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Sentimental/Romanesque
melancolique : Une tempête hors saison
 Publié le 16/01/16  -  8 commentaires  -  17785 caractères  -  82 lectures    Autres textes du même auteur


Une tempête hors saison


J’avais six ans quand la tempête a laissé les marques de son passage.

D’habitude, elle nous visitait la nuit, puis s’en allait à pas feutrés dès que le ciel virait au bleu que le jour diluait.

Mais cette fois-ci, quelque chose a changé.


Dehors, c’était encore l’été.


Aucun nuage n’encombrait l’horizon, aucun souffle n’éveillait la poussière.

La journée ne faisait que commencer, et l’espoir s’offrait telle une musique vouée à se perdre, un peu plus loin, parmi le brouhaha de la foule et les banalités des conversations.


Sur les trottoirs du quartier, quelques ombres affluaient, nonchalantes et presque ivres de la lumière qui leur donnait corps.


Les maisons voisines partageaient le silence des saules aux branches désarmées. Une légère mélancolie ombrageait leurs façades, car le soleil ne sait pas dissiper le gris des murs ni panser les éraflures que le temps se plaît à graver. Le soleil, il se contentait d’effleurer les vitres sombres, en guettant un froissement de rideaux, une simple rumeur d’éveil, mais les volets demeuraient fermés, et les paupières sous l’emprise du sommeil.


J’ai ouvert ma fenêtre pour que notre maison puisse aspirer le jour à grandes bouffées.


Elle méritait tout le soleil qu’on pouvait lui offrir, la tempête y avait hurlé toute la nuit.


J’ai cru que c’était fini, au moins pour aujourd’hui.

Le calme qui régnait témoignait d’une trêve.


J’ai descendu les escaliers en appelant ma mère. Mes matins avaient besoin de son sourire, il était le seul à éclairer des recoins que le soleil ne pouvait atteindre. Une fois dans le salon, j’eus le souffle presque coupé. Il y avait partout des vases brisés, des chaises renversées, des bibelots cassés et des livres jetés à terre. Sur le sol, quelques cadres où nos visages souriaient malgré tout, car les photos ne retiennent rien des brisures du cœur.

Et puis au milieu, ma mère qui pleurait.


Ma mère avec ses yeux barbouillés de rimmel, et qui pleurait comme si l’hiver n’allait plus nous quitter. Ses larmes n’en finissaient pas de s’écouler et tout s’effondrait autour de moi. Une pluie invisible dérobait le sol sous mes pieds. Elle pleurait à grandes vagues, et il ne restait plus de terre ferme, plus de radeau pour s’accrocher, rien que la pluie et l’écho de ses sanglots.


J’ignorais que ses yeux étaient capables d’autant de faiblesse.

Ses yeux avaient l’habitude de veiller sur le monde, et quand je les ai vus pleurer, la Terre a perdu son nord, et tout y a déraillé.


– Maman, qu’est-ce qu’il y a ?


Elle leva sa tête vers moi, puis s’empressa d’essuyer ses larmes.

Deux flaques de tristesse ont demeuré.


– C’est rien, ne t’inquiète pas.


En voyant mes yeux hagards qui parcouraient la pièce, ma mère promena un regard étonné autour d’elle, et j’avais l’impression qu’elle se rendait tout juste compte de l’ampleur de la catastrophe.


– Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Et c’est quoi ça ?


Elle ne dit rien. Son regard fixait quelque chose de brisé qu’elle tenait fermement entre ses mains, comme si c’était ce qui importait le plus et qu’on ne saurait jamais recoller.


Je me suis penchée pour voir de plus près. Un bras minuscule, deux jambes et les débris d’un visage, c’est ce que j’ai pu reconnaître.


– C'est une poupée en argile. Je l’ai cassée. Je n’ai pas fait attention.

– Mais maman, tout est cassé, qu’est-ce qui s’est passé ?


Sans prêter attention à ma question, elle ajouta :


– C’était en fait celle de ta grand-mère, voilà la mienne.


Elle me montra une autre poupée qui n’avait rien de beau, elle avait même un air douteux.


– Ton grand-père les a fabriquées lui-même. Je les ai gardées comme souvenirs de lui.


Je n’avais pas encore l’âge des souvenirs, alors je ne pouvais pas comprendre. Mais ma mère avait mal, j’en étais sûre, son visage ne savait pas mentir. Et puis tout ce que les vivants gardent des morts devient précieux, c’est une attache, la seule manière de les empêcher de partir pour de bon.


– Tu peux garder celle-là ? Elle est encore intacte. Tu peux en prendre soin ?


« Promis », ça a suffi pour rassurer ma mère. Elle me confia son souvenir, puis se leva, pressée. Elle devait remettre de l’ordre dans notre petit monde en ruines.


Je n’ai pas posé d’autres questions, ni sur la tempête ni sur la poupée brisée par mégarde.


Ma mère avait des silences qu’il ne fallait pas déranger. C’était mon père qui s’appropriait tout le bruit de notre maison, tous ses cris.

Moi, je m’égarais à mi-chemin entre leurs contradictions.

Parfois, je m’aventurais à rire trop haut ou à courir en laissant derrière moi la cadence de mes pas sur le carrelage. Alors ma mère me regardait en fronçant les sourcils, un doigt sur les lèvres en guise de reproche. Parfois à trop me taire, mon père oubliait mon existence.


Il n’y avait que ma chambre qui accueillait mes petits tumultes, ainsi que mes excès de mutisme. Je m’y enfermais le soir, et je m’inventais un monde qui ne s’effondrait pas. Un monde où la nuit se peuplait de lampadaires autour desquels les papillons virevoltaient, insouciants et désinvoltes.


L’obscurité montait telle une marée, mais il y avait partout des escales et des îles de lumière où les étoiles échouaient. Je les comptais parfois, le front contre la vitre, pour oublier la tempête qui éparpillait sa colère à quelques pas de ma porte.


Ses orages savaient nous surprendre, nous tirer de nos lits et de nos rêves imprégnés de lavande.


C’était une tempête hors saison.


***


La tempête s’est endormie pendant trois jours. Puis un après-midi, j’ai vu ma mère pleurer à nouveau. Ses larmes étaient différentes, des larmes coupables. Des gens vêtus de noir la consolaient, d’autres se contentaient de s’asseoir, en regardant leurs mains dont les lignes racontaient les chemins à vivre sans savoir les déchiffrer.

La mort a cet effet, elle parsème l’esprit d’interrogations, et grand-mère venait de mourir.


Je me souvenais à peine des traits de son visage, et je n’avais pas assez de cœur pour pleurer quelqu’un dont il ne me restait même pas une réminiscence. Grand-mère en était capable, elle avait pleuré longtemps des enfants aux noms devenus assez confus. Son cœur se rappelait, et c’était douloureux. Elle avait vécu pendant des années à l’écart de sa famille, avec d’autres vieux qui se comprenaient à cette manière d’avoir la même histoire : une vie imparfaite, des enfants qui ont grandi trop vite, puis l’oubli pour seul compagnon. On leur disait que c’était mieux de se débarrasser du passé qui se fait amertume quand il vieillit mal, et il le fait souvent. La mémoire est lavée de tout ce qui l’avait souillée, et on n’a plus de raisons de souffrir.


Mais le cœur gardait ses blessures, et quand il réussissait à s’en guérir, il en perdait ses battements.


Grand-mère était morte, et ce n’était pas comme tous ces vieux qui meurent dans leurs lits, avec quelqu’un qui leur tient la main, qui leur promet que tout survivra à leur absence : le ciel et son dégradé de bleu, le petit-fils qui sait maintenant marcher, la maison qu’on ne laissera pas aux toiles d’araignées, les amandiers qui continueront à fleurir, chaque année, pour l’éternité. Le soir de sa mort, elle avait crié qu’elle voulait partir, ses enfants avaient besoin d’elle, ses rêves débordaient de leurs sanglots. On a essayé de calmer sa frayeur, elle s’est débattue, elle a fui, puis son pied a glissé. Juste un faux geste, un dernier. Elle est tombée du haut des escaliers et son vieux corps s’est fracassé contre le sol.


C’est ce que des voix hésitantes ont raconté.


J’ai écouté attentivement, et je ne pus m’empêcher de penser à la poupée brisée.


Ce soir encore, la tempête était au rendez-vous. Je me suis abritée dans ma chambre, en fermant ma porte à clef. Et je me suis retrouvée à chercher la poupée cachée dans une boîte à chaussures au fond de mon placard.


Elle était intacte, mais son sourire esquissé en un trait, son tout petit sourire avait disparu.


***


Quand les larmes de ma mère ont tari, il lui resta un air triste et un regard fatigué.


Son visage ne souriait plus.


Le lendemain des tempêtes, la maison semblait à chaque fois se réveiller d’un cauchemar. Pourtant, elle n’en gardait rien de plus qu’un vent inquiet cognant aux vitres closes.


J’imaginais parfois ma mère qui se levait la première pour effacer ses traces : redresser les murs effondrés, sceller leurs fissures, remettre les fenêtres à leurs places, les portes et les canapés.


Mais autour de nous, tout s’assombrissait. Et j’avais beau lui laisser ma fenêtre béante comme une invite, le soleil se faisait rare. Du brouillard s’élevait entre nous et sa lumière, et ma mère ne souriait plus.


Un dimanche, jour d’ennui, elle était occupée dans notre petit jardin à suspendre chemises et robes mornes aux cordes à linge. Il n’y avait que des nuances de gris. Moi j’étais assise sur le pas de la porte, essayant de mettre un peu de couleur dans la journée qui en désespérait. Une feuille blanche, c’était tout ce que je possédais, et elle me suffisait pour créer un monde que j’éclaboussais de soleil avec la mine jaune de mon crayon. Je gardais la poupée à portée de main, et mon regard errait entre sa silhouette d’argile et celle de ma mère, contemplant tour à tour les deux visages tristes. Je les contemplais puis mon regard, avide d’une échappée, se faufilait à travers les grilles du jardin. Le grand lierre qui les recouvrait était presque mort, cela se devinait à ses feuilles jaunies et ses ramures qui peinaient à s’accrocher aux barreaux de fer.


Un rire saccadé a traversé la rue, puis un groupe de jeunes filles apparut. Je me souviens encore de leurs voix qui éclataient en une cacophonie de joies, des boucles de leurs cheveux frôlées par la brise, de leurs robes à fleurs que le vent gonflait. Ma mère, je ne l’avais jamais vue rire de cette façon, je ne l’avais jamais vue porter d’aussi jolies robes, d’aussi bigarrées. Sa peau avait des gerçures qu’elle dissimulait sous des étoffes sombres, monotones, et des tabliers à carreaux.


J’ai regardé ces filles, puis ma mère. Et sans comprendre pourquoi, j’ai pris mon crayon rouge, celui avec lequel j’allais gribouiller des champs de coquelicots. Je l’ai pris puis d’un trait, j’ai dessiné une fine bouche pour ma poupée.


En levant ma tête vers ma mère, je fus surprise de voir un sourire. Comme une aube, il avait effleuré son visage, épousant la forme de sa bouche. Il avait attisé la lumière de ses yeux qui n’ont pas abandonné le groupe de filles jusqu’à leur disparition au coin de la rue. Il s’est attardé un peu, savourant l’écho de leurs rires. Puis ma mère a poussé un soupir et son sourire s’est affadi.


Celui de la poupée aussi n’a duré qu’un bref instant.


***


Je me suis retrouvée à dessiner des sourires pour montrer au soleil le chemin vers nos cœurs. J’en dessinais des trop rouges, des trop larges, des menus, des maladroits.

J’en dessinais des éphémères.


Ils retombaient comme autant de feuilles mortes s’accumulant aux pieds des arbres que l’automne ne cessait de dévêtir.


Je me réfugiais la nuit dans ma chambre, de peur de tomber nez-à-nez avec la tempête. Ce qui se passait dehors m’était inconnu. Je ne savais que ce que trahissait parfois la serrure de ma porte, ou les murs que l’obscurité rendait si transparents aux fracas.


Les jours d’école étaient de retour, et cela compliquait les choses. Entre ces longues heures prisonnières à apprendre des mots inutiles et les devoirs interminables chaque soir, je trouvais à peine assez de temps pour rendre ses sourires à ma mère.


Lorsque l’hiver est venu, je ne l’ai pas remarqué, son froid m’habitait depuis longtemps déjà.


Un jour, penchée sur la poupée, en dessinant un trait à la hâte, j’ai remarqué de curieuses fissures sur le visage en argile. De petites fêlures aux coins des yeux et autour de sa bouche absente. Mon cœur en fut bouleversé. J’ai couru vers ma mère afin de m’assurer que rien ne lui était arrivé.


Elle était dans sa chambre, pourchassant la poussière, un grand balai entre les mains. Avec sa robe noire et son chignon défait, elle avait l’allure d’une sorcière un peu triste qui a perdu sa magie.

Je me suis approchée d’elle pour mieux voir son visage. Les fêlures, elle en avait aussi. Fines lignes traçant des sillons sur son front et aux coins de ses yeux.


– Maman... tu as des rides !


Elle contempla attentivement son reflet dans le miroir. Je crois qu’elle ne l’avait pas autant examiné depuis longtemps. Puis elle m’adressa un sourire gêné.


– Ce n’est pas gentil de me le rappeler.


Toutes ces rides, je ne les ai pas vues se multiplier. Je n’avais jamais remarqué que ma mère était en train de vieillir. "Vieillir", c’était un grand mot. Le genre de mot qu’on esquive. On se dit qu’on a encore du temps pour apprendre tout son alphabet.


La poupée commençait à me faire peur. J’eus envie d’en parler à ma mère, mais les adultes ont cette manière de ne pas croire à tout ce qui ne se comprend pas. Parfois je la posais contre mon oreille, pour écouter si elle était vivante. Son cœur, était-il en argile aussi ? Je n’en avais aucune idée.

Un cœur en argile, ça serait trop fragile, il s’effriterait au moindre choc.

La pluie dedans, cela ferait de la boue.

De la boue qui se souvient.


***


La veille du premier jour du printemps, la tempête eut un bruit si bref que j’ai cru à un adieu.


Au réveil, le corps de la poupée était parsemé de nombreuses taches sombres, mais ça ne voulait rien dire.


Mon cœur, je le sentais moins gourd. Des bourgeons d’espoirs étaient sur le point d’y éclore. Notre maison était inondée de soleil. Ses rayons espiègles couraient sur les murs, s’éclipsaient au passage d’un nuage, puis réapparaissaient plus vifs, plus abondants. Ma mère fredonnait une chanson devant l’évier, la chanson racontait l’étendue des collines et le retour des oiseaux migrateurs. Ses cheveux ondulaient légèrement, et la lumière y mêlait des fils de son or. Son dos, légèrement voûté, avait quelque chose de gracile, et le nœud de son tablier n’était qu’un papillon qui s’y reposait.


Je me suis assise à la table, attendant qu’elle m’offre mon sourire matinal et une tasse de lait fumant.


Mais lorsque ma mère se retourna vers moi, son visage était marqué de tant de bleus que j’ai poussé un cri de terreur.


– Maman, qu’est-ce que tu as ?

– Je suis tombée ce matin, ne t’inquiète pas, ça ne fait même pas mal.


Je ne l’écoutais pas, je contemplais ces taches. Elle en avait partout, peut-être jusqu’au fond du cœur.


Le mien, il s’allégeait en avalanches de tous ses sanglots retenus, de tous ses secrets. Ainsi, je ne pus m’empêcher de lui raconter la poupée qui s’abîmait, les sourires disparus, les fissures et les bleus que j’ai vus avant sur le corps en argile.


Elle se contenta de me serrer contre elle, en attendant que ma tempête se calme.


***


C’était bien absurde, mais j’avais peur que ma mère se brise.


Une voix intérieure me disait qu’il suffisait de partir, fourrer ce qui restait d’inaltéré de notre monde dans une valise et partir, ne pas porter de meubles ni trop de vêtements, n’emporter que le nécessaire. Mon père était capable de rester pour se battre seul contre l’hiver comme on attaque des moulins à vent.


J’avais tellement peur pour ma mère, que j’eus le courage d’ouvrir ma porte le soir, pendant que la tempête s’étendait, pareille à un feu. J’ai marché vers la cuisine, c’était là-bas que ça faisait le plus de bruit.

C’est à ce moment-là que je l’ai vu.


Pas la tempête, car elle n’avait pas de visage.


J’ai vu celui de mon père. Il était presque méconnaissable avec son regard plein de rage. Il parlait trop fort. Mes oreilles étaient incapables de supporter ces paroles qu’il jetait, comme autant de cailloux, sur tout ce qui osait le contredire. Il disait que c’était trop de misère, il disait qu’il en avait marre de la vie comme ça, mais je ne savais pas de quelle vie il parlait.


Quand il a remarqué ma présence, sa colère a augmenté.

Ma mère courut vers moi, puis pour me défendre, elle se mit à crier, elle aussi.


Voulant la faire taire, le bras gigantesque de mon père s’est levé en l’air. J’ai essayé de m’y accrocher, je m’en souviens, pour l’empêcher de frapper. D’un seul geste, il m’a jetée par terre, et sa gifle s’est abattue contre ma joue.


Il a frappé puis il s’est mis à rire, un grand rire qui emportait tout dans son passage.


Ma mère, derrière lui, avait le corps qui tremblait. Seule était ferme sa main qui tenait un couteau.

Des rires et des cris se sont emmêlés, puis il y avait du sang, partout du sang qui éclaboussait nos visages.


Et la tempête s’est tue.


***


Parfois elle revient en tourbillons de colère à l’envers de ma peau, des pilules m’aident à vivre avec, des calmants, de la peinture aussi. Le monde de mes toiles est un fouillis de couleurs, le rouge en est la plus marquante. Quand on me pose des questions, je leur dis que ce sont des champs de coquelicots que je n’ai pas su dessiner quand j’étais enfant. Une vieille frustration.


La poupée, je la garde encore, fidèle à ma promesse. Elle commence à me ressembler avec toutes ses taches de sang qui ne s’effacent pas. Mais je suis devenue trop adulte pour y croire, ou au moins pour l’avouer.


Mes souvenirs, c’est décidé, je ne les visiterai plus que de surface, sans plonger dans les détails.

Je revois déjà notre maison sans franchir son seuil.


Dehors, ça me convient, on y est un peu absent à soi-même, on ne souffre plus, même si c’est toujours hors saison.


 
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   hersen   
16/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très, très beau texte qui nous plonge dans l'horreur des violences familiale.

L'auteur a choisi, pour atténuer le récit des"tempêtes", de parsemer son texte de formules si poétiques qu'il nous offre tout simplement la force des mots et le refuge qu'ils procurent.

Un coup de coeur pour le passage où la petite fille dessine un sourire à la poupée d'argile.

Une petite incompréhension en ce qui concerne la grand-mère. C'est un peu flou et j'en déduis qu'on "l'a tombée de l'escalier" lors d'une tempête ?

Enfin, la dernière phrase est si éloquente que j'y suis restée un temps, à m'attarder sur ce qu'impriment ces violences dans la vie de ceux qui les subissent.

La façon qu'a choisie l'auteur pour nous raconter ce genre de situation est d'une telle sensibilité que c'est beaucoup plus parlant qu'un texte davantage réaliste.


Bravo !

Edit : des violences familialeS

   Coline-Dé   
16/1/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte fort et poétique, plein "de bruit et de fureur" avec ce lien magique entre ces poupées d'argile et les humains qu'elles représentent. Il y a de très jolis passages, comme ces deux phrases
"J’ai ouvert ma fenêtre pour que notre maison puisse aspirer le jour à grandes bouffées.
Elle méritait tout le soleil qu’on pouvait lui offrir, la tempête y avait hurlé toute la nuit. " dont j'ai admiré l'efficacité alliée à une superbe économie de moyens. ou la scène du dessin d'un sourire sur la poupée.
Pourtant, vous auriez pu couper davantage, resserrer ; pour obtenir un effet encore plus saisissant; il y a une petite lassitude à la répétition de ces tempêtes ( je sais bien que c'est pour accentuer l'effet de réalité répétitive, mais il aurait fallu trouver un moyen plus subtil pour évoquer cette répétition)
Certains passages ( la mort de la grand'mère par exemple) pouvaient être plus stylisés en une phrase et cela n'en aurait eu que plus d'impact. Ici, les moments les plus forts se trouvent trop délayés dans des phrases sans grande utilité et c'est dommage.
Reste une histoire touchante et parsemée de beaux éclats poétiques... ce qui est déjà pas mal ! Mais j'ai tellement dans la tête ce que pourrait être ce texte si vous en coupiez un petit quart que je ne résiste pas : prenez vos meilleurs ciseaux et allez-y ! Vous ne regretterez sûrement pas : il y a là tout ce qu'il faut... enlevez le superflu !

   vendularge   
16/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,

Ce pays de l'enfance est toujours une source d'émotion et d'étonnement. Je crois que ce n'est pas simple de reproduire ce regard si particulier à l'âge adulte. Sans doute faut-il s'en souvenir. Une grande finesse et tellement d'amour.
Un grand merci .

   Anonyme   
17/1/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,
J'ai ressenti ici que l'auteure se perdait un peu dans sa narration.
Des incohérences comme par exemple cette tempête qui d'habitude a lieu la nuit et aujourd'hui c'est différent. Alors qu'elle a bien eu lieu la nuit, puisque l'enfant en découvre les dégâts au réveil.
L'enfant qui est surpris et s4emble ne rien avoir entendu, pourtant elle semble avoir été violente.
Dehors vous nous parlez de brouhaha de la foule et pourtant vous nous décrivez quelques ombres qui est une ambiance totalement opposée.
Quelques phrases m'ont semblées incompréhensibles.
Non pas que je ne comprenne pas votre idée mais pour moi il y a un soucis de construction.
Exemple:
La seconde phrase:
"D'habitude, elle nous visitait la nuit, puis elle s'en allait, dès que le ciel virait au bleu que le jour diluait."
Je n'ai pas compris ici ce que le jour diluait, est-ce le bleu ? Mais pourquoi ?

La poésie :
Vous avez mis de la poésie dans votre texte. Sans doute pour alléger un peu, peut-être la violence de cette tempête.
Personnellement, j'ai trouvé qu'il y en avait trop.
Je m'explique:

Ici, l'auteure nous raconte son histoire de petite fille de 6 ans.
Nous retournons donc dans le passé et dans ce passé, il n'y avait pas de poésie.
Vos descriptions poétiques à rallonge , pour moi, n'ont pas lieu d'être car ce n'est pas l'enfant qui les a perçues à l'époque mais bien le narrateur qui a construit ces images d'un passé perçu dans son présent.

En tant que lectrice, je me suis retrouvée à me ballader entre l'enfant et le narrateur, qui sont la même personne mais pas à la même époque.

Sinon, j'ai aimé l'histoire et le lien avec cette poupée qui nous montre bien comment un esprit d'enfant qui ne comprend rien à ce qu'il vit ( parce-que rien ne lui est expliqué ) se construit avec les moyens qu'il trouve.

J'ai aimé votre texte mais je pense qu'il faudrait le retravailler afin qu'il soit plus cohérent.

   Vincendix   
17/1/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Encore un texte bien sombre, c’est vrai que les gens heureux n’ont pas d’histoire.
Pourtant, et malgré les efforts de l’auteur pour convaincre le lecteur, je ne prends pas ce texte au sérieux. Peut-être trop de détails, trop de phrases qui se veulent poétiques mais que j’estime parasites dans un tel contexte.
La chute était attendue, seul moyen de calmer les tempêtes mais je la trouve trop théâtrale pour être sincère.
Ce n’est pas facile de reproduire certaines réalités sans tomber dans le mélodrame.

   Solal   
18/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

Un texte puissant. Il est toujours difficile de raconter le quotidien de l'horreur.
La narration nous embarque dans un univers où se mêle l'effroi, la tristesse mais aussi l'imaginaire d'une enfant (ou tout du moins de l'enfant toujours présente chez l'adulte). Un mélange crédible qui offre une véritable densité au récit.
J'ai frémis avec l'image de la tempête mais en tant que grondement lointain, que suggestion.
Cette tension est malheureusement retombée à la fin quand cette tempête a éclaté dans le récit. Imaginer un évènement est parfois plus terrible que de le lire.

"Mais le cœur gardait ses blessures, et quand il réussissait à s'en guérir, il en perdait ses battements" Magnifique et tellement juste.

Merci.

   carbona   
18/1/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,

Je n'ai pas été emballée par l'écriture que je trouve un peu lourde avec ses aspects poétiques et ses rallonges qui coupent pour moi la fluidité du texte. + beaucoup de répétitions de soleil, sourires, ma mère.

ex : "D’habitude, elle nous visitait la nuit, puis s’en allait à pas feutrés dès que le ciel virait au bleu que le jour diluait. " < que le jour diluait < rallonge inutile

'quelques ombres affluaient, nonchalantes et presque ivres de la lumière qui leur donnait corps. ' < qui leur donnait corps < lourd

"Les maisons voisines partageaient le silence des saules aux branches désarmées." < type de description qui sonne forcée et qui ne m'émeut pas

"Sur le sol, quelques cadres où nos visages souriaient malgré tout, car les photos ne retiennent rien des brisures du cœur. " < car... explication un peu lourde aussi

"et qui pleurait comme si l’hiver n’allait plus nous quitter" < pourquoi l'hiver ? l'hiver n'est pas triste, la tempête est une excellente métaphore mais l'hiver ne m'évoque pas le drame ou la souffrance

"Mes matins avaient besoin de son sourire, il était le seul à éclairer des recoins que le soleil ne pouvait atteindre. " < s'arrêter à sourire me paraît suffisant

...

Pour le fond, j'aime beaucoup la métaphore de la tempête, ainsi que le dénouement avec le couteau.
La poupée à l'image de la mère, je n'accroche pas puisqu'on bascule là dans quelque chose d'un peu fantastique. Que la petite fille voie ces choses-là c'est bien mais une fois encore ce passage est trop insistant pour être apprécié.

Le dernier paragraphe n'était pas utile à mon sens.

En conclusion une belle idée mais un texte qui gagnerait, selon moi, à être épuré.

Merci.

   Cat   
21/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Waouh ! Je suis scotchée devant votre écriture sensible et auréolée de tant de poésie.
Il y a des réalités qui ne peuvent se lire/se vivre qu’ainsi limitées.

Aucun pathos dans cette trame au fil tranchant. C’est la vérité toute crue habillée par une petite fille douce et rêveuse qui se protège comme elle le peut.
Un drame familial piégé dans la houle d’une tempête qui monte crescendo, au même rythme que la résignation plie davantage la maman usée par ses assauts. Cette maman qui entretenait par ses sourires et le soleil à la fenêtre, un espoir qui s’amenuise d’autant.

Puis le sursaut final avec sa chute sanglante, évidente… Car si le danger physique encouru par sa petite a poussé la mère dans un accès d’ultime courage, réagissant trop tard elle ne pourra lui éviter les blessures profondes et les dégâts irréversibles qui s’inscriront à tout jamais dans la souche.

Une belle lecture parce que une belle écriture, vraiment !

Merci, à vous relire melancolique.

Cat


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