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Sentimental/Romanesque
gorgonzola : Chroniques de la pitié ou Comment attirer sur soi la compassion d’autrui, quand on a une vie de merde. -----VIII-----
 Publié le 22/12/08  -  4 commentaires  -  6359 caractères  -  35 lectures    Autres textes du même auteur

La suite...


Chroniques de la pitié ou Comment attirer sur soi la compassion d’autrui, quand on a une vie de merde. -----VIII-----


Sous un affreux soleil d’un matin de printemps, je me mis à la vitrine du magasin, espérant, plus par ennui que par autre chose, assister à une bribe ou plus, de l’agitation quotidienne de la rue.


Pas un nuage dans le ciel. Pas de pluie, pas de froid. Voilà qu’il me manque, maintenant.

Dehors, il faisait b… be… beau ! Les oiseaux gazouillaient à vous crever les tympans, les enfants vaquaient à leurs futilités débiles et quelques couples arpentaient sans but la rue, en se tenant la patte comme pour ne pas se perdre.


Trois voitures attendaient en file indienne leur tour pour passer au lavage. Un seul employé s’occupait de toute la besogne. Mais où était donc le garagiste ?


Je traînais mon regard sur toute la longueur du trottoir, à l’affût de la bête. Surprise ! Il était chez la blonde-coiffeuse d’en face. Ils discutaient. Je l’apercevais, de dos, qui devait baratiner la pauvre petite, entièrement dissimulée derrière ce ramassis de graisse. Ni une ni deux, je me lève, animé par un sentiment étrange, mélange de… et de… je ne sais plus.


C’est tout ?


Non, je devais faire quelque chose. Je me levai. Mon regard sillonna les étagères tout autour du comptoir. Je ne voyais que des clés, Gorgo, mon singe en bois et les figurines de danseuses, achetées à l’autre fou.


- Tant pis, je ferai avec…


La figurine abandonnée dans un sac respectable, je quittai ma boutique. Deux tours de clé. Je traversai la route, jusqu’au salon de coiffure d’en face.


- Bonjour.


Le garagiste se retourna. La blonde me lança un sourire de bienvenue, lui grogna ou se racla la gorge ou fit quelque chose qui y ressemblait.


- Je vous apporte un petit cadeau, offert par la maison, lançai-je en mettant le plus de bonne volonté dans ma voix.

- Oh, merci ! répondit-elle immédiatement.

- Je vous dérange, peut-être ? rétorquai-je aussitôt, sur ton totalement neutre.

- Oh, non ! pas du tout, répliqua-t-elle. D’ailleurs, le monsieur devait partir.


Je ne sais pas si c’était le fait qu’elle l’appelle "le monsieur" ou le fait qu’elle l’ait indirectement invité à sortir qui le dérangea mais il fit deux pas en marmonnant quelque chose… une insulte peut-être. Il ouvrit la porte et lui lança un « Pensez-y quand même », avant de sortir sans même un au revoir.


- Alors, qu’est que c’est ? demanda-t-elle impatiemment.

- Oh, rien de fulgurant. Ce n’est qu’une petite figurine, une danseuse du ventre.


Je sortis la statuette du sac.


- Oh, elle est magnifique ! Vraiment !


Elle prit la danseuse entre ses petites mains et la tourna dans tous les sens, un sourire collé à ses lèvres.


Silence. Et maintenant ? J’étais à court d’idées…


- Je voulais vous rendre une petite visite… C’est fou de savoir que nous sommes tous les matins, l’un en face de l’autre, sans jamais nous adresser que des coucous lointains, sans jamais plus !

- Je suis tout à fait d’accord. J’aurais dû faire le premier pas…

- En plus, je voyais que vous étiez toute seule…

- Enfin, pas exactement seule, il y avait…

- Ah bon, il y avait quelqu’un ?

- Oui, le gr… le garagiste, dit-elle, un soupçon d’hésitation dans la voix.

- Oh, oui. D’ailleurs, je ne sais pas pour vous, mais je trouve que c’était beaucoup plus calme maintenant... Attention ! je n’ai rien contre lui !

- … Je trouve aussi, ne vous inquiétez pas, coupa-t-elle.


Elle m’invita à m’asseoir, privilège qu’elle n’avait pas accordé au "gros". Nous discutâmes de tout et de rien. Du temps qu’il faisait la veille, des nouvelles du voisinage, etc.


Même si elle semblait reprendre de l’aplomb, elle ne parvenait qu’à peine à dissimuler les relents de tristesse qui l’envahissaient encore. Voilà deux mois déjà que…


Parfois, pour remédier au silence qui interrompait nos paroles, elle se levait, farfouillait dans un tiroir, ouvrait puis fermait un placard ou faisait mine d’attendre un appel sur son téléphone.


Face à elle, je me sentais… je ne me sentais plus. Ce corps rigide, cette âme fanée, ces pensées noires ; tout me quittait. Il ne restait plus qu’un cœur qui s’épanouissait à la lumière de son regard, qui paressait, serein, à l’éclat de sa blondeur. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’étais heureux, mais je n’en étais pas très loin. Je ne pensais plus vraiment à ce que je disais…


- Aimeriez-vous prendre un café… proposai-je soudainement.


Elle hésita. Elle se tut. Silence. Rien ?


- … Ce serait avec plaisir, répliqua-t-elle après un certain temps.

- Alors, allons-y…

- Mais… la boutique… je ne peux pas laisser le salon… et je ne peux pas non plus fermer...


Elle dit ces quelques mots comme un enfant craindrait d’avoir le cœur brisé de ne pas pouvoir porter secours à un chiot blessé, c’est ce à quoi elle me fit penser sur le moment. Fragilité, tristesse, vulnérabilité, impuissance ; autant de malheur dans un si petit corps ; autant de malheur cohabitant avec autant de beauté. Pourquoi elle ? Pourquoi pas le "gros" ? Lui est une brute, il supporterait… Pourquoi elle ?


Sans même m’en rendre compte, j’étais debout, je la tenais dans mes bras. Elle s’était laissé faire. Elle m’étreignit par la taille et serra un peu plus. Mentalement, j’essayais de lui léguer de bons sentiments, de bonnes ondes tout en m’imbibant de la noirceur qui la contaminait. Je voulais partager sa peine - pas pour moi, cela ne m’apporterait rien - mais pour elle, pour soulager sa souffrance, pour l’alléger, ne serait-ce qu’un peu de son fardeau.


Elle appuya son visage contre ma poitrine et chaque parcelle de mon corps frémit de peine.


Elle ne pleura pas. Elle ne gémit pas, comme le feraient d’autres… loques !


Elle, restait forte, malgré tout. Elle retira une main, puis la deuxième avant de faire un pas en arrière. Elle me fixa d’un regard qui suffisait à remplacer mille "mercis".


Il ne se passa rien de spécial, mais c’est souvent dans ces moments-là que l’on a le plus besoin de soutien de compréhension, d’amour…


- Allons-y, lui dis-je doucement.

- Oui, allons-y, répondit-elle.


Nous quittâmes le salon, qu’elle ferma à clé. Nous n’avions fait qu’un pas lorsque…


- Où allez-vous ? scanda une voix rauque, lourde, désagréable : le "gros".

- Boire un café, répondit la blonde.

- Je viens alors, rétorqua la baleine.


Nous partîmes tous les trois en silence vers le café… Ah non, lui parlait toujours…


Du bruit, rien de plus…


 
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   jensairien   
24/12/2008
Une nouvelle prometteuse par quelqu’un qui a des choses à dire, un titre percutant et drôle, mais des défauts stylistiques à mon avis. Beaucoup trop de points de suspensions qui ne servent la plupart du temps à rien. Des phrases mal tournées qui devraient être retravaillées, peut-être tout simplement raccourcies.

« plus par ennui que par autre chose » C’est quoi cet autre chose ? Tu n’as pas fait l’effort ou pas trouvé utile de le formuler. Le lecteur fera pareil.

« un sentiment étrange, mélange de… et de… je ne sais plus ». Même topo.

« pas de froid » : drôle de tournure.

« les oiseaux gazouillaient à vous crever les tympans » S’ils gazouillent c’est donc sur un ton léger. Piailler aurait été plus approprié pour crever des tympans.

« le silence qui interrompait nos paroles » : pourquoi pas mais dans l’usage courant c’est plutôt les paroles qui rompent le silence.

« léguer des sentiments » : ça existe ça ?

Sinon j’aime bien l’atmosphère générale bien rendue, et la fin avec « le gros », bavard, qui fait du bruit, rien de plus.

   Anonyme   
26/12/2008
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai aimé ce texte et son aspect légèrement décalé, servie par un style agréable et des phrases amusantes.
Une petite remarque : ne pas abuser des points de suspension.
Merci
Xrys

   melonels   
29/12/2008
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Désolé mais je suis passé totalement à côté de ce récit, je n'ai pas vu l'intérêt d'écrire sur cette situation banale. Même dans l'écriture on ne retrouve pas le plaisir des beaux mots, des belles formules...

   misspareo   
1/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
pas mal.


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