu trop timide...) Une bonne histoire à épisodes sous forme de BD (c'est du boulot, oui, je sais...) parce que les personnages ont une certaine présence (le coup du nounours (Hector) pour amener des éléments est une bonne idée (et renvoie bien au registre enfantin... ça fait ami imaginaire, ce qui est intéressant pour permettre à l'enfant de supporter les frustrations qui ne manquent pas dans son cas).

   Anonyme   
1/8/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai tout simplement adoré.
Très drôle, très fluide.
Peut-être que quelques ", dit Nestor" ou ", dit Clotilde" auraient aidés à la compréhension, mais je me suis débrouillé quand même pour comprendre :-D

   Menvussa   
1/11/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sous ses airs de ne pas y toucher c'est un petit traité sur l'éducation, des enfants... ou des parents ?

Ça m'a bien plu.


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