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Policier/Noir/Thriller
sebrac : Les yeux
 Publié le 27/07/07  -  9 commentaires  -  5963 caractères  -  69 lectures    Autres textes du même auteur

Et si vous vous réveilliez sous votre douche, couvert du sang d'un autre, sans savoir ce qui vous est arrivé...


Les yeux


Il regarde l’eau rougie couler le long de son corps jusqu’au siphon d‘évacuation de la douche. Tout ce sang… Mais d’où provient-il ? Il ne semble pas être blessé… Il a froid, il tourne la mollette d’eau chaude et commence à se laver. Il frotte sa peau jusqu’à avoir mal, comme s’il voulait se laver de ce qu’il a fait. Puis il éclate en sanglots.


Tout avait commencé deux mois auparavant. Il s’était réveillé sous sa douche, tremblant de froid et maculé de sang. Pas son sang, non, celui d’une autre personne, mais qui ?


Et ce terrible mal de tête…


En sortant de la douche, il avait constaté que le lave-linge était en mode essorage.


Il ne se souvenait de rien.


Il avait avalé deux aspirines et s’était endormi sur le canapé. Il ne s’était réveillé que douze heures plus tard.


Le journal télévisé avait mentionné un terrible meurtre, à quelques rues de chez lui. Une femme avait été retrouvée dans sa baignoire, entièrement dépecée. Les yeux de la victime avaient été arrachés. La police n’avait découvert aucun indice et l’enquête stagnait. Le mobile et l’arme du crime restaient des mystères.


Puis les faits similaires s’étaient répétés. Toujours à l’identique.


Il revenait à la réalité sous la douche, glacé et ensanglanté. Avec un mal de tête effroyable et le lave-linge en marche. Ensuite, il apprenait le crime affreux dont il se doutait être l’auteur.


Et le crime en question était de plus en plus sordide, vieille femme éventrée, enfant mutilé, adolescent vidé de ses organes… et à chaque fois, cette mystérieuse et horrible signature:


Les yeux des morts avaient disparu.


La psychose s’était vite installée en ville ; on parlait d’un déséquilibré qui tuait sans raison. Les enquêteurs reconnaissaient leur impuissance, les victimes n’ayant visiblement rien en commun.


Aujourd’hui, c’est différent. Il ne veut pas dormir. Il veut comprendre.


Tout est comme à chaque fois, mal de tête, lave-linge… Il regarde sa montre : deux heures du matin. Alors il prend l’aspirine et s’assoit dans le fauteuil. Qu’a-t-il fait aujourd’hui ? Il saisit une feuille et un stylo. Il écrit :


« Mercredi 4 juillet.


Levé à 07h00. Me suis préparé et suis allé au bureau pour 09h00. Je me rappelle de mes rendez-vous, mon travail, le déjeuner avec Sandra, l’après-midi égale aux autres après midi de travail. J’ai quitté mon emploi à 17h00, comme chaque jour. Ensuite, la salle de sport jusqu’à 19H ; puis retour à la maison où j’ai avalé une pizza surgelée arrosée d’un coca en regardant la télé.


Et là, plus rien, le trou noir jusqu’à maintenant.


Je me rappelle du journal de 20h… et c’est tout.


De 20H30 à 02H00, plus rien. Le vide absolu. Et que dira le journal demain ? Que vais-je apprendre ? Qu’ai-je bien pu faire pendant cette terrible nuit ? Cinq heures et demi d’absence… C’est très long, il a pu s’en passer des choses… »


La nuit se passe dans l’angoisse, dès qu’il commence à s’endormir, c’est pour se réveiller en sueur, fiévreux. Son cerveau est en ébullition, son corps est glacé. Et toutes ces questions qui le hantent, le taraudent… Qu’a-t-il fait ? Pourquoi ? Combien de meurtres ? Qui ?


Il est 07h00. Le soleil chasse doucement la nuit et ses démons.


Tel le pervers qui surveille sa jeune victime, il fixe obstinément l’écran de télévision. Il attend le journal de 13H. Son esprit tourmenté ne cesse de se poser des questions quant à ce qui s’est passé cette nuit. C’est à devenir fou. Il devient fou ! Ses cheveux, poisseux sont collés sur son crâne. Ses yeux cernés et injectés de sang manifestent son état psychologique affaibli par le manque de sommeil et l’inquiétude. À le voir ainsi, on ne dirait jamais qu’il occupe un poste important dans une grande enseigne nationale, mais plutôt un déséquilibré échappé d’un asile.


DRING… DRING…


Qu’est ce que c’est ? Il tremble, non ce n’est rien, juste le téléphone. Il est dix heures, ce doit être le directeur qui veut connaître les raisons de son absence. Qu’il aille au diable, il ne répond pas.


Puis la nouvelle arrive comme un coup de poing au visage. Triple homicide : une femme de 28 ans et ses deux enfants de 4 et 2 ans ont été retrouvés sans vie par le mari de cette dernière. Les corps étaient positionnés dans une terrible et macabre mise en scène que le journal se refuse à communiquer, par pudeur et respect envers les défunts et leur famille. Seule précision : les yeux des trois corps ont disparu.



Mercredi 4 juillet, journal télévisé de 13H00 :


« La nouvelle vient tout juste de nous parvenir. Un homme d’une trentaine d’années a été retrouvé, sans vie à son domicile. Bien que ne s’étant pas rendu à son travail, dans une banque renommée depuis deux jours, personne ne s’était rendu à son domicile. C’est ce matin, alertés par des voisins que les pompiers et la police ont procédé à l’ouverture de sa porte d’entrée. À l’intérieur, ils ont découvert le corps sans vie du propriétaire des lieux. »


« Le corps était pendu dans la salle à manger, commente le lieutenant de police chargé de l’enquête. La victime a laissé un mot mentionnant qu’il regrettait ce qu’il avait fait et implorait le pardon des familles. Les investigations entreprises, et notamment la fouille de l’appartement, ont permis de déterminer qu’il s’agit de l’assassin qui sévissait dans notre commune depuis quelques mois. Il se nomme Thomas HELLER »


Ce que ne dit pas le policier, c’est qu’une boîte en plastique a été découverte dans le congélateur de Thomas HELLER. Cette boîte, soigneusement cachée derrière les plats surgelés, contenait neuf paires d’yeux, tous verts.


Le seul mystère qu’il reste à éclaircir : seuls six cadavres sans yeux ont été retrouvés, il en manque donc encore trois….


Avez-vous constaté des disparitions inquiétantes ces derniers temps ? Quelle était la couleur des yeux de ces personnes ?


Ha oui, petit détail aussi : Monsieur HELLER Thomas avait les yeux verts.



 
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   Cyberalx   
27/7/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Il y a là tout le potentiel pour faire une bonne nouvelle.

Je ne vois pas de maladresses au niveau écrit, je pressent même un style particulier, il commence à poindre, et ça se laisse lire, le rythme est bon.

Par contre j'ai l'impression que l'effet de la fin (qui est au court récit, ce que la crème brulée est au dessert) est un peu loupé... Comme si tu avais changé d'avis en bout de course ou que tu n'avais pas su rendre par écrit la fin que tu a imaginé.

L'ensemble est bon, mais la fin ma parait à retravailler.

   Benjoui   
27/7/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ca m'a fait un peu penser à un film [ou une histoire?] ou le héros était un assassin somnambule. Enfin, juste le début. Dans le film [ou l'histoire?], il s'attachait une caméra sur le corps pour savoir s'il était bien l'auteur de ces crimes... Oui, oui, je sais, j'm'éloigne.

Bon l'histoire me plaît beaucoup, j'aime assez le style. par contre le gros problème que j'ai eu, c'est la fin. Je me suis un peu senti "agressé" [Paranoïa est mon amie], comme si l'on me refilait l'enquête, sans me laisser trop de choix. En plus, je ne suis pas sûr que la réponse à l'énigme soit dans le texte et je suis piètre enquêteur. J'ai hésité entre 14 et 13, mais vous avez beaucoup plus de talent que moi, alors. ^^

   Cameleon   
3/8/2007
aimerais-tu S. King? dans cette nouvelle j'ai senti de ''La part des ténèbres'' dans quelques détails, ce qui est un compliment!! je serais curieuse de savoir si c'est un de tes auteurs fétiche:)
J'ai été moi aussi déçu par la fin et pourtant que de regrets parce que l'ensemble de ta nouvelle me plaît vraiment beaucoup!!! j'ai hâte de te lire à nouveau...

   teeth   
3/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien
Le texte est bon, très bon même. Mais la fin arrive comme un cheveu sur la soupe. Pour qu'un texte soit apprécié, il faut un début accrocheur et des péripéties qui nous allèchent de plus en plus. Ces deux éléments, nous les avons. Il faut également une fin laissant un goût de satisfaction. Ici, ce n'est pas le cas. Ca fait presque retomber tout l'attrait qu'on avait pour cette nouvelle. Dommage.

   fatou95   
6/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien
Texte excellent!! C'est le genre de récit que j'aime lire!!!
Bon, je sais qu'on te l'a déjà dit, mais la fin est à revoir. Sinon tout le reste est génial!

   monlokiana   
3/8/2011
 a aimé ce texte 
Pas ↑
L’écriture est fluide, la nouvelle se lit facilement, c’est fluide, pas ennuyeux…
Je n’ai pas aimé certaines choses par contre :
« Ce que ne dit pas le policier » c’est lourd et souvent pas très facile à lire.
« Une femme de 28ans et ses deux enfants de 4 et 2 ans ont été retrouvés sans vie par le mari de cette dernière. » Cette phrase est lourde et regorge d’informations inutiles à la suite du texte comme l’âge des enfants, ou la personne ayant découvert les corps.
Autre chose qui ne m’a pas plu dans cette nouvelle. Le scénario manque de légèreté. L’auteur ne se laisse pas aller dans son histoire. C’est raconté de façon trop rigide et parfois même trop rapide. Certaines zones manquent de crédibilité : il se souvient de tout ou il ne se souvient de rien ? Est-ce un montre, un vampire, on ne sait pas. On ne ressent pas son désarroi amnésique. Ni ses sentiments. On se fout donc un peu de son suicide qui devrait me déranger, me faire mal.
Bref, je n’ai pas aimé ce texte, un grave problème de crédibilité
La fin est à revoir

   carbona   
12/10/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Je n'ai pas compris. Pourquoi ne se souvient-il pas ce qu'il fait ? Pourquoi les aspirines ? Pourquoi reste-t-il trois victimes ? Pourquoi nous dit-on qu'il a les yeux verts ? Je suis perdue par rapport à l'intrigue. Un sous-entendu qui m'a échappé, des implicites que je n'ai pas saisis peut-être.

Par ailleurs la lecture n'a pas été très agréable, je trouve que l'écriture mériterait d'être retravaillée pour être plus fluide et plus naturelle.

ex : "La psychose s’était vite installée en ville ; on parlait d’un déséquilibré qui tuait sans raison. Les enquêteurs reconnaissaient leur impuissance, les victimes n’ayant visiblement rien en commun.


"Il attend le journal de 13H. Son esprit tourmenté ne cesse de se poser des questions quant à ce qui s’est passé cette nuit."

"DRING… DRING…" < je trouve inapproprié d'utiliser une onomatopée pour signaler un appel dans une nouvelle

"Les corps étaient positionnés dans une terrible et macabre mise en scène que le journal se refuse à communiquer, par pudeur et respect envers les défunts et leur famille."

"Ce que ne dit pas le policier, c’est qu’une boîte en plastique a été découverte dans le congélateur de Thomas HELLER. "

"Ha oui, petit détail aussi : Monsieur HELLER Thomas avait les yeux verts."

Merci pour votre texte.

   Blacksad   
13/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Un thème déjà utilisé au cinéma : le tueur amnésique... Mais ce n'est pas très important, on utilise tous des choses déjà faites auparavant. Le fait qu'on ne sache pas pourquoi il agit ainsi (même si les yeux verts ouvrent une piste) ni pourquoi il oublie tout ne me paraît pas dérangeant, au contraire même : il ne faut pas tout dire. Par contre, la construction du texte et notamment la fin lui enlèvent une grande partie de sa saveur. On connaît en effet le coupable dès le début, il n'y a ni enquête, ni rebondissement, ni explication. En bref, on a jute la description d'une situation noire et sanglante et mystérieuse avec le type qui se suicide à la fin. L'écriture et le style sont corrects mais pas assez bons pour faire oublier le manque d'intrigue je trouve...

   cherbiacuespe   
17/11/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Concernant les deux premier tiers, l'histoire est bien menée, bien écrite, le style correspond parfaitement au choix de distiller l'angoisse. le plan fonctionne parfaitement.

La fin n'est par contre pas à la hauteur de l'ambition que l'on a vu se dessiner. Elle semble bâclée, comme si une panne subite avait stoppée l'inspiration. On ne retrouve plus cette montée régulière du suspense. Le torrent gonfle et se dégonfle comme une mauvaise surprise. Dommage!


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