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Sentimental/Romanesque
nemson : Angèle
 Publié le 22/10/15  -  14 commentaires  -  10750 caractères  -  153 lectures    Autres textes du même auteur

Sincèrement...


Angèle


À voir la première vague lumineuse qui s’étalait progressivement de l’est, on devait être à une vingtaine de minutes de l’aube. C’est peut-être ce que Vian appelait l’écume des jours. Pour l’heure, le moteur de la Saab ronronnait tranquillement sur la nationale 31 qui pointait vers l’ouest. On pénétrait silencieusement l’arrière-garde d’une nuit qui s’achevait. C’était agréable comme un coït matinal avec une veuve repentie je dirais.

Angèle s’était assoupie. Son visage reposait contre la vitre passager avec son écharpe grise intercalée. Ou bien elle réfléchissait. Peut-être faisait-elle le point. On en était à deux ans et quelque de notre relation et je ne l’avais pas trouvée spécialement attentionnée durant cette soirée. Deux ou trois fois son regard s’était même perdu par-dessus les rires et la rumeur avec la tête d’un détenu observant l’unique soupirail de sa cellule. Je connaissais bien cet état, celui du réveil amoureux, quand on se retrouve un peu groggy, comme sortant d’une cuite. Une gueule de bois du cœur en quelque sorte.


J’ai enfoncé le CD de Katie Melua et elle a attaqué « Nine million bicycles ». Sa voix a chargé l’habitacle d’une nuée de petites plumes dorées. Si cette voix-là n’était pas celle de mon ange gardien, je ne croyais plus à rien dans la vie.


Angèle a recentré l’écharpe contre sa joue. Elle gardait les yeux fermés mais savait parfaitement que je l’observais. C’est un pouvoir spécial qu’elles ont et que j’ai découvert au fil du temps. Elle a attendu que je jette un œil sur elle pour démarrer.


– Sérieusement tu crois tous ces trucs que raconte Léopold... ?

– Quels trucs ?

– Toutes ces femmes-là... avec qui il prétend avoir couché... ça colle pas avec lui, c’est pas Casanova, il est sympa mais c’est pas Casanova...

– J’en sais rien, peut-être pas...


Léopold était mon ami d’enfance, le seul, la soirée c’était pour fêter une promotion. Léopold était ingénieur du son à Radio France. À l’entendre, il avait culbuté tout ce qui portait jupon dans l’orchestre de ladite radio, du premier violon à la dernière femme d’entretien.


– Moi je crois qu’il en rajoute un paquet, elle a fait en rangeant une de ses mèches derrière l'oreille.

– Je crois aussi...


J’ai répondu en attrapant une clope, je sentais déjà confusément qu’il allait falloir lutter.


– Ça te dérange pas plus que ça que ton ami te mente ?


Elle a dit ça en se redressant, j’avais eu raison pour la clope.


– Non pas plus que ça...


Apparemment ma réponse l’avait interloquée : en tout cas elle en a pris l’air.


– Attends, c’est ton ami d’enfance ! Entre amis d’enfance la sincérité c’est un truc essentiel non ?

– Je pense pas non.


Elle est restée quelques secondes éberluée, elle me regardait comme si j’étais le Terminator en personne, j’en ai profité qu’elle soit sonnée pour enchaîner.


– Qu'est-ce que ça peut foutre s’il a réellement attrapé cette pianiste dans le local à balais... !? S’il a réellement arraché sa culotte ou pas ?!! Qu'est-ce que ça change au fonctionnement de notre imaginaire ? J’ai pris du plaisir en l’écoutant raconter son truc, alors d’une manière ou d’une autre cette scène a eu lieu de la même façon dans mon esprit, et pour moi elle a une forme de réalité aussi intense que la vérité tu vois ? Alors sa sincérité je m’en tape !


Elle était figée, son silence aussi. En se redressant sa jupe avait glissé jusqu'à l’entrecuisse. Elle portait une paire d'autofixants vison avec des jarretières en dentelle écrue. J’avais quitté la soirée avec en tête l’idée de la prendre de derrière contre le lavabo de la salle de bains dès notre arrivée. Elle a capté mon regard sur ses jambes et rabaissé rageusement sa jupe claquant ainsi la porte au nez de tout espoir d’une activité sexuelle dans un avenir proche.


– T’es sérieux ?! Moi je supporterais pas ça de mes amis ! C'est basé sur la confiance ! C'est ce qui fait la différence avec le reste de la population... je sais pas... j’arrive pas à croire que ça t'indiffère que ton meilleur ami te mente.


J’ai jeté un œil sur mon paquet de clopes, histoire de vérifier si j’avais assez de munitions pour atteindre Paris. De mon côté j’arrivais pas à croire qu’elle me lance un débat sur la sincérité à 5 heures 15 du matin, alors qu’au volant de ma merveille de SAAB 96 je glissais d’une fluidité surnaturelle vers la capitale. Qu’est-ce qui l’animait d’une telle rage ? La fatigue ? Les doutes ?


– Y a mentir et mentir... j’ai répondu doucement pour calmer le jeu.

– Non ! elle a enchaîné direct, on n’est pas à peu près sincère dans la vie !

– Il a juste inventé une belle histoire, disons que c’est un beau mensonge et que c’est toujours mieux qu’une médiocre sincérité...


Elle a attrapé une clope avec des gestes brusques, j’avais peut-être été optimiste pour la réserve de tabac. Elle a tiré nerveusement trois ou quatre taffes et recraché doucement la dernière en regardant fixement devant elle. Je pouvais presque entendre cliqueter son cerveau comme le barillet d’un revolver dont on relève le chien. Je me doutais bien où elle allait m'entraîner. J’ai pas attendu longtemps, elle a tapoté sa cigarette contre le cendrier et m’a lancé doucement avec un léger rictus qui n’avait rien de ravi :


– Je suppose que c’est valable pour moi aussi...


Ça va, l’attaque était moyenne, pas besoin de consulter l’art de la guerre pour savoir ce qu’aurait conseillé Sun Zi, s’écarter de la trajectoire du coup et la laisser partir dans les choux. Un jeu d’enfant.


– Mais qu’est-ce que vous avez tous avec la sincérité depuis un moment là ?!! On entend ça partout ! « L’important c’est la sincérité » gnagnagna « moi au moins je dis ce que je pense » blablabla ! même si ce que tu penses est totalement con, ben tu l’as dit ! La franchise est devenue la valeur suprême, ouiiii allez soyons tous francs du collier ça va sauver le monde ! Aujourd’hui tu peux dire à ta copine qu’elle est conne comme une bite ben c’est pas grave ! parce que t’as eu le mérite d’être franc ! et ouiiii la franchise est à la mode, allons-y engouffrons-nous joyeusement derrière tous ces imbéciles qui pensent qu’on a forcément raison quand on est sincère !!!


J’ai fini de dire ça en envoyant une grande claque sur le volant, j’étais pas peu fier de moi, si avec ce laïus j’avais pas noyé le poisson et redirigé le débat...

Sauf qu’elle n’avait pas bougé d’un iota, et seules ses lèvres ont remué pour reprendre mécaniquement la parole.


– Tu n’as pas répondu à ma question...

– Quoi quelle question ?


J’ai dit ça avec la foi et l’énergie d’un enfant palestinien balançant un caillou sur un char d’assaut, elle a bien senti que j’essayais de gagner du temps, ça a monté d’un cran son agacement.


– Est-ce que oui ou non, tu considères ma sincérité envers toi aussi futile que celle de tes amis ? La question c’est ça !


Est-ce que la réponse l’intéressait vraiment ou cherchait-elle un angle d’attaque pour amorcer une descente vers la séparation, j’étais sûr de rien, à part le fait que c’était probablement le début de la fin de notre histoire. Je voyais d’ici se profiler le scénario avec son cortège de disputes, de mauvaise foi, de larmes et de remords. J’aimais profondément Angèle et j’avais l’occasion d’abréger ses difficultés. Alors j’ai cherché une réponse courte et efficace comme un wakizashi, le petit sabre dont se servent les samouraïs pour le hara-kiri.


– Oui c’est pareil, exactement pareil si tu veux savoir !


J’ai essayé d’avoir l’air le plus sincère possible du coup. Je venais de me saborder, de me planter le petit sabre dans l’estomac et pourtant c’est elle qui en avait l’expression. Elle me regardait la bouche ouverte et les yeux agrandis par la stupeur. J’ai repris une clope, elle m’a laissé le temps de l’allumer avant de reprendre ses esprits.


– Tu veux dire par exemple que mes mots d’amour qu’ils soient sincères ou pas...


Je l’ai pas laissée finir.


– Exactement... et même sexuellement si tu veux savoir, que tu aies simulé ou pas c’est pas très grave, l’important c’est ce que j’imaginais...


J’ai dit ça doucement avec une petite pointe d’ironie pour bien enfoncer le clou.


– Tu plaisantes j’espère...


Elle avait des sanglots, je pouvais encore rattraper le coup en répondant que oui, effectivement, je plaisantais. Je ne comprenais d’ailleurs pas pourquoi elle m’envoyait cette misérable petite bouée, à quoi bon, on savait tacitement que tous les deux c’était mort, peut-être ne s’attendait-elle pas à une issue aussi rapide. En répondant j’ai senti physiquement le wakizashi me trancher le ventre de droite à gauche.


– Non je suis très sérieux prends-le comme tu veux, je suis comme ça c’est tout.

– Mais t’es immonde !!!


Je regardais droit devant moi pour avoir l’air détaché. Donc je ne l’ai pas vue ouvrir sa portière mais j’ai senti le courant d’air frais s’engouffrer. Putain j’y croyais pas ! Angèle me faisait le coup de « arrête cette voiture immédiatement ou je saute !!! » J’ai pilé avant qu’elle ne se tue et la Saab s’est mise en travers de la route.

Je l’ai regardée s’éloigner d’une quinzaine de mètres, puis elle s’est accroupie devant le fossé pour vomir ou pleurer. Je ne sais pas si c’était le chagrin ou l’amour-propre qui l’avait mise dans cet état ou peut-être avait-elle abusé des rhums arrangés distribués dans la soirée, toujours est-il qu’on avait franchi une sacrée étape vers la séparation.


L’aube avait repeint le décor d’un gris lumineux, Katie Melua a enchaîné avec « Piece by piece » : « Parce que tes baisers allaient bien plus profondément que la surface de ma peau », me chantait-elle.

J’ai laissé un peu passer le temps en triturant les interrupteurs du tableau de bord. C’était une SAAB 96 de 1974 avec des compteurs à l’ancienne et de gros commutateurs qu’on entendait basculer. C’était l’héritage d’un oncle fanfaron qui savait que j’adorais cette voiture. Les frais de réparations m’avaient coûté un bras.


Je suis sorti. La lumière naissante rendait tout ça un peu irréel, comme nettoyé de ses couleurs. Je me suis dirigé vers Angèle. À mi-parcours j’ai jeté un œil par-dessus mon épaule, la SAAB nous observait tristement.

On est rentré. Elle a disparu dans la chambre. Je me suis attardé devant le lavabo de la salle de bains. Combien de fois j’avais eu les merveilles de fesses d’Angèle entre lui et moi ? Ça allait sacrément me manquer. Tout d’elle allait sacrément me manquer. Son rire, putain son rire...

Le lendemain je me suis réveillé seul sur le canapé. J’ai bu un café avant d’aller vérifier si elle avait emporté ses vêtements ou quoi. Finalement il ne restait plus que les trois ou quatre robes dont je lui avais fait cadeau. Elles pendaient sur les cintres comme des peaux mortes.


 
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   carbona   
28/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Votre texte m'a plu. L'écriture et l'histoire.

L'écriture : c'est fluide ça se lit très bien, j'aime bien vos comparaisons et vos images avec le Wakizashi, c'est original et ça coule tout seul et d'autres comparaisons encore.

L'histoire : je trouve ça juste, bien pesé, réaliste, sans chichi, pas gnan-gnan. Pas d'états d'âme, juste des faits, une dispute, une fin, une rupture. Je trouve ça vraiment subtil et bien mené.

Peut-être suis-je quand-même un peu étonnée de voir l'homme réfléchir autant et savoir anticiper les réactions de sa compagne. Il raisonne quand-même beaucoup et avec perspicacité pour un mec qui rentre d'une nuit blanche. Mais ça ne gâche rien.

Quelques remarques :

-"C’était agréable comme un coït matinal avec une veuve repentie" < la comparaison m'a surprise, je ne vois pas trop l'idée en fait, une sensation paisible, de tranquillité ?

- "Moi je crois qu’il en rajoute un paquet, elle a fait en rangeant une de ses mèche derrière l oreille." < "elle a fait" < pas joli joli, là ça coince

- "J’avais quitté la soirée avec en tête l’idée de la prendre de derrière contre le lavabo de la salle de bain dés notre arrivé." < pas beau, j'aime pas, j'aurais aimé un chouilla plus soft

En conclusion, j'apprécie la justesse de votre nouvelle : une belle harmonie entre le ton, le contenu et l'écriture.


Merci beaucoup pour ce texte !

   AlexC   
29/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Que c’est vivant, que c’est énergique, que c’est imagé ! Un texte percutant par ses mots plus que par son scénario on ne peut plus simple - une rupture - mais qui possède un pragmatisme et une intelligence qui sont rares.

L’écriture mérite pas mal de petites retouches pour rendre l’ensemble plus scintillant, mais au-delà de coquilles variées, le style impressionne par son dynamisme.

   in-flight   
22/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Une Saab 96, vous tapez dans la couguar suédoise. C’est vrai qu’elle a un regard tristounet cette voiture : http://www.carandclassic.co.uk/car/C375943

Katie Melua - Nine Million Bicycles--> bien une chanson de gonzesse ça ;-)

« J’avais quitté la soirée avec en tête l’idée de la prendre de derrière contre le lavabo de la salle de bain dés notre arrivé. » --> c’est qui le patron ? Non mais !

Le narrateur critique la sincérité comme valeur absolu en même temps qu’il en use au sein de son couple ; j’y vois là une réflexion sur la franchise dans les relations conjugales : si l’on devait constamment se dire la vérité, la vie serait insupportable.
Sur le fond, j’ai pensé à Camus (cela vous fera plaisir j’imagine) : comment ne pas faire le parallèle avec Meursault et sa sincérité incomprise. On dit parfois que « L’étranger » c’est l’histoire d’un homme condamné à mort pour ne pas avoir pleuré le jour de l’enterrement de sa mère. Votre histoire est moins dramatique certes, mais quid des sentiments du type en voyant pendouiller les dernières robes ; ce qui me fait dire que vous avez arrêté votre nouvelle à temps. A point.

Merci, j’ai apprécié votre texte.

   Anonyme   
22/10/2015
Bonjour nemson

Sincèrement...
Si je dis que j'ai aimé votre texte, vous allez me croire ? Ou ça va juste faire du bien à votre imaginaire ?
Histoire percutante et qui a le mérite d'ouvrir sur une sacré réflexion. Pas déçue d'avoir attendu et lu.
C'est super bien raconté, simplissime dans le déroulé, pas un mot de trop.
Bravo et merci.
Au plaisir de vous suivre.

   jeanmarcel   
22/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Excellent moment de lecture, vraiment, c'est bien dosé, avec juste ce qu'il faut d'humour et de sincérité. Les dialogues sont particulièrement réussis, pas facile à écrire les dialogues, un sacré challenge que de se mettre le lecteur dans la poche en employant les mots de tous les jours. Un road-movie qui va direct au générique de fin, une histoire d'amour qui finit mal, un récit qui dégage une vraie chaleur avec deux personnages à la psychologie finement ciselée. Nemson est un auteur de talent et je lui dis bravo.

   Blacksad   
22/10/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Petite tranche de vie très bien dépeinte... ou comment une histoire d'amour bascule sur une simple phrase.
Votre texte est très crédible, car bien écrit et il est énergique. Du coup, et même si l'histoire n'en est pas une, on prend plaisir à lire ce zoom sur un "point critique" d'une vie à deux.
Très agréable, merci pour la lecture !

   Perle-Hingaud   
23/10/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Des galéjades d'un pote comme motif de rupture ou comment déraper sur un motif a priori futile. En plus, une idée toujours intéressante et qui mérite de revenir sur le tapis de temps en temps: toute vérité est-elle bonne à dire ? Bref, un texte plus protéiforme qu'il n'y parait.
Du rythme, des dialogues très naturels...
... J'apprécie !

   aelketta   
23/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour nemson,
J'aime bien votre texte pour plusieurs raisons: 1/il n'est pas prétentieux, à part peut-être l'allusion au "coït matinal avec une veuve repentie" dans le genre clin d’œil que seul l'auteur comprend. Mais tout le reste me semble accessible et simple. 2/J'adore votre zoom avec un événement anodin qui précipite une rupture qui se profilait déjà, et qui n'avait besoin pour aboutir que d'une petite poussée. En l'occurrence les mensonges d'un ami d'enfance, mais ça c'est juste une excuse. 3/Le jeu avec les clopes, un dernier échange, un dernier point commun, une "dernière" pour la route, un trait d'union ténu qui permet de faciliter le dialogue, de le rythmer, j'aime beaucoup ce genre de détails. 4/Le réalisme: La fatigue d'une nuit blanche+le non-dit d'une relation qui s'essouffle+les différences tout en nuance de deux personnalités+le sursaut de fierté quand on sent l'autre sur le point de briser la relation et quelque part de précipiter les choses par masochisme mais aussi pour ne pas perdre cette dernière bataille+...
Un vrai petit bonbon en somme, trop vite fini, et c'est tant mieux ainsi!
A vous relire très vite

   Vincendix   
23/10/2015
 a aimé ce texte 
Bien
L’introduction ne m’incitait pas à poursuivre la lecture, la description d’une aube naissante est bizarroïde et le coït avec une veuve repentie n’arrange rien au contraire. Repentie de quoi ? Veuve joyeuse plutôt…
Mais un tel début avait tout de même chatouillé ma curiosité et j’ai continué.
C’est vrai que le dialogue dans la tire parait sincère, l’étonnement d’Angèle se comprend, absoudre un vantard macho n’est pas tolérable pour une femme aimante.
Chez les fumeurs, la cigarette est souvent témoin de scènes de ménage, elle a sa place dans cette histoire, tout comme la musique.
Le rétro est lui aussi un élément indispensable, bien vu !
J’aime moins les quelques ajouts qui devraient servir d’enjoliveurs mais qui, à mes yeux, ne sont que des accessoires plutôt ternes. Que vient faire le lanceur de cailloux Palestinien, il faut savoir que c’est un jeu, un passe-temps pour les gamins, ils se foutent de la politique des vieux.
Finalement, le « héros » regrette d’avoir largué « son » Angèle, son rire et ses fesses vont lui manquer, et puis il ne peut être fier d’avoir rompu aussi lâchement.

   hersen   
25/10/2015
Dans la forme, je n'ai pas grand-chose de spécial à ajouter à ce qui a été dit. L'auteur réussit à créer une ambiance. Le style est agréable.
Cependant, je ne suis pas sûre d'apprécier dans ce texte ce qui parait être la trame. C'est plus un instant qu'une histoire et le narrateur n'a pas pour moi beaucoup de consistance.
La caricature ne laisse aucun doute, bagnole, clope, cul.
On retrouve à la fin ce personnage seul avec son lavabo. Oui, mais dans une relation, il faut aussi y mettre du sien, ce qu'il ne semble pas avoir eu envie de faire.
Je ne vois pas ce texte comme traitant de la sincérité, ce sujet n'en est qu'un prétexte. Il s'agit plus à mon sens de refus, maladresse, absence de communication.
Enfin, le personnage central n'est pas plus intéressant à la fin qu'au début. Pas de remise en question, d'évolution ou de régression. Enfin, ça ne bouge pas, quoi.

On comprend à la fin qu'il regrette confusément quelque chose. " Tout " d'Angèle, en fait son rire et ses fesses, nous dit-on.

Un peu comme dans" Le malade imaginaire " avec la réplique si connue, si drôle, " Le poumon, le poumon, vous dis-je ", Molière aurait pu écrire " L'amoureux imaginaire " qui aurait eu cette réplique culte : " Les fesses, les fesses, vous dis-je "

Et toute la salle aurait ri à n'en plus pouvoir.

C'est vrai, on ne peut pas pleurer à chaque fois qu'on parle d'amour. Pas vrai, Angèle?

   Mauron   
26/10/2015
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Je trouve que la nouvelle n'a pas de sujet clair. S'agit-il de Léopold (et là, je m'attendais à ce qu'Angèle avoue avoir aussi couché avec lui) ou bien du narrateur (et là, son côté suicidaire m'a semblé mal décrit, caricatural, sans que cela soit vraiment élucidé) ou encore d'Angèle (et là, j'attendais une véritable explication, comment se fait-il qu'Angèle se préoccupe soudain de la la relation tout de même paradoxale que son amant entretient avec la sincérité?). J'ai trouvé la trame trop facile et trop peu explicite sur ce qui vraiment important dans cette nouvelle.

Sincérité ou non... Il m'a semblé qu'Angèle aurait mérité qu'on s'intéresse davantage à elle.

   nemson   
28/10/2015

   ameliamo   
3/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C’est vraiment un très bon texte. Le style sans fioritures inutiles, est un excellent mélange entre les dialogues et le monologue intérieur. L’action, même si banale, est présenté avec force et émotion ; sa simplicité devine un argument puissant en faveur de l’authenticité du style.

   Coline-Dé   
5/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je mets le bémol tout de suite pour pouvoir ronronner sans heurts ensuite : "un coït matinal avec une veuve repentie", non seulement bof, mais beauf ! (Repentie de quoi, d'ailleurs ?)
Sinon, tout le reste m'a plu.
L'histoire : ben oui, pas besoin d'aller chercher des sujets hyperboliques pour écrire une bonne nouvelle.
Une rupture, quoi de plus banal ?
Mais justement : l'originalité consiste à faire ce que tout le monde fait, mais à le faire comme personne !
Ici, rythme, sobriété, pointe de dérision, sens de la formule ( " Une gueule de bois du cœur en quelque sorte.")dialogues naturels, un zest de psychologie, et voilà : mon petit coeur est tout bouleversé par cette histoire racontée par quelqu'un qui fuit le pathos mais dont cette fuite même traduit la sensibilité.
Moderne, la sensibilité.
L'écriture aussi.
J'aime bien les ellipses : "Elle a dit ça en se redressant, j’avais eu raison pour la clope."
Dans le télescopage de ces deux membres de phrase, il y a deux ans et quelques de vie commune, et c'est fort, de faire passer ça dans une seule petite phrase !
Ah, si, tiens, j'ai encore quelques bémols :
"j’en ai profité qu’elle soit sonnée pour enchaîner."
La formulation est pléonastique ; soit " j'ai profité qu'elle soit sonnée", soit " j'en ai profité pour enchaîner", mais pas les deux !

" je glissais d’une fluidité surnaturelle" : je glissais avec une fluidité ...

Mais bon... franchement, j'ai trop apprécié vos réflexions sur la franchise pour vous tenir grief de ces broutilles !
Et aussi : je préfère de petites imperfections de forme pour une nouvelle originale dans son expression à une forme parfaitement correcte qui enfonce des portes cochères béantes !


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