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Humour/Détente
macada : La messe de mariage
 Publié le 02/04/09  -  10 commentaires  -  7065 caractères  -  426 lectures    Autres textes du même auteur

Vue de près de la messe de mariage.


La messe de mariage


Je me sens pas très bien. Ce doit être l’ambiance qui règne dans cette église. Ou alors c’est l’église tout court. J’aime pas les églises. Il y fait toujours froid et on s’y emmerde. Tiens, il est là lui ? Par où il est arrivé ? Je l’ai pas vu entrer. Ces curés, toujours à passer par des portes secrètes, à faire les mystérieux, pour se donner un genre. C’est des gens bizarres, les curés. Ils parlent tout le temps de trucs qu’ils connaissent pas : le Jésus, par exemple, comme s’ils étaient potes depuis super longtemps. Ou le mariage.


Ah, ça me rappelle que c’est pour le mariage qu’on est là. Pfffooouuu, y a un de ces mondes. Et on va tous avoir à manger après ? M’étonnerait. Va y avoir du sport près du buffet, tout à l’heure. En même temps, j’ai pas super faim. Hier soir avec les copines, on a un peu trop, juste un peu trop, abusé. On a fêté la fin de la jeune fille. C’était trop chouette. Surtout avec le type, à la fin du resto. Au fait, qui c’est qui l’a ramené, le beau gosse ? Ah, non, ça me revient, on est toutes rentrées dormir chez moi, c’était plus pratique. On était démâtées hier soir. Mais maintenant, j’ai un mal de tronche. Affreux. J’ai dormi comme une bûche. Ce matin, c’était la panique. C’est à peine si j’ai eu le temps d’enfiler mes fringues et de me préparer. Les copines, elles m’ont pressée, pressée. Et dans la voiture, j’avais le mal de mer, il a fallu qu’on s’arrête. Du coup, on est arrivées en retard.

Mais qu’est-ce qu’y font ? Ah, on se lève. Oui, c’est vrai, c’est toujours comme ça pendant les messes : on se lève, on s’assoit, on se relève. Et on marmonne. J’ai jamais rien compris à ce qu’il disait le curé. Alors je fais semblant. Comme les autres.


Tiens, pour une fois, je suis bien placée. Je vois qui c’est qui est là : les tatas, les tontons, les vieux qu’on a astiqués pour l’occase. Ils ont l’air tout neufs. Sauf des dentiers. Tout le monde est super bien sapé, dis donc. Ah, j’ai pensé trop vite, pas celui-là. C’est qui celui-là ? Sa tronche me dit rien. Si ça se trouve, il a même pas été invité. Il se tape l’incruste. Et les autres sur le côté, toutes habillées pareilles. Elles doivent être des collègues du boulot du marié. Bon sang ! elles chantent ! elles m’ont fait sursauter, je m’y attendais pas. Oh là, ma tête… elle va exploser. En plus, y a du piano.


C’est bon, le curé fait les présentations, on peut s’asseoir. Il cause des frères et des sœurs et des amis qui sont venus en ce jour de bonheur. Ça pour être de bonne heure, c’est de bonne heure. Surtout après une cuite pareille. Mais les gens dans l’église, c’est pas tous des frères et sœurs. Personne lui a dit, au gargouilla ? C’est pas tous la même famille. Y en a des deux côtés. En fait, maintenant, en concentrant bien mon regard, y en a plein que je connais pas. Oh, y en a un mignon près de la colonne là-bas. Mais je suis trop loin. Y doit pas me voir. Sûrement qu’une des copines va le brancher avant moi. Si, il regarde par ici. Je lui souris ? Ah, ben, ça y est. J’ai même pas fait exprès. Y a les filles qui se marrent. Elles se sont mises à côté, elles auraient pu me garder une place. De là où je suis, je m’emmerde.


Ah, on se lève. Oups ! j’ai marché sur ma robe. Quelle idée de porter cette robe aujourd’hui. Le mignon rigole. Je l’ai vu. J’ai tourné la tête pour le regarder. Hé ! y a quelqu’un qui me prend la main ! Ah, c’est mon mec. Merde, il va encore faire son jaloux. J’espère qu’on va vite se rasseoir, j’ai la tête qui tourne. Ça y est. Et le curé s’assoit aussi. On est tous fatigués. Y a des gens qui viennent lire des trucs. Je comprends rien. C’est que des textes de croyance avec des images que chacun y voit ce qu’il veut. Ou ce qu’il peut. J’ai mal au crâne et j’ai sommeil. Je vais baisser un peu la tête, histoire de faire celle qui se concentre et je vais fermer un peu les yeux. Juste une minute. Ça me fera du bien. Ah, mais, c’est pas vrai ! les autres déguisées toutes pareilles, elles recommencent à chanter. Oh ! puis, c’est fort. Chut, mais chut, bon Dieu ! ça résonne ! Et puis la chanson, elle est nulle, alors.


Du coup tout le monde se lève. Ah, c’est le moment de marmonner. Normalement, après, on devrait pouvoir s’asseoir… non ? Ils baissent tous la tête, ils sont tous fatigués. Oh, le curé ! tu vois pas qu’on est crevé ? On a besoin de se reposer. Il s’en fout, il boit un coup. À ta santé, mon gars. Maintenant, il croque une chips. Et les autres se radinent. Ils veulent tous des chips. Tiens, il vient vers moi. J’ai pas super faim, je me sens pas très bien, tu sais. Ça se fait de refuser ? Oouulà, l’a l’air sévère, le curé. Bon, je veux pas te vexer, je vais la manger ta chips, va. Mais, je peux me servir toute seule, hein. Je suis encore un peu bourrée mais quand même. Non ? C’est pas en self-service ? T’as peur qu’on t’en chourave ou quoi ? Bon, merci.


Tout le monde est retourné à sa place en silence. Putain, c’est vachement discipliné ici.


Zut, j’ai la chips collée à la dent. Les gens me regardent, je peux pas mettre mes doigts dans ma bouche. C’est pas beau. Ouais, mais ça me gêne vraiment. Qu’est-ce qu’il y a ? On s’en va ? Mon mec me prend par le bras. Qu’est-ce que t’as vu ? Ah, ouais, trop belles les bagues dans la panière. Mais j’ai toujours ma chips dans la dent. Ça colle. Avec la langue, j’arrive pas à la dégager. Si le curé me filait un coup à boire, je suis sûre, ça aiderait. Bon, il me cause. Et y a mon mec qui me regarde. Zut, le curé a posé une question mais j’ai rien écouté. J’étais occupée avec mes dents qui se collent. Ils attendent. Il faut que je dise un truc. Faut que je réponde. Je fais répéter ? Je vais jeter un œil aux copines… elles se poilent. Tiens, tout devant y a les parents. Y a même ceux de mon mec. C’est sympa de les avoir invités aussi. On va se faire une de ces chouilles après. Mais le curé attend toujours. Je sais pas trop quoi faire. Je souris. Mon mec hausse les sourcils. L’est pas mal aussi. Mais le type près du pilier est plus mignon. Bon, on verra plus tard, pour l’instant faut que je dise un truc parce que je vois bien que ça coince tout le monde, là. Mon mec a l’air de me demander si ça va. Ça doit être à propos des bagues.


- Euh… oui, oui, ça me convient.


Tiens, ça a décongestionné le curé, il recommence à causer. Je vais les laisser parler entre hommes pendant que j’essaie de décoller ce satané truc de ma dent.


Oh, trop bien, il nous file les bagouses ! Ah, ben, on sera pas venu pour rien, tiens ! pour une fois qu’on gagne un truc.


Hé ho ! ça va pas, non ? Y a mon mec qui me roule une pelle ! en pleine église ! Non, mais ça va, là, oh, je vais la décoller toute seule ma chips, pas la peine de te donner ce mal. Et le curé qui se rince l’œil. Non, mais, c’est quoi ce cirque ?


Allons bon, voilà le piano et les dindes qui s’y remettent. On s’en va ? C’est pas vrai, on peut partir ? Super ! Je vais demander si quelqu’un aurait un cure-dent à me passer.


En tout cas, les églises, même pour les mariages, j’aime pas ça. La bouffe n’y est pas bonne.



 
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   Menvussa   
2/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,

Un peu exagéré, non ? À voir l'état "mental" de cette personne, on se demande comment elle tient debout. Bon, c'est vrai, il y a de l'humour mais je trouve que le lecteur est vraiment embarqué dans une voie de garage, pour être sûr qu'il ne va pas tout comprendre tout de suite, le procédé est peut-être un peu gros. À moins que l'amnésie, peut-être, mais un peu grave tout de même.

Le narrateur, personnage principal, émergeant péniblement d'une cuite, sans doute mémorable, n'est pas en état de s'exprimer de manière fluide. Du coup, le lecteur subit. Le style est un peu laborieux et l'humour un peu redondant et lourd.

Pas facile de faire la part des choses pour juger. Ce monologue est un peu pénible.

   solidane   
2/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Difficile de me faire un avis. Des choses sympas mais pas évidentes à déterminer : le ton choisi et le disours qui gardent leur cohérence. On même temps la mariée ne crée pas la surprise à la fin, très tôt on la reconnaît. Et une question : s'est-elle volontairement mariée à l'église ou a-t-elle été fortment incitée ?

   Anonyme   
2/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour macada,
J'ai marché. J'ai trouvé le ton irrespectueux, insolent et sans doute à cause de ça, j'ai vraiment cru que la personne qui parlait n'était pas concernée. Ce n'est que deux ou trois paragraphes avant la fin que j'ai compris.
Donc au niveau du point de vue et de la photographie, pour moi, très bon.
L'écriture dépeint bien l'état d'esprit semi-comateux mais parfois, le style est un peu trop puéril, genre gamine grognonne et de mauvais poil.
Après... une fois sortie de la lecture on peut effectivement se poser des questions sur la cruauté de l'histoire, parce qu'elle est cruelle, et pour le marié et pour la mariée.
Cruelle et cynique. On est loin, très loin des émotions contradictoires que soulèvent un mariage.
Point de vue original, audacieux et... déconcertant. Sûrement qu'à la deuxième lecture je trouverai les réflexions qu'elle se fait, ses réactions, sa froideur exagérées.
Peut-être que si elle avait été plus lucide, la nouvelle aurait gagné en épaisseur et en férocité.
Mais ça aurait donné un texte différent et ce n'était peut-être pas le but.
Au plaisir de te lire Macada.

   Selenim   
4/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Une histoire qui tourne en rond.

J'ai dérapé à plusieurs reprises sur ce langage de routier (n'en déplaise aux sus nommé, mes expériences d'auto-stop m'autorisent cette analogie) trop haché et pas vraiment drôle.

L'idée que le mariage est une institution déliquescente qui survit par l'hypocrisie de ses utilisateurs aurait pu être retranscrite moins brutalement.

Au final, un texte qui manque de finesse, tant dans la construction que dans l'emballage.

   FABIO   
2/4/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé, c'est dynamique, on ne s'ennuie pas, le rythme coule
même si parfois on saute du coq a l'âne. Bon je suis moins fan des attaques contre l'église et ce qui s'y rapporte mais ça va bien avec le personnage. La petite surprise de fin concernant la marié aurait pu être amené plus subtilement. Mais enfin moi qui n'écris aucune nouvelle eh bien j'ai apprécié.

   Anonyme   
2/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
ça se lit bien, mais je regrette vraiment, mais alors là , vraiment, le langage hyper-répétitif.Je n'ai pas fait de décompte mais il doit y avoir 30 fois le mot "mec", et le double pour "curé". sauf que des synonymes argotiques pour désigner le cureton, y en a des tonnes: le radis noir, le calotin...
Bref, plus que l'histoire elle-même qui est assez prévisible, c'est le manque de vocabulaire qui m'a déçue.

Achetez-vous un dictionnaire d'argot, et au travail! Votre texte aura beaucoup plus de gueule!

   Anonyme   
2/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonne idée mais le ton est forcé. Récit alerte quelquefois, quelquefois maladroit. En tout cas sympathique. J'aime pas les églises. Encore moins les curetons. Fallait quand même trouver quelques synonymes. C'est lassant à force ce "curé" qui revient 50 fois dans le texte.
Le lecteur sourit quand même. Rien que pour ça, merci.

   jensairien   
3/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
finalement je me demande si ça n'aurait pas été plus marrant si, au lieu de mettre le lecteur au courant seulement à la fin que c'est elle la mariée (ce qui vaut juste un bref sourire), l'auteur avait prit le parti, dès le début de nous jouer le coup de la mariée hagarde qui ne comprend rien à ce qui lui arrive (ce qui aurait pu faire beaucoup plus rire)
En plus il y aurait peut-être plus de choses drôles à raconter.

   widjet   
4/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
D’accord avec Jensairien. Il aurait fallu annoncer la couleur de suite, cela t’aurait permit de te lâcher et de ne pas chercher à tout prix à surprendre dans ton final….qui s’avère être très peu crédible.
Je serai moins sévère que d’autres. C’est vrai que l’écriture n’est pas faramineuse, mais elle colle bien au personnage complètement décalqué, à « l’ouest » quoi.. J’ai lu sans me forcer, mais je m’attendais à me marrer, ce qui hélas n’était pas le cas.

Widjet

   Anonyme   
21/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Ca aurait pu être génial si ça n'avait pas été si exagéré.

Certes, le langage et les idées embrouillées sont logiques après une grosse cuite, mais de là à ne pas se souvenir de son propre mariage c'est un peu trop je trouve.

De même la multiplication des références au curé et aux actes de la messe sont drôles, mais encore une fois il y en a trop.

C'est le problème de ce texte : trop, il veut trop nous faire rire et tombe un peu dans la caricature.

C'est dommage.


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