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Humour/Détente
jensairien : Au nom de la loi je vous enterre
 Publié le 23/02/09  -  23 commentaires  -  2969 caractères  -  107 lectures    Autres textes du même auteur

Une histoire de point de vue.


Au nom de la loi je vous enterre


J’ai vécu deux ans en face d’un cimetière et je ne me suis jamais aussi bien entendu avec mes voisins. On était comme qui dirait en harmonie. Entre gens discrets, on se comprenait.


Puis j’appréciais, les nuits d’insomnie, m’accouder à la fenêtre de la cuisine, une cigarette sous le bec de gaz, à écouter monter leurs plaintes et la pluie qui tombait. Il coule sous terre plus de mélancolie que d’eau sous les ponts. Et l’on se sent enfin en paix.


Dans la vie on ne prend jamais assez de recul, ce qui est la cause de tous nos tracas. Moi, à ma fenêtre, tandis que la théière sifflait sur la cuisinière, j’avais une vue imprenable sur l’existence, un peu comme Dieu en haut du toit de sa demeure, le jour où il y monta pour réparer l’antenne.


Je ne crois guère qu’il faille nécessairement être morbide ou dévoré d’anémie pour s’accorder à la vue d’un cimetière. Il m’a toujours semblé que les gens les plus profondément angoissés par la vacuité de la vie ne supportent rien tant que de voir une œuvre sombre qui fasse réfléchir, préférant agiter des hochets.


Un cimetière prête à réfléchir plus que la surface d’un lac sous les étoiles. Rien de tel, quand j’avais le bourdon, que de me coller à ma fenêtre. Je sortais toujours de ces étranges conversations plus léger, libéré et comme réconcilié.


Mais la vie vous ballotte et c’est tant mieux. De studios en chambres d’hôtel j’en vins à m’installer pour quelque temps dans le quartier Denfert-Rochereau, Paris-sur-Seine. J’y rencontrais dans un café générique une femme d’un certain âge se disant habiter rue de la Santé.


- Ah ? fis-je soudain intéressé, en face de la Santé ?


Elle acquiesça d’un hochement de tête, le nez dans sa tasse.


- Mes fenêtres passent juste au-dessus de l’enceinte, affirma-t-elle, plein sud.


J’imaginais la vue sur les murs de la prison, les cellules hachurées, l’ombre des incarcérés sous les ampoules électriques, et sitôt je songeais à mon meublé en face du cimetière.


Était-il préférable de vivre en face de gens enfermés que morts ?


Je posais la question à ma voisine de table. Sa réponse fusa, aussi concise que décomplexée :

Il fallait bien des prisons et, enfin, c’était très calme. On n’avait pour ainsi dire pas de vis-à-vis.


Après quelques tours de cuillère irrésolus, je lui appris que j’habitais longtemps en face d’un cimetière. Elle se resservit de son infusion, un doigt pincé sur le couvercle.


- En face d’un cimetière ? Mais quelle horreur !


Il fallait croire qu’il est plus naturel de voir des gens enfermés que morts. Et je me fis la réflexion que Dieu, là-haut perché sur son toit, ferait tout aussi bien d’en profiter pour réparer quelques tuiles ; ça éviterait toutes ces cruches qui jonchent le sol de sa maison.



 
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   Anonyme   
23/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une brève bien écrite, qui aurait pu participer au concours sous le titre "histoire d'os"
Elle commence bien, se poursuit avec des clins d'oeil à Zazie (celle du métro), mais se termine de façon navrante.

Un conseil à l'auteur: Supprimez le dernier paragraphe. Laissez le lecteur tirer ses propres conclusions.

   Anonyme   
23/2/2009
Pas tout compris. Les temps me posent problème.
"Je lui appris que j'habitais longtemps" ???????????
Pas saisi l'intérêt du texte contrairement à tes poèmes.
Bon.

   Anonyme   
23/2/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Mouais, je sais pas, tu a voulu dire, ou essayer de dire, parce-que ce n'est pas toujours très clair, trop de choses dans cette histoire. Elle est courte, mais en même temps elle se disperse.
Alors on reste sur sa faim, avec le sentiment que tu en a soit trop dit, soit pas assez, et c'est ce qui prime pour ma part... je crois percevoir tes intentions d'écriture là, mais pour moi, c'est une ébauche un peu ratée, et puis je préfère les intentions qui en finissent avec elles mêmes, et concrétisent... désolée !

   Cyberalx   
23/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai buté sur les temps employés et sur l'issue du texte qui, classé dans la catégorie humour me parait plus le genre à faire sourire qu'à rire franchement, ceci dit, peut être que quelque chose m'échappe, désolé de ne pas savoir dire quoi.

Cependant, hormis les temps (et l'emploi de la première personne du singulier, trop courant à mon goût et pas toujours judicieusement), le style est agréable, certaines phrases comme :

"Il coule sous terre plus de mélancolie que d’eau sous les ponts." ou "J’avais une vue imprenable sur l’existence, un peu comme Dieu en haut du toit de sa demeure, le jour où il y monta pour réparer l’antenne."

me plaisent beaucoup, je me dis que l'auteur a ce qu'il faut dans le buffet mais qu'il ne sait/veut pas l'utiliser à meilleur escient.

   Anonyme   
23/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Du mal (ou encore plus que d'habitude) pour évaluer cette nouvelle:
Car le style est impeccable, les quelques phrases dessinent l'atmosphère et le personnage si bien qu'on pourrait les palper mais pourquoi humour détente c'est plutôt réflexion philosophie non?
Parce que moi ça m'a pas fait rire mais du tout
Sinon franchement quand tu te mettras à vouloir vraiment écrire un truc je crois que ce sera génial car là tu raconte très peu finalement et c'ets déjà bien

   Anonyme   
23/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une tranche de vie bien agréable ................avant les deux dernières lignes!

Gasp, pourquoi les avoir mise ces satanés lignes? Elles ne servent à rien, alourdissent le texte et surtout gâche le plaisir.

C'est dommage parce que j'ai beaucoup aimé cette réflexion drôlatique autour des lieux de vie.

   Anonyme   
23/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
D'accord avec Pierre, ce dernier paragraphe casse la légèreté du ton employé. Si l'auteur ne se positionne pas, il me semble que c'est mieux.

C'est un récit qui entraîne parce que l'écriture est plus que sympathique, et puis j'aime bien les états d'âme des nez collés aux vitres. On reste quand même sur une sensation de pas assez dans le sens où on voudrait en savoir davantage. Bon il ne se passe rien mais il y a de bons textes dans lesquels il ne se passe rien, qui offrent une impression.

Je retiendrais un récit mesuré, maîtrisé, particulier, une lecture dans laquelle je n'ai pas perdu mon temps.

   xuanvincent   
23/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Dans l'ensemble, ce n'était pas évident vu le sujet traité, j'ai dans l'ensemble assez apprécié cette nouvelle.

Quelques idées m'ont intéressée (ainsi celle-ci "Était-il préférable de vivre en face de gens enfermés que morts ?") et fait sourire.

Ce texte m'a paru osciller entre une nouvelle d' Humour/Détente" et un texte de "Réflexions/Dissertations".

"- En face d’un cimetière ? Mais quelle horreur !" : cette phrase m'a paru forte et bien amorcer la fin du récit. Rejoignant en cela d'autres lecteurs, les deux dernières m'ont paru affaiblir cet effet.

   Nongag   
23/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Je pourrais presque faire un copier-coller du commentaire de Val. Ça part vraiment bien et ça s'écrase dès la rencontre avec la dame dans le café.

Les phrases mal construites ont déjà été citées, j'en citerai des réussis:
"Il coule sous terre plus de mélancolie que d’eau sous les ponts"
"Moi, à ma fenêtre, tandis que la théière sifflait sur la cuisinière, j’avais une vue imprenable sur l’existence, un peu comme Dieu en haut du toit de sa demeure, le jour où il y monta pour réparer l’antenne."

Dommage que l'ensemble ne soit pas à ce niveau.

   Anonyme   
24/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Oupsy je vais tomber comme un cheveu dans la soupelette... Super Estelle Arrive pour sauver ce texte ma foi très Pierre Tombalesque dans l'humour...

Alors je voulais parler de cette impression de déjà lu qui m'a dérangée (surement trop de bd's), sinon, j'ai aimé moi les deux dernières phrases hormi le terme cruche que je n'apprécie que moyennement, surement des souvenirs d'enfance...

j'ai déjà souligné que j'aimais l'humour de l'auteur qui décidément à comme moi la manie de déformer les aquits... et les proverbes... et caetera...

Sinon, je rejoins ce qui a été dit pour l'emotion, le manque de structure conjugale(gaire, ginale...??????)

... bref, faut se relire m'bio sinon ça ira pas hein!

(ranger mon fouet pour les sessions de journal et repasser une fois calmée)

Sinon j'ai pas mal aimé l"intention et le rythme.

   Menvussa   
24/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Entièrement d'accord avec toi. Un cimetière a quelque chose de paisible un peu comme si tous les morts s'étaient réconciliés alors qu'une prison, ce constat d'échec de notre société... Quelle horreur.
Un texte emprunt d'une certaine philosophie.
j'ai bien aimé.

   Anonyme   
25/2/2009
Moi j'ai vraiment aimé le début, j'me suis dit un type et son paysage de cimetière version jensairien ça va claquer sévère...
Et pis... J'avoue être un poil déçu. J'imaginais quelque chose d'un peu plus décalé avec un sujet comme ça. Je sais pas, la fin, la comparaison cimetière/prison, enterré/enterré vivant, ça m'a pas trop convaincu. Bah sinon c'est pas désagréable à lire, mais, nom d'une charogne, l'auteur, j'en suis persuadé tenait un sujet à la hauteur de son imaginaire.
Dommage. Putain de bon titre aussi je trouve...

   macada   
25/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
bon, ben, moi, j'ai aimé la fin. le jeu de mots me plait bien (tuiles et cruches). les points faibles du texte sont le style et les accords de temps. j'aime bien l'idée globale.

   Lariviere   
25/2/2009
Ouais... Je rejoindrais assez Notrac...

Je connais la valeur des textes de Jensairien habituellement...

Quand j'ai commençé ma lecture de "Au nom de la loi je vous enterre" (je trouve, pour ma part, le titre un peu facile...), je me suis dis que j'allais passé un bon moment avec un texte probablement incisif, servi par un style posé, bien assis sur sa construction solide et équilibrée pour dégager tout un univers d'humour noir subtil, bref... le style Jensairien...

J'avoue que j'ai été déçu par l'ensemble de la nouvelle. Il me semble aussi que l'auteur aurait pu faire beaucoup mieux avec son idée de départ...

Au final ce n'est pas tant la forme et l'écriture qui me paraît à remettre en cause... Celle ci, à quelques imperfections prêts (tout est perfectible), ressemble quand même à ce que l'on connait de Jensairien et ne démérite pas... Non, ce qui pose problème, me semble t'il, c'est bien le thème, qui dessert au final l'écriture en ne réussissant pas à donner aux lignes de cette histoire toute l'étendue tant attendue de sa magie (noire)....

Au plaisir de te lire Jensairien

   karminator   
25/2/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
splendide, ce côté de réflexion sur la mort et sur les prisons... ça donne envie d'aller habiter devant un de ces merveilleux cimetière.

J'ai adoré la bièveté et la simplicité d'écriture, ainsi que la façon que l'histoire a de retomber tout doucement à la fin.

Vraiement magnifique.

   Anonyme   
25/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime vraiment le style, ç'est bien écrit. La première partie est bien réussie, la fin un peu moins, même si j'apprécie le questionnement que cette nouvelle implique.
"Un cimetière prète à réfléchir plus que la surface d'un lac sous les étoiles" Mmmh ! Pas sur, pas sur.

   widjet   
25/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
JSR va dire que je fais une fixette sur ces derniers opus, mais là non plus, je ne suis pas convaincu. Un traitement trop succinct pour me permettre de mener une réflexion sur ce « dilemme ».
Il aurait fallu développer et comme il a été déjà dit y mettre un peu d’acide dans le verbe et dans le procédé. Assez ok avec le commentaire qui regrette le paragraphe (je présume que l’auteur voulait finir par un trait humoristique : « toit » et « tuiles ») de clôture qui surligne plus que nécessaire.

Sur une idée de départ intéressante, l’auteur sort un texte sage, bien trop sage.

Widjet

   estelane   
26/2/2009
J'ai bien ri au départ, pensant que l'auteur avait trouvé un thème humour noir que j'aime bien. Faire le pendant entre le cimetière et la prison c'était bien vu aussi.

Se lâcher, sans trop de restrictions, il me semble que JSR sait le faire dans l'humour et là, finalement il m'a semblé que le texte était plus sérieux que cela. Des interrogations de l'auteur ?

   kullab   
26/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'accroche vraiment ce genre de petites histoires.

"Je ne me suis jamais aussi bien entendu avec mes voisins", "Les gens les plus profondément angoissés... ... hochets", "Un café générique", "Se disant habiter rue de la Santé"... Ces expressions et ces tournures de phrases, dont le texte fourmille, rendent la lecture délicieusement agréable.

Sans compter cette réflexion sur les cimetières et les prisons, qui me plaît beaucoup. C'est un peu comme si l'auteur se livrait à nous même, mettait en image une idée qui a fait un peu plus que lui traverser simplement l'esprit. Cette petite histoire se lit vite et à peine a-t-on terminé qu'on a déjà envie d'en lire une autre.

Tiens, ça me fait un peu penser aux BD de Sempé.

   Christina   
27/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Lecture très agréable et très ludique. Je me sens en parfaite harmonie avec les sentiments de l'auteur qui regarde ses voisins "pipe sous le bec de gaz"... J'ai les mêmes impressions face à un cimetière et j'en ai encore vu un dernièrement (dans un film de Kurosawa je crois) qui était magnifique... ah ! si on pouvait choisir l'endroit et ceux qui nous observent depuis leurs fenêtres !
Merci beaucoup en attendant !

   Anonyme   
11/3/2009
Un peu déçu aussi. Pourtant la première phrase est pleine de promesses. Connaissant la verve de l'auteur, son ironie... Mais le reste ne suis pas. Dommage. C'est plus la façon d'écrire, manquant de vivacité et de punch, que l'histoire qui elle garde tout son intérêt. Ceci dit, on retrouve toujours les clins d'oeil de l'auteur qui donnent cette saveur particulière à ses écrits

   Selenim   
17/3/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Un texte intéressant qui me laisse sur ma faim.

Trop court, trop propre, il manque une pointe de folie.

Avec un cimetière sous sa fenêtre en plus.

Frustré.

   Flupke   
21/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Texte sympathique. J'aime bien cette manière de relativiser les choses avec humour et ironie. Ce qui est normal pour soi, ne l'est pas forcément pour les autres. Bonne manière d'illustrer un point de vue personnel par la fenêtre du quotidien.


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