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Réalisme/Historique
Donaldo75 : Premier Secrétaire
 Publié le 17/05/24  -  3 commentaires  -  4416 caractères  -  45 lectures    Autres textes du même auteur

« Glorifié, je suis plus qu’une voix. »


Premier Secrétaire


« Liquéfié, je suis plus qu’une voix. » Ce vers d’un poème jadis célèbre s’affichait en première ligne d’épitaphe sur la statue du Premier Secrétaire Youri. L’ouvrage rayonnait dans la steppe sous les feux du soleil. Cette citation symbolisait le souffle triomphant d’une idéologie autrefois conquérante. Le Premier Secrétaire Youri avait conduit la grande Union soviétique à la puissance absolue. Mieux que ses prédécesseurs, il avait unifié les régions orientales et occidentales pour étendre le rayonnement du communisme au-delà des frontières existantes. Les Nations sœurs avaient décidé de rejoindre la mère patrie et de rejeter les restes de leurs anciennes croyances. De Berlin à Bucarest de Prague à Zagreb, les masses populaires s’étaient définitivement révoltées contre les tyrans locaux et avaient rejoint le glorieux giron socialiste.


XX001 s’arrêta devant l’immense sculpture métallique, se demandant ce qu’il pourrait en tirer. C’était sa première mission sans escorte. Il devait avant tout repérer cette zone encore inexplorée et lointaine. Des nuages vinrent obscurcir le ciel, signe d’une averse printanière. XX001 continua à creuser, à sonder et à rechercher dans le sol alentour des ressources utilisables par sa communauté. Son instinct lui commandait de poursuivre ses investigations autour de ce cube de granit.


« Glorifié, je suis plus qu’une voix. » Cette seconde ligne d’épitaphe gravée sur le monument résumait la réussite du Premier Secrétaire Youri. Il avait conduit la redoutée Union soviétique au firmament des Nations. Le pays avait atteint le stade ultime du socialisme, au grand bonheur des cinq cents millions de courageux patriotes qu’il comptait. Il avait passé les obstacles tels que le Grand Timonier et ses descendants, les spéculateurs de l’Ancien Monde et le dieu Dollar. Il s’était assuré la collaboration des émirats producteurs de pétrole et des pays laissés sur le bas-côté de la prospérité. Il avait persuadé les financiers de l’Islam radical de ne pas déborder les territoires orientaux de l’Union soviétique, de ne pas répandre le feu et la fureur religieuse dans le paradis socialiste. L’Histoire avait fait le reste. Des avions de ligne américains avaient abattu le symbole de la toute-puissance capitaliste.


Les premières gouttes de pluie tombèrent sur la terre craquelée, sonnant la fin de mission pour l’explorateur. XX001 stoppa ses fouilles. Il se dirigea sur le chemin du retour sans se retourner sur la majestueuse sculpture. Il ne vit pas les premiers éclairs en frapper le sommet.


« Je connais le pouvoir des mots. » Le Premier Secrétaire Youri avait déclamé ce vers lors de son procès pour culte de la personnalité. Sa condamnation à mort et son exécution publique avaient sonné le glas d’une civilisation naguère triomphante. La grande Union soviétique n’avait pas résisté à la quête de pouvoir et de domination, brûlant ses héros d’hier pour des promesses illusoires de puissance infinie. La mère patrie s’était embarquée dans la conquête de mondes éloignés, parce qu’ils étaient synonymes d’expansion et de richesse. Le mythe du pionnier avait pris le pas sur la sagesse collective. Des générations de Premier Secrétaire avaient sacrifiées des ressources limitées pour envoyer des milliards d’anonymes coloniser des planètes lointaines. Peu à peu, la steppe avait repris ses droits, abandonnée par les forces vives de l’espèce humaine. Les rares réfractaires à ce mouvement massif s’étaient éteints peu à peu sur une Terre vidée de ses derniers trésors.


XX001 lutta de son mieux contre la pluie redoublée pour rentrer au bercail. Son exploration n’avait rien donné de bon. Il devrait signifier à son commandement l’échec de sa mission. L’explorateur ne s’encombra pas d’inutiles états d’âme. Sa fonction supposait la possibilité de réussir ou de perdre mais jamais le besoin de se poser la question d’un point de vue personnel. Son instinct le préservait de toute interrogation superflue. Quand il trouvait des territoires vierges et propres à l’installation d’une nouvelle colonie de XX, il ne ressentait pas la fierté du devoir accompli mais laissait les hordes d’ouvrières lancer la procédure de nidification. La brise se transforma en tempête. Une bourrasque plus forte que les autres renversa l’explorateur et le tua sur le coup. XX001 ne reverrait jamais sa fourmilière natale. Un autre XX le remplacerait pour réussir la mission.


 
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   jeanphi   
17/5/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Bonjour,

À ceux qui vous reprochent humoristiquement de situer tous vos scénarios en Amérique ou dans l'espace intersidéral...
Je lis une histoire assez dense dont quelques points me chiffonnent.
Il y a pourtant beaucoup de créativité dans l'idée de placer des focus très changeants, d'abord sur Yuri, ensuite sur XX001, puis sur cette réécriture de l'Histoire ou cette projection hypothétique dans un futur lointain, et enfin sur la situation des colonisateurs et de l'explorateur renversé.
Nous sommes très rapidement emportés d'un côté à l'autre des différents aspects du récit. Cette palette multiple et changeante fait selon moi la force et le coté exploitable pour un sujet de roman complet de votre nouvelle. C'est pourquoi je regrette sa brièveté.
J'en viens aux quelques points qui me chiffonnent. Aux vues de ce que j'ai déjà pu lire de l'auteur, je m'étonne de la longueur du récit, peut-être réagissez vous à d'éventuelles remarques reçues concernant le fait que vous devriez faire plus court, je l'ignore.
Ensuite, mais cela n'est qu'un détail facile à modifier, je comprends difficilement le sens de la phrase concernant les avions de ligne américains. Quel est leur rôle, leur situation ? Sont-ils conquérants ou bien conquis. Je pense pour ma part que cette seule phrase réussit à jeter le trouble sur tout le paragraphe et sur le début du suivant. Maintenant que je comprends seulement qu'il s'agit d'une allusion au 11 septembre 2001, je me dis que cela n'est pas suffisamment développé.
Les éclairs qui frappent la statue, pourquoi ? J'ignore si le fait que celle-ci se situe dans une steppe déserte crédibilise entièrement un tel phénomène. Je trouve que différents points de ce genre gagneraient à être étayés afin de favoriser la projection du lecteur dans le récit. Mais cela ne tient qu'à mon avis personnel.
Pareil pour la ruche, la nidification, l'explorateur si sensible au mauvais temps, j'aurais aimé plus de détails.
Cependant l'histoire et sa tournure sont très créatives et intelligentes, mes quelques regrets n'en sont que plus désabusés.

   Robot   
17/5/2024
Une uchronie matinée de S.F. dont j'avoue ne pas avoir bien compris les tenants et aboutissants. Quelle est donc la mystérieuse mission de ce XX001 ? Qui est-il d'abord, un insecte mutant puisqu'on nous parle de fourmilière ?
Franchement, j'aurais préféré le développement d'une véritable uchronie à partir de cette expansion de cette Union soviétique élargie apparemment réussie dans un premier temps et une explication sur l'échec du dirigeant Youri.
Là, je reste sur ma faim. Celà tient peut-être à ma tournure d'esprit mais je n'ai pas trouvé les clefs de compréhension.
Donc je ne pose pas d'appréciation puisque cette nouvelle ne m'a pas révélé le fond de son intrigue.
Désolé pour cette fois.

   JohanSchneider   
7/6/2024
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Le format très court a l'inconvénient de ses avantages.
Certes on économise des mots et on affecte de s'interdire longueurs et digressions.
Mais à quel prix?
En coupant à travers champs, en exagérant les raccourcis et en abusant de l'ellipse.
Partir du postulat d'une URSS ne s'étant pas effondrée en 1991 pour aboutir à une fourmi exploratrice était certes une idée originale mais vous l'avez fusillée en la traitant de la sorte.
Dommage.


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