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Humour/Détente
Flupke : Exégèse d'un poème flash
 Publié le 16/12/08  -  26 commentaires  -  12116 caractères  -  215 lectures    Autres textes du même auteur

Modeste hommage à Pierre Desproges.


Exégèse d'un poème flash


« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ».

Pierre Desproges



Suite au succès de ma biographie sur Samuel O'Singh j'ai reçu sur mon blog un abondant courrier à propos des poèmes flash qu'il a composés au milieu du siècle précédent. (L'Académie française préconise le vocable « poème éclair »). Il s’agit là d’un thème que j’avais vaguement effleuré, mais vu les nombreuses réactions, je souhaiterais revenir sur le sujet afin de clarifier certains points.


Je ne puis commenter tous ces petits chefs-d’œuvre de simplicité et mon choix sera forcément arbitraire. J'ai décidé de faire ici, une exégèse du trentième et dernier poème flash, celui qui m'a le plus inspiré : « i ». C'est certainement l'un des plus courts poèmes flash qu'il ait jamais écrits, et chez Samuel, moins il écrit, plus il en dit, comme je l'ai déjà démontré. Le texte de ce joyau de concision est constitué d'une seule et unique lettre (i, donc), et comme c'est le cas pour beaucoup de poèmes sans titre, la première ligne du texte possède valeur de titre.


Maintenant, en ce qui concerne le signifié du poème, quelques problèmes d'interprétation semblent se poser à première vue, à cause du champ lexical relativement restreint du signifiant. Dans des cas similaires, la technique exégétique la plus couramment usitée consiste à chercher des clefs dans les éléments biographiques de l'auteur de l'œuvre et d'en inférer objectivement les conclusions qui s'imposent. Et aussi, pour analyser l'intention cryptique originelle du poète, il est nécessaire d'étudier l'œuvre dans son contexte social et culturel (et accessoirement économique). Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore trouvé le temps de lire ma biographie sur Samuel O'Singh, il me semble utile de préciser qu'il a vécu les dix dernières années de sa vie en Inde, à Bombay, de 1964 à 1974. Lors de son séjour dans la ville tentaculaire, il a occupé les fonctions de secrétaire-trésorier de l'association des radioamateurs de l’état du Maharashtra. Il a publié certains articles dans le bulletin à faible tirage de cette association. Cette information est d'une importance capitale pour l'analyse du poème. Dans le code radio international, Alpha représente la lettre a, Bravo le b, Charlie le c et India la lettre i. Sachant que Samuel a beaucoup vadrouillé en Inde, il est aisé d'établir le rapprochement. Précisons que la lettre i, sous sa forme majuscule glorifiée correspond en anglais au pronom ultra personnel « je » et que si India = i et que i = je, alors par transitivité directe, India = je. C.Q.F.D.


Après avoir expédié hâtivement ces prolégomènes rébarbatifs, je puis vous livrer maintenant le fruit de ma méditation. Mon exégèse est lumineuse, sans appel et exempte de toute verbosité superfétatoire : en écrivant ce poème flash composé uniquement de la lettre i, l’intention de l’auteur est d’indiquer que découvrir l'Inde équivaut à se découvrir soi-même, donc voyager en Inde par ses propres moyens permet de mieux se connaître et constitue un itinéraire spirituel et initiatique de par la multiplicité des expériences quotidiennes auxquelles on peut être confronté. Point barre.


On comprend mieux toute la portée philosophique et la profondeur introspective du poème. De plus, ayant personnellement voyagé dans le sous-continent indien, je ne puis qu'approuver ce genre de vision d'une philosophie naturelle, affranchie de tout fardeau « prêt-à-penser » artificiel. Néanmoins, je souhaiterais attirer l'attention de mes fans parmi les plus ardents, ceux qui sont prêts à mourir pour des idées, de préférence de mort rapide, qu'en aucun cas il ne serait souhaitable d'imposer cette philosophie initiatique du voyage à autrui. Je ne puis ici que recommander la voie médiane, celle du juste milieu et de la modération, car ce qui est valable pour Samuel O'Singh et Flupke MacChang, ne l'est pas forcément pour tout le monde.


Maintenant si nous nous attaquons à l'analyse structurelle du texte, force est de constater que si les poèmes monolettriques sont rares, les poèmes palindromiques le sont à peu près autant ! Ce texte peut en effet se lire de gauche à droite aussi bien que de droite à gauche par n'importe quel pingouin, et ce, presque sans entraînement. Mais, toujours plus fort : l'isomorphisme latéral inhérent à la structure particulière de l'architecture interne de ce poème permet de le lire par transparence à l'envers de la feuille, ou carrément de lire son image réfléchie sur un miroir. Ce qui naturellement ouvre une nouvelle perspective aux réflexions que peut susciter ce poème. Quant au point minuscule, juste au-dessus de la barre verticale, ni à droite, ni à gauche, quelle merveille ! Quelle jouissance visuelle dans la contemplation de cette lettre isolée et de ce point, mis avec la précision d'une saine insolence exactement là où il faut !


D'aucuns verront l'étalage d'une paresse, voire d'un je-m'en-foutisme manifeste, pour un texte aussi court. D'autres y décèleront le souffle d'un esprit puissant, frisant les cimes du génie, à l'instar de l'urinoir de Marcel Duchamp exposé comme œuvre d'art dans un musée, ou de la « Merda d'artista » de Piero Manzoni, un avant-gardiste italien ayant mis en 1961 ses excréments dans quatre-vingt-dix boîtes de conserve, chacune valant maintenant environ 30 000 euros, à part celles qui ont explosé bien sûr (corrosion du récipient métallique et pression interne des gaz, j’imagine).


Dans la catégorie des dérapages interprétatifs illégitimes, j'ai reçu un courriel suggérant que « i » était en fait une allusion directe à l'expérience de psychologie sociale illustrée dans le film « I comme Icare ». Je tiens à souligner que ce film est sorti le 19 décembre de l'an de grâce 1979, soit cinq ans après la mort de Samuel.


Certains vantent les qualités écologiques du poème, peu d'encre utilisée, choix judicieux d'une minuscule au lieu d'une majuscule, alors que d'autres encore y voient un gaspillage de papier, vu le fanatisme de certains éditeurs, terrorisant les artistes écolos avec leur sempiternelle ritournelle anti-Kyotoïste « au moins une page par poème, sinon rien ».


Mais le véritable travail d'un exégète n'est-il pas de se situer au-dessus de ces querelles de clocher afin de se concentrer sur la qualité et l'acuité d'une analyse objective ?


Examinons les avantages concrets, palpables, de ce poème flash en le comparant à la poésie classique. Ce poème est virtuellement intraduisible ou plutôt ne nécessite pas de traduction, du moins dans les langues utilisant un alphabet romanisé. Quand on connaît la difficulté des informaticiens pour concevoir des logiciels de traduction de poésie, cela semble représenter un avantage indéniable. De plus, il n'y a pas de déperdition sémantique comme c'est trop souvent le cas lors de certaines translittérations « alimentaires » collant trop au texte. Traduttore, traditore (10). Pour les langues utilisant un système non alphabétique alternatif, une présentation bilingue est préconisée. Ceci afin de respecter le caractère véritablement universel de ce poème. Quant aux beaux parleurs des dîners mondains, ils pourront éblouir la galerie sans devoir aller à confesse, en glissant adroitement dans une conversation qu’ils aiment bien mémoriser de la poésie. Et pour conclure sur un élément non négligeable de l'art poétique, les sonorités de ce poème sont riches de leurs différences. La lettre i ne se prononçant pas de manière identique dans toutes les langues, le message subliminal est clair. Tout dépend de la manière de s'exprimer et de percevoir. La vérité est une, mais ses manifestations sont multiples.


Bref, que de qualités dans un poème aussi court !


Mais j'écris et j'écris, et je m'aperçois maintenant que mon article comporte plusieurs milliers de caractères et l'exégèse se trouve donc finalement environ 10 000 fois plus volumineuse que l'œuvre qu'elle est supposée commenter. Je me dois d'anticiper vos réactions à la va-vite, ou à la McEnroe (« You can't be serious ! ») (12). Ou encore, c'est ridicule, Flupke MacChang prend tout à la lettre et glose à sa guise les aphorismes intemporels d’un obscur Sam O'S. ; il discrédite les écrits les plus nobles par ses points de vues extrémistes et ses exagérations grand-guignolesques.


Je vous répondrai simplement que premièrement, ce ratio de 1/10 000 est infime, comparé à d'autres analyses ou commentaires d'œuvres écrites par ou sur des idoles notoires (cf. Agatha C., William S., Mao Z. Karl M., pour ne citer que les prénoms, afin de ne froisser aucune susceptibilité, sans oublier Friedrich N. que certains nazis semblent avoir librement réinterprété à leur sauce (19)) et deuxièmement je souhaiterais vous rappeler que je pense avoir quelque autorité pour interpréter ainsi, vu qu'à ma connaissance, aucune autre étude sur ce mystérieux S. O'S., à part la mienne, n'a été publiée. J'ai donc de bonnes raisons personnelles d'être convaincu de la finesse de mon analyse.


Il est vrai que les biographies consacrées à des inconnus constituent toujours un exercice périlleux, mais ô combien gratifiant comparé aux biographies banales de célébrités dont la recherche documentaire ressemble davantage au travail mécanique d'une moissonneuse-batteuse, de la part de mécréants amoraux, prêts à n'importe quoi pour se faire du blé sur le dos de Google, et dont les thèses conspiratrices sont parfois étayées en assommant un lectorat lénifié non pas par une argumentation limpide et convaincante, mais par un tapage à coups de poing sur la table présenté sous la forme d’une rhétorique herméneutique délibérément criblée soit de vocables écœurants aux racines grecques effrayantes, fraichement pêchés dans le dictionnaire et préférablement composés de seize lettres et plus, soit de néologismes étonnifiants immédiatement soulignés d'une ligne ondulée de couleur rouge-charcuterie par un correcteur orthographique de plus en plus irritant, le tout assaisonné de phrases s’étirant d'une manière rédhibitoirement indigeste sur des longueurs telles que rien qu'avec les virgules on pourrait faire un collier de dents de requin pour une poupée Barbie toujours axée vers les brillances illusoires et dont l’indispensable vanity case de trois centimètres cubes se trouve irrémédiablement perdu au fin fond du coffre à jouets, et où, lorsqu’on va les terminer enfin en s'apprêtant à étreindre fougueusement le point final salvateur, on se rend compte qu'on ne se souvient plus très bien du début, ceci dans le but inavoué d’extorquer sournoisement, au mieux un assentiment laudatif, au pire un agrément tacite, à un lecteur passablement hypnotisé et tellement interdit, qu'il ne peut plus se préserver de ce sida pseudo-philosophique, et ce, sans préjudice de le contraindre par une telle logorrhée péremptoire à une interruption involontaire de lecture en lui donnant à tort le sentiment de passer pour un arriéré mental au quotient intellectuel à peine supérieur à la température subcaudale du chihuahua angoissé de ma voisine visiblement mithridatisée depuis belle lurette par ses jappements stridulants de castrat.


Là réside, de mon point de vue éminemment subjectif et quelque peu tordu, toute la différence entre un chercheur réel et un érudit de pacotille. Et, comme le rappelait l'inscription au bas d'une statue colossale qui s'est écroulée il y a maintenant sept printemps, sous le poids coupable de son anthropomorphisme : « Des chercheurs qui cherchent [la voie moyenne](48), on en trouve, mais des chercheurs qui [la] trouvent, on en cherche ».



Flupke MacChang, le 2 décembre 2058 après Astérix, Obélix et Idéfix


Notes de l'auteur :

10 : traducteurs = traîtres

12 : « Vous vous foutez de ma gueule ou quoi ? » Amorce contestataire du légendaire tennisman.

19 : Je n'ironise pas sur les auteurs ou sur les best-sellers mondiaux, mais simplement sur les interprétations farfelues qui en sont arbitrairement extrapolées.

48 : [mes propres rajouts interprétatifs entre parenthèses]


 
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   Menvussa   
16/12/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est bien de vouloir lui rendre hommage. Bon, faudrait nous le jouer sur scène, un One FluckeMacChang'Show (OFMC). C'est bien écrit, y a de bonnes trouvailles, mais à lire c'est un peu "lourd", c'est souvent le cas avec les textes de sketches, faut les voir joués.

   Anonyme   
16/12/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un poème qui a fait couler beaucoup d'encre (o combien d'exégètes s'y sont cassés les dents) Il était donc grand temps qu'un chercheur inspiré nous donnât enfin les clés de ce qui -à mon avis- est la grande oeuvre de la fin du siècle dernier.
Il fallait mettre les points sur les i et vous le fîtes brillamment cher Flupke avec l'érudition et la modestie que nous vous connaissons.
Un regret : le grand Samuel n'aurait pu publier son poème sur ce site.(car un distique, a fortiori un quatrain, se voient refusés et on se demande bien pourquoi. Alors un poème aussi minimaliste et pourtant riche d'infinis...)

Encore bravo et mille mercis

   Anonyme   
16/12/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé, j'ai du vérifier au moins deux ou trois fois certains mots dans mon dico, là j'ai moins aimé. Plus que Desproges, j'y ai vu du Pierre Dac.
merci
Xrys

   Anonyme   
16/12/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le challenge est de commenter ce commentaire avec autant de perspicacité et d'érudition que son auteur.
Après plusieurs essais infructueux, je me contenterai de remercier et de féliciter ce bon Flupke pour son éminente contribution.

   widjet   
16/12/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Avec un Lucchini pour donner sa voix unique, sa gestuelle fougueuse à ce texte foisonnant, cela donnerait un sacré show !
Bon, c'est sûr que l'exercice est périlleux, très élitiste (faut sacrément s'accrocher par endroit), mais la gymnastique est souvent adroite et surtout drôle.
Certes, l'auteur prend le risque de perdre son lectorat en route, mais le jeu en vaut la chandelle, ne serait-ce pour le ton donné (assez pince sans rire) à ce texte et la subtilité des mots utilisés.

Sinon je ne connais pas Samuel O'Singh (c'est grave ?).

Pour ceux que l'ignoraient encore, Flupke est un auteur à part, inventif et taquin. Le lire est toujours un plaisir.

Widjet

PS : je précise que pour lire ce texte, il faut être doué en apnée (et notamment sur l'avant dernier paragraphe !)

   xuanvincent   
16/12/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Le sujet m'ayant paru au premier abord très sérieux, la catégorie "Humour-détente" m'a au départ surprise.

Il m'a été un peu difficile de rentrer dans l'univers de ce texte et de sourire en le lisant, lors de la première lecture (j'avais davantage apprécié les précédents textes de l'auteur). La longueur des paragraphes m'a un peu freinée. En le relisant, j'ai pu mieux apprécier son humour.

Je retiens toutefois l'écriture de ce texte, que j'ai trouvé bien écrit.

Après coup, j'aurais bien vu cet exposé illustrer une partie du "Petit Prince", celle où un savant fait un exposé absurde et ridicule.

Malgré tout, j'ai trouvé ce texte intéressant, bravo à l'auteur pour son travail d'écriture !

   victhis0   
16/12/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ah quel délice...Quel pied...J'adooooooore ce genre de délire, brillant, drôle, du pur foutage de gueule...Merci infiniment pour cette oeuvre...
Un coup de chapeau spécial pour l'avant dernier paragraphe, authentique prouesse, qui m'a fait beaucoup rire.
Du chipot : se faire du blé : pas très logique avec la langue employée
l'an de grâce 1979 : un peu lourdingue et anachronique

   David   
17/12/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Flupke,

L'avantage pour l'exégète avec un poème aussi court, c'est que ça lui laisse énormément de place pour parler de lui, la finesse de son analyse, son avant-gardisme et sa singularité... Les mots savants sont souvent un paravent, les notes en bas de page peuvent servir à crâner, bien dénoncées les ficelles de ce truc-là, un bel hommage à l'auteur de la citation du début en tout cas, bravo !

   studyvox   
17/12/2008
Je trouve ce texte "très bien plus".

Un bel humour, pour dénoncer les dérives de certains critiques d'art contemporain.
L'analogue de ce merveilleux poème, en peinture, est cette magnifique toile, qui ne contient qu'une seule couleur, mais tellement belle!
L'argumentation avec une phrase d'une longueur qui aurait été du goût d'Isidore Ducasse, est particulièrement réussie.
Bravo.

   Bidis   
17/12/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique, Flupke !
Le texte le plus jubilatoire que j’aie lu depuis… Pierre Desproges. Tout à fait digne de ce dernier.
En plus, j’ai continué à rire sur Wikipédia (Piero Manzoni et sa merde en conserve vendue au prix de l’or)…
PS : j'adore le commentaire d'Aldenor

   nico84   
17/12/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai aimé l'idée loufoque et j'aime les gens qui savent qui savent rire de tout et surtout d'eux. Une intelligence rare.

J'adore.

   Nobello   
18/12/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est bien fait, le sujet est génial et bien traité, et il y a très visiblement quelqu'un derrière. Un peu long, peut-être, mais je suis très client de l'exercice.

   jensairien   
18/12/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
une belle prouesse fantaisiste, maligne et rondement menée. Ici pas un mot qui ne soit dissonant ou mal venu et ça fait plaisir : une cacophonie pleine d'ironie parfaitement orchestrée !

   Doumia   
20/12/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Flupke

Magistral ! Ton exposé savoureux et éblouissant - j'ai mal aux yeux- vaut le détour !
S’il y a bien quelque chose que je ne regrette pas c’est de l’avoir lu.
Vraiment en faire autant sans jamais en faire trop c’est de l’art !
Bravo et merci c’était un régal.

   Nongag   
3/2/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est excellent! Un vrai tour de force, drôle, intelligent et pétillant. C'est un exploit. Une diarrhée verbale tordante qui se moque allègrement des dérives de la masturbation intellectuelle.

Un petit chef-d’œuvre d'ironie, j'adore.

   Faolan   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un excellent texte. Il m'a bien fait rire ! Ironie, humour, recherche du bon mot. Chapeau bas !

   Anonyme   
14/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quand je pense au temps que cette exégèse a du te prendre, à la concentration qu'elle t'a demandée pour ne surtout pas sortir du contexte, aux sueurs froides que très certainement, parfois, elle a du générer, je me demande comment tu t'en es sorti, psychologiquement parlant.
J'espère que tu vas bien, si je pouvais, avec ta permission, je te préparerais un grog bien chaud, avec peu de rhum mais beaucoup de miel afin que ta voix, lorsque tu déclameras ce texte te reste fidèle. En préconisant cela, je pense à la dernière partie de ton speech, la plus périlleuse et la moins balisée de ce parcours du combattant.
Du souffle (donc plus de cigarettes, désolée, ami, faut ce qu'y faut) une bonne nuit de sommeil et tu verras, demain, ton nom brillera au firmament des amphithéatres.
Moi en tout cas, je t'y vois déjà, debout sur cette estrade, devant ces centaines de bouches rendues muettes d'admiration !
Bon en clair, fais moi pas de la peine, assis toi, pose ta plume et respire un bon coup.
C'est pas grave... Ca va passer.

   jaimme   
15/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Excellent!
L"humour de Flupke, cette exégèse (et non une critique, bien choisi) est savoureuse. J'ai souri, de plus en plus, puis vraiment ri au fur et à mesure de la lecture. La phrase à rallonge à la fin est d'anthologie!
Un régal d'intelligence!

   Anonyme   
10/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Flupke, et Merci

Votre ratio de 10000/1 me parait difficilement atteignable pour un onirien lambda qui s'essaie modestement à commenter les textes que l'on publie ici, voire même, c'est la surprise de cette nouvelle année, ceux qui n'y seront jamais publiés.
Rien que pour le votre il me faudrait 10000x10000 soit 100 000 000 de caractères (si tant est que l'on puisse faire confiance à ma calculatrice hors d'age)
Le nombre est impressionnant et peut-être serait-il opportun de l'exprimer en lettres pour les littéraires purs et durs qui constituent, j'imagine, l'essentiel des habitués de ce site.
Soit donc cent millions de caractères.
Comme je ne tape que d'un doigt (l'index de la main droite) au rythme d'une lettre à la seconde (ce n'est qu'une estimation, mais elle est assez fidèle), il me faudrait plus de 30 000 heures pour en venir à bout. Ceci bien entendu sans compter le temps nécessaire à la réflexion.

Vous comprendrez que je ne puis vous suivre sur un tel terrain. Je me contenterai ici d'un commentaire succinct.

En première lecture (il y en a eu 37), mon intention a été retenue par un amalgame qui me semble abusif.
Vous invoquez ce I, qui, chez les anglophones est la traduction du pronom personnel Je.
Sachant que "Je est un autre", c'est bien connu, on peut en déduire que "I is an other", donc qu'il n'a rien à fiche dans le sujet qui nous préoccupe.

En revanche j'ai bien apprécié que vous soulignassiez les caractères monolettriques et palindromiques du poème dont vous faites l'exégèse. Certes, ils ne m'avaient pas échappé, mais je ne pense pas qu'il fasse généraliser ma perspicacité. Pour le lecteur lambda, il n'est jamais inutile de mettre les points sur les i.

J'aurais par contre aimé que vous vous attardassiez sur l'évidente parenté entre le poème de Samuel (que certaines dames s'autorisaient à appeler Sam) et la célèbrissime "ballade à la lune" d'Alfred de Musset.

"C'était dans la nuit brune
Sur le clocher jauni
La lune
Comme un point sur un i"

On passe là tout près du plagiat !

Que vous ne l'ayez pas mentionné me semble préjudiciable.
Comme on ne peut vous soupçonner d'ignorer l'œuvre de l'amant malheureux de George Sand (du moins n'aurai-je pas cette en impudence) , il faut y voir comme de la complaisance envers ce vieux Sam.

Vous comprendrez que cette constatation nuit à la crédibilité de votre exégèse.

   Meleagre   
10/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Excellent !
Ce texte parodie avec brio tous les excès érudisant et la tétratrichotomie des critiques universitaires pompeuses et formalisantes.
Ce serait marrant que ce poème existe. Sa sobriété fait penser à certaines peintures modernes minimalistes (un trait noir sur un fond blanc, voire un carré blanc sur fond blanc), ou à certains haikus asiatiques. J'imagine les autres "poèmes flash" du recueil, et l'exégès qu'on pourrait en faire.
Certains arguments sont assez probants, comme "l'isomorphisme latéral" : bonne idée de regarder un poème à l'envers, ou dans un miroir !
Un coup de coeur pour l'avant dernier paragraphe : une phrase de 14 lignes, qu'il faut effectivement relire plusieurs fois pour ne pas se perdre dans ses méandres, et dont le point final invite à une relecture attentive...
Il reste que ce texte est un peu difficile à lire sur un écran ; cela ferait un bon sketche à entendre sur scène.

   caillouq   
21/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Aaaaaaaaaaaaaaah du Ménard en plus truculent, yeah. Je regrette un peu que l'auteur ne reste pas tout le temps du côté du sérieux-dans-la-forme, qu'il se relâche par instants pour nous faire un clin d'oeil trop gros pour être fin ("Mon exégèse est lumineuse, sans appel et exempte de toute verbosité superfétatoire", "Bref, que de qualités dans un poème aussi court !"), Buster Keaton c'est jusqu'au bout, faut tenir, vous imaginez s'il s'était mis à pouffer sous cape avec les spectateurs ?
Mais bon, tant pis, c'est un bémol mineur. L'érudition sarcastique et l'autodérision de ce texte sont hautement réjouissantes, merci pour cette leçon de critique littéraire.

   silene   
28/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cher monsieur Flupke,
j'ai beaucoup apprécié la netteté argumentatoire de votre exégèse, ce qui n'est pas donnée au premier quidam, surtout si c'est le pion.
Mais relisant, encore et encore, votre étude si documentée - encore que je m'interroge sur l'absence, dans votre bibliographie, de L'étude anachorétique sur le bâton à fouir, évidente préfiguration et raccourci saisissant des intentions tant manifestes que cachées du poète : ne disait-il pas, dans les essais préparatoires à son chef-d'œuvre, que dans le oui réside le i, et dans le oui le joui - ? Ce qui me semble éclairer d'un autre jour votre admirable étude.
J'ai par contre admiré l'habileté avec laquelle vous avez éludé la facilité qui aurait consisté à développer de manière, peut-être, dithyrambique, la carnation propre au i, selon le voyant de Charleville, qui n'en était plus à une murge près.
Jolly good shot, indeed, comme nous disons quand l'empalé descend sur son axe sans arrêts intempestifs.

   Anonyme   
14/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé ce texte où le parti pris de logorrhée verbale constitue un contraste saisissant avec la minceur du propos. L'écriture est agréable et le récit bien conduit (il m'a fait sembler à l'univers absurde cher à Francis Blanche où une étrange napolitaine se serait égarée dans la recette des nouilles à l'eau froide. Si je peux me permettre, j'aurais évoqué la vocalité de la voyelle i qui pose tant de problèmes au chanteur "classique" dans l'aigu...

   misumena   
22/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cher Flupke,

Avant Desprosges, il y a eu Achille Talon. C'est lui, sans aucun doute, qui se cache derrière le pseudonyme hergéen (ainsi que le chapeau d'Indiana Jones, qui a également de nombreuses affinités, quoique légèrement plus sexuées, avec les héros de G.P. Rémi) dont vous vous affublez.

Cher Achille,

Je suis heureuse de votre résurrection. Nous avons de tels points communs ! Ainsi, je suis l'unique exégète de Günar Langström, scientifique suédois de renommée internationalement inconnue, spécialiste des lemmings. Lors d'un exposé devant l'ensemble de ma classe et un professeur érudit de mon âge, j'ai eu l'occasion de citer Langström, de résumer ses travaux et de présenter à mon professeur les rares éléments de bibliographies disponibles en français. De manière suffisamment convaincante pour que Langström soit cité par ledit professeur au cours suivant. Tout ça pour dire que Caillouq a raison, pas de clins d'oeil, soyez pince-sans-rire, ce sera encore meilleur, oh oui oh oui oh oui

Merci pour cette intéressante, volubile et très marrante lecture

Misumena

   Anonyme   
9/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte hilarant à l'ironie fine et aiguisée. J'ai adoré et ri à la lecture de certains passages. Vraiment génial.
Merci.

   aldenor   
23/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
A sa parution, j’avais commenté cette nouvelle en écrivant seulement : “o”
Plus tard mon commentaire a été retiré, estimé trop court.
J’y tenais pourtant. Il disait tout ce que voulais dire. Mais tant pis, je vais l’allonger.
o, disait mon admiration franche, bouche bée, pour un texte aux qualités exceptionnelles ; avalanche d’arguments d’une subtilité et d’un humour irrésistibles.
Mais minuscule, l’o, pour tempérer le compliment : ce que je n’aime pas c’est la partie explicative, le côté leçon à en tirer, qui allait de soi. Le commentaire du poème se suffisait.


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